Asus avait joué la carte du mystère au sujet de la présentation à la presse des produits à venir qui avait lieu hier à Paris. Nous espérions voir beaucoup de chose, et il faut l’avouer : on n’a pas été déçu. Petite revue de la soirée.

Avec un « s » de plus, c’était le procès

Asus, comme vous devez le savoir, s’est fait un nom dans le secteur de l’informatique. Personnellement, il y a deux choses qui ne changeront sûrement pas dans mes habitudes de consommateur geek : ma carte mère sera toujours une Asus et mon netbook sera toujours un EeePC. Je suis pourtant passé par la concurrence, mais voilà, Asus propose souvent des produits de qualité aux finitions plus que bonnes et assemblés avec des composants et matériaux qui oscillent entre le milieu et le haut de gamme. Juste ce qu’il me faut.

Un peintre nous a fait ça en live, assez impressionnant, mais je suis pas assez hardcore fan pour le vouloir dans mon appart

C’est donc assez intéressant pour nous, utilisateurs, qu’Asus, tout comme Lenovo et Sony, se lance sur le marché de la tablette tactile. Je ne sais pas vous, mais j’ai l’impression que ces constructeurs qui « ont de la bouteille » sur le secteur de l’informatique ont plus de chance que les géants de la téléphonie de sortir des ardoises innovantes ou bien fignolées. La Galaxy Tab et la Xoom n’ont pas du tout eu le succès attendu auprès du public et encore moins auprès de la presse spécialisée qui n’a pas manqué de relever leurs nombreux défauts et autres bugs… Le concurrent qui rivalisera avec Apple n’est peut-être pas là où on l’attend.

Alors, qu’est-ce qu’Asus a dans ses cartons ?

Eee Slate EP121

Commençons par celle-ci, puisque cette tablette tournant sous Windows 7 est déjà disponible depuis quelques semaines. C’est clairement du haut de gamme : rien à redire sur les finitions et la fluidité de Windows 7 et ses caractéristiques techniques sont bien au dessus du marché avec, entre autres, la possibilité d’avoir 4Go de DDR3 et un SSD de 64 Go, le tout couplé à un Core i5 470UM, processeur dual-core cadencé à 1,33Ghz. Bref, c’est un véritable PC dans une tablette.

Table super classe vendue séparément

Je ne vais pas en dire plus puisque nous aurons l’occasion de la tester ici-même, mais cette tablette géante de 12 pouces est apparemment un vrai régal pour les graphistes et autres dessinateurs, puisqu’elle est vendue avec un stylet compatible avec l’écran capacitif de la machine. D’ailleurs, Asus avait réquisitionné un dessinateur pour l’occasion, qui faisait des démos, aussi bien sous Paint que sous Illustrator.

Et personne pour dessiner discrètement un pénis « for the lulz », les geeks n’étaient pas en forme…

Eee Pad Slider

Vous voyez la news juste en dessous à propos de la tablette Sony ? Bon bah, pas besoin d’aller plus loin, c’est exactement la même chose. Nous n’avons eu entre les mains qu’un prototype qui ne fonctionnait pas très bien. La version définitive prévue pour le 3e trimestre 2011 devrait tourner sous Android 3.0. Les caractéristiques sont classiques : du Tegra 2, un écran de 10,1 pouces rétroéclairé par LED affichant une résolution de 1280×800 pixels, avec une série de ports (USB, Jack, Micro SD, mini HDMI…). Je préfère rester très vague, puisque rien n’est confirmé sur ce modèle et ce serait bête de gâcher de votre temps pour vous faire lire n’importe quoi.

Bizarrement, il n’y avait que ce Slider qui avait un embryon de l’interface Asus

Néanmoins, mon avis reste le même sur ce genre de format : trop lourd, trop épais, clavier trop ramassé, châssis trop fragile. J’ai l’impression que c’est un peu le fruit d’une fusion à la Dragon Ball entre un PC et une tablette, fusion qui aurait mal tournée… les connaisseurs me comprendront.

Je n’arrive pas à voir qui pourrait vouloir transporter une tablette surdimensionnée par un clavier peu ergonomique, alors que la plupart des tablettes actuelles et à venir proposent des claviers bluetooth ou directement « dockable », comme nous le verrons quelques paragraphes plus loin. Et si en plus Sony et Asus se retrouvent avec des modèles presque similaires… bref, nous verrons bien.

Epais et lourd, ce n’est pas très flatteur, même pour un prototype

Eee Pad MeMO

Voilà une tablette intéressante. « Intelligente » dit le communiqué de presse. Soit, admettons. Encore une fois, nous n’avons pu voir qu’un prototype, mais le fonctionnement promis par les documents que nous avons vus sort du lot, pour une fois.

Dans l’idée, c’est une tablette 7 pouces sous Android plutôt banale, cadencée par un processeur Qualcomm 8260 à 1,2Ghz épaulée par 1Go de RAM. Des versions 16 et 32 Go sont prévues. Côté connectique, on trouve de l’USB (hôte et client), un port µSD et un port mini-HDMI. Le tout pour une autonomie annoncée de 8h en utilisation.

