Sept pouces. Dix pouces. Neuf pouces. Cinq pouces. Sept pouces, plus. Huit pouces. Si vous avez suivi l’actualité de Samsung ces deux dernières années, ces chiffres devraient vous dire quelque chose. Dans la guerre des tablettes, le constructeur coréen a joué la carte de l’envoi massif de troupes : tant pis si ça casse sur plusieurs fronts, l’essaim parviendra toujours à percer à terme. En plus, ces tablettes étaient loin d’être mauvaises : la Galaxy Tab 10.1 était par exemple clairement l’une des tablettes Android parmi les mieux conçues pour le grand public.

Malheureusement, à cette époque, les constructeurs étaient contraints de faire confiance à l’architecture nVidia, en l’occurrence le Tegra 2, qui avait énormément de lacunes du côté multimédia et peinait à faire tourner un Honeycomb trop poussif. Et puis vint le Galaxy Note, l’une de nos tablettes préférées. Cette fois, Samsung avait décidé de s’affranchir du Tegra 2 pour proposer un appareil haut de gamme, aux caractéristiques qui écrasent encore la concurrence aujourd’hui, aussi bien du côté de la téléphonie que du côté des tablettes, Tegra 3 excepté.

Pour cette Galaxy Tab 7.7, dernière de la série 2011 ayant un peu débordé sur 2012, Samsung a repris quelques éléments clefs de son chefs-d’oeuvre et les a combiné à de l’Android Honeycomb pour tenter de proposer une tablette mobile haut de gamme sans compromis. Pari gagné ? Réponse dans la suite.

Sommaire

I – Petite taille, haute gamme ?

1 – Samsung dans la cour de l’excellence

2 – Tomber dans les pommes, se relever

II – Oh Honeycomb, Wherefore art th… mince, on l’a déjà dit l’année dernière

1 – LesArdoises se lance dans le consulting en 3 mots : mettez à jour.

Ici se trouve la vidéo de prise en mains pour ceux qui ne savent pas lire

2 – Une interface au croisement des Touchwiz

III – Exynos : Et Multimediam est

1 – Lire, voir, entendre :  tout, tout de suite, sans broncher

2 – Tu veux jouer avec moi ?

Conclusion

 

I – Petite taille, haute gamme ?

1 – Samsung dans la cour de l’excellence

Précisons d’emblée une chose, qu’on soit d’accord, vous et moi, sur le produit testé. Cette tablette de 7,7 pouces n’est clairement pas de l’entrée de gamme. C’est même, si l’on regarde ses caractéristiques de près, ce que Samsung peut proposer mieux. Du coup, vous l’aurez compris, c’est aussi une des tablettes les plus chères du marché, toutes tailles confondues : on est autour de 550€ pour une version WiFi, 650 pour une version 3G qui a pas mal d’intérêt. Cela veut dire aussi que nous serons particulièrement exigeants avec ce produit.

Non, ne partez pas tout de suite, des fois le rouge n’est pas un cache-misère

La première prise en main est très importante quand on découvre un nouveau gadget et il faut avouer que le déballage n’est pas décevant. Après ce moment exquis du décollage de la protection en plastique de l’écran, on a dans les mains un beau produit, qu’on pensait sûrement plus léger pour sa taille. Le poids n’est pas dérangeant, au contraire, c’est le témoin discret d’un choix judicieux de matériaux et d’un assemblage soigné.

Car Samsung a quelque peu brisé ses codes en terme de design. Vous n’aurez plus le choix entre un modèle noir ou un modèle blanc : la Galaxy Tab 7.7 est grise et moulée dans un assemblage d’aluminium et de plastique. Enfin, ça reste à confirmer pour l’aluminium, mais si ce n’est pas le cas, l’imitation est très réaliste : quoi qu’il en soit, on a clairement deux matériaux différents pour le contour et le dos de l’appareil. Souci du détail : le logo Samsung à l’arrière est un poil surélevé, comme à l’arrière des Galaxy S II.

Tablette de Pise

Si on regarde de plus près les finitions, on s’aperçoit que le corps de la bête est constitué de plusieurs morceaux recouverts d’un même vernis pour masquer les traces de l’assemblage : c’était déjà le cas sur les précédentes Galaxy Tab et cela ne gênera que les extrémistes de l‘unibody. Rien a redire sur l’assemblage, un modèle du genre, rien n’a été laissé au hasard, tout a été finement calculé et on peine à trouver la fameuse « rainure », typique chez Samsung, où viennent se loger les poussières après quelques mois d’utilisation.

