Motorola… au cours de l’année 2011, c’est peut-être l’entreprise qui a connu le plus de rebondissements dans sa petite vie tranquille d’américaine riche et puissante. D’abord, elle a – malheureusement – été choisie par Google pour construire une tablette qui a servi de bêta-test à Honeycomb, qui ne rendait, lors de sa sortie, vraiment pas hommage au système. Ensuite, Motorola a aussi dû bêta-tester le marché de la tablette Android : comment vendre ? A quel prix ? Sur quelles innovations fonder une communication qui puisse prendre des parts de marché à l’iPad ? C’était à Motorola de trouver les premières réponses, de prendre les premiers risques…

Et puis il y a eu la sortie de la Xoom en dehors des USA, qui n’était pas le même produit que chez nos amis américains : seule l’entreprise Motorola US était accompagnée de Google pour les mises-à-jour, ce qui a rendu fou plus d’un utilisateur européen, croyant à tort avoir en main l’équivalent d’une tablette Nexus. Enfin, cet été, dans un mouvement de ninja Google a racheté – ou du moins, a annoncé ses intentions de rachat – Motorola Mobility, c’est-à-dire la branche que nous connaissons de l’entreprise. En cette fin d’année 2011, la Xoom 2 débarque, sans prétention, dans un marché de la tablette Honeycomb désormais surchargé. Bonne surprise ou tablette de trop ?

Nous tenterons d’y répondre…

Sommaire

I - Les trompeuses apparences

1 – Un design… innovant ?

2 – Format, écran, connectique : de l’excellence à l’aberration injustifiable

II – Honeycomb : toujours conquis, malheureusement jamais soumis

1 – Une interface étrange

2 – Et les applications alors ?

III – Multimédia : un pari Apple-like très risqué

1 - MotoCAST, haters are gonna hate. Moi ? J’adore.

2 – Une tablette vraiment multimédia ?

Conclusion

 

I – Les trompeuses apparences

1 – Un design… innovant ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, une petite précision s’impose : si vous avez été attentif au titre de cet article, vous vous êtes aperçu que nous avons choisi de tester la Xoom 2 « Media Edition ». Motorola a, je crois, complètement raté la dénomination de son produit : ils proposent à la vente 2 tablettes, une de 8 pouces et une de 10.1 pouces. Logiquement, la tablette la plus grande devrait porter la mention de ses capacités multimédia avancées et du confort de son écran. Mais non, Motorola a choisi de nommer la tablette portable « Media Edition » et la tablette de salon, simplement « Xoom 2″. Bien joué, cela perturbera à coup sûr les potentiels acheteurs.

Cela dit, à hardware et software égaux, notre choix s’est porté sur cette Media Edition justement pour son format qui tend à devenir commun sous Android mais qui n’a pas encore dépassé le fameux 10.1. Avec ses 8,2 pouces, cette tablette est à la fois confortable et mobile, elle tient dans une très grande poche de veste et son écran est suffisamment grand pour regarder des films dans les transports ou lire un e-bouquin. D’ailleurs, elle a peu ou prou les dimensions d’un livre de poche.

« Et si la grosse, on l’appelait « Portable Edition » ? Brillant ! » – Le service marketing

Bref, considérez donc que tout ce qui n’a pas directement trait à la taille de la tablette vaut également pour la Xoom 2, si c’est la grande ardoise que vous aviez dans votre wishlist : deux test en un, it’s a win.

Mais passons à la tablette en elle-même et, me diriez-vous, pourquoi ce point d’interrogation derrière l’adjectif « innovant » qui qualifie le nom « design » ? Tout simplement parce que Motorola a été assez maladroit : nous étions avec Ulrich à la présentation de ce jouet, et le discours tenu par les présentateurs tournait toujours autour de l’originalité du design, du grand coup de Motorola en la matière, de la volonté de se démarquer de la concurrence. Ils nous ont un peu bassiné avec ça alors que ce qui nous intéressait, nous, c’était bien sûr le produit.

Ceci est une tablette au design novateur…

Alors ce design, vraiment novateur ? Un rectangle noir avec des bords inclinés… attendez, mais oui ! C’est exactement ce que proposait Acer avec son Iconia Tab A100 il y a quelques mois ! Comme me l’a fait remarquer Ulrich avec cynisme, Acer n’a pas du tout communiqué sur son design, donc dans l’esprit des gens, si Motorola réussit à l’imposer comme SA marque de fabrique, Motorola l’aura inventé. Pas très fair-play, mais depuis la Trolling Patent War, on n’est plus à ça près.

… et ceci n’est qu’une Iconia Tab A100.

Notre tablette au design pas-si-exclusif-que-ça n’est quand même pas moche, loin de là. Motorola n’a pas vraiment tenté l’originalité, mais au moins, la sobriété épurée est passe-partout. Les bords de la tablette ne sont pas trop épais et n’entravent pas l’utilisation, ni en mode paysage, ni en mode portrait :  dans les deux sens, en tenant la tablette à deux mains, on peut joindre nos pouces au centre sans problème (et donc taper partout sur l’écran, si vous vous demandiez à quoi rimait cette idée saugrenue).

Les matériaux utilisés sont étranges mais pas déplaisant. Je me souviens d’un tas de bullshit pseudo-scientifique qui nous avait fait bien rire lors de la conférence, je ne me rappelle évidemment de rien dans le détail et de toutes façons tout le monde s’en fiche, ce qui compte, c’est le ressenti lors d’une utilisation quotidienne. Deux adjectifs viennent à l’esprit : douce et solide. Douce, parce que le revêtement extérieur fait penser à de la gomme et est très agréable au toucher. Solide, parce que mine de rien, la tablette est massive.

