Quand nous écrivions notre guide introductif des différents types d’OS disponibles pour les tablettes tactiles, nous vous disions que jamais ô grand jamais nous ne testerions de tablettes Android 2.x, à part celles qui auraient été personnalisées par le constructeur avec une interface dédiée. Cette affirmation est d’autant plus d’actualité qu’Andy Rubin a récemment avoué que Honeycomb, la version tablette d’Android, avait été conçue dans la précipitation, en partie pour empêcher une fois pour toutes les constructeurs de porter à la va-vite un OS libre sur du matériel non adapté.

Avec Ice Cream Sandwich, voué à être libéré, la tablette tactile sous Android 2.x vit, je crois, ses derniers jours. Cette tablette de MPMAN, plutôt originale par son format 4/3 de 8 pouces est donc un bel exemple pour voir jusqu’où cette catégorie est arrivée après 2 ans d’essais plus ou moins ratés. Verdict dans la suite.

I – Dans l’univers impitoyable du low-cost, MPMAN sort la tête de l’eau

1 – L’exemple à suivre : un packaging low-cost ?

2 – Comment bien construire un produit entrée de gamme ?

3 – Parce qu’il a bien fallu sacrifier le budget quelque part…

II – Quel salut pour un OS low-cost ?

1 – Un système pour smartphone

2 – Une tablette, pour quoi faire ?

3 – AppsLib : pire, c’est pas possible

III – Un nouvel horizon pour la bidouille sur Android : la tablette low-cost de bonne facture

1 – Forums, root, ROMs, Android Market

2 – Et le Sandwich Glacé vint à la rescousse

Conclusion

 

I – Dans l’univers impitoyable du low-cost, MPMAN sort la tête de l’eau

Quand on entend « low-cost », généralement, dans nos têtes d’occidentaux, viennent à l’esprit des mots comme « Chine », « mal fini », « arnaque » ou encore « Archos ». Et pourtant, les quelques lignes de cette première partie seront le témoignage de ma surprise et, pour ne pas vous le cacher plus  longtemps, de ma bonne surprise, la preuve qu’on peut faire de l’entrée de gamme tout en respectant le concept de la tablette tactile, produit technologique de luxe par excellence.

1 – L’exemple à suivre : un packaging low-cost ?

Je tombe dans un tort que je n’aime pas particulièrement, celui de la narration débilisante du déballage d’un produit : promis, je ne m’abaisserai à cette tâche que lorsque cela en vaudra la peine. La dernière fois, c’était à propos de l’Asus EeePad Slider, qui proposait dans son packaging vendu par Amazon une housse de protection d’excellente qualité.

« Chef, ça vous va un dégradé de rose vers bleu fluo ? » « Parfait, quel talent, quel goût ! » 

Avec cette tablette MPMAN, même si la boîte est un peu cheap et old school quand on s’est habitué à la sobriété des emballages actuels, elle nous rappelle le vieil adage : qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Et une fois la boîte de Silène ouverte, surprise : en plus de la tablette bien emballée dans son plastique, on trouve non seulement le traditionnel chargeur et le câble USB, mais également un câble USB-USB Host pour brancher par exemple un disque dur externe, mais aussi une chaussette de protection et, cerise sur le gâteau, un petit carré de tissu pour enlever les traces de doigts.

Le petit carré bleu clair, depuis longtemps adopté dans les boîtes de lunettes trop souvent oublié pour les tablettes

De mémoire, seuls HP avec sa TouchPad et RIM avec sa Playbook proposaient cette commodité qui est, on s’en aperçoit vite, un élément essentiel quand on utilise une tablette. Le seul grand absent est le câble mini-HDMI, mais félicitions quand même MPMAN qui est, même avec une tablette low-cost, loin devant bon nombre de ses confrères haut de gamme.

2 – Comment bien construire un produit entrée de gamme ?