Pour finir sur les dimensions de l’objet, vous avez donc une tablette de 7,7 pouces, mais en pratique il vous sera difficile de faire la différence avec une tablette de 8 pouces ou de 7 pouces. La vraie question est celle de l’insertion de l’écran dans la tablette : cette fois, les bordures noires ne font pas plus de 1,5cm, contre un peu plus de 2 sur les autres Galaxy Tab (et c’est bien sûr l’écran qui fait 7,7 pouces, la tablette en elle-même en fait 9 de diagonale).

A vue d’oeil, il y a un picomètre de différence

Les bords sont plus effilés que sur les Galaxy Tab 10.1, du coup, on a la fausse impression que la tablette est plus fine, ce qui n’est pas vraiment le cas, on reste sur du 0,8 mm à la louche. Notez enfin que, comme sur les Galaxy Tab précédentes, Samsung donne un indice sur l’orientation « prévue » de la tablette avec son logo : cette fois, il est sur l’un des petits côtés, le constructeur invite donc à utiliser la tablette en mode portrait (ce qui a des conséquences sur le placement des connectiques, on va le voir tout de suite).

2 – Tomber dans les pommes, se relever

Comme vous le savez, Apple et Samsung, ce n’est pas une grande histoire d’amour. Enfin si, c’est plutôt une histoire à sens unique : Samsung aime beaucoup Apple, peut-être un peu trop pour le géant de Cupertino. Quand Samsung a sorti ses Galaxy Tab, la guerre a commencé, sur le design, mais aussi sur la présentation générale de l’objet. En plus, cela ne ravissait pas forcément les utilisateurs d’Android et les amoureux de la marque coréenne : Samsung s’était débarrassé de toutes les connectiques et avait imposé un port propriétaire, comme Apple. Avec des extensions payantes, cela va de soi.

Mais hé, il n’est jamais trop tard pour apprendre de ses erreurs et revenir du bon côté de la Force (cela dépend de quel côté on se place, on est d’accord). Et Samsung a appris. Attention, roulements de tambour : le port micro SD est de retour ! Comme souvent, cela invalide complètement les excuses bidon invoquées précédemment du type « notre tablette est trop fine on ne peut pas », « cela nuit au design » ou encore « Google ne veut plus » : comme nous l’avons déjà évoqué, la tablette est aussi fine que ses soeurs, l’emplacement est tellement bien intégré que je ne l’ai même pas vu pendant les premières heures d’utilisation, et enfin, depuis quand les constructeurs suivent ce que Google demande ?

« Le port micro-SD n’a plus aucun sens » – Samsung, 2011

Bref, une très bonne nouvelle donc, puisque vous pourrez sans hésiter prendre la version 16 Go et utiliser vos propres carte SD. Bon, il n’y a toujours pas d’USB-Host ou de port HDMI, mais on ne va pas trop en demander, surtout que cette tablette est plus orientée mobilité que lecteur multimédia de salon. Et puis vous aurez toujours les adaptateurs Samsung si vous voulez ajouter des fonctions à votre tablette : ce sont les mêmes depuis les premières Galaxy Tab sous Honeycomb.

Si on fait un rapide tour du propriétaire, on relève tous les boutons de contrôle traditionnels sur les tranches, un jack-in sur le haut de l’appareil avec un micro. On vous le disait, la tablette est conçue pour être utilisée en mode portrait. La webcam est donc placée sur le bord le plus petit de l’écran, tout comme le micro : cela reste cohérent. De même, les petites enceintes ne sont pas placées sur les deux côtés de l’appareil par lesquels vous le tenez, mais sur la tranche du bas. Judicieux encore une fois.

Si vous tenez vraiment à téléphoner avec sans kit main libre, il faudra tenir la tablette à l’envers

Oui mais, si vous en décidez autrement et que vous voulez utiliser votre tablette en paysage… c’est ballot : votre main droite bouche les enceintes, votre main gauche couvre le micro, la webcam est placée idéalement pour Stephen Hawking, mais pas pour le reste du monde. No offense of course, Stephen Hawking utilise très certainement la télépathie de toute façon. Bref, vous avez compris, pour toutes les activités qui impliquent les différentes entrées et sorties, il faudra utiliser la tablette comme l’entend Samsung pour en profiter au mieux. Notez par contre que cela ne pose pas trop de problème pour regarder des films en paysage : si vous avez du goût, vous mettrez vos écouteurs, si vous voulez embêter toute la voiture, ce sera quand même possible, les enceintes étant étonnamment puissantes.