Je ne sais pas si c’est très sain de les laisser aussi proches les unes des autres

Pas massive au sens d’imposante, ni au sens de lourde, ce qu’elle n’est pas, mais massive au sens de « j’ai l’impression d’avoir un Nokia 3310 dans les mains ». Et les plus trentenaires d’entre vous sauront qu’un 3310, les chutes, il s’en cogne. Je n’ai pas essayé de la faire tomber, Expansys m’en aurait voulu, mais en tout cas, l’ensemble à l’air véritablement à l’épreuve de la mobilité, avec un Gorilla Glass qui va bien pour protéger l’écran des rayures. C’est peut-être même la première tablette que je transporterais volontiers dans un cartable ou une sacoche sans forcément acheter 50 euros de protections diverses et variées.

Qui l’eût cru ? L’iPad peut aussi servir de présentoir

Enfin, notez que Motorola et Sony tentent sûrement de lancer la mode des « boutons cachés » : comme sur la première Xoom si mes souvenirs sont bons, les boutons de volume et d’allumage ne sont pas sur un côté mais au dos de la tablette. Assez déstabilisant, mais peut-être s’y fait-on ; cela permet d’avoir en outre un design « lisse » sur les côtés.

2 – Format, écran, connectique : de l’excellence à l’aberration injustifiable

Comme nous le disions en introduction, le format n’est pas courant. 8 pouces sur un écran large, cela ne se voit pas partout et pourtant, c’est peut-être le compromis que beaucoup recherchent. Chez la concurrence, Samsung a de son côté une Galaxy Tab 7.7 qui nous a laissé une très bonne première impression. En fait, à voir comme ces 8 pouces s’établissent comme une nouvelle norme mobile, on peut se demander si les 3 formats idéaux de tablette n’ont pas été enfin trouvés : 5 pouces pour l’ultra-mobile, 8 pouces pour l’hybride, 10 pouces pour le salon.

Ajoutez deux 100 grammes de miel, 25 grammes de bug, une pincée d’applications et hop, vous avez une tablette

Là, on se situe dans un juste milieu qui permet théoriquement au constructeur de ne pas faire de compromis sur la connectique et les ports, tout en restant un minimum compact. Voyons si Motorola a su tirer au mieux parti de ce format…

Sur le haut de la tablette, on retrouve le connecteur jack et un émetteur infrarouge. Excellente nouvelle en théorie pour ceux qui veulent faire de leur tablette une télécommande multimédia, fausse bonne idée en pratique, nous vous expliquerons pourquoi dans la deuxième partie. Nous avions pressenti une entourloupe ou une caractéristique à moitié finie quand, lors de la présentation, personne chez Motorola ne savait expliquer ce petit rectangle noir qui cache l’émetteur IR… qui n’est d’ailleurs mentionné nulle part, ni sur la boîte, ni sur les schémas de la notice !

« Les gars, Sony a ajouté un émetteur IR a sa tablette, il nous en faut un ! » « Mais, on a pas le software ! Il n’est même pas présent dans la notice ! Personne n’a été prévenu chez Motorola ! » « Peut-être, mais au moins, on aura un émetteur IR ! » « … » – Le Boss From Hell

Comme nous l’avons dit, les deux bords longs sont vierges de tout bouton, les commandes de volume et d’allumage se retrouvant au dos de la tablette. Bonne surprise : si la webcam est définitivement mal placée (une webcam, ça se met au centre du côté le plus large pour une utilisation visio’ en paysage…), on trouve à ses côtés une… diode de notification ! La fameuse diode qui a fait le succès des premiers Androphones et que les constructeurs ont peu à peu abandonné revient sur cette tablette. Et franchement, cela ne devrait pas être un luxe, tant cette notification visuelle est pratique pour savoir à tout moment si l’on a reçu des mails, des tweets et autres mises-à-jour en push. Bref, une bonne surprise.

D’ailleurs, Motorola l’a dédoublée : on retrouve une diode en bas de la tablette qui ne servira, elle, qu’à donner des informations sur la charge. Même si on ne voit pas trop l’intérêt, on ne va pas se plaindre d’en avoir deux.

Motorolol : le port microSD est absolument essentiel, la notice le stipule.

Ensuite, vient le bas de la tablette en mode portrait où l’on retrouve le port micro HDMI, le port micro USB qui fait office de port secteur également et un mystérieux compartiment que l’on prend à première vue pour le cache du port micro SD. C’est d’ailleurs ce qui est écrit sur la notice : « SIM et microSD », comme si la notice elle-même ne comprenait pas que cette option ne soit pas disponible. Et pourtant, c’est bien le cas, il n’y a pas de port microSD. Je répète, il n’y a pas de port microSD. Ni de port SIM d’ailleurs, sur mon modèle. J’ai donc, sur ma tablette, un compartiment avec un bout de carton à la place du modem 3G. Et pas de port microSD. Alors qu’il est écrit « MicroSD » sur la notice. Vous trouvez ça fou ? Je sens que les class-actions vont pleuvoir outre-Atlantique…

« Oh et puis non en fait. On va enlever le port SD, faire un compartiment inutile sur les modèles Wi-Fi et mettre des bouts de carton dans les trous. Ca leur fera les pieds » – Un chef de produit qui détestait ses clients

Quand on réfléchit, c’est vraiment un scandale et si j’étais vraiment aigri, j’arrêterai le test ici et je disqualifierai cette tablette pour de bon. Franchement, a-t-on déjà vu une notice qui trompe le client ? Qui ne mentionne pas l’émetteur infrarouge pour des raisons que nous évoquerons plus tard et qui stipule noir sur blanc « microSD » alors qu’il n’y a pas de microSD ? Le coup du compartiment totalement vide, c’est aussi énorme, comme si Motorola se fichait complètement de ses clients qui ne voudraient pas un modèle 3G. Se calmer, se calmer.

