Attention, profitez-en, le test d’une tablette non-Android, ce n’est pas tous les jours que ça arrive ! Ca faisait pourtant longtemps que l’on voulait mettre la main sur cette tablette pour vous donner notre avis : un OVNI comme cela, on pouvait difficilement passer à côté. Mais qu’est-ce que c’est que cette Qooq me direz-vous ? Au risque de tuer une nouvelle fois Molière, disons que Qooq est le français de cook, et cook en anglo-américano-saxon signifie… cuisiner.

Voilà comment cette tablette est vendue : ce n’est pas un e-reader, ce n’est pas un lecteur multimédia, ce n’est pas un cadre photo, pas un GPS, pas non plus un serveur dans les nuages, non, c’est un livre de cuisine multimédia. Du coup, vous vous doutez bien qu’on ne testera pas ce produit comme on teste la dernière tablette tactile à la mode : vous n’attendez pas d’un tracteur qu’il monte à 100 km/h en 6 secondes. Mais essayez un peu d’aller labourer un champ avec votre voiture de sport, pour voir…

Bref, cessons les comparaisons douteuses, vous voyez le topo, place au test.

 Sommaire

I – La cuisine, le lieu de tous les dangers

1 – Une tablette robuste et résistante

2 – Ecran et hardware : pourra-t-on faire des recettes vite faites en HD 1080p 3D ?

II – Du Linux dans votre cuisine

1 – Une interface simple et intuitive

2 – Le coeur du système : les recettes

3 – Et le reste alors ?

Conclusion

 

I – La cuisine, le lieu de tous les dangers

Avant d’entrer dans le vif du sujet, comme vous pourriez ne pas connaître la tablette Qooq ni la firme derrière le produit, laissez-moi vous dire deux mots à son sujet. Tout d’abord, la société qui la conçoit est française. Bah oui hein, s’il y avait bien un pays où l’on pouvait penser avoir besoin d’un outil pour faire d’excellents plats, c’est la France. Du coup, la tablette est française. Vous allez me dire « oui, normal, tu te répètes un peu là ». Vous n’avez pas totalement raison : Archos aussi est une marque française, et pourtant, ses produits sont chinois.

Les coquillettes au sel, même Qooq peut pas test

Non, sur la boîte de la Qooq et dans le système d’exploitation, vous ne trouverez pas un seul mot en anglais et vous verrez des petits drapeaux français partout qui stipulent « conçue et fabriquée en France ». Même si les pièces viennent de Chine – car tout vient de Chine aujourd’hui -, c’est peut-être la tablette la plus made in France de toutes. D’ailleurs, au CES 2012, si Qooq était présent, c’était pour présenter au marché américain une version anglaise de son produit.

Eh bien cela à l’air de rien comme ça, mais vous allez voir que ça a un énorme avantage dans la prise en main de l’engin par le « grand public ». Disons que pour une fois, un produit aura été vraiment pensé avec nos mots, nos expressions, nos tournures de phrase et mine de rien, ça se sent.

1 – Une tablette robuste et étanche

Quand vous sortez pour la première fois votre tablette Qooq de sa belle boîte, vous vous retrouvez en face d’un croisement entre un jouet Playskool, un objet extra-terrestre et une tablette tactile. Le design est définitivement… spécial. La tablette n’a pas été conçue comme une tablette multimédia, fine et de forme rectangulaire. Non, ici, on voit très bien que le design sert avant tout une fonction : tenir sur un plan de travail.

Voilà la bête… originale, elle doit quand même être plus passe-partout en noir

La tablette est épaisse et lourde : aucune chance qu’elle glisse ou qu’elle perde son équilibre si par malheur vous l’heurtiez pendant que vous préparez vos beignets aux cocos de Paimpol. 900 grammes, un peu plus de deux centimètres d’épaisseur : la Qooq n’a pas pris part à la bataille du « toujours moins » que se livrent les autres fabricants du secteur.

Et on ne peut pas le lui reprocher : l’équilibre est parfait, qu’elle repose sur ses quatre pieds recouverts d’un plastique antidérapant ou qu’elle soit surélevée par sa béquille en métal. Après tout, cette tablette a vocation a être posée dans un coin, remplaçant avantageusement le livre de cuisine, le poste radio et le fragile ordinateur portable.

