Après la Galaxy Tab 2 7.0 que nous testions dans sa version américaine il y a un deux mois, nous avons trouvé judicieux de vous parler un petit peu de la grande soeur, la Galaxy Tab 2 10.1. Cette tablette vendue aux alentours de 350 euros pour un modèle 16 Go ne joue définitivement plus dans la catégorie low-cost, nous allons donc essayer de vous proposer un test de circonstance qui met la dernière venue chez Samsung en concurrence directe avec les Acer A510 et autres Transformer TF-300.

Ce n’est pas dans nos habitudes et pourtant, nous préférons vous prévenir d’emblée : la Galaxy Tab 2 est une tablette correcte en elle-même, mais objectivement, cela reste un modèle de l’année dernière à peine boosté, passé sous Android 4.0 et vendu quasiment au prix des tablettes Tegra 3 disposant de 32 Go de stockage. En d’autres termes, Samsung n’a pas fait du neuf avec du vieux, comme on a pu le lire un peu partout, mais du vieux avec du vieux, en gardant pourtant un prix très élevé. En somme, une belle manière de vendre une mise à jour logicielle.

Petit tour du propriétaire.

Sommaire

I – Design et caractéristiques : une Galaxy Tab 10.1 avec des enceintes

1 – Des courbes et du plastique : la Galaxy Tab et la loi

2 – Caractéristiques techniques : 2011.2

II – Android et Touchwiz : la mise à jour à 350 euros

1 – Ice Cream Sandwich repensé

2 – Des hubs applicatifs bien remplis

III – Multimédia et jeux vidéo : quelles avancées par rapport à l’ainé ?

1 – Lecture, enregistrement : oui, mais.

2 – Jeux : du Tegra 2 à l’OMAP

I – Design et caractéristiques : une Galaxy Tab 10.1 avec des enceintes

1 – Des courbes et du plastique : la Galaxy Tab et la loi

Vous, fidèles lecteur des Ardoises, vous savez parfaitement que Samsung a des ennuis avec Apple sur le design des Galaxy Tab 10.1. Tellement d’ennuis que ces modèles se sont vus interdire dans plusieurs endroits du globe, près de chez nous en Allemagne, mais aussi, plus récemment, aux USA, où le verdict n’a pas du tout profité au Coréen. Pour répondre à ces procès intentés par Apple, Samsung avait réagi assez vite en proposant une Galaxy Tab 10.1 dans un nouveau moule, avec des enceintes apparentes.

Oh, hello handsome.

Alors que l’on pouvait penser que cette nouvelle version des tablettes n’était qu’un essai de design patent-war-proof pour continuer à abreuver le marché de tablettes Galaxy Tab, force est de constater que Sammy l’a définitivement adopté pour sa gamme 2012 : c’est celui que l’on retrouve sur les Galaxy Note 10.1 avec un bord chromé, et sur ces Galaxy 2 10.1 avec un contour mat.

Simplification de la gamme, simplification des couleurs : vous aurez désormais une Galaxy Tab grise avec des contours noirs. Au-delà de ça, on retrouve  peu ou prou les formes rectangulaires de la première Galaxy Tab 10.1, et bien entendu, les matériaux : Samsung réaffirme son amour pour le plastique et nous offre une nouvelle fois un appareil doux au toucher et bien fini.

Voilà 100% des différences visibles entre la Galaxy Tab et la Galaxy Tab 2

Par rapport à la première Galaxy Tab, on note beaucoup plus de rainures entre les différentes parties de l’engin, puisqu’il faut ajouter les deux enceintes en façade et le bord de l’écran qui dépasse sur l’avant de la tablette. A n’en pas douter, ce seront rapidement de beaux nids à poussière, mais pouvaient-ils faire autrement ?

Pas grand chose à dire d’autre sur le design : nous sommes en face d’une tablette très banale, presque « neutre », autant dans ses formes que dans ses coloris. Samsung n’a pas joué avec le feu du côté des brevets détenus par la concurrence, mais n’a pas non plus cherché à innover du côté des matériaux, comme Acer a pu le faire avec son A510. Une tablette sans prise de risque, en somme, voilà des mots que nous serons amenés à répéter.