Mais les bonnes surprises ne s’arrêtent pas là. Je ne saurais faire une comparaison plus poussée qui va m’attirer les foudres des hordes de fanboys, mais pour le dire vite, à côté de l’Archos G9 80, la MPMAN 827 ressemble à un produit de grand luxe. Ne parlons pas encore du fonctionnement, mais quand on tient les deux tablettes côte à côte, il est difficile de voir laquelle est un produit simple coeur, Android 2.X et entrée de gamme et laquelle embarque un hardware haut de gamme, Android 3.X et coûte 100€ de plus.

MPMAN ne se moque pas de vous : certes, la tablette est composée de 3 parties en plastique clairement distinguables, certes nous ne sommes pas au niveau de finition d’une Galaxy Tab ou d’un iPad 2, mais c’est incroyablement bien fait, bien proportionné et bien assemblé.

On voit bien les deux parties encastrées. J’ai essayé de les séparer mais j’ai eu peur de tout péter. 

Le form-factor, un rectangle de 8 pouces en 4/3 pourrait même faire passer la tablette de MPMAN, de face, pour une version rétrécie de l’iPad, tant les proportions et les lignes se ressemblent. De profil, ce ne sera plus la même chose, puisque la tablette fait à peu près 1,5cm d’épaisseur. Même si c’est un peu gros par rapport à la moyenne, cela n’est pas choquant. En fait, c’est dur à avouer après plusieurs mois à tester des tablettes haut de gamme, mais cette MP 827 est visuellement très cohérente et rien ne peut lui être reprochée.

Souvent, les produits entrée de gamme, Archos ne faisant pas exception, ont des boutons mal encastrés, du plastique qui déborde, les différentes parties ont du jeu et sont parfois séparés par des rainures honteusement larges. Ici, rien ne bouge, c’est un bloc solide que l’on tient en main, les boutons dépassent juste assez et réagissent très bien au toucher, les différents ports se trouvent sur le bas de la tablette et sont parfaitement ordonnés et disposés. Non, j’ai vraiment du mal à croire qu’une compagnie low-cost puisse proposer un produit d’une telle qualité.

Une des deux coûte minimum 250€ et se présente comme une tablette « dernier cri ». L’autre est une tablette low-cost à 180€.

Les ports, parlons-en un instant même s’il n’y a rien que du très classique : un port microSD, la prise chargeur, un port mini-USB, la prise jack, et le port mini-HDMI. Vous avez bien lu : c’est d’un port mini-USB qu’il s’agit, peut-être la seule erreur de MPMAN pour ce qui est de la connectivité, puisque ce format tend à disparaître au profit du micro-USB. La sortie HDMI est une bonne surprise sur ce type de matériel, mais qui n’a de sens que si la lecture vidéo est correcte. Nous verrons cela plus tard.

Pour en finir avec les finitions, sachez que MPMAN a protégé son écran avec du verre recouvrant toute la partie supérieure de la tablette, ce qui est un véritable plaisir au toucher. J’aimerais revenir un instant sur ce procédé qu’Archos n’a pas adopté, puisque j’ai lu ici certaines remarques qui ne lui rendaient pas justice : non, ce n’est pas simplement pour faire mumuse avec une clef et s’apercevoir que les rayures s’en vont, par exemple avec du Gorilla Glass.

Je trouve cette photo assez étrange, déséquilibrée. Il manque une symétrie quelque part. Comme si on en avait quelque chose à faire.

Recouvrir entièrement l’écran de la tablette et donc ne pas choisir de faire passer l’écran sous les bords, c’est aussi bien plus agréable pour l’utilisation tactile, nos mains n’étant pas gênées par le contour de l’écran. Je trouve ça même complètement fou qu’on puisse penser qu’autre chose puisse être plus pratique pour l’utilisateur. Mais j’avais promis que je ne recommencerais pas avec Archos : laissons-là ces remarques, de toute façon, vous n’avez pas besoin de moi pour sentir la différence entre les deux options.