« 3 pouces, ce n’est pas rien » – Un homme peu confiant

Autre nouveauté par rapport aux précédentes tablettes de la gamme X.X, cette 7.7, dans sa version 3G, permet de passer nativement des appels, Samsung ayant combiné l’interface de ses smartphones et de ses tablettes assez subtilement, comme nous le verrons plus tard. Du coup, pour ceux qui trouvent le Galaxy Note trop petit et qui, de toute façon, utilisent tout le temps un kit mains-libre, cette tablette pourrait devenir leur téléphone principal. Ne rigolez pas ! J’en connais ! Moi-même cela ne me dérangerait pas tant que ça : je communique bien plus par mail ou par Twitter que par la voix.

Et pour tout ça, cette Galaxy Tab 7.7 aurait, comme le Galaxy Note, un argument de taille : son écran. C’est, à ma connaissance, la première tablette de 7 pouces qui dispose d’un écran Super Amoled Plus, d’une définition de 1280×800 pixels, pour une résolution de 197 pixels par pouce. A titre de comparaison, un iPhone 4S a 326 ppp, un iPad 2 a 132 ppp et un Galaxy Note, 285. La quasi-totalité des tablettes de 2011 a la même résolution, pour 3 pouces de plus. On est donc pas autant impressionnés que lors du test du Galaxy Note, mais cela quand même bluffant.

Même avec un bon coup de flash, l’écran reste lisible. Par contre, les traces de doigts apparaissent très vite…

Haters are gonna hate : la saturation des couleurs est toujours un poil présente, mais Samsung a fait de gros efforts de ce côté-là depuis les premiers Galaxy. On a toujours ce satané blanc qui vire au bleu quand la tablette est inclinée, mais hé, chaque constructeur a sa couleur maudite et aucun n’arrive encore à l’excellence dans ce domaine. Le zoom maximal sur les polices laisse apparaître quelques déformations des courbes, défaut qui n’apparaît pas quand les ppp sont plus élevés et donnent une impression de papier, mais il faudrait vraiment être aigris comme nous pour trouver à redire quoi que ce soit.

Samsung maîtrise donc parfaitement le sujet de la présentation et du hardware apparent, avec des améliorations notables et bienvenues du côté de la présence et du positionnement des connectiques et de l’écran. Passons maintenant, si vous le voulez bien, à la partie logicielle.

II – Oh Honeycomb, Wherefore art th… mince, on l’a déjà dit l’année dernière

1 – LesArdoises se lance dans le consulting en 3 mots : mettez à jour.

Nous étions il y a quelques jours à une soirée de présentation du Galaxy Note blanc, et nous en avons profité pour poser la question aux principaux concernés : quand seront donc mises à jour les précédentes Galaxy Tab sous Ice Cream Sandwich Android 4.0, ou bien ? Malheureusement, mon interlocutrice a profité de l’anacoluthe pour sortir un « Mfrpsroa vsoahd qscpcaof vncxpoa TIENS UN NOTE BLANC, VA CHERCHER BLOGOLOLEUR » et je me suis retrouvé à courir après l’hybride super sexy dans sa nouvelle version, ayant complètement oublié et la question subtile, et la réponse évasive, et la grammaire défaillante. Tant pis.

Toujours est-il que le lendemain, la mémoire revient, et je n’ai toujours pas d’information sur la mise à jour de la gamme Galaxy Tab. On parle beaucoup en ce moment des Galaxy Note et Galaxy S II, mais hé, il ne faudrait pas oublier qu’Android 4.0 est un système prévu également pour tablette et que sa proximité avec Honeycomb devrait en faire un système pas si difficile à adapter… ça, c’est la théorie. Dans la pratique, on n’a encore peu de ROMs officielles pour les tablettes de 2011… et certaines tablettes, comme cette 7.7, continuent à sortir sous Honeycomb.

Au moins, ils n’appellent plus les tablettes des « téléphones »…

Vous allez nous demander à raison la chose suivante : puisqu’il est admis qu’Ice Cream Sandwich n’est pas une révolution pour les tablettes tactiles, pourquoi attendez-vous tant la mise à jour ? Pour trois choses, chers lecteurs, mais trois choses qui comptent beaucoup.

  • D’abord, Honeycomb pourrait être sous-titré « Micro-Lag-Generator ». Ceux qui l’utilisent le savent, c’est au pire exaspérant, au mieux pas dérangeant, mais on a toujours un manque de fluidité dans l’interface, que ce soit du passage de bureau en bureau ou lors de l’affichage du menu d’application : il y a un très léger accrochage de l’écran. Tout cela devrait devenir de l’histoire ancienne sous ICS avec une prise en charge améliorée du hardware pour tout ce qui concerne l’affichage de l’interface. Et puis ces processeurs aux caractéristiques toujours plus avancées, y’en a marre qu’ils n’arrivent pas à afficher correctement un menu défilant…
A droite mesdames et messieurs, un excellent jeu et sa barre des tâches
  • Ensuite, Ice Cream Sandwich apporte un véritable plein écran, au moins sur les vidéos. Comme on l’a vu sur le Galaxy Nexus, le système masque tous les boutons et permet de profiter à fond de l’écran quand on lit un film. C’est essentiel ! Surtout qu’avec la surcouche Touchwiz de Samsung, la barre des tâches ne passe pas en mode « noir avec des points » dans les jeux par exemple. Après, cela posera sûrement des problèmes pour les jeux qui devront avoir un bouton « retour » ou « pause » apparent, mais au moins, la possibilité existera : aux développeurs de faire marcher leur bon sens.
  • Enfin, le gestionnaire de tâche d’Ice Cream Sandwich est à des kilomètres de celui de Honeycomb.