Un dos gris semi-mat, semi-brillant, c’est vous qui voyez

Du côté des connectiques, Samsung est resté sur le même port propriétaire MHL que sur ses précédentes tablettes : tous les connecteurs, chargeurs et autres extensions seront donc compatibles avec cette nouvelle mouture. Le constructeur n’a pas répété l’erreur de la première version des Galaxy Tab et a choisi d’offrir à ses utilisateurs un port microSD : il pourrait être bien utile, sachant que le Coréen n’a pas suivi la concurrence et ne propose pas un modèle plancher équipé de 32 Go de mémoire de stockage.

2 – Caractéristiques techniques : 2011.2

Enchaînons habilement avec la mémoire de stockage théorique et la mémoire réelle : le modèle le moins cher est proposé avec 16 Go de stockage, ce qui nous amène à 11,8 Go réels d’espace utilisable, ce qui ne différencie pas grandement cette tablette du modèle de l’an passé. Et vous savez ce qui, aussi, ne différencie pas grandement cette tablette du modèle de l’an passé ?

Pas besoin de tout racheter cette fois : les connecteur sont les mêmes qu’avant

A peu près tout le reste. On se retrouve avec un écran de 10.1 pouce Super PLS LCD wide avec une résolution de 1280×800 pixels, donc la même chose que l’an passé. Subjectivement, en tenant les deux tablettes l’une à côté de l’autre rien ne diffère entre les deux modèles, Samsung n’ayant pas ajouté, comme Asus par exemple, des fonctions de boost de luminosité et autres petites joyeusetés technologiques qui justifieraient une nouvelle version de l’engin.

Du côté des valeurs objectives, on arrive à un maigre 149 ppp, et 51° de densité angulaire. Nous sommes donc dans la catégorie d’écrans qu’il faudra porter assez loin – 79 cm – pour atteindre un niveau de netteté qui ne permet plus de distinguer les pixels.

La carte microSD, ce Messie moderne

Du côté du processeur, Sammy a abandonné nVidia et son Tegra 2… pour coller un processeur OMAP quasiment similaire, lui aussi dual-core cadencé à 1 Ghz. On continue ? L’appareil photo est lui resté le même, on retrouve donc un objectif de 3 Mpx à l’avant, quand toute la concurrence s’est équipé en 5 Mpx, qui ne fera évidemment pas de merveilles. Comble, là où les précédents modèles se targuaient d’enregistrer des vidéos en Full HD, cette Galaxy Tab 2 n’est plus capable que de 720p.

A l’avant, la caméra de 2 Mpx a été remplacée par une caméra de… 0,3 mpx, histoire de régresser encore un petit peu. Du côté de la batterie, on passe de 6800 mAh à 7000 mAh, soit une progression que l’on peut qualifier d’inexistante en théorie, même si couplée à Android 4.0, l’ensemble gagne un poil d’autonomie en pratique : comptez 9h à 10h d’utilisation.

Vous trouviez qu’Asus en avait fait trop avec les appareils de sa Transformer Prime ? La régression des modèles de Samsung devrait vous ravir.

Que penser de ces caractéristiques ? Que Samsung a repris presque exactement les composants de la Galaxy Tab, en remplaçant le Tegra 2 par un autre processeur et un duo d’appareils photos/caméras moins bon que sur l’original. En d’autres termes, par rapport à la première tablette, les coûts de production sont moindres et comme toute la technologie est recyclée d’une génération à l’autre, on pourrait même penser qu’ils ont été anecdotiques.

Samsung a donc pris dans ses usines un enrobage qu’il avait conçu pour éviter les procès d’Apple, a bourré cela avec du matériel de fin de série qui ne se vendait plus, a réduit les coûts sur la sous-traitance d’un composant comme le processeur – Texas Instrument est moins cher que nVidia, globalement – et a envoyé le tout aux revendeurs avec un joli « 2 » marketing derrière. Chapeau.

II – Android et Touchwiz : la mise à jour à 350 euros

1 – Ice Cream Sandwich repensé : un business model archaïque ?