Oui alors ça, MPMAN, on évite hein… d’ailleurs, si vous choisissez de mettre les accents sur les majuscules, il en faut un sur le A. Et toc.

Oh, en passant, je ne peux pas m’empêcher de mentionner la faute de goût ultime : au dos de la tablette, sous le logo, vous aurez un gros message bien visible qui vous met en garde contre les dangers d’une écoute prolongée… du baladeur. D’accord, MPMAN, on sait que vous faites des lecteurs MP3 la plupart du temps, mais là, on est sur une tablette tactile. Ca sent le message collé à la va-vite… surtout que d’habitude, c’est écrit en petit dans un coin, pour éviter de saccager le design. Là, non.

3 – Parce qu’il a bien fallu sacrifier le budget quelque part…

C’est malheureusement l’écran qui a été sacrifié sur l’autel de l’argent. Je ne parle pas de la technologie tactile : c’est un écran capacitif qui fait tout à fait son boulot de pinch and zoom et réagit très bien à vos subtiles mouvements du doigt. Non, c’est le rendu visuel qui pèche si on compare la tablette aux leaders du marché.

La densité de pixels n’est pas assez élevée et le texte, même s’il n’est pas flou, n’atteint pas une netteté optimale. Ce n’est pas catastrophique, mais on le remarque : c’est bien qu’il y a un problème. Si l’on zoom beaucoup, les caractères deviennent nets, mais sont alors bien trop gros pour que ce soit confortable pour lire.

C’est net ! Mais c’est gros ! Mais c’est net ! Mais c’est gros ! Mais c’est net ! Mais c’est gr…

De même, vous vous souvenez sûrement du bug d’assemblage de l’Archos G9, celui qui floutait l’écran à la moindre pression sur le dos de la machine ? Ici, on a la même chose sur deux ou trois parties de l’écran. Cela dit, les matériaux sont de meilleure qualité que ceux utilisés pour la tablette d’Archos (en fait non, je ne peux pas m’empêcher de comparer les deux modèles) : il faut quand même appuyer sur l’arrière pour que l’effet apparaisse et non pas simplement toucher les parties sensibles. Pas dramatique donc, mais peut devenir gênant quand vous tenez la tablette pour regarder une vidéo, par exemple.

Enfin, les angles de vue et la luminosité ne sont pas ce qui se fait de mieux, comme vous pouvez vous en douter. Si vous inclinez la tablette verticalement, par exemple en posant la tablette de 30 à 40cm devant vous, l’écran reste lisible et ne noircit pas vraiment. L’orientation horizontale est bien plus problématique, si vous montrez l’écran à quelqu’un sur votre droite, vous êtes assuré de voir le blanc se changer en noir.

Alors l’unlock est horizontal, la barre et l’heure sont verticales… pas de doute : on est sur Android 2.x pour tablette

Les mêmes remarques s’appliquent à la lecture vidéo : pour voir correctement un film, il faudra être pile en face, sinon, l’écran sera bien trop sombre. Bref, rappelez-vous que l’on parle d’une tablette à 180€ : si vos espérances sont proportionnelles au prix que vous avez déboursé, cela reste globalement tout à fait correct.

II – Quel salut pour un OS low-cost ?

Passons aux choses sérieuses : l’utilisation de la tablette tactile. C’est bien beau d’avoir un produit très bien fini qui pourrait physiquement passer pour le modèle 8 pouces d’une compagnie haut de gamme, mais cela n’en fait pas pour autant un produit agréable ou polyvalent. Et là, on arrive clairement aux limites d’Android 2.X, non officiel qui plus est. Voyons pourquoi dans cette partie.

1 – Un système pour smartphone

Je ne cesserai de le répéter : si une application pour smartphone n’est pas  une application pour tablette, un système d’exploitation pour smartphones est encore moins un système d’exploitation pour tablettes. MPMAN livre sa tablette avec Android 2.2 par défaut, le fameux Froyo. On regrette déjà, par exemple, qu’ils n’aient pas fourni au moins la dernière version, Gingerbread. Il y a quelques mois, Froyo était excusable, mais maintenant, à l’heure où l’on parle d’Ice Cream Sandwich, c’est clairement décevant.