Revenons à notre tablette à la notice trompeuse, au port micro-SD absent et au compartiment SIM-SD désespérément vide de tout connecteur. L’absence injustifiée et injustifiable de port SD est palliée, d’après Motorola, par un système révolutionnaire qui fait que vous n’avez théoriquement plus besoin de mémoire sur votre tablette : Motocast. Nous y reviendrons dans la partie multimédia du test, mais en gros, c’est un système qui vous permet de diffuser le contenu de votre ordinateur vers votre tablette, en streaming.

Minimalisme

Si on met de côté pour l’instant l’aspect software de la solution Motorola, on peut encore une fois s’offusquer : qui sont-ils pour décider à notre place si on veut utiliser une carte SD ou pas ? Apple le fait déjà, et généralement, ceux qui ne veulent pas d’iPad choisissent Android pour ses nombreuses possibilités en termes de connectivité et de stockage. Là, adieu le choix, c’est Motocast ou rien. Vous avez bien lu : ou rien. Encore une fois, se reporter à la partie multimédia…

Un autre bon point théorique : la tablette semble se recharger quand elle est connectée en USB sur le port d’un ordinateur. Je dis bien semble, car si on l’utilise en même temps, elle ira plutôt vers la décharge que vers la charge. Disons plutôt que la connexion USB permet de maintenir la charge a défaut de charger, si la tablette n’est pas utilisée. C’est toujours mieux que rien.

En elle-même, la charge complète n’est pas très longue et la batterie reste dans la moyenne d’une batterie de tablette Android. Si l’on se reporte à l’onglet répartition de l’utilisation de la batterie, l’écran prend 92% d’icelle, alors que la veille est à 3%, le système Android à 2. Ce n’est pas étonnant et même plutôt encourageant: l’écran est un composant très gourmand et l’OS doit, lui, ne pomper que le minimum de ressource. Bien joué.

On fait une pétition pour une fonction capture d’écran ?

L’écran, parlons-en. En l’utilisant au quotidien, j’ai d’abord cru qu’il avait un énorme défaut (qui aurait pu être simplement présent sur mon modèle) : sur les fonds gris ou grisâtres, notamment dans les paramètres, je voyais apparaître une forme verte, comme si des pixels s’étaient imprimés sous la première couche de la tablette. Difficile à exprimer, mais en passant la tablette au Screen Test, rien n’est apparu : peut-être n’était-ce qu’un bug d’affichage passager.

A propos des bugs d’affichage, dans plusieurs applications, comme le Market, certaines parties de l’écran se mettent à scintiller, comme si une icône apparaissait et disparaissait. Phénomène étrange que je n’avais jamais observé sur Android, je préfère donc le mentionner, même si cela peut être un défaut isolé de la tablette pourtant neuve (et faisant partie d’une série commerciale, ce n’est donc pas un prototype) que je teste.

Fixez l’application en bas à gauche : elle scintille

Revenons un bref instant sur l’application Screen Test pour un bref inventaire des couleurs. Le blanc n’est pas bleu ou vert, comme sur beaucoup de tablettes, mais tend plus vers le beige. C’est donc un bon point : même s’il n’est toujours pas blanc, au moins le ton est-il proche du #FFFFFF. Le noir est noir, mais pas profond. Si vous poussez la luminosité au maximum, vous verrez très nettement la différence entre l’écran noir et les bords noirs de la tablette. Rouge, vert, bleu et gris sont, je trouve, bien dosés. Mon oeil non-expert n’a pas de reproche à leur faire, en tout cas.

Dans la pratique, l’écran TFT IPS d’un résolution de 1280×800 s’en sort très bien pour afficher des photos et des vidéos. L’écran n’est pas encore assez grand pour percevoir les pixels. Même si ce n’est pas aussi bluffant que sur un Galaxy Note, qui a un nombre très élevé de pixels par pouce, cela reste très satisfaisant. De même, les angles de vue sont bons et vous pourrez très facilement regarder des photos à 2 ou 3. Petit défaut sur le bas de la tablette en mode portrait, à partir d’une inclinaison pas encore indécente, on commence à percevoir le blanc du rétro-éclairage quand l’écran est noir, par exemple.

Si vous avez vraiment fixé le précédent .jpg en espérant qu’il scintille, vous me devez un Mars

Cette histoire de notice trompeuse et d’absence de carte SD complètement injustifiée – surtout qu’il y a tout à fait la place – ternit la si importante première impression que nous nous faisons de cette tablette qui, par ailleurs, reste compacte et solide sans sacrifier le design et dispose d’une connectique somme toute convenable pour ceux qui n’ont que faire d’un port USB-Host. Si le gros n’importe quoi de Motorola n’est pas un frein pour vous, passons à la partie software.