Avec une telle première partie, si vous êtes arrivés ici, c’est vraiment que vous voulez cette tablette – ou que vous cherchez à vous convaincre que, quelque part, elle pourrait faire l’affaire. Alors pourquoi avoir fait une Galaxy Tab 2 ? Une réponse nous vient immédiatement à l’esprit : pour vendre Android 4.0. Samsung, comme plusieurs autres compagnie sur le secteur de la tablette, n’a pas la culture de la mise à jour.

Réseau personnel enregistré et sécurisé ? Utilisons aléatoirement FreeWifi.

Pensez qu’avant d’arriver sur Android, on retrouvait Sammy du téléviseur à l’ordinateur portable, du frigo à l’imprimante, de l’appareil photo à l’autocuiseur, bref, des appareils qui, une fois vendus ne reçoivent quasiment aucun suivi logiciel. Dans l’esprit d’un constructeur, qui ne gagne rien sur les mises à jour, on vend un produit tel quel et le client rachète ou ne rachète pas le produit suivant avec un meilleur software.

Autre cas de figure, quand vous achetez un PC sous Windows, c’est Microsoft qui s’occupe des mises à jour, Samsung n’a qu’à vendre son produit fini. Dans la culture mobile, ce n’est pas comme cela qu’on procède : Apple suit par exemple tous ses modèles jusqu’à 3 ans, mise à jour après mise à jour. Android est censé fonctionner de la même manière : une fois une nouvelle version sortie, les constructeur doivent la proposer aux utilisateurs.

TouchWiz, ses widgets, ses hubs

Seulement, comme vous l’avez deviné, ce n’est pas comme ça qu’ils gagnent de l’argent – pire, en proposant une nouvelle version sur d’ancien produits, ils entretiennent un parc qui ne leur rapporte plus un centime et n’incitent pas les premiers acheteurs à repasser à la caisse. Et ça, avec ses mises à jour vers Android 4.0 que l’on attend toujours massivement sur les premières Galaxy Tab en aout 2012, Samsung l’a bien compris.

Alors oui, la Galaxy Tab 2 dispose d’Android 4.0 avec la surcouche propriétaire TouchWiz. Rien ne change véritablement depuis la première Galaxy Tab : on retrouve la barre des menus grisée, les « super widgets » qui s’affichent en surimpression sur l’écran, ou encore, l’accès direct à la capture d’écran.

Des widgets maison peuvent se superposer sur tous les écrans…

Samsung a ajouté ses propres widgets fort pratiques et l’ensemble est globalement agréable à utiliser, même si, en la comparant à une tablette disposant d’un système Android 4.0 nu, la Galaxy Tab 2 10.1 est bien plus poussive. Les transitions ne sont pas parfaitement fluides, les menus mettent un dixième de seconde de trop à s’afficher, bref, Touchwiz n’est pas une mauvaise surcouche, mais elle alourdit quand même beaucoup le système.

…vous ne les utiliserez probablement jamais puisqu’ils cachent tout l’écran, mais ils permettent d’utiliser les applications depuis n’importe où.

Le constructeur a ajouté des widgets plutôt intéressants en plus de ceux proposés par Google, vous aurez ainsi la possibilité depuis votre bureau d’accéder à un bloc-note, un lecteur vidéo, une horloge numérique proposant plusieurs localisations, la météo ou encore le S-Suggest, la sélection d’applications partenaires proposées par Samsung.

Le navigateur natif, lui, mettra de 4 à 7 secondes pour charger un site lourd, ce qui reste confortable pour le surf.

 Comme toujours chez Sammy, la tablette est bien fournie, « prête à l’emploi »

Au-delà de ça, ce sont évidemment les applications Google que l’on retrouvera une fois de plus avec plaisir, toujours très bien intégrées au système et de plus en plus perfectionnées et ergonomiques, version après version. D’ailleurs, en parlant de version, compte tenu de ce que nous avons dit plus haut, on ne miserait pas trop sur Samsung pour de la réactivité dans le passage vers Jelly Bean, Android 4.1.