Voilà nos arguments, voilà ce que l’on attend d’Android 4.0 sur tablettes (même si pour le deuxième point, ce n’est pas encore gagné), voilà pourquoi on veut que les constructeurs se bougent. Et Samsung n’a pas l’air de se motiver pour mettre à jour sa gamme d’ardoises.

Cela dit, après ces critiques, ne taisons pas les éloges. La Galaxy Tab 7.7 est la première tablette Honeycomb à tourner sur un processeur Exynos conçu par Samsung et on voit que la firme maîtrise bien mieux sa technologie que le processeur de nVidia. Si ce n’est pas encore parfait, la navigation est peut-être la plus fluide jamais expérimentée sur Honeycomb ; les ralentissements symptomatiques du système n’y surviennent pas systématiquement (y combo !).

« Et n’oubliez pas de liker ma page Facebook ! »

Du côté de l’appareil photo, ce n’est pas transcendant. La 7.7 est mobile, Samsung aurait peut-être dû soigner davantage cette partie. Pour l’usage principal d’un appareil sur tablette, cela va encore, ci-dessous une photo et un « scan » instantané. Bonne surprise par contre, la caméra frontale fait 2 mpx et est de meilleure facture que la moyenne sur tablette : parfait pour les adeptes de la vidéoconférence.

Big up à nos lecteurs d’Europe de l’Est et du Nord !

Le rouge n’est plus rouge, le vert n’est pas vert. Mais c’est normal, la plante tire la tronche.

De même, au rang des bonnes surprises (mais on le savait déjà), Samsung, a ajouté une fonction de capture d’écran dans la barre des tâches : on se demande encore pourquoi, en 2012, ce n’est toujours pas une fonction de base sur Android, son absence nous obligeant à faire des photos d’écran au sens propre du terme ou à utiliser le très peu pratique environnement de développement… Mais comme le grand public s’en fiche, sachez que vous pourrez changer cette quatrième icône pour un autre raccourci, comme l’appareil photo, ou la recherche.

Cela dit, Samsung n’a pas autant touché à Android que sur ses ROMs pour smartphone – ils n’en ont, après tout, pas les moyens. L’interface reste dans ses grandes lignes la même que sur les autres tablettes, avec ou sans surcouche. Mais si l’on commence à parler surcouche, c’est qu’il est temps de passer à la partie suivante.

2 – Une interface au croisement des Touchwiz

Car oui, Samsung a prévu du Touchwiz sur cette Galaxy Tab 7.7, et pas du petit Touchwiz discret, non, du gros Touchwiz plein de couleurs que les détracteurs de la marque ne manqueront pas de relever. Comme d’habitude sur Honeycomb avec Samsung, les icônes ne sont pas du tout en phase avec le style épuré du système. Sur smartphone, elles s’intègrent très bien à un environnement visuel repensé ; là, on a l’impression que toutes ces couleurs n’ont pas été imaginées pour le bon système. C’est dommage, la cohérence visuelle est souvent décisive pour le grand public.

Vous aurez le droit à 7 bureaux, des tas de widgets et bien sûr, aux fonds d’écran animés !

On reconnaît Touchwiz dès la première utilisation : l’écran de déverrouillage n’est pas celui d’Honeycomb, mais celui du Galaxy Note, c’est-à-dire un gros cercle… malheureusement sans aucune fonction, contrairement à Ice Cream Sandwich qui propose un déverrouillage amenant directement à certaines applications. Quand on vous dit qu’il faudrait mettre à jour… Bref. Une fois sur le bureau, on se retrouve face à un Honeycomb « augmenté » : une deuxième barre vient faire son apparition.

Cette deuxième barre, c’est celle des « super widgets », accessibles en cliquant sur la petite flèche dans la barre des tâches. On vous en parlait lors de notre test de la Galaxy Tab 10.1 : c’est la même, en mieux réussi. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’elle apparaît avec l’élégance d’une danseuse étoile sur le parquet de l’Opéra Garnier alors que sa grande soeur était plutôt du genre vache tirant sa charrette. Cette fois, victoire, tout est fluide. Vous ne pourrez ouvrir qu’un seul de ces « super widgets » à la fois et tant mieux : ils ont la particularité de rester au dessus de tout ce qui passe à l’écran, applications comprises.