II – Honeycomb : toujours conquis, malheureusement jamais soumis

1 – Une interface étrange

Comme sur ses précédentes Xoom, Motorola a fait le pari d’un Android quasi-nu. Malheureusement, que l’on aime ou que l’on déteste l’interface, on ne peut pas dire qu’elle soit des plus adaptée au grand public. A ce sujet, notons que les Xoom 2 et Xoom 2 Media Edition devraient recevoir leur mise-à-jour vers Ice Cream Sandwich dès le mois de janvier, ce qui devrait un poil améliorer l’ergonomie et la fluidité du système.

Motorola n’est pas un bon élève dans le monde des surcouches : Motoblur a ses adeptes, mais n’a jamais eu autant de fan que Sense et ses nombreuses possibilités de personnalisation ou Touchwiz et sa réactivité incomparable. Personnellement, j’ai toujours trouvé Motoblur très lourd, très lent et esthétiquement aussi attirant qu’un troll lépreux.

« Attendez les gars, j’ai encore mieux comme logo, et si on mettait chaque nom de pays et chaque capitale ? Oh, et les océans aussi ! Et on pourrait même faire un logo animé avec les vols intercontinentaux en temps réel ! » – Le designer junior trop écouté

Chez Motorola, on ne doit pas être en super confiance vis-à-vis de cette interface non plus, puisque jamais la compagnie n’a essayé de la porter telle quelle sur Honeycomb. Cette Xoom 2 n’échappe pas à la règle, mais cela n’a pas empêché les designers de Motorola de mettre leur grain d’incohérence du côté des visuels.

On va être assez pointilleux, car je sais qu’on nous reprocherait de ne pas l’être. Prenez par exemple le navigateur par défaut. Le figuré associé à cette application est un globe, ou tout du moins une boule. Chrome ou Opéra ont abandonné la texture pour ne garder que la forme, mais inconsciemment, quand on veut aller sur internet, on cherche la boule. C’est, de plus, présenté ainsi sur Android depuis les premières versions du système.

Incohérence fatale pour notre esprit pavlovien, Motorola a choisi un carré pour le navigateur, représentant le navigateur lui-même sur un fond de carte du monde, avec une barre d’adresse, un bouton retour et un « http://www. » inscrit sur le logo. Oui, tout ça sur un carré de 10mm par 10mm. Résultat, quand on veut trouver le navigateur, on le cherche, il n’apparaît pas sous notre doigt directement. On s’y fait sûrement, mais l’art de l’icône n’est pas simple et de bons figurés sont parfois la clef d’une esthétique et d’une ergonomie réussies.

Faire une application pour ouvrir le navigateur et aller sur un site internet ? Check !

Là, on a l’impression d’une disparité entre toutes les icônes, un manque de cohérence certain qui s’accentue quand on entre dans le coeur d’Honeycomb, par exemple les paramètres, qui n’ont visuellement rien à voir avec les logos choisis par Motorola. On a beaucoup parlé récemment dans les journaux anglophones de l’incohérence graphique d’Android en général, corrigée parfois par les constructeurs : Motorola a très mal joué de ce point de vue.

Autre exemple frappant : au beau milieu des applications, Motorola propose un bouton qui figure un equalizer et se nomme « Effets Audio ». En cliquant dessus, on n’arrive non pas à un menu personnalisé, pourtant présent, que Motorola aurait ajouté, mais aux paramètres audio généraux d’Honeycomb. Pourquoi ? Il est pourtant tout à fait possible d’ajouter une section au menu des paramètres…

Tout cela est étrange et ne va pas dans la direction d’une tablette grand public, comme c’est le cas pour les Galaxy Tab et autres Tablet S. Et pourtant, c’est ce que cherchait Motorola…

Une application pour ouvrir le menu « paramètres » en plus de l’application « paramètres » ? Check check !

Si l’on prend l’interface en elle-même, on est, encore une fois, clairement pas à la hauteur des maîtres de la fluidité sur Android : Samsung sur ses produits équipés en Exynos et Sony sur sa Tablet S. On retrouve un Honeycomb poussif aux transitions peu soignées, bref, quelque chose de prévisible sur une tablette qui propose l’OS dans sa version nue mais qu’on aimerait ne plus voir fin 2011, surtout que cette fois, on ne pourra pas dire que c’est la faute du Tegra 2, la tablette de Motorola étant équipée chez Texas Instruments. Voyez plutôt, c’est à se demander si la dalle tactile n’est pas en dessous des autres tablettes du marché :

Toutes les tablettes ont eu le droit au même doigté

Le test pourrait paraître un peu extrême, mais, voyant passer plusieurs tablettes tous les mois, c’est la première fois que le côté tactile de l’écran me dérange. J’ai l’impression qu’il faut appuyer plus que sur les autres tablettes, même si je n’ai pas le matériel nécessaire pour le vérifier. Je m’en suis particulièrement rendu compte sur Fruit Ninja, quand plusieurs fois, l’écran n’a pas du tout réagi à la pression exercée. Surabondance de traitements anti-reflet, anti-trace, anti-choc, anti-rayure, anti-poussière ? Je m’interroge.

Edit : à la suite des premiers commentaires, j’ai fait une vidéo un peu plus longue sur ce phénomène pour tenter de l’expliquer. Il y a une latence bien trop grande entre le toucher et la réaction, il faut parcourir presque tout l’écran ou appuyer vraiment fort et longtemps pour avoir un effet immédiat. Nous pensons que la sensibilité est simplement mal calibrée. Motorola devrait vraiment faire une mise-à-jour.