Le Test dont Vous êtes le Héros : notez le numéro du modèle, vous en aurez sûrement besoin en partie III

Mais de toutes façons, le principal problème n’est pas le numéro de version d’Android, mais bien Android 2.x en lui-même : l’affichage n’est clairement pas adapté. Les icônes touchent presque le bord de l’écran en mode paysage et elles sont bien trop écartées sur le bureau. Dans chaque partie de l’OS, on sent que tout est étiré, que les proportions ne collent pas, que les choses ne sont pas à leur place.

Les boutons d’accès rapide au navigateur et aux paramètres par exemple, resteront sur le côté droit de l’appareil horizontalement : c’est leur position initiale sur un smartphone, et même si vous passez en mode paysage, ils ne s’ajusteront pas à l’écran.

En fait, les tablettes low-cost, ce sont toutes de grands smartphones qui ne peuvent pas téléphoner

C’est la même chose pour toute l’expérience tactile sur cette tablette : le navigateur est un navigateur smartphone, sans onglet, les applications ne sont pas celles, souvent sur deux parties d’écran, d’Android Honeycomb… bref, ce n’est véritablement pas fait pour. Même les réglages du volume parlent de « sonnerie » comme s’il s’agissait d’un téléphone.

Au-delà de ça, MPMAN a fait un excellent boulot d’implémentation : Android est aussi fluide que sur un smartphone haut de gamme, aucun ralentissement, des effets de transition, une navigation qui répond au doigt et à l’oeil, les applications s’ouvrent presque instantanément. On regrette alors énormément que le système ne soit pas adapté : en termes de performances brutes, c’est un sans faute.

2 – Une tablette, pour quoi faire ?

C’est une question qu’on pose souvent et à laquelle je peux répondre la plupart du temps. Mais là, avec un Android non-officiel, sans Gmail, sans Maps, sans Talk, sans Android Market et sans toutes les applications smartphones, pour certaines excellentes, du dit Market, ma réponse est simple : surfer péniblement sur internet, parcourir des photos, lire des e-books, regarder des films.

Se rendre compte qu’on a oublié de parler après avoir enregistré et monté la vidéo : check

Jusque là, pour 180€, vous vous dites que c’est pas si mal. En fait, ce n’est pas aussi bien que cela en à l’air. Comme je l’ai dit plus haut, la navigation via le navigateur smartphone est assez pénible, l’interface en un seul onglet n’est pas pratique du tout et il manque des options qui auraient été les bienvenues sur un écran de cette taille… mais on est sur un OS smartphone.

Vous pouvez également oublier Flash, par défaut, la tablette ne l’équipe pas et il n’est pas disponible sur… la chose qui fait office de Market, j’y reviendrai. Par contre, sachez que le Wi-Fi a été reconnu du premier coup, au premier allumage : aucun souci de ce côté là : comme quoi, ma Freebox V6 et mes ascendants littéraires n’étaient pas forcément la cause des dysfonctionnements passés…

Parcourir des photos et lire des e-books : non, vous n’aurez pas de Kindle, mais la galerie officielle d’Android, qui joue bien son rôle et le lecteur Aldiko qui vous permettra de lire des e-books dans différents formats, du PDF à l’EPUB, lui-même disposant également d’une librairie plus ou moins fournie. Kobo existe, dans sa version smartphone malheureusement, et est entièrement en anglais. C’est assez léger mais si vous ne cherchez que des classiques français, l’appli’ de base pourrait vous convenir : le format 8 pouces en 4/3 est parfait pour la lecture, les dimensiosn étant proches de celles d’un bouquin.

Kobo et le mot clef « français »… belle image de nos bérets et de nos baguettes tiens !