Elle trônait fièrement au CES, in english, la petite francophone

D’ailleurs, vous n’aurez pas besoin de vous soucier des éclaboussures et autres taches qui sont fréquentes quand on fait la cuisine. Tous les ports sont recouverts d’un cache en plastique étanche (sauf celui de l’alimentation, étrange), les boutons de la tablette sont carrément moulés dans cette matière et l’écran est conçu pour recevoir sa dose de substances indésirables. Oh, ce n’est pas de l’IP67, comme certaines tablettes que nous avons vu au CES : n’allez pas mettre votre Qooq dans l’eau – tout a été pensé pour la cuisine, pas pour la salle de bain.

Toute la tablette, béquille et pieds exceptés, est en plastique, ce qui n’est pas une mauvaise idée compte tenu des contraintes déjà citées, mais si toute la partie avant est bien finie, bien moulée, bien assemblée, on aurait aimé que le même soin soit apporté à la partie arrière du produit. Nous avons eu un modèle d’essai qui a sûrement été malmené par des dizaines de journalistes et blogueurs, mais on peut par exemple relever une mauvaise liaison entre les deux parties de la tablette, ce qui nous fait craindre pour l’étanchéité du tout. A voir sur les modèles commerciaux si le problème est présent.

Un port ethernet, essentiel pour vous faire une LAN au cas où vous arriveriez à installer Counter Strike dessus 

Mais revenons un bref instant sur les connectiques, car elles sont assez originales. D’abord, vous n’aurez aucun moyen de raccorder la tablette à un PC ou un Mac. Il n’y a pas de port micro ou mini USB, pas de MHL, bref, pour dire les choses simplement, il n’y a aucune sortie. Ce n’est pas pour autant que la tablette est pauvre, au contraire : vous trouverez sous le cache de protection un port SD (et non pas micro SD), et un port USB.

Il est donc tout à fait possible de brancher une clef USB, un disque dur ou d’insérer une carte SD avec vos photos et autres fichiers multimédia dessus, pour les retrouver sur la tablette. C’est un peu déroutant à l’usage, mais on s’y fait : comme on vous l’a déjà dit, la Qooq n’a pas été pensée pour du multimédia et il faut considérer cet usage comme un « bonus ».

Etanche ? Soit les journalistes sont des brutes, soit ce joint aurait gagné à être mieux fini

Quel intérêt par contre d’avoir mis un port RJ45 ? On imagine très mal à qui cela pourra servir. Un câble qui traîne de la box ou du modem jusqu’à la tablette ? Une solution pour mettre la tablette en réseau (mais encore une fois, quid de l’intérêt) ? On pense qu’il peut servir dans un cas très précis que l’on imagine mieux dans le milieu professionnel qu’à la maison, si par exemple la cuisine est en sous-sol d’un restaurant ou dans une arrière-salle privée de Wi-Fi. Mais ce n’est pas le public visé, a priori…

2 – Ecran et hardware : pourra-t-on faire des recettes vite faites en HD 1080p 3D ?

On ne va pas s’étendre dans cette partie comme on le fait avec toutes les autres tablettes : ceux qui veulent acheter une Qooq ne regarderons même pas ses caractéristiques techniques. Mais pour un test sur un site spécialisé, cela a du sens – surtout quand on passera à la partie multimédia, en fait.

A l’intérieur de la tablette, pas de processeur low-cost ou bas de gamme, on retrouve un CPU de chez Texas Instruments, sur une architecture ARM Cortex A9, cadencé à 1 Ghz. Comme c’est un dual-core, on suppose que c’est sensiblement le même que celui qui a équipé les premières séries de tablettes Archos G9.

Ironie, seul le nom de l’entreprise est anglais…

Du côté du stockage, vous aurez 8 Go de mémoire interne, extensibles par le port SD. Je n’ai pas très bien compris où étaient passés ces 8 Go : seulement 1,5 étaient disponibles pour y stocker mes fichiers. Ce n’est pas un drame : comme on ne peut pas la relier avec un PC, on prend l’habitude de tout laisser sur la carte SD qui fait office de pont, les fichiers n’ayant pas besoin d’être copiés pour être lus.

L’écran s’est mis à la mode des tablettes Android de maison et fera donc 10.1 pouces. Je n’ai pas trouvé la résolution, mais ce n’est pas très élevé : on doit être autour du 1200×600. Les angles de vision ne sont clairement pas le point fort de cette tablette, l’écran ayant une fâcheuse tendance à s’obscurcir dès que vous ne le regardez pas en face. La béquille est là pour pallier ce problème : en pratique, je n’ai jamais eu à faire des acrobaties pour trouver le bon angle de vision, la tablette étant orientée correctement pour quelqu’un debout.