Samsung appelle ça « Mini Apps ». Je préfère Super Widget, c’est plus classe.

Ce sont donc des outils dont vous pourriez avoir toujours besoin pendant votre utilisation : gestionnaire de tâches (hmm hmm), calendrier, horloge, bloc note, calculatrice, alarme, lecteur MP3. Ils permettent de faire ce que ne font pas les tablettes actuelles : du vrai multitâche sur plusieurs parties de l’écran. Pas besoin par exemple de perdre le contrôle de votre musique quand vous surfez sur internet, par exemple. Pratique, très pratique.

On note aussi la reprise de la barre de notification, avec plusieurs paramètres rapidement accessibles en bas à droite, copie conforme de ce que l’on trouve sur l’interface pour smartphone. Les paramètres, parlons-en quelques minutes même si vous ne devriez pas avoir de surprise. Samsung a ajouté quelques réglages bien pratiques qui correspondent à ses services, comme le « Wi-Fi Direct », « Kies via Wi-Fi » ou encore les différents paramètres de l’écran. Pas d’option de boost provisoire de la luminosité comme on trouve sur la dernière tablette d’Asus : dommage pour une tablette mobile, mais bon, c’est du Super Amoled Plus, vous vous doutez c’est déjà très lumineux.

Quand le style épuré de Honeycomb fait un bébé avec Elmer l’éléphant, ça donne ça

Passons au détail des Hubs proposés par le constructeur. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais quand nous testions la Galaxy Tab 10.1, nous avions beaucoup apprécié l’effort de Samsung pour proposer une suite logicielle complète, permettant d’utiliser la tablette pendant de longues heures en se passant de l’Android Market qui était alors assez pauvre et très brouillon. La situation s’est un peu améliorée depuis l’apparition de la sélection pour tablettes ou des sites merveilleux comme Tablified, mais ce n’est pas une raison pour abandonner la partie logicielle d’une tablette, n’est-ce pas ?

Eh bien Samsung descend d’un cran avec cette nouvelle Galaxy Tab. Quand sortaient les Galaxy Tab 10.1 et 8.9, le grand absent était le « Games Hub », dédié aux jeux vidéo. Cette fois, c’est le Kids Hub, qui nous avait vraiment tapé dans l’oeil par sa pertinence, qui passe à la trappe. Vous vous éclatiez avec le karaoké de comptines ou les puzzles de Dora ? Tant pis pour vous, il faut grandir maintenant. Plus anecdotique, le TV Hub disparaît également avec ses services de VOD.

  • Game Hub

Comme son nom l’indique, il est destiné aux jeux. Comme son nom ne l’indique pas, il est complètement vide. Il se contente d’afficher une sélection de « jeux sociaux » de type FarmVille, dont le seul but est de vous rendre accroc à un mécanisme simple pour vous faire acheter du contenu in-app. Il y a tellement de bons jeux tactiles qu’on se demande pourquoi Samsung a choisi ces choses qui devraient rester sur Facebook.

Vous allez vous amuser comme des petits fous avec Samsung !

De l’autre côté du menu, vous avez une sélection de « jeux premium » par Gameloft, Glu ou encore EA Games. Malheureusement, ils sont en mode « Coming Soon », impossible de cliquer dessus, nous ne pouvons même pas vous dire s’ils seront gratuits pour les utilisateurs de la tablette ou si ce ne sont que des liens sponsorisés vers le Market (mais on en doute, Samsung est assez réglo de ce côté).

Bref, circulez, y’a rien à voir…

  • Social Hub

Intérêt très limité, une sorte d’agrégateur de flux sociaux, mails etc. Vous préférerez très sûrement utiliser les applications officielles plutôt qu’un n-ième environnement. Dommage, nous n’avons rien à dire non plus là-dessus.

  • Readers Hub

Peut-être le plus intéressant des trois ensembles d’applications, le Readers Hub vous donnera un accès direct à trois services maintenant bien développés sur Android : PressDisplay pour les actualités, Zinio pour les magazines et Kobo pour les livres.

Design très soigné pour le hub littéraire, à l’image des applications qui sont toutes de très bonne qualité

Samsung vous offre 7 publications au choix dans la première application, très bien fichue par ailleurs. Les journaux ne sont pas des éditions multimédia, mais plutôt comparables à des PDFs, la lecture est plaisante, le format s’y prête. Malheureusement, pas d’offre similaire chez Zinio ou Kobo, même si, bien sûr, il existe dans ce dernier des oeuvres libres de droit.