Pour la lecture de vidéo, hum, même s’il est stipulé Full HD 1080p, ce n’est évidemment pas le cas, comme vous pouvez vous en douter. De base, il n’y a même pas d’application de lecture vidéo, à part la galerie Android qui se débrouille pour lire les samples présents (dont un documentaire d’une heure…) sans aucun problème, mais n’a pas reconnu les quelques fichiers que j’ai essayé de mettre sur la tablette, .mkv ou .avi.

En installant mVideoplayer, j’ai pu lire sans trop de problème un .avi de ma collection personnelle, quoique les sous-titres étaient décalés de plus d’une seconde. Le lecteur nous montre que la lecture en 720p est effectivement possible, pour des fichiers wmv par exemple, low-profile évidemment. Sur cette taille d’écran, ce n’est pas trop gênant… si vous voulez utiliser la tablette comme média-player et déporter l’affichage sur votre téléviseur, la qualité ne sera clairement pas au rendez-vous.

Si vous ne faites pas mieux que la galerie Android, ne cherchez pas à changer : belle application du théorème

Si vous voulez dépenser 180€ dans un e-reader à la batterie pas géniale (3 à 5h) qui vous permettra d’avoir un usage tablette tactile rudimentaire, vous pourriez apprécier cette tablette en l’état. Mais voilà, vous avez fait le tour des quelques applications disponibles… alors direction le Market !

3 – AppsLib : pire, c’est pas possible

Et là, on se retrouve face à Appslib. Je vois déjà dans les commentaires des défenseurs du libre à tous prix prendre la parole, outrés, en avançant que ce market là, au moins, est vraiment libre et gratuit, une belle leçon de démocratie sauce XXIe siècle. Je ne prétends pas avoir la sainte parole, mais n’ayons pas peur des mots : c’est un enfer.

Ce market est mauvais, lent, vide et d’une qualité très médiocre. En fait, quand il fonctionne – parce qu’il plante souvent, bien sûr -, on a certes le droit à quelques applications de type NewsRepublic ou Angry Birds, mais la plupart des applications disponibles me rappellent les produits que des amis ramènent parfois de Chine ou d’Inde.

Ninja Kaka et Radio Ball 3D… amusez-vous bien… (non, le Market en haut n’est pas là d’emblée, un de mes essais)

Si, pour des objets réels, la contrefaçon fait bien rire mais peut dépanner, après tout, un t-shirt Adidos ou une montre Switch restent un t-shirt et une montre, dans le monde virtuel des applications, c’est une toute autre histoire. Soyez prévenus : ce Market est vide de tout contenu qualitatif et mis à jour régulièrement – Même Archos l’a abandonné, c’est dire – et la plupart des applications sont non seulement mauvaises, mais en plus, font peur.

Bah ouais, par exemple, comment peut-on retrouver des équivalents gratuits aux hits payants de l’Android Market, clones qui, parfois, ne s’embêtent même pas à modifier leur nom ? C’est tout simplement du piratage. En utilisant ces applications, vous pouvez vous retrouver dans l’illégalité.

Il y a aussi quelques applis « sexy » complètement horribles dans lesquelles on voit 2 polygones mimer des choses bizarres et anti-érotiques au possible

Mettons qu’on s’en fiche, même si moi, ça me dérange quelque part qu’un produit soit cloné et que du travail sérieux soit copié sans aucune forme d’éthique et regardons l’autre face du problème : ces applications, qui vous dit qu’elles ne planquent pas de vilains spywares récupérant vos mots de passe ou des adwares venant explorant vos mails pour vous spammer ? Rien. Personnellement, je n’ai pas du tout confiance en elles, même s’il y a des gens derrière Appslib qui surveillent.