Par contre, Motorola a fait un choix très judicieux du côté des applications officielles. C’est un sans faute, puisqu’ils ont conservé à l’intact les excellentes applications de Google. Ainsi, vous retrouverez la version complète de Music avec l’accès à votre bibliothèque audio stockée via le service en ligne proposé depuis peu par Google. De même, la Galerie et sa synchronisation avec vos albums Picasa est présente dans sa version officielle.

Pour résumer, on est un peu perdu dans cet Honeycomb mal optimisé. On ne sait pas sur qui remettre la faute. Motorola pour le design de ses logos, c’est sûr, Sony ayant montré qu’on pouvait faire d’Honeycomb un système à l’esthétique léchée et à la fluidité parfaite. Est-ce un problème software ? Est-ce le hardware, la couche tactile de l’écran ? Est-ce le semblant de Motoblur qui perturbe Android ?  Seule la mise-à-jour vers Ice Cream Sandwich pourra nous répondre…

2 – Et les applications alors ?

On ne le répètera jamais assez : une tablette tactile est dépendante de son marché d’applications. Les remarques que nous faisions lors de nos premiers tests d’Honeycomb commencent à s’invalider peu à peu : oui, désormais, il existe sur Android des applications de qualité pensées pour les tablettes tactiles, même si elles ne sont pas encore majoritaires. Cela dit, concentrons-nous pour l’instant sur les applications proposées par Motorola sur sa tablette.

« Choisissez le modèle de votre téléviseur parmi les modèles proposés » « Okay »

Car les constructeurs ont une carte énorme à jouer en proposant gratuitement des applications d’habitude payantes ou carrément des logiciels indisponibles sur le Market, développés spécifiquement pour la tablette tactile et permettant d’augmenter considérablement son intérêt lors de la première prise en main. Encore une fois, Samsung, Sony ou encore Asus ont très bien compris cela en intégrant une suite d’applications dédiées à une usage tablette, généralement de grande qualité.

Petite revue.

  • Centre d’aide : application très utile pour les débutants, le centre d’aide est un véritable guide de l’utilisateur présent sur la tablette, ce qui manque à beaucoup de modèles sur Android. Attendez… ah oui, même si le logo est en français, la tablette également, le Centre d’aide est entièrement en anglais. Pratique.
  • Citrix : l’application professionnelle de référence est déjà installée sur la tablette de Motorola. Vous pourrez tester les services via un programme de démonstration gratuit ou vous connecter au compte de votre entreprise. Tout est en anglais, mais si vous utilisez Citrix, vous savez comment vous y prendre. L’utilisateur grand public à qui s’adresse cette tablette n’y trouvera aucun intérêt.
  • Dijit : la fameuse application qui vous permet de transformer votre tablette en télécommande multimédia. D’emblée, on nous précise que les modèles en dehors des USA pourraient ne pas être reconnus. Bien. Ensuite, on nous propose de choisir notre région. Ensuite, on configure l’engin… je choisis par exemple l’écran Panasonic qui se trouve devant moi… il faut ensuite choisir le modèle… ah ben non. Dijit me propose de choisir au pif parmi 50 modèles, tous nommés « Télécommande X » ou X correspond à un chiffre. Autant vous dire qu’après 4 essais infructueux, j’ai laissé tomber. Même chose avec le lecteur DVD de salon ou la chaîne Hi-Fi. Voilà donc pourquoi ils ne communiquaient pas sur leur émetteur infrarouge… brillant.
  • Effets Audio : une application qui vous envoie vers les paramètres pour choisir un profil audio.
  • Fuze Meeting : eh oui, vous êtes Monsieur Grand Public, vous avez acheté cette tablette pour vous reposer peinard sur votre canapé avec vos séries, quoi de plus judicieux que de proposer par défaut une application non désinstallable qui ne sert qu’en entreprise pour organiser des réunions à distance ? Pertinent, je ne vous le fais pas dire.
  • GoToMeeting : euh… ils se moquent de nous là ? L’application concurrente pour faire exactement la même chose ? Hé, Motorola, une, c’était déjà trop. Deux, c’est presque une insulte à la patience du testeur. Si vous voulez vendre une tablette B2B, avec plaisir, on la testera comme un produit professionnel…
  • Horloge : application officielle, mais avec une police d’affichage très classe. J’aime beaucoup.
  • MOTOACTV.com : c’est pas parce que vous l’écrivez en majuscule que ça va m’impressionner, hein. Cette application n’a AUCUN sens. Elle est proposée par Motorola en bundle avec un de ses gadgets pour sportif, une montre sophistiquée sous Android nommée très justement MOTOACTV. L’application vous envoie sur la page produit de la montre, sur un navigateur internet, s’il vous plait. Vous ne l’avez pas ? Vous vous en fichez ? Vous ne voyez pas ce qu’elle fait sur votre tablette ? Tant pis, elle est là.
  • Motocast : une véritable bonne idée à double tranchant, nous y reviendrons dans la partie multimédia.
  • Quickoffice HD : hallelujah ! Une application intéressante, complète, pratique et bien fichue. Quickoffice est une référence pour la bureautique sous Android, Motorola a la gentillesse de vous offrir la version complète sans pub directement dans votre Xoom 2. Elle ne remplacera pas Word ou Pages sur un ordinateur, mais vous pourrez corriger, revoir ou annoter des documents sans aucun problème.
  • Twonky : l’application DLNA qu’a choisi d’intégrer Motorola. Elle joue son rôle.