On voit déjà l’obscurcissement du tout sur cette photo pas si éloignée de l’axe central

On pourra aussi peut-être reprocher à l’ensemble un manque de réactivité au toucher tactile, sûrement dû au traitement anti-éclaboussures et anti-taches du revêtement : la dalle tactile est capacitive, mais il faut appuyer assez fort pour faire réagir l’OS. Encore une fois, ce n’est pas dramatique, et comme on va le voir dans la partie qui vient tout de suite après, tout a été pensé pour que toutes les actions possibles soient à moins de deux ou trois coups de doigt.

Il n’y a donc guère que l’écran que Qooq devrait revoir dans sa prochaine version, tout le reste paraît étrange de prime abord mais répond parfaitement aux problèmes posés par une tablette qui doit passer la majeure partie de son temps dans une cuisine. Entrons dans le vif du sujet, parce que, comme vous le savez, une ardoise n’est pas grand chose si le système qui la fait tourner ne suit pas.

II – Du Linux dans votre cuisine

1 – Une interface simple et intuitive

Premier constat quand on allume la tablette qui n’est pas si banal que ça quand on a testé des tas de modèles peu ergonomiques : ça fonctionne et c’est clair. La configuration est très simple, on vous demandera de faire un compte Qooq et de choisir votre réseau Wi-Fi. Entrez votre clef WEP, et hop, ça fonctionne. Notez déjà que la Qooq sait parler à son public : il est par exemple expliqué ce qu’est cette fameuse clef pour se connecter au Wi-Fi et où la trouver dans la plupart des cas.

Un seul menu pour les contrôler tous

Comme on vous le disait en introduction, on sent que l’entreprise française a cherché à faciliter au maximum l’expérience utilisateur. Résultat, vous passerez très probablement la plupart du temps sur l’écran principal. Celui-ci est divisé en trois parties, à gauche, un menu pour accéder aux rubriques, au centre, l’affichage des dites rubriques et à droite, une liste d’applications comparables à des widgets que l’on peut faire défiler indépendamment du reste.

Pas de complication dans la navigation : tout ou presque est à deux clics du menu principal. Vous voulez une recette au hasard ? « Recette », « Idées de saison » et hop, vous avez votre recette. Vous voulez accéder à votre liste de course ? Même chose, un clic sur « Mes Courses » et voilà la liste qui s’affiche. Pour revenir au menu principal, une seule touche dans toutes les applications, le bouton « Qooq » en haut de l’écran.

Si vous aimez titiller les entrailles virtuelles de vos produits, vous risquez d’être déçu par ce panneau de configuration

De même, la barre de droite est « tirable », un petit peu comme la barre de notification d’Android sur smartphone, et vous permet de changer de musique ou d’écouter une autre chaîne de radio sans quitter l’application ouverte en plein écran.

Les trois formules d’abonnement. L’addition pourrait être salée. Ah ah.

Votre espace perso vous sert principalement à acheter un « Pass Qooq » et à gérer vos abonnements. La tablette est parfaitement fonctionnelle sans et est livrée avec 500 recettes pré-installées, mais si vous voulez enrichir votre culture culinaire, Qooq propose des pass à la journée (2€), au mois (10€) ou à l’année (100€). Le nombre de recette passe alors à 3000, dont 1000 en vidéo, mais vous aurez également la possibilité de consulter des fiches techniques sur les ingrédients ou les vins, de voir des reportages du magazine Qooq et de profiter des mises-à-jour de la base de donnée : tous les mois, Qooq invite de nouveaux chefs pour vous faire découvrir de nouveaux mets.

Les « paramètres » sont réduits à leur plus simple expression, puisque tout le système fonctionne parfaitement sans qu’on ait à régler quoi que ce soit. Vous pourrez quand même accéder à la luminosité, au volume, aux paramètres réseau ou encore, à la date. Que des réglages basiques, en somme.