Deuxième chose, certaines applications qui sont des contrefaçons ouvertes mais non des clones sont vraiment pitoyables : Ninja Kaka par exemple, clone gratuit de Ninja Kiwi – devenu gratuit lui aussi entre temps – est mou, peu réactif et mal pensé. En plus de ne pas innover et de proposer un clone bas de gamme, les développeurs osent se plaindre dans la fiche du jeu qu’ils se sont faits refuser de l’Android Market et nianiania…

Facebook for Android… OfficeSuite Pro gratos… ~Super Mario~… bienvenue dans les bas-fonds du Market ! 

On a l’impression de parcourir la Cour des Miracles des applications Android : les refusés, les contrefaçons, les applications piratées, les maladies virtuelles envisagées, bref, cela ne donne pas du tout envie d’explorer… Si vous voulez vous marrer un peu, allez voir la page de présentation sur le site officiel : « Le Google Market est parsemé d’applications inutiles, non fonctionnelles ou indésirables »… euh, rassurez moi, en fait, ils parlaient de leur propre produit là ? Un peu d’autocritique, que diable.

En parallèle, nous avons à notre disposition une application ApkInstall qui vous permettra d’aller télécharger des applications sur internet – quid de la légalité, encore une fois, hors gratuites et béta, et quid de la sécurité – et de les installer, l’application cherchant sur la tablette tous les .apk présents.

Pour se remonter le moral, rien de tel qu’un peu de littérature française en mode nuit, n’est-ce pas ?

Ce n’est pas avec ça que vous aurez une expérience tablette sereine, sécurisée et palpitante… et c’est peut-être le principal défaut de cette tablette – comme de toutes les tablettes low-cost : sans Market et avec un navigateur de smartphone, l’expérience applicative n’est pas bonne, l’expérience de navigation est limitée. Du coup, et rappelez-vous, nous testons les produits pour un public large, Monsieur et Madame Michou ne profiteront pas ou très peu de leur tablette.

Par contre pour Monsieur et Madame L33T42BBQ, c’est une autre histoire, laquelle je vais, en quelques mots, tenter de vous conter.

III – Un nouvel horizon pour la bidouille sur Android : la tablette low-cost de bonne facture

1 – Forums, root, ROMs, Android Market

Comme je l’ai évoqué dans la première partie de ce test, cette tablette low-cost, que l’on trouve autour de 180€ mais qui pourrait se négocier à moins pendant des soldes ou à Noël, est une tablette très bien conçue, très bien finie et plutôt sobre d’aspect : elle ne fait pas du tout honte posée sur une table basse en plein salon, ressemblant de loin à un cadre photo tout ce qu’il y a de plus banal.

Du coup, vous, Monsieur et Madame L33T42BBQ, qui savez pertinemment que vous achetiez un support pour vos bidouilles et non pas une tablette tactile toute faite, cette MPMAN 827 pourrait être la bonne élève du low-cost.

Vous avez noté le numéro du modèle ? Voilà, 2380 résultats, vous trouverez sûrement votre bonheur

De quoi avez-vous besoin ? D’une tablette de 8 pouces, solide, pas cheap, à l’écran tactile qui fait son boulot et disposant d’un port SD et d’une sortie HDMI ? Vous avez votre squelette idéal, à vous d’y ajouter vos organes. Parce que oui, en faisant simplement une recherche banale sur Google, il est possible de s’amuser avec cette tablette.

Je ne suis pas allé très loin dans mes recherches, mais le root, l’installation de l’Android Market ou d’une ROM officielle sont déjà possibles, ou envisagés par la communauté. Si vous voulez regarder ce qu’il est possible de faire à cette tablette avant, peut-être, de passer à l’achat, sachez qu’elle est un rebranding de la Coby Kyros 8024, sortie un poil plus tôt et qui est déjà au coeur des discussions sur internet, le nom étant bien plus souvent mentionné que celui de la MPMAN.

Dans un test, j’arrive toujours à un moment où je n’ai plus de photos qui ont un rapport avec ce que j’ai écrit. Ce moment, c’est maintenant.