Comme vous pouvez le voir, on est très, très loin de Samsung et ses Hubs ou de Sony et de son écosystème dédié au multimédia. Je suis vraiment très déçu qu’une tablette appelée « Media » soit aussi pauvre en contenu « média » out of the box. Même pas un lecteur vidéo plus performant que la galerie ou un e-reader. Tous les autres en proposent, pourquoi Motorola n’a pas fait cet effort ? A la place, on a des tas d’applications professionnelles que le public ciblé n’utilisera pas ou des applications qui ne fonctionnent pas.

« On va les envoyer sur le site d’un produit génial qui n’a rien à voir avec leur tablette. En plus c’est du sport, c’est sain le sport, ils nous en voudront pas ces gros tas » – Le même chef de produit

Le cas de la « télécommande » est particulièrement symptomatique du manque de soin apporté à la partie software de la tablette. Sony offre avec sa Tablet P une application puissante qui vous permet de contrôler toute votre installation multimédia en quelques minutes. Dijit aurait pu être un équivalent, s’il fonctionnait. Oh, il y a peut être un moyen de retrouver vos profils, mais hé, vous avez envie de passer plusieurs heures sur un programme qui devrait vous faciliter la vie et être fonctionnel dès le premier usage ? Pas moi.

Heureusement qu’ils n’ont pas touché à Music

On peut très facilement aller plus loin, l’Android Market est là pour ça et je suis persuadé que si vous avez acheté cette tablette, vous avez déjà fait un tour dessus pour combler les trous de la suite logicielle. Mais quand on teste un produit, rappelez-vous que l’on se place  du côté du grand public qui ne va pas forcément aller chercher ses applications directement. La Motorola Xoom a les défauts de la tablette Android X : si un Androfan l’achète à son père, il va lui donner un cours et lui montrer les différents aspects de l’OS, en passant par la case Market. Si un Androfan se l’achète pour lui, même chose. Mais si monsieur tout le monde l’achète sans aucune connaissance d’Android, il sera complètement perdu et ne saura pas quoi faire sur sa tablette, et ce n’est pas le manuel en anglais qui va y changer quelque chose…

Motorola vous offre généreusement un prospectus pour vous abonner au Wall Street Institute, au cas où vous n’auriez pas le Shakespeare fluent

Beaucoup de critiques à faire donc sur l’OS de cette ardoise et sur ses applications embarquées, mais cela n’est pas encore suffisant pour nous dégoûter : au contraire, la Xoom 2 Media Edition peut faire beaucoup de choses et son hardware est très prometteur pour la partie strictement multimédia. A voir s’il saura pallier les défauts de la suite software et les maladresses de Motorola…

III – Multimédia et jeux : un pari Apple-like très risqué

1 – MotoCAST, haters are gonna hate. Moi ? J’adore.

Une partie entière sur une application ? Vous verrez qu’elle le mérite. En fait, c’est même tout l’intérêt de cette tablette, et si quelques-uns des paragraphes précédents auraient pu être intitulés « pourquoi vous n’achèterez pas la Xoom 2 Media Edition », celui-ci pourrait à lui seul vous faire changer d’avis. Ou donner du grain à moudre à votre colère, c’est selon.

Brancher une tablette Android et trouver ça… le fan pourrait avoir une crise cardiaque

Pourquoi pourriez-vous, vous, le fan d’Android, détester la Xoom 2 ? Parce qu’elle est définitivement une tablette fermée. Pas de carte SD, c’était déjà très Applelien, MotoCAST l’est encore plus. D’abord, sachez une chose, à moins de bidouiller (et encore…), MotoCAST est la seule et unique solution pour connecter votre tablette à votre PC ou votre Mac au premier lancement.

Pas de disque externe au premier branchement, pas de lecteur média, c’est MotoCAST ou crève. Cela jette un froid hein ? C’est sûr que si vous ne supportez pas la méthode iTunes, ça ne vous emballera pas. Cela dit, MotoCAST est un outil définitivement excellent et qui devrait être en série sur toutes les tablettes Android. Laisse-moi vous expliquer son fonctionnement.

Interface léchée, rapide et fonctionnelle. Motorola sait faire un bon produit.

Quand vous branchez votre Xoom 2 Media Edition à un PC ou un Mac, elle n’apparaît pas dans vos périphériques, mais se présente plutôt comme un CD d’installation : même si vous la voyez dans les périphériques extérieurs, vous verrez qu’elle n’a pas un octet de libre sur sa mémoire et parcourir le disque ne vous amènera qu’à l’exécutable MotoCAST.

Alors allez-y, n’ayez pas peur, lancez-le. Tout se passe très bien et en quelques clics, vous aurez un compte Motocast associé à votre adresse e-mail, même pas besoin de passer par un navigateur. Après cette phase très simple de configuration, MotoCAST se lance sur votre ordinateur et vous amène à une interface qui ne ressemble pas que de loin à iTunes – et là vous comprenez pourquoi les Androfans n’apprécieront pas. Voyez plutôt :

iTunes ? Nope. MotoCAST.

Ce logiciel va trouver comme un grand vos fichiers multimédia ou vous laissera le loisir d’ajouter des dossiers qu’il n’aurait pas repéré. Une fois cette tâche accomplie, MotoCAST va vous proposer de synchroniser les différentes catégories avec votre tablette, soit fichier par fichier, soit la catégorie entière. Ouais, comme iTunes quoi, en tout pareil. Motorola a poussé la ressemblance jusqu’à reprendre la barre qui indique l’espace restant sur la tablette et ce qu’occupent les différents médias.