  • Music Hub

Vous vous souvenez du Music Hub des Galaxy Tab précédentes ? Samsung avait intégré la très bonne application Stereolizer et avait pensé à ajouter un lecteur vidéo affichant MTV. Cette fois, c’est bien simple, vous n’aurez le droit qu’au magasin de musique en ligne de 7digital. Cool. Un Hub qui cache une seule application, de vente qui plus est : marketing win !

Avant, on avait Stereolizer sur Galaxy Tab. Maintenant, on a Lana Del Rey.

Pas besoin d’être un fin observateur pour remarquer que les services proposés par Samsung se sont considérablement réduits, aussi bien en quantité qu’en qualité. On avait écrit plusieurs dizaines de lignes et fait des tas d’éloges quand nous testions les précédentes tablettes de la marque, cette fois, impossible d’écrire plus que cela. Alors soit Samsung considère que désormais, le marché d’application d’Android est arrivé à maturité et n’a plus besoin qu’on comble ses lacunes par des applications exclusives, soit la firme a raté la négociation de ses partenariats… dans les deux cas, il n’y a pas à dire, on les attendait au tournant dans ce domaine où ils ont toujours excellé et nous sommes déçus.

Tellement que nous allons vite passer à la suite, pour vous présenter plus en détail les quelques autres applications présentes dans la tablette et surtout, pour voir ce qu’elle a dans le ventre quand il s’agit de l’utiliser comme un lecteur multimédia portable. Vous risquez d’être surpris.

III – Exynos : Et Multimediam est

1 – Lire, voir, entendre :  tout, tout de suite, sans broncher

Quand le Galaxy S II est apparu dans le petit monde de la téléphonie, Samsung se plaçait très loin devant ses concurrents, notamment du côté du multimédia. Son processeur double coeur Exynos, associé à des tas de codecs maison ont fait de ce smartphone le petit chouchou du grand public et des geeks exigeants. Encore aujourd’hui, la concurrence a du mal à atteindre un tel niveau de maîtrise software et hardware et les derniers modèles sortis sont au mieux parvenus à son rang.

Dans le monde des tablettes, c’est un peu différent, puisque le processeur pour les gouverner tous n’est pas encore arrivé. Depuis le Tegra 2 et ses lacunes incroyables en terme de décodage multimédia, il y a eu les processeurs Texas Instruments, certes très bons, mais pas révolutionnaires. Plus tard est apparu le fameux Tegra 3, monstre qui joue dans la catégorie à venir des processeurs à quatre coeurs – et si avec quatre coeurs ils n’arrivent pas décoder un simple flux vidéo HD, je pense qu’ils peuvent arrêter de développer des processeurs mobiles.

Saurez-vous retrouver le SamsungTroll dans cette suite applicative ?

Mais voilà, comme c’était le cas sur le Galaxy S II, Samsung joue la carte du processeur maison sur cette tablette et on retrouve le fameux Exynos, le même que celui qui fait tourner les Galaxy Note, un double coeur cadencé à 1,4 Ghz, accompagné d’1 Go de RAM. Et quand Samsung joue avec son propre matos, généralement, ça envoie du pâté du caviar de Kobé.

Fin du suspens : oui, la Galaxy Tab 7.7 lit tout et n’importe quoi. Toutes nos vidéos de test tournent parfaitement, du 720p au 1080p high-profile. Les sous-titres en .srt sont évidemment pris en charge et le tout, dans l’application native s’il vous plaît. A moins que vous bossiez dans le cinéma et que vous ayez à traiter des formats vraiment étranges, vous devriez pouvoir lire tous vos films et toutes vos séries sur cette tablette sans réfléchir au format ni au codec. Il n’y a guère que les formats les plus insolites malheureusement utilisées par pas mal de caméra HD que la tablette ne pourra pas lire nativement, par exemple un .mov en AVCHD.

REP a sa !

On trouve en plus de la première application, un deuxième lecteur, rouge, qui n’est malheureusement qu’un clone du premier avec un lien vers les vidéos de l’Android Market. Vous savez, celles qu’on n’a pas en France. Je ne sais pas trop si c’était intelligent de dédoubler ainsi le lecteur, mais bon. Vous trouverez également un éditeur vidéo assez puissant, qui exploitera à fond les deux coeurs de votre tablette.