Ce n’est pas dans nos habitudes d’évoquer ce qu’un power-user peut faire d’un produit grand public car nous estimons qu’une tablette tactile doit être confortablement utilisable par le plus grand nombre d’acheteurs potentiels, mais dans le cas de cette MPMAN, la qualité physique de la bête a retenu notre attention. En fait, hardware exclu, il vous serait possible, avec un peu de talent et d’envie, d’avoir une tablette 8 pouces très supérieure à l’Archos G9 80, que je ne peux décidément pas éviter de mentionner, tant les deux tablettes sont antagonistes : l’une, bas de gamme prétendant être une grande, et l’autre, bien faite et bien finie, se plaçant sous la barre des 200€.

2 – Et le Sandwich Glacé vint à la rescousse

Dans cette dernière partie, je vais tenter de vous montrer pourquoi ces tablettes en haut de la gamme low-cost, pourraient être à l’avenir des alternatives tout à fait valables aux tablettes en bas du milieu de gamme, voire du haut de gamme. Si Honeycomb est resté fermé et est, malgré quelques progrès sur de trop rares modèles, très difficilement adaptable à une tablette non conçue pour l’accueillir, ce ne sera apparemment pas le cas d’Ice Cream Sandwich.

Voilà à quoi pourrait ressembler votre tablette sous Ice Cream Sandwich : Honeycomb, mais en bleu fluo

Il suffit de voir le nombre de ROMs de qualité disponibles pour smartphones – Cyanogen, MIUI, Modaco… pour ne citer qu’elles – pour constater que tous les smartphones du marché ou presque peuvent être bidouillés, modifiés et le plus souvent, améliorés.

Android 2.x étant ouvert, les passionnés se débrouillent toujours pour proposer un tutoriel permettant d’installer une version stable de telle ou telle ROM, parfois même sur les tablettes d’entrée de gamme. Mais cela reste des ROMs pensées pour des smartphones qui auront, elles aussi, tous les problèmes cités dans ce test.

La webcam, par exemple, quel intérêt sans logiciel de communication ? Se tirer le portrait en basse définition ? Non, je ne recommencerai pas ! 

Avec Ice Cream Sandwich, Google retourne sur un système ouvert et exploitable, non seulement pour smartphones, mais cette fois, également pour tablettes. Il est alors envisageable – et même, ce serait logique – que la furie de la personnalisation des smartphones contamine l’univers des tablettes tactiles… et en première ligne viendraient les low-cost, facilement mises à nue et d’ors et déjà explorées par la communauté. S’il est possible d’installer Cyanogen sur une TouchPad, je ne peux pas croire qu’on ne puisse pas installer Android 4.0 sur n’importe quelle tablette.

Et cela changerait clairement la donne d’une manière que nous n’avions peut-être jamais anticipée : les tablettes qui composent le haut du low-cost, dont fait partie cette MPMAN, viendraient concurrencer directement les tablettes milieu de gamme et même, dans une moindre mesure, les tablettes haut de gamme. Imaginez par exemple que cette MPMAN dispose d’une ROM Ice Cream Sandwich fonctionnelle et adaptée aux tablettes tactiles, elle serait quasiment seule sur le marché français à proposer ce format, à un prix défiant toute concurrence.

La barre de notification smartphone (oh, du Wi-Fi !) ne sert à rien, mais elle est là quand même, par défi, par orgueil 

Cela se fera peut-être dans 3 ou 4 mois, mais il n’y a aucune raison que cela ne se fasse pas. Si vous avez une tablette low-cost sous Android 2.x à la maison, qui a à peu près les caractéristiques techniques d’un Nexus S, il y a de fortes chances qu’elle puisse recevoir Ice Cream Sandwich dans son affichage tablette dans quelques mois, le temps que les équipes de moddeurs se penchent sur son cas.