Mais bordel, ça marche ! Et ça fait super plaisir de pouvoir synchroniser sa tablette avec ses dossiers aussi facilement. Surtout que MotoCAST est bien plus que ça. Vous ajoutez une vidéo ? Pas de problème, si le lecteur NATIF de la tablette (donc la galerie Google) ne la lit pas, MotoCAST la convertit de manière tout à fait transparente. Vous n’avez rien à faire, juste attendre. Et la perte de qualité à la conversion est anecdotique : sur les .mov encodés en h264, j’ai perdu tout au plus une vingtaine de mo entre le fichier source et le fichier sur la tablette. Le 1080p reste du 1080p.

Le lapin est fluide, je répète, le lapin est fluide

Voilà qui règle tout problème de compatibilité des vidéos avec votre tablette. Alors non, en installant un lecteur vidéo tiers et en essayant de lire les fichiers bruts que vous pourrez placer vous-mêmes dans la mémoire après avoir débranché et rebranché la Xoom, la tablette ne s’en sortira pas forcément bien. Ni avec les codecs les plus obscurs. Mais quelle importance ? Ce serait aimer les complications : Motorola fait tout pour vous rendre le multimédia sur Android agréable, laissez-vous bercer.

Ce n’est pas tout : MotoCAST vous permet aussi d’accéder à vos fichiers multimédia en streaming, depuis n’importe quel réseau Wi-Fi. Pour le coup, la qualité des vidéos est dégradée avant l’opération sans que cela soit immonde pour autant, mais pour les photos, c’est un vrai régal. Installez et configurez MotoCAST sur votre PC ou mieux, votre serveur ou votre NAS, laissez-le allumé, prenez la tablette chez vos amis, connectez-vous sur leur Wi-Fi, et hop, vous avez accès à tout en streaming, « comme à la maison ».

Rien de tout ça n’est sur la tablette. Je ne suis même pas sur le même réseau Wi-Fi.

MotoCAST procède en deux étapes en envoyant vos fichiers sur leurs serveurs depuis votre ordinateur connecté et depuis leurs serveurs vers votre tablette. Perte de qualité, certes, mais le côté pratique du truc vaut vraiment le coup. Ajoutez à cela le fait que vous n’avez après tout même pas besoin de votre tablette puisqu’il vous suffit de vous connecter à MotoCAST sur n’importe quel navigateur et vous avez une solution multimédia distante simple d’accès et redoutablement efficace.

J’ai même essayé le bousin en 3G, en créant un point d’accès Wi-Fi à partir d’une tablette 3G, et je peux confirmer : cela fonctionne. C’est un peu plus long à charger, les photos ne sont pas les originales de 6mo puisqu’elles s’affichent en quelques secondes, mais c’est vraiment bluffant : j’ai accès à tout le contenu synchronisé sur mon ou mes ordinateurs laissés allumés.

Chat, lolcat, Icanhazcheezburger, chaton, mignon (j’essaie de booster les visites)

C’est là qu’on comprend pourquoi cette tablette peut s’appeler « Media » : Motorola n’a pas cherché à installer telle ou telle application qui vous aurait permis de faire telle ou telle action, mais a proposé une application qui rend compatibles vos fichiers avec les applications officielles déjà présentes sur la tablette. Coup de génie ? Si Motorola a pu le faire, on espère que Google reprendra une telle solution à son compte de manière native dans un avenir proche.

MotoCAST est un véritable coup de coeur qui pourrait justifier à lui seul l’achat de cette tablette. Si une telle fonctionnalité est ce que vous cherchez, simple, efficace et fonctionnelle, configurable sans prise de tête, oubliez tous les défauts de la tablette : elle vous comblera. On regrette juste que Motorola n’ait pas laissé le choix immédiat (il pourra se faire par la suite…) à l’utilisateur d’un autre mode de connexion à un ordinateur : ils rompent avec l’esprit Android et s’approchent plus du monde pommesque… pourra-t-on leur en vouloir ? Pas nous, en tout cas, une solution aussi bien maîtrisée est trop rare.

2 - Une tablette vraiment multimédia ?

Si on prend le terme multimédia au sens propre, la tablette de Motorola en est l’incarnation. A vrai dire, on pourrait même être un peu méchant (ou pas, question de point de vue) en affirmant que cette tablette est aux ardoises tactiles ce que les feature phones sont aux smartphones. Comme vous avez pu le lire, il y a énormément d’incohérence, l’interface n’est pas belle ni réactive, mais vous avez un lecteur multimédia de grande qualité entre les mains.

Motorola invente la Feature Tablet : pari risqué, mais maîtrisé

Si une parfaite compatibilité avec les applications et services Google et toutes les possibilités de MotoCAST vous suffisent, cette tablette pourrait être votre élue. Motorola a fait de cet écran de 8,2 pouces (ou de son grand frère de 10,1 pouces) un service de diffusion du contenu multimédia à partir d’un ordinateur. Ce n’est par exemple pas la tablette que je conseillerais en remplacement d’un netbook ou pour une personne âgée qui ne voudrait pas d’un ordinateur, mais elle peut devenir un compagnon tactile sans commune mesure sur le marché actuel.