« Mais où est le bouton Qooq ? » 

Pour peu que vous ayez pris le coup de doigt pour naviguer sur cet écran, tout est très réactif sans être parfaitement fluide, faute de transitions entre les menus. Le système basé sur Linux est exactement ce qu’on attend d’une distribution tactile : de grosses icônes, pas d’ascenseur pour faire défiler les pages ou les rubriques, des boutons pour passer facilement d’une page à l’autre, la reconnaissance de quelques gestes tactiles. On regrette juste que les grands classiques n’aient pas été adaptés : pas de pinch’n’zoom par exemple.

2 – Le coeur du système : les recettes

Mais passons à l’argument de vente de cette tablette : les recettes. Après tout, si vous l’achetez, c’est clairement pour vous accompagner à la cuisine, pas pour remplacer un iPad ou une tablette Android. D’ailleurs, Qooq nous a confié au CES qu’une tablette plus traditionnelle était dans les tuyaux chez eux : on devrait en entendre parler un peu plus tard dans l’année.

Quand vous cliquez sur l’onglet « Les Recettes », la tablette se transforme en une sorte de livre de interactif. Il y a évidemment des suggestions aléatoires si vous n’avez vraiment pas d’idée, mais vous pouvez tout à fait rechercher des plats par type, par ingrédient, par thème ou par mot clef. Quand vous êtes arrivé au terme de la navigation par catégories, toujours plus fines, vous pouvez commencer à saliver : les recettes prennent alors tout l’écran et vous pourrez voir rapidement combien cela va vous coûter, si c’est difficile ou faisable par un étudiant manchot et combien de temps cela va vous prendre.

Om nom nom nom !

Prenons par exemple un truc simple, le Boeuf carottes façon Guillaume Delage. La recette s’affiche, vous voyez qu’il faudra 2 heures de préparation, 2h40 de cuisson et 48h de repos. Vous avez faim, vous voyez le temps total de 52h40, vous changez de recette. Prenons un Hamburger tout ce qu’il y a de plus traditionnel. 15 minutes de préparation, 35 minutes en temps total, voilà qui devrait permettre de ripailler rapidement.

Fromage de chèvre, hein. 

Ici, vous pouvez mettre la recette en favori, la planifier pour qu’elle apparaisse sur votre agenda et lui donner une note. Vous pouvez également voir tous les ingrédients et en faire une liste de courses en 2 clics. La recette en elle-même n’est pas difficile mais les consignes sont claires, divisées en étapes. Enfin, vous aurez un onglet « boissons » qui regroupe pour la plupart des recettes les conseils d’un sommelier professionnel. Avec votre Hamburger, Fabrice Sommier vous conseille par exemple un Fronton du Haut Pays, « un vin puissant, riche et intense ». Ou de la bière, après tout, vous bouffez un hamburger, pas une escalope de boeuf de Kobé au foie gras de caviar.

Les recettes elles-même sont divisées en plusieurs catégories : « inspiration » pour vous surprendre, « simple et rapide » pour les gens comme moi, « classiques » pour voir si vous pourrez survivre à une vie de couple et les « Chefs », pour épater la galerie. Si l’on prend l’une de ces dernières au hasard, un Sauté de boeuf au gingembre par exemple, par le chef Jean-Yves Corvez (qui a les mêmes mimiques que Jean-Paul Rouve quand il imite un chef cuistot), on aura le droit à une vidéo explicative en complément de chaque étape, la recette étant préparée devant vos yeux par le chef concerné et commentée par les équipes d’édition de Qooq.

Si vous cliquez sur son profil, vous aurez même le numéro de son resto. Pas dit qu’il assure le SAV.

Là encore, ils ont pensé à tout. Vous voulez revoir une étape ? Appuyez sur le lecteur qui s’affichera en popup par dessus la recette, vous permettant de rejouer chaque partie de la démonstration. Comme quand on regarde Star Wars Episode I et qu’on saute tout de suite à la course de podracers, vous pourrez directement passer au moment où Jean-Yves découpe les oignons, moment paroxystique de l’acte I.

Une fois le plat terminé, cliquez fièrement sur « J’ai fini » pour évaluer la difficulté de la tâche par rapport à votre niveau : cela permettra au logiciel d’ajuster ses conseils et aux équipes de Qooq d’éditer le contenu s’ils ont surestimé les compétences culinaires de leurs clients. Pas de fioriture donc, les recettes s’affichent bien et sont agréables à consulter : si vous avez acheté la Qooq dans l’idée de vous passer de vos livres de cuisine, bingo, vous serez comblé.

