On ne peut que reconnaître que la narration de notre première expérience Google Play Movies, plus tôt dans la matinée, ne faisait pas honneur au service. Nous ne pouvions manquer de vous parler de ce premier contact avec la bête, qui est souvent décisif quand on teste un nouveau service, mais ce n’était pas à proprement parler une description du service, mais plus de notre tentative désespérée d’y accéder. Nous préférons passer sur nos problèmes techniques et considérer que le service fonctionne : cherchons alors à le positionner dans la discussion que nous avions ouverte il y a quelques jours sur la culture numérique en France.

Bienvenue aux USA…

Malheureusement, en enlevant toutes les considérations subjectives, on reste déçu pour une simple et bonne raison : Play Movies n’apporte rien. Tout ce que le service de VOD de Google propose fait déjà partie de l’offre française déplorable. Mais qu’elle est-elle, cette offre de Google Play Movies ?

  • Des films à la location uniquement, sur des appareils Android non rootés, plus chers en HD qu’en SD
  • Un catalogue très pauvre, composé de 4 ou 5 gros titres et d’un florilège de navets issus du direct-to-DVD
  • La preview des bandes-annonces directement depuis l’application.
  • Des fiches plus ou moins détaillées selon les films
  • Du streaming via Youtube ou de l’enregistrement avec DRM de 48h en WiFi.
  • Des films en version française uniquement

Voilà, résumée, l’offre du Google Play Movies. De l’achat ? Des abonnements illimités ? De la VO ou de la VOST ? De la HD à prix intéressant ? Du téléchargement direct ? Tout ça n’est pas possible. Tout ce que propose Google pouvait déjà se trouver ailleurs, sur iTunes par exemple, à des prix à peu près similaires. Du coup, l’entrée de Google sur le marché de la VOD française est un non-événement : le géant américain reprend exactement les offres déjà disponibles et se contente d’utiliser ses propres services.

Là où ça casse, comme nous vous le disions ce matin, c’est que le dit service utilisé pour le streaming est Youtube et vous n’êtes pas sans avoir que les FAI français limitent énormément le débit de connexion quand on accède au site. Chez FreeADSL, il est quasiment impossible de regarder une vidéo HD dans de bonnes conditions et aux heures de pointe, vous pourrez avoir du mal à regarder du 360p. Nos fameux Schtroumpfs, que nous avons pu finalement télécharger via l’application Play Films n’ont pas échappé à cette règle : toutes les 20 secondes, le streaming sautait pour charger la suite du film.

Fiche incomplète, VF obligatoire, location… Google s’est conformé au standard culturel français

A qui la faute ? Pas qu’à Google, évidemment. La faute à la France, la faute à l’Europe. Nous l’avons déjà évoqué : le problème avec ce type de service, c’est que les maisons de production ne font pas d’effort pour un marché comme le notre. Pourquoi aux USA, la situation fonctionne ? Simple : un contrat avec Netflix et vous touchez 300 millions de personnes. En Europe, chaque contrat doit être négocié avec chaque pays. Du coup, personne ne fait pression et ce n’est pas l’Etat qui va faire les démarches pour que les choses avancent dans le bon sens – HADOPI, le label « PUR » et les « cartes jeunes » en sont les preuves.

Bref, Google Play Films est là, c’est très bien, mais c’est au mieux similaire à l’offre déjà présente et elle aussi très pauvre, au pire bien plus contraignants pour les Français à cause des problèmes FAI/Youtube. Apple, Amazon, Google, Netflix, Hulu, Allociné… lequel aura enfin le courage de proposer une solution décente dans nos contrées ?