Du côté de la musique, surprise aussi, le lecteur multimédia lit les FLAC Lossless jusqu’à un bitrate moyen de 900 kbps à peu près, un morceau de 5 minutes faisant dans les 40 mo dans ce format. Si on pousse un peu plus la qualité et qu’on prend un morceau au bitrate de 3151 kbps (donc à peu près 120 mo pour 5 minutes), là, le lecteur par défaut continue d’afficher le fichier mais ne saura pas le lire. Mais bon, à moins de vouloir remplir votre tablette avec 10 albums, ce n’est peut-être pas le format le plus adapté pour la mobilité.

Samsung fait de la musique, oui. Bientôt au Hit Parade.

Là aussi, Samsung a séparé en deux les applications musicales, vous aurez d’un côté Lecteur MP3 et Music de l’autre si vous téléchargez l’application, vous permettant d’écouter la musique locale et celle que vous aurez stocké sur votre compte Google Music. Encore une fois, ce n’est pas très judicieux : il eût été préférable d’ajouter l’option de synchronisation au lecteur par défaut, où si c’était impossible, de laisser Music par défaut. Les écouteurs fournis avec la tablette sont des intras d’une qualité moyenne. Connaissant bien la marque pour avoir eu plusieurs de leurs smartphones, je m’attendais à bien pire : ils sont un cran au-dessus de ceux fournis avec la gamme Galaxy mobile.

Du côté de la navigation, on a le droit au navigateur complet de Honeycomb un peu retravaillé par Samsung : il faut reconnaître que la tablette s’en sort admirablement bien sur les sites lourds comme le fameux Arte +7 qui était devenu un de nos benchmarks. La navigation est fluide et même si le bandeau principal du site continue d’être difficile à manipuler, les vidéos, elles, sont très bien lues une fois en plein écran.

Arte +7, dans la joie et la bonne humeur

Même si la tablette n’est pas pensée pour cet usage, Samsung a aussi intégré la suite bureautique Polaris Office pour visionner ou éditer vos documents. Si on reste du côté des accessoires et de la productivité, on trouve bien sûr AllShare qui permet de gérer les périphériques DLNA ainsi que deux mémos différents, le premier pour faire des dessins, le deuxième pour saisir du texte. Le lecteur de flux RSS Pulse est aussi de la partie : un bon logiciel que nous vous avions déjà conseillé dans notre rubrique Appologie.

C’est à peu près tout pour le multimédia, voyons enfin ce dont elle est capable en jeu.

2 – Tu veux jouer avec moi ?

Comme nous vous l’avons dit, le Game Hub est particulièrement vide et décevant. Cela ne signifie absolument pas que la tablette n’est pas faite pour jouer, loin de là ! Mais il y a quand même des plus et des moins, des hauts et des bas, du plaisir et des crises de nerfs. Malheureusement, du côté des crises de nerfs, cela vient plutôt de chez Google que de chez Samsung. Voyons pourquoi.

Real men don’t look at explosions

D’abord, il faut noter que le format est excellent pour à peu près tous les jeux : en paysage, l’ergonomie est parfaite, les doigts tombent au bon endroit, l’écran tactile est très réactif, bref, je crois que si vous cherchez une tablette pour jouer, Samsung a bien trouvé le sweet spot en terme de ratio confort visuel/confort d’utilisation. Ensuite, cela ne vous surprendra pas, le processeur Exynos accompagné d’une puce graphique Mali-400 fait tourner n’importe quel jeu sans le moindre problème.

Vous voulez de l’information trollesque ? Je n’ai jamais vu Shadowgun aussi beau et aussi fluide sur Android, Tegra 2 ET Tegra 3 compris. Souvenez-vous, le jeu a été pensé pour les puces nVidia et j’ai été un peu vicieux en installant la démo presse que nous avions reçue quand le jeu n’était pas encore disponible, théoriquement, pour d’autres processeurs. Il n’y a pas le moindre lag ni le plus petit ralentissement et la résolution de la tablette rend le jeu plus fin que sur une tablette de 10 pouces. Sans parler de l’ergonomie, idéale sur ce format…

Riptide GP. Sisi, promis.

Comme Shadowgun est considéré comme un benchmark de qualité, vous vous doutez que si lui tourne, le reste ne devrait avoir aucun problème, si l’on enlève les quelques jeux qui ont des soucis avec les processeurs Exynos et bien sûr, les jeux Tegra Zone. C’est bien dommage d’ailleurs, Pinball HD aurait été excellent sur cette tablette. Tant pis, la plateforme Tegra restera encore longtemps maîtresse dans le secteur du jeu vidéo sur Android, si Google n’impose pas une compatibilité maximale aux éditeurs.

Mais voilà, on en revient à un problème global d’Android 3.0 quand il s’agit de jeu vidéo : cette maudite barre des tâches. Si elle se masque artificiellement pendant la lecture d’une vidéo, l’OS continue à l’afficher entièrement quand on lance un jeu. Et ça, c’est insupportable pour une raison simple : sur un écran de cette taille en particulier, qui est pourtant très bien trouvée, on a tendance à passer le pouce sur la barre, ce qui peut avoir plusieurs effets néfastes.