Si ces hypothèses se vérifient, nous reverrons évidemment notre jugement sur les tablettes low-cost qui en valent la peine, et nous les testeront en mettant l’accent sur leurs caractéristiques et leurs finitions, l’OS ne comptant alors que peu. D’ailleurs, si j’étais un constructeur de low-cost, je commencerai déjà à réfléchir à une génération de tablettes dual-core aux finitions aussi bonnes que cette MPMAN, sous la barre des 200€… il risque d’y avoir un marché à prendre d’ici quelques mois.

Conclusion

Cette tablette MPMAN 827 est, comme vous avez pu le lire, une bonne surprise dans le véritable low-cost, qui, à défaut d’être une tablette grand public, pose au moins de véritables questions sur l’avenir de l’entrée de gamme, qui pourrait être plus radieux qu’on ne l’imaginait avant Ice Cream Sandwich. Nous ne changeons pas notre position radicale sur le concept même de tablette tactile : c’est un outil de luxe qui doit être utilisable et agréable dès sa sortie de boîte, pour un public très large. Cela étant entendu, nous ne pouvons pas, aujourd’hui, conseiller cette tablette à un utilisateur non confirmé qui voudrait, comme la plupart des acheteurs, une tablette fonctionnelle, ludique, pratique ou, dans certains cas, professionnelle.

Non, Android 2.X et Appslib ne sont pas simplement mauvais sur tablette, ils sont en plus inconfortables, voire dangereux, vu le grand n’importe quoi que constitue ce bazar d’applications contrefaites, mal conçues et de mauvaise qualité. Mais, et ce mais est important, MPMAN, par un savant rebranding de la tablette Coby Kyros 8024, donne une leçon d’excellence à tous les constructeurs low-cost en termes de finitions d’un appareil. On peut faire du low-cost sans faire un produit moche dans un plastique bas de gamme, aux finitions découpées à la tronçonneuse.

Cette tablette est, à mon sens, ce qui constituera dans quelques mois l’alternative du passionné au marché haut de gamme. Qu’on soit bien d’accord : Madame Michou, même avec la promesse d’un root et du flash d’une ROM parfaitement géniale pour sa tablette tactile, n’achètera pas de tablette low-cost et nous continuerons, sur LesArdoises, à considérer la tablette comme un luxe qui doit avoir toutes les caractéristiques d’un produit luxueux pour séduire et être conforme à son usage fondamental. Pour les utilisateurs avancés, la tablette de MPMAN augure d’un avenir que je n’aurais jamais pu croire radieux pour les tablettes low-cost à l’époque d’Android 2.x. Nous essaierons dans les mois qui viennent de repérer les perles de ce marché qui pourraient accueillir Ice Cream Sandwich : ce serait bête de passer à côté.

On retiendra : 

  • Les finitions exemplaires de la bête, très bonne pour une tablette de manière générale, excellente si on considère son prix de 180€
  • La boîte particulièrement bien fournie, plus d’accessoires que la plupart des tablettes haut de gamme
  • Le design sobre et très respectable
  • La connectivité complète
  • L’implémentation d’Android 2.2 : tout ce qu’il peut bien faire (pas grand chose) tourne parfaitement
  • Les prémisses d’une génération haut du low-cost qui pourra accueillir Ice Cream Sandwich et deviendra très concurentielle
  • Le format 8 pouces 4/3, assez rare pour être noté

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • Android 2.X sur tablette tactile : hérésie
  • Appslib, une honte au marché d’application : contrefaçons, applications plus jamais mise-à-jour…
  • L’écran, bien en dessous de tout le reste
  • Le peu d’intérêt global en l’état : il faudra mettre les mains dans le cambouis
  • La webcam : c’est cool, mais à quoi sert-elle sans Talk ?
  • La promesse du Full HD 1080p : mouais mouais mouais, on pardonne un peu parce que les grands la font aussi, mais ça reste du bullshit, surtout sans lecteur vidéo décent sur Appslib
  • L’autonomie : comptez 4h d’utilisation, à peu près

 Caractéristiques techniques

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