Quand Samsung a présenté son tabletto-smartphone, comme souvent avec la marque, j’ai été sceptique : pour moi, il s’agissait d’un trop gros smartphone et d’une trop petite tablette. Puis est venu l’événement de présentation du produit, au cours duquel nous avons pu vraiment prendre en – grosses – mains cet objet technologique. Et là, j’ai été séduit par le concept : le Galaxy Note pouvait être finalement un hybride parfait, la tablette en mobilité idéale, ni trop grosse, ni trop petite.


Aujourd’hui, après 10 jours d’utilisation en conditions réelles – j’ai remplacé mon smartphone par la tablette, pour bien coller au concept – je peux enfin écrire mon verdict. Et vous, si vous avez un peu de temps devant vous, vous pouvez le lire en allant voir dans la suite.

Sommaire

I – Trop gros, trop petit, les deux, l’inverse : taille, design et écran

1 – Zu groß, zu klein

2 - Un Galaxy S II sous hormones

3 – Prendre une bonne résolution

II – Android 2.3 et l’expérience tablette sur un téléphone

1 – Menus et navigation

2 – Le S-Pen

III – Multimédia, jeux, divertissements, productivité… tablette ou smartphone ?

1 – Des jeux et applications pour smartphone, une qualité tablette

2 – Productivité et tâches lourdes : une tablette de business-man ?

Conclusion

Et pour ceux qui aiment les gros pavés de texte, c’est juste en dessous…

 

 

I – Trop gros, trop petit, les deux, l’inverse : taille, design et écran

1 – Zu groß, zu klein

Quand on parle du Galaxy Note, évidemment que la taille compte. Samsung a joué sur l’ambiguïté entre smartphone et tablette, et souvent, votre principale critique dans les commentaires des news portait sur la taille de cet engin. Avec l’Acer Iconia Smart et le Dell Streak, ce Galaxy Note est dans le top 3 des smartphones les plus gros, mais surtout dans le même top des tablettes les plus petites. Il y a trois façons de mesurer la taille de cette chose, la première est sociale, la deuxième est subjective, la troisième est naturellement objective.

Photo de famille… le GS II m’a demandé de lui mettre des talons, ce tricheur

Ce que j’appelle mesure sociale de la taille d’un smartphone, on pourrait aussi l’appeler « l’avis de monsieur et madame l’utilisateur non avancé ». Quand je sors le Galaxy Note en public, la première réaction est toujours un « mais il est énorme ». Donc oui, les gens le trouvent le gros. De manière plus subtile, j’ai eu le droit à un « mais mais mais… c’est un croisement entre un iPhone et un iPad ! ». Presque juste, même si un responsable de chez Samsung aurait ri jaune…

La remarque suivante est de loin la plus intéressante : « oh, je n’avais même pas vu que tu avais changé de smartphone, je dois m’être habitué à ce que soit énorme ». Yeah, that’s what she… hum. Il y a une vraie information dans cette remarque qui m’amène à la mesure subjective de l’appareil :  oui, après 10 jours d’utilisation, je trouve mon Galaxy S II ridiculement petit et je me suis parfaitement habitué à la taille du Galaxy Note.

Comment ça j’ai de grosses mains ?

Ce sera d’ailleurs, peut-être, un frein pour certains d’entre vous qui connaissent déjà cet effet pervers de l’augmentation de la taille d’un écran de smartphone : après, c’est super dur de retourner sur quelque chose de plus petit, même si c’est mieux. C’est pour moi, par exemple, un des freins qui ne font pas acheter d’iPhone : après un Nexus One à 3,7 pouces, un Galaxy S II à 4,3 pouces et ce Galaxy Note à 5,3 pouces, impossible de retourner sur un environnement aussi étriqué que celui du 4S.

Et comme ce format n’est pas la norme, vous trouverez sûrement peu de smartphone qui vous satisferont à l’avenir. Mais hé, on est sur LesArdoises, rappelez-vous, et c’est d’une tablette qu’on parle. Cette transition moisie m’amène à la troisième mesure, l’objective. Objectivement donc, 5 pouces sur un téléphone aussi fin, c’est un compromis assez exceptionnel entre confort et mobilité, pour un téléphone de 15x8cm.

Yo dawg, I heard you like tablets and smartphones, so I put a phone on your tablet so you can tablet while you phone

Comme on le verra plus tard dans le test, les applications donnent le meilleur d’elles-mêmes, c’est très plaisant de jouer ou de regarder des films en haute-définition, de lire des e-books ou de surfer sur internet. Et même si cela paraît gros, la finesse de l’engin fait que cela tient sans problème dans une poche de veste. Judicieuse idée que de sortir cette tablette en hiver d’ailleurs, j’aurais peut-être eu un autre avis si je me baladais tous les jours en short-t-shirt.

Bref, c’est évidemment gros, mais le confort est indéniable, pour une gêne qui, subjectivement, sera dépassée au bout d’une semaine. A vous de voir si vous gardez votre slim ou votre Note.

2 – Un Galaxy S II sous hormones

Il faudrait être de bien mauvaise foi pour nier la parenté entre le Galaxy S II et le Galaxy Note. Samsung a repris son design fétiche : un gros rectangle plat, des bords arrondis, un bouton central bien pratique, entouré des deux touches de fonction d’Android, Menu et Retour.

Laurel & Hardy

Si vous avez un Galaxy S II sous les yeux, imaginez que l’avant est construit de manière inverse : sur le smartphone, la partie « écran » est enfoncée dans les bords (vous savez, là où se loge la poussière…) alors que sur le tab-phone, cette partie est surélevée. Mais ne vous inquiétez pas, comme sur tous leurs produits, Samsung a laissé de la place pour la poussière, entre le verre et les bords de l’écran et entre les deux parties qui composent cet objet.