2 – Des hubs applicatifs bien remplis

Passons maintenant aux applications qui sont souvent le point fort des tablettes Samsung et voyons de quoi sont constitués les fameux hubs cette fois. Notons avant tout un grand absent dans la sélection d’applications proposées par le constructeur : Dropbox, offert sur les Galaxy S III et les Galaxy Tab 2 7.0 avec 50 Go de stockage pour deux ans ne fait plus partie de l’aventure. Dommage, mais passons au détail.

  • Adresses : Google Adresse. Par Google. Des Adresses. Bonnes.
  • Alarme : pour vous réveiller en douceur.
  • AllShare : la technologie DLNA de Samsung, l’application vous permet d’accéder au contenu de vos boxs, disques durs connectés et autres NAS.
AllShare reconnaîtra tous vos périphériques réseau en quelques secondes
  • Appareil photo : lui-même, nous y reviendrons.
  • Chat + : le chat de Google +. A ne pas confondre avec ChatOn et Talk.
  • ChatOn : le chat de Samsung. A ne pas confondre avec Chat + et Google Talk.
  • Contacts : à ne pas confondre avec le film du même nom, qui n’est pas au pluriel.
Epurée et pratique
  • Créateur de vidéos : un outil de montage sommaire proposé par Samsung depuis quelques modèles, bien fichu, mais vu la qualité des capteurs embarqués, on ne sait pas trop s’il sera beaucoup utilisé…
  • Editeur de photos : la même chose, mais pour la photographie. Un outil sympathique et gratuit, contrairement à Photoshop, bien plus performant, mais payant.
  • Game Hub : vous retrouverez ici non pas des jeux, malheureusement, mais des liens vers des jeux gratuits ou payants. Samsung avait offert quelques titres sur ses premières tablettes et a abandonné la pratique depuis : vous n’aurez le droit qu’à des Free to Play ou des sharewares.
  • Gmail : l’application Google, bien foutue et très performante.
  • Google + : l’application Google, dédiée au réseau asocial.
Le Kid’s Hub a perdu beaucoup d’intérêt sans les comptines de la première Galaxy Tab
  • Horloge : une centralisation de différentes horloges mondiales. Un beau planisphère, une application sympathique à consulter.
  • Internet : C’est Là Que Tout Commence. Préférez quand même Chrome.
  • Kids Hub : comme sur les précédentes Galaxy Tab, on retrouve Marmiton dans le Kids Hub, pour mettre ces petits garnements au boulot dès le plus jeune âge. Au-delà de ça, Samsung propose les applications de la chaîne Nickelodeon. Malheureusement, l’application de comptines, excellente sur la première Tab, a disparu.
Une publicité mal ciblée à chaque ouverture d’application jeunesse / Game One ou MTV : ce n’est pas comme si vous aviez payé votre tablette. Si ?
  • Lecteur MP3, Vidéo : Samsung a fait du bon boulot, les deux lecteurs sont très plaisants à utiliser. En outre, rares sont les constructeurs qui proposent le duo d’emblée, aussi évident que cela puisse paraître.
  • Maps : l’excellent logiciel de navigation de Google.
  • Memo : comme son nom l’indique, simple, efficace, bien trouvé.
Un mémo irréprochable
  • Mes fichiers : un explorateur de fichiers. On en trouve des tas sur le Play Store, penser en ajouter un d’office est quand même une bonne idée.
  • Music Hub : incompréhensible. Alors que Samsung a fait un partenariat avec 7 Digital pour proposer de la musique et des solutions de cloud, le Music Hub de la Galaxy Tab 2 10.1 se contente de proposer SoundCorner, un autre lecteur MP3, et l’application MTV…
  • Polaris Office : référence en terme d’édition bureautique sur Android, Polaris est offerte en version complète. Merci Samsung !
L’appli bureautique de référence sur Android… en attendant mieux.
  • Reader Hub : LeMonde, LesEchos, AveComics… autant d’applications de consultation de journaux ou de bandes-dessinées qui vont vous ouvrir les portes du paiement d’exemplaires à la demande. Le hub est très joli.
  • S Calendrier : le fameux calendrier de Samsung, entré en vigueur depuis le Galaxy Note, revient dans une version adaptée au format 10 pouces. Toujours aussi plaisant à consulter.
  • S Suggest : Samsung se prend pour notre rubrique Appologie et vous conseille des applications. Soyez sûrs que ce sont des partenaires.
  • Samsung App : le magasin d’application de Samsung. Rien à en dire.
Le Home Hub, qui se télécharge après le lancement, est une sorte d’interface de raccourcis dans l’interface Android. Intérêt zéro.
  • Talk : le chat de Google. A ne pas confondre avec Chat + et ChatOn.
  • Video Hub : une compilation de services de VOD et le live de GameOne.