Je suis sûr que vous rêviez vous aussi de tout savoir sur les patates

Du côté des applications dédiées à la cuisine, on retrouve un minuteur et une horloge, deux outils précieux pour la cuisson. Vous aurez aussi une application radio pour remplacer votre vieux ghetto-blaster et bien sûr, un lecteur audio. Mais là, on commence un peu à déborder dans la dernière partie de notre test, signe qu’il faut y passer sans plus attendre.

3 – Et le reste alors ?

On pourrait s’arrêter là et nous aurions testé le produit que l’on nous a envoyé : oui, la Qooq est une bonne tablette tactile à mettre dans toutes les cuisines. Mais hé, on sait que vous aimez bien qu’on aille un peu plus loin et qu’on explore à fond les possibilités d’un produit, alors aventurons-nous dans les terres marginales de cette tablette. Et par terres marginales, j’entends tout ce que cette tablette peut faire en dehors des recettes multimédia.

Youtube aura tendance à fonctionner : le reste du temps, il fera planter la tablette et ne sera de toutes façons pas super fluide

Les applications sont peu nombreuses, mais ont toutes été développées pour la tablette : pas de risque qu’elle ne fonctionnent pas ou qu’elles ne soient qu’à moitié compatible. Prenons la première : le navigateur. Comme pour tout, il faudra passer par le « widget » dans la barre de droite pour y accéder. Vous pourrez mettre dans ce widget des raccourcis vers les sites que vous voulez, même si des sites généraux comme Facebook ou Allociné sont déjà présents.

Malheureusement, une fois dessus, ce n’est pas la joie. Ce n’est pas vraiment un navigateur complet, vous n’aurez par exemple que le choix dans les options d’activer ou de désactiver Flash. Certes, on peut naviguer par onglets et le surf est possible dans sa plus simple expression, mais on s’aperçoit vite des limites du système. Pas de pinch’n’zoom par exemple, c’est plutôt handicapant pour lire des articles. De même, la fluidité de l’ensemble est plus que discutable, le clavier n’apparaît pas tout le temps, les sélections sont pénibles.

Des fois je suis content d’avoir 10h de ma journée consacrées à l’écriture d’un test

N’attendez pas trop de ce navigateur : il pourra vous dépanner, vous n’aurez pas besoin de quitter la cuisson de votre steak pour regarder les séances de ciné’ du coin, mais n’espérez pas faire bien plus. On pourra relever un vieux reste d’une version bureau du système, le pointeur de la souris apparaissant aléatoirement à l’écran… On note cela dit que la position inclinée, grâce à la béquille qui cale parfaitement l’objet, permet une saisie au clavier virtuel pas désagréable. Bonne idée également d’avoir mis un pavé numérique : il y a de la place sur une tablette, profitons-en.

La météo fait son boulot, pas grand chose à dire dessus. Le widget est propre et affichera les prévisions quand vous cliquerez dessus.

La radio est vraiment bien fichue et dispose d’une bonne cinquantaine de stations préenregistrées (en écoute apparemment via internet), françaises, belges et suisses. La qualité sonore n’est pas démente, mais si vous l’habitude d’un micro-poste de radio, vous ne serez pas dépaysés. Mêmes remarques pour le lecteur de musique : il fait son boulot, tout est contrôlable depuis le widget, et, luxe, il ira chercher automatiquement les fichiers compatibles sur le disque amovible. Notez que vous pourrez brancher des enceintes ou des écouteurs sur la sortie audio. On salue encore une fois la simplicité d’utilisation.

Que serait la cuisine sans Nostalgie et Cherie FM ?

Plus intéressant, le lecteur vidéo. Comme la qualité de l’écran n’était pas le point fort de cette tablette, je me suis dit qu’ils n’avaient pas mis le paquet sur les codecs ou sur le lecteur. Eh bien je me trompais ! J’ai été assez surpris de voir mon fichier benchmark en 1080p high-profile être lu sans le moindre problème. Une tablette de cuisine qui enterre tous les modèles 2011 à base de Tegra 2 dans la lecture de vidéo, si j’étais un caméléon ça me ferait mal à l’égo quand même…

Ma réaction quand j’ai vu la vidéo se lancer

De même, contrairement à toutes les tablettes Android sous 3.x, la Qooq propose un vrai plein écran qui permet de profiter pleinement des 10,1 pouces. Et avec un film bien encodé et en haute résolution, l’écran s’en sort vraiment très bien pour peu que vous soyez en face. Moi qui suis naturellement peu enclin à l’euphorie et la surenchère, j’ai été vraiment surpris par la qualité de cette application et du rendu général. Vu la forme de la tablette, c’est parfaitement envisageable qu’elle fasse office de lecteur de films ou de séries pour les longs trajets. Seul regret : les sous-titres en .srt ne sont pas lus.