Et si vous en avez marre du virtuel, la tablette a la taille idéale pour l’utiliser comme une raquette

Tous ont un point commun : la perte du focus. Vous jouez à Virtual Table Tennis, vous êtes super chaud, vous préparez votre lift tueur, malheureusement, votre pouce a touché la barre, et voilà que la raquette ne répond plus. Vous perdez lamentablement. Vous êtes sur Game Dev Story, vous voulez voir comment se passent les ventes de votre futur hit, vous appuyez malencontreusement sur le bouton home, la tablette revient au bureau. Vous avez enfin configuré votre compte Open Feint, vous vous apprêtez à valider, votre doigt glisse sur le bouton retour, tout est à refaire.

La gène est plus ou moins présente selon les jeux, mais globalement, tant que ce problème n’aura pas été résolu par les équipes de Google, les tablettes Android souffriront d’un manque d’ergonomie navrant par rapport à toutes la concurrence qui, elle, a adopté le plein écran réel : webOS, iOS, QNX, tous ont pensé à une fonction, que ce soit un geste spécial ou un bouton physique qui permet de quitter le plein écran sans passer par une barre nuisible à l’ergonomie.

Notez que ce dernier petit coup de gueule final n’a rien à voir avec la tablette : Samsung n’y peut rien, ils ont rempli leur partie du contrat en proposant à leurs utilisateurs un produit capable de faire tourner correctement tout ce qui se trouve sur l’Android Market. La balle est dans le camp d’El Goog, espérons qu’ils sauront, eux, la renvoyer.

Conclusion

Samsung achève donc la série Galaxy Tab de 2011 par un modèle haut de gamme d’excellente facture. Du côté de la technique, nous pensons qu’il faudra attendre longtemps avant d’avoir un concurrent sérieux avec cette diagonale d’écran. Les plus optimistes (et nous en faisons partie) attendent avec impatience le modèle 7 pouces d’Asus équipé de Tegra 3 et promis à 249€. Seulement, nous n’avons aucune autre information sur cette tablette et nous ne savons pas quand elle sera disponible, ni si le prix plancher aura des conséquences sur les finitions de l’engin (spoiler : sûrement). Du coup, la Galaxy Tab 7.7 s’impose comme la tablette de référence pour la mobilité en ce début d’année 2012. Bienvenue dans le Top 5 !

Le processeur est véloce et se tire avec brio de toutes les situations, Android 3.0 tourne bien mieux que sur les autres processeurs, la tablette lit sans aucun problème la plupart des formats audio et vidéo jusqu’au 1080p high-profile et autre FLAC Lossless. Vous aurez clairement entre les mains le lecteur multimédia portable ultime pour tuer l’ennui dans les transports, salles d’attente et autres lieux du même acabit que l’Education Nationale m’interdit de citer ici. Samsung a corrigé la plupart de ses erreurs depuis ses premières tablettes et ce modèle tend à confirmer que si le nombre de constructeur sur Android est voué à être réduit, Samsung sera toujours dans le trio de tête.

S’il n’y avait que deux déceptions à retenir, ce serait d’une part l’absence de mise à jour immédiate vers Android 4.0, en espérant que Samsung corrige vite ce défaut et d’autre part, la régression du côté des Hub alors que ces services étaient de véritables points forts sur les précédentes machines. Pour tous les autres petits défauts cités dans ce test, votre tendance à pinailler sera seule juge ; pour nous, cette tablette remplit parfaitement le cahier des charges qu’elle promettait.

On retiendra : 

  • Une finition exceptionnelle, un écran d’une excellente qualité
  • Les fonctions multimédia complètes
  • Le format : 7.7 pouces, c’est un compromis idéal entre mobilité et confort
  • La technique globale de cet engin : presque rien ne lui résiste !
  • Le port microSD, assez rare chez Samsung pour être signalé
  • La présence d’un vibreur sur tous les modèles et des fonctions de téléphonie sur les modèles 3G

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • L’absence de mise à jour vers Android 4.0
  • La barre des tâches apparente dans les jeux, une vraie plaie qui ressort sur ce format
  • La qualité des Hubs, bien inférieurs à ceux proposés avec les précédentes Galaxy Tab

Nous remercions chaleureusement Expansys, qui, comme toujours, nous a prêté cette tablette sans condition de rédaction dès qu’elle a été disponible dans leurs rayons ! Vous pouvez évidemment retrouver les différents modèles de Galaxy Tab 7.7 chez eux.

Caractéristiques complètes.