Grosso modo, ne tergiversons pas plus longtemps, l’offre logicielle de Samsung est correcte. Elle vous permettra d’utiliser la tablette pleinement avant de vous rendre ne serait-ce qu’une fois sur le Google Play Store. Tous les services de base sont là et tournent plutôt bien, le débutant n’aura donc qu’à allumer la tablette pour commencer à l’utiliser.

On regrette cependant la détérioration au fil des ans des fameux Hubs, qui étaient vraiment mieux fichus sur les premières Galaxy Tab. Des absences étonnantes sont à noter également : le Music Hub du Galaxy S III, par exemple, ou l’offre Dropbox fort plaisante. Enfin, plusieurs applications ne sont finalement que des sortes de flux RSS multimédia bardés de pub : pas génial pour des applications natives censées être achetées avec le produit.

III – Multimédia et jeux vidéo : quelles avancées par rapport à l’ainée ?

1 – Lecture, enregistrement : oui, mais.

Comme à chaque fois que nous vous proposons des tests de tablettes, nous faisons passer aux petites bêtes le fameux « benchmark du lapin © », qui consiste à faire lire à la tablette un fichier en 1080p high-profile et un autre en 720p, toujours en profil haut. Evidemment, sur une tablette à la définition ne dépassant pas les 800 pixels de haut, il n’est pas évident de cerner l’intérêt d’une lecture en 1080p, mais ce sont désormais des fichiers courants et il peut être fastidieux de les convertir. Et puis rappelons-le : une tablette est un objet de confort, on ne devrait pas avoir à s’embêter.

Le Video Hub vous proposera le meilleur de la VOD made in France

Alors que la Galaxy Tab 2 7.0 échouait lamentablement sur les fichiers high-profile, quand toutes les chinoises du marché parviennent désormais à décoder sans problème ce type de fichier, la Galaxy Tab 2 10.1 s’en sort et passe avec succès le test du lapin. Alors pourquoi ce « oui mais » dans le titre ? Difficile à expliquer : objectivement, oui, le fichier 1080p se lit. Subjectivement en revanche, on ne perçoit pas la même fluidité que lorsqu’on lit un tel film avec une tablette Tegra 3, par exemple. C’est comme s’il y avait de légers sursauts, des saccades presque imperceptibles, mais qui viennent ternir l’expérience, pour peu que l’on soit un peu pointilleux – ce que nous sommes.

C’est bien dommage, car la concurrence sur Android est aujourd’hui pleinement capable de lire ces vidéos sans le moindre problème, des tablettes ultra low-cost aux « excellentes chinoises » comme la JMI Tab, en passant par la ribambelle d’ardoises estampillées Tegra 3. Rappelons également que Samsung les premiers avaient sorti de leurs cartons un Exynos capable de décoder nativement le 1080p, sur le Galaxy S II, il y a quelques temps maintenant. Du coup, on ne comprend pas trop comment le constructeur peut être en dessous de la concurrence, même très légèrement, à ce niveau là, en ayant choisi un tel processeur.

Avait-on vraiment besoin d’une application pour afficher ça ?

Ce « mais » est aussi relatif à la capture, comme nous l’avons dit dans le premier chapitre de ce test. D’accord, elle est anecdotique sur une tablette tactile, mais tout de même : avez-vous déjà vu un constructeur régresser ? La Galaxy Tab 2 10.1 proposera donc un appareil photo de 3 mpx, comme la Galaxy Tab 10.1 de 2011. Du côté de la webcam, en revanche, nous avons une caméra pitoyable de 0,3 mpx, contre 2 mpx pour la version précédente. Oui, encore une fois, c’est incompréhensible, surtout que l’usage en vidéo-chat est désormais bien répandu et facilité par des logiciels préinstallés comme Google Talk.