On a également une application « Galerie » très classique, qui est déjà préchargée avec des centaines de photos de plats qui vous rendront fous si, comme moi, vous les laissez tourner en boucle. Elle n’est vraiment pas fonctionnelle par contre et sert en fait de base de donnée pour la fonction « cadre photo », qui transformera votre tablette en… vous voyez quoi.

La galerie vous permettra d’apprécier vos photos en négatif, selon l’endroit où vous vous positionnez par rapport à l’écran

Last but not least, contrairement à RIM, Unowhy (la société derrière la tablette que l’on a appelée « Qooq » pendant ce test pour éviter d’écrire 20x « Whyuno« , je me connais) a intégré un webmail dans son OS, sommaire, mais qui fera son boulot le plus simple : recevoir et envoyer vos mails.

Enfin, cela ne compte pas vraiment comme une application, mais sachez qu’un explorateur de fichiers est également préinstallé et vous permettra de faire le tri dans vos différents dossiers et de copier des fichiers depuis et vers les différents périphériques de stockage.

Complètement d’accord, placer cette photo ici n’a aucun sens, mais j’avais fait le tour de mes clichés

Avant de passer à la conclusion générale, on peut donc dire que la tablette, malgré son orientation bien définie et apparemment limitée, s’en sort vraiment pas mal pour tout ce qui est multimédia. La navigation sur internet est à revoir, mais entendons-nous bien : tout ce qui est évoqué dans cette dernière partie peut être considéré comme du bonus sur un tel produit.

Conclusion

Cette Qooq est donc une bonne surprise à la française, comme disent les anglais. On s’attendait à un produit cheap pour cuistots en herbe, on a un livre de recettes multimédia complet et la première tablette tactile sous Linux vraiment intéressante. L’interface est soignée, le système se prend très facilement en main et accompagne les grands débutants dans toutes les étapes de configuration. On regrette que l’écran ne soit pas de meilleure qualité – une dalle avec des angles de vue plus larges n’aurait pas été un luxe -, mais l’ensemble est bien fini et répond au cahier des charges qu’exige un tel produit.

Même si nous n’étions pas forcément, sur LesArdoises, le public ciblé par cette Qooq et qu’un cuistot expert pourrait avoir un tout autre avis sur le contenu, du côté de la technique, de l’accessibilité et de l’ergonomie générale du système, nous n’avons que peu de chose à redire : c’est du beau boulot. En plus, toute la partie multimédia « bonus » fait bien son travail, ce à quoi, il faut le reconnaître, nous ne nous attendions pas du tout. Reste le prix de l’appareil que nous trouvons quand même un peu trop élevé. 359€, même pour un lecteur de recette de cette qualité, c’est, il nous semble, trop élevé. Avec un excellent écran, cela aurait été différent, car ce composant est souvent le plus cher : peut-être un sans faute pour la prochaine version ?

On retiendra : 

  • Une tablette innovante, une cible très précise
  • Un cahier des charges respecté
  • Les recettes bien faites, bien expliquées, parfois en vidéo, les conseils des grands chefs
  • L’ergonomie générale du système : comme quoi une distribution Linux bien travaillée peut être convaincante sur tablette
  • Les fonctions bonus multimédia inattendues
  • Le client mail (bisou RIM), la lecture de 1080p high-profile (bisou Tegra 2 et iPad), la lecture vidéo en plein écran (bisou Honeycomb)

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • L’écran, en dessous du reste, aux angles de vision bien trop faibles (mais utilisable sans problème debout, position préférée du cuisinier…)
  • Conséquence directe : le système est « pixelisé », une meilleure définition aurait apporté plus de finesse esthétique à l’interface
  • Le port de l’alimentation, bizarrement pas protégé comme les autres
  • La dalle tactile moins réactive que la moyenne (conséquence du revêtement anti éclaboussures/taches ?) sans être désagréable
  • Le navigateur vraiment à la ramasse

Caractéristiques détaillées.

Galerie en vrac :