Nous n’avons pas parlé des jeux, mais sachez que le processeur de Texas Instruments s’en sort très bien pour afficher tout ce que peut proposer l’Android Market privé de Tegra, car il n’aura évidemment pas d’accès à la Tegra Zone. Si vous aimez les benchmarks, la tablette obtient un score de 2664 sur Quadrant et un score de 5542 sur AnTuTu. A titre de comparaison, les quelques Transformer Prime présentes dans les grilles de score atteignent les 10000 points sur ce dernier logiciel.

Un peu de chiffres pour faire plaisir aux geeks (d’ailleurs, je me demande où sont passés les 42 pixels de haut manquant)

C’est certes deux fois moins pour la Xoom 2, mais hé, on parle de la Rolls d’un côté, et d’une tablette de milieu de gamme équipée « seulement » en dual-core de l’autre. Si vous n’êtes pas trop chiffres et que vous n’avez cure de savoir qui a la plus grosse, dîtes-vous simplement que vous ne verrez normalement pas les limites du hardware, surtout si vous l’utilisez avec MotoCAST pour compagnon.

Si vous avez un complexe de taille à sublimer, vous savez quelle tablette acheter

Du côté de l’appareil, même si Motorola parle de « HD » et qu’ils ont sûrement raison de manière objective, il ne fait pas pour autant des miracles, même à Noël. Plusieurs d’entre vous nous ont déjà dit qu’ils utilisaient souvent l’appareil photo de leur tablette comme un scanner d’appoint : j’ai pris pour ceux-là deux couvertures, celle d’un livre, en carton, et celle d’un DVD dans son plastique, pour mettre à l’épreuve l’autofocus.

J’ai pris la photo plusieurs fois mais le focus a tendance à être assez lent, alors que le déclencheur est rapide. Résultat, c’est un peu flou

Le reflet était prévisible sur la droite, mais sur un fond non-uni, il s’en sort remarquablement bien pour faire la mise au point (texte de gauche)

Panorama de couleurs. Ca vaut ce que ça vaut. 

Voilà pour la partie consacrée aux différents médias, et c’est aussi sur cette note que s’achève ce test de la Motorola Xoom 2. Vers une conclusion en demi-teinte ? Peut-être pas.

Conclusion

Pendant les premières heures d’utilisation, la Xoom 2 Media Edition déçoit beaucoup. Motorola se trompe dans sa notice et ment aux utilisateurs sur les caractéristiques réelles de sa tablette, sous-exploite son émetteur infrarouge par un logiciel pas adapté et propose une suite d’application orientée business et pro sur une tablette dédiée au grand public. Ce sont des erreurs que beaucoup d’entre vous ne pardonneront pas, d’autant que la ROM d’Honeycomb qui fait tourner la tablette est loin d’être fluide et esthétiquement plaisante.

Cela fait beaucoup d’erreurs de parcours sur une seule tablette, nous le concevons, mais comme nous vous l’avons dit au cours du test, cette tablette est en fait la partie physique de MotoCAST, la solution de « cloud privé » proposée par Motorola. Et rien que pour ça, la tablette vaut le détour. Elle fait tout ce que font les autres tablettes Android, mais s’en sort moins bien pour tout ce qui se trouve en dehors du champ du multimédia. Par contre, quand on entre dans sa spécialité, elle enterre ses concurrentes, avec un logiciel ergonomique et bien pensé et un hardware permettant de lire tout et n’importe quoi.

Par cette démarche intégrée, cohérente, et, il faut le dire, contraignante, Motorola fait un pas vers Apple. Sur un iProduit, tout ce qu’on vous propose fonctionne, parce que software et hardware sont homogènes et pensés ensemble. Motorola a fait la même chose avec ce qu’ils maîtrisaient de A à Z sur Android : leur propre application. Au détriment, certes, du système en lui-même. Si vous voulez une tablette pour emporter vos photos, vos films et vos musiques partout, ne cherchez pas plus loin : cela ne sera jamais aussi simple qu’avec cette Xoom 2 Media Edition. Si vous considérez qu’une tablette est plus qu’un lecteur multimédia, alors vous passerez sûrement votre chemin : après tout, en cette fin d’année 2011, le choix ne manque pas.

 

On retiendra : 

  • Un format original et bien pensé.
  • Des matériaux solides, des finitions haut de gamme.
  • Les diodes de notification !
  • Le capteur infrarouge : je suis sûr que vous saurez en faire quelque chose de mieux que Motorola.
  • MOTOCAST ! Une suite logicielle qui vous ferait acheter à elle-seule la tablette (voir partie III, 1).
  • Le multimédia, dans son intégralité. Voir remarque précédente.
  • Le câble du chargeur, le câble USB : 2 mètres, bro.

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • Cette interface lente et poussive que seuls peu d’élus arrivent à maîtriser parfaitement…
  • Les applications proposées par Motorola hors MotoCAST : une vaste blague (voir partie II, 2).
  • Mention spéciale à l’application qui gère la télécommande et ses 50 « Télécommande X » pour chaque modèle : à vous de trouver la bonne.
  • L’absence injustifiée de carte SD, la présence d’un compartiment SIM sur la version Wi-Fi, la mention de la carte SD sur la notice, bref, un grand n’importe quoi qui sent le changement de direction à la dernière minute.
  • L’anglais de la « notice » virtuelle sur la version française.
  • Le redesign des icônes, anti-intuitif

Nous remercions chaleureusement Expansys pour le prêt de cette tablette sans condition de rédaction. Vous pourrez retrouver la Xoom 2 Media Edition dans leur boutique au prix de 389€. Motorola propose une ODR de 100€ jusqu’au 15/01.

Galerie en vrac.