Refrain incessant de ce test : oui, en elle-même la Galaxy Tab 2 10.1, sans être brillante, n’est pas une mauvaise tablette… mais non, par rapport au marché – voire par rapport à sa grande soeur -, elle est loin d’être une bonne tablette. Est-ce que la « qualité Samsung » peut faire la différence ? Sachant que le constructeur est peut-être l’un des pires du côté du suivi de ses modèles, ce n’est plus forcément un argument.

2 – Jeux : du Tegra 2 à l’OMAP 4430

L’un des principaux avantage du Tegra, avant qu’il puisse décoder du 1080p high-profile les doigts dans le transistor, c’est évident l’accès à la Tegra Zone, repère de jeux Android spécialement optimisés pour les puces sorties des usines nVidia. Certes, la sélection n’est pas véritablement discriminante, puisque l’on retrouve des versions « non Tegra » de plusieurs titres, mais tout de même, les développeurs ont tendance à mieux optimiser leur jeux quand une plateforme est massivement employée par les constructeurs.

Avant, un « Game Hub » proposait des jeux exclusifs, complets et gratuits. Maintenant, il propose des liens.

Pour sa Galaxy Tab 2, Samsung a choisi de quitter le courant mainstream et a équipé son jouet d’un processeur OMAP de chez Texas Instrument. Le bougre ne s’en sort pas trop mal pour toutes les tâches courantes, mais est-ce qu’il pourra séduire le joueur tactile ? Evidemment que non, puisque pour le même prix chez la concurrence, celui-ci pourra se tourner vers un Tegra 3 bien plus intéressant pour lui.

Est-ce bien nécessaire d’enfoncer le couteau déjà retourné dans la plaie ? Vous ne vous lassez pas de ce test ? Le comique de répétition vous plaît ? Reprenons alors : oui, on peut jouer à la plupart des titres Android sur Galaxy Tab 2 10.1, mais non, elle n’est pas, à ce prix là, la tablette que les joueurs pourront préférer.

Conclusion

La question peut se poser en conclusion : a-t-on écrit un test-sanction, comme nous le fîmes jadis avec LG et son décevant Optimus Pad ou Archos et la mauvaise blague qu’était le premier stock de G9 80 ? Sûrement, mais étant un site d’information et non un fanzine, nous trouvions qu’il était nécessaire de prévenir notre lectorat. Samsung n’a pas fait une mauvaise tablette, qu’on soit bien clairs, d’ailleurs, nous avions adoré la Galaxy Tab 10.1 l’an passé ; non, Samsung a fait une tablette qui se fiche de ses clients.

La Galaxy Tab 2 10.1 est le monstre de Frankenstein du Coréen: un peu de design recyclé par-ci, un peu de matériel recyclé par-là, des emprunts au bas de gamme d’un côté, aux précédentes tablettes de l’autre, des applications superbes, d’autres complètement inutiles ou buguées, bref, cette ardoise n’aurait jamais dû sortir. On a la mauvaise impression que Samsung a vendu la mise à jour vers Android 4.0 350 euros, sans aucun autre argument, pour un grand public qui ne saurait pas trop que choisir dans la jungle des tablettes tactiles et qui tomberait sur celle-ci dans un grand magasin.

D’ailleurs, dans cette gamme de prix, Acer et Asus ont des modèles 10 pouces infiniment mieux qui s’intègrent parfaitement dans le renouveau hardware de 2012, embarquant notamment du Tegra 3 pour les jeux et la lecture multimédia. En plus, ces deux constructeurs ont été plutôt en règle avec leurs clients, en proposant des mises à jour très rapidement pour les premiers modèles, ce que Samsung peine toujours à faire. Dès lors, vous conseiller cette Galaxy Tab 2 sur LesArdoises serait encourager cette politique condamnable qui consiste à croire que le marché du grand public se satisfera bien d’un objet déjà dépassé, produit à moindre coût et qui « fait à peu près le boulot ». Amoureux de l’innovation, nous ne pouvions pas laisser passer cela.