Un prototype non fonctionnel, dommage… je crois que la phrase qui a été dite après cette photo était « don’t put it on the internet ok ? » mais je ne parle pas anglais

Pour autant, ce n’est pas une simple tablette. Cet Eee Pad MeMO a déjà un plus par rapport à ses concurrentes dans la même gamme : un stylet pour écran capacitif. Asus a une clientèle bien précise en tête : les étudiants. Et pour en toucher un peu plus, il fallait élargir le champ des simples « preneurs de notes » aux étudiants qui ont souvent besoin de dessiner, que ce soit des croquis aux beaux-arts, des figures géométriques ou des plans en archi’.

Et vu qu’Asus a décidé de ne pas faire les choses à moitié, cette tablette viendra avec un accessoire en option le MeMIC, qui fera à la fois télécommande et téléphone. Oui, téléphone. La tablette aura donc une connectivité 3G et GSM et disposera d’un port pour une carte SIM. La Galaxy Tab en avait un aussi, mais n’avait pas de micro : il fallait un kit main libre ou une oreillette bluetooth. Ici, vous pourrez avoir votre MeMO dans le sac et votre MeMIC dans la poche, les deux reliés par bluetooth.

Celle là est floue, peut-être fera-t-elle un buzz ?

Nous attendons d’avoir plus d’informations sur ce produit, mais pour le coup, je le verrai très bien dans une offre avec un forfait téléphonie. Je trouve la pratique honteuse quand il s’agit de rajouter un forfait pour l’achat d’une tablette à crédit chez un opérateur, mais si la tablette est aussi notre téléphone portable, après tout pourquoi pas. Elle irait très bien en complément d’un EeePC, par exemple.

Eee Pad Transformer

Incontestablement, la star de la soirée. La plus grosse partie de la présentation était consacrée à cette fusion, réussie cette fois, entre une ardoise et un netbook. Cet Ardbook ou cette Netdoise, comme vous voulez a donc un véritable argument avec elle : son dock est un clavier, complet et très confortable(le même que sur les EeePC de dernière génération), mais également une extension de batterie et une série de ports en plus. Si tout le reste est classique (écran de 10,1 pouces IPS en 1280×800, Tegra 2, Honeycomb, 16 ou 32 Go de stockage), ce dock est vraiment un argument original et qui, à mon sens, sera déterminant dans la Guerre des Ardoises ©.

EeePC 1015PE VS Eee Pad Transformer… il y en a un qui flippe.

Après tout, moi, les tablettes je m’en tape. « Toc toc toc » « Oui ? Aaaah tiens Ulrich, qu’est-ce qui t’amène ? » « Alors comme ça tu t’en tapes des tablettes ? » « Mais non ! Tu sais bien que je suis fan des tablettes depuis que j’ai 5 ans ! Cette phrase hautement provocatrice n’avait qu’un but : que le lecteur qui tomberait ici par hasard s’identifie au rédacteur ! ». Vous l’avez compris, cette petite mise en scène introduisait une évidence : si le geek et le technophile sont déjà conquis par ces joujoux haut de gamme, il reste quand même pas mal de monde à convaincre.

Et cet Eee Pad Transformer pourrait être le chaînon manquant : oui, c’est une tablette qui est un luxe technologique et un apport en terme de confort pour tout ce qui est navigation web et multimédia. Mais celui qui n’est pas prêt à mettre de l’argent dans un objet qui n’est que du confort y trouvera aussi son compte : l’Eee Pad Transformer, une fois sur son dock, est un netbook à part entière disposant de 16h d’autonomie. Du coup, je me vois bien troquer mon EeePC pour une telle machine : en mode tablette à la maison ou en voyage, en mode netbook au boulot.

Le dock se connecte via un port propriétaire, mais Asus a fait fort niveau connectique. Avec un port SD ET un µSD ET de la mémoire interne, vous allez pouvoir stocker des GO de DivX de vacances !

Néanmoins, il reste encore un truc qui coince. Si Android Honeycomb est très agréable à utiliser avec une souris et un clavier (on dirait un peu un Ubuntu avec ses bureaux multiples), les applications manquent encore pour l’usage netbook. En première ligne : la suite bureautique. J’ai pu essayer celle qui était installée : c’est correct pour prendre des notes, mais ne comptez pas écrire un article ou un mémoire avec, les fonctions traditionnelles (ctrl+i, ctrl+c, ctrl+v, ctrl+b etc.) que vous utilisez depuis que vous êtes nés ne sont pas reconnues. Ensuite, je n’ai pas pu aller plus loin que la saisie, mais je n’ai aucune idée dans quel format elle allait être enregistrée.

Mouais, c’est bon, mais pas suffisant

J’ai peur que l’on se retrouve avec une situation comparable au moment où les Macs commençaient à se démocratiser : c’était cool, mais il n’y avait rien dessus et pendant bien longtemps la phrase « non, on a pas ça sur Mac » a été un gros problème pour les utilisateurs. Sur Android, on attend quand même toujours les « grands » du libre : OpenOffice et The Gimp en première ligne, mais pourquoi pas aussi des versions tablette (et complètes) des applications Google comme Picasa ou SketchUp.

L’idéal, aujourd’hui, serait un dual-boot vers Windows ou une distrib’ Linux… wait and see comme on dit, mais personnellement, je l’attend de pied ferme.

Bonus :

Showcase pour les passionnés :