A part cela, les finitions sont très bonnes, comme sur les autres produits de la marque depuis quelques temps : le passage au haut de gamme leur a fait du bien et on se retrouve avec des produits bien ficelés, agréables en main – mention spéciale au dos mat et texturé différemment, celui que l’on retrouve sur le GS 2 – et surtout, pas moches. Si on peut passer sur la laideur d’une tablette (encore que, y’a des limites) qui restera à la maison, ce Galaxy Note deviendra sûrement votre outil de communication principal : autant qu’il ait un look passe-partout.

L’épaisseur joue énormément dans le ressenti…

Sur les bords, Le Galaxy Note pâtit de son hybridité smartphonesque, et évidemment, on ne retrouve pas la connectique réglementaire d’une tablette : port HDMI, micro-SD, USB-Host etc., tous sont de grands absents. Vous n’aurez qu’un port micro-USB MHL, qui pourra faire tout ce que vous voulez pour peu que vous ayez les bons adaptateurs (aucune raison que ceux du GS II ne soient pas compatibles, d’ailleurs) et un emplacement pour une carte micro-SD à côté de la batterie.

Sur la tranche arrière, on retrouve l’emplacement où se loge le fameux S-Pen, mais comme une large partie de ce test lui est dédiée, ne nous attardons pas sur lui pour l’instant.

Le petit stylet a une sorte de coque vendue séparément pour lui donner la taille d’un stylo

Au dos, notons simplement le capteur 8 mpx de l’appareil photo et son flash. Encore une fois, rappelons l’hybridité de l’appareil : sur une tablette, l’appareil arrière est souvent surestimé par les constructeurs par rapport à l’usage que l’on en fait (aucun de mon côté), sur un smartphone, c’est le contraire, l’objet ayant tendance à devenir de plus en plus un appareil photo de voyage, prenant des clichés toujours plus jolis. C’est donc un bon point que Samsung ait soigné cet aspect en conservant la technologie du Galaxy S II. Quand je vous disais qu’ils se ressemblaient…

Enfin, nous n’évoquions pas des hormones pour rien et, mesdames et messieurs, préparez-vous, cette nouvelle pourrait vous troubler : le Galaxy Note a une excellente batterie. On pourrait croire que l’écran plus grand et mieux défini pomperait tout en quelques heures, mais c’est loin d’être le cas : c’est, à l’heure actuelle, l’Android-o-truc avec la meilleure autonomie qu’il m’ait été donné de tester. Bien sûr, on n’utilise pas une tablette 12h par jour, il est donc vain de comparer l’autonomie de ce Note à ses grandes soeurs : c’est plutôt du côté des smartphones qu’il fait un beau score.

Presque deux jours sur batterie : ce n’est pas un mensonge

Quand je testais ces choses, je prenais une « journée type » qui était assez intensive : Twitter sur 2 comptes en push, Gmail, Maps avec GPS, photos, SMS, un peu de jeu, quelques appels, le tout en mobilité sinon ce n’est pas du jeu et de 9h à 19h. Avec un androphone normal sans tweak particulier, je n’ai rarement eu plus de 20% de batterie au soir, et c’était bien souvent largement en dessous. Avec un Galaxy Note, à 19h, j’ai pu relever jusqu’à 50% de charge restante. Le week-end dernier, la même utilisation sur mon Wi-Fi uniquement m’a permis de le garder 2 jours et demi sans recharge. Les 2500 mAh de la batterie ne sont donc pas simplement un chiffre…

3 – Prendre une bonne résolution

Un tour d’horizon physique ne serait pas complet si nous n’évoquions pas ce qui fait, après tout, 99% de la partie émergée de l’iceberg technologique qu’est une tablette : son écran. Vous le savez, Samsung a tendance à envoyer du pâté sur ce terrain, les écrans étant leur grande spécialité. On avait l’Amoled, l’Amoled Plus, le Super Amoled Plus, mesdames et messieurs, j’ai le plaisir de vous présenter le Super Amoled HD. Ou tout du moins, s’il n’en n’a pas le nom, il en a au moins la résolution (et même un poil plus).

Recherche désespérément pixel. Si vous l’avez vu, contactez Samsung IT.

Car voilà, on dira ce qu’on voudra des produits Apple, mais une certification Retina Display, ce n’est pas rien : sur un iPhone, je vous mets au défi de trouver un pixel. L’image est absolument lisse, même à un haut niveau de zoom. A force d’augmenter la taille des écrans, les constructeurs devaient un jour ou l’autre augmenter la résolution. Le qHD était un premier pas, Samsung est carrément allé sur du 1280×800. Pour donner une idée de ce que cela représente pour les béotiens, c’est la résolution typique d’une tablette Android de 10 pouces, Transformer ou Iconia Tab, par exemple.

Prenez cette résolution, c’est-à-dire le nombre de pixels que l’on trouve en hauteur et en largeur (oui, ça va, je sais que vous savez), et condensez là sur un espace deux fois moindre. Effet WAW garanti, adieu les pixels, ou tout du moins, adieu leur visibilité, les voilà trop condensés pour apparaître individuellement. Et ça, c’est magique.

Plus de pixels, plus de points possibles, plus de traits précis possibles et comme on le sait, plein de traits dans le bon ordre, ça fait un dessin

En fait, on ne se rend pas bien compte de l’avancée que cela constitue en terme de qualité et de confort visuel avant de l’avoir entre les mains : l’écran de votre portable devient aussi lisse et pur qu’une feuille de papier. Vous zoomez sur une page, vous n’avez pas un tas de pixels, c’est comme si vous passiez une loupe sur un bouquin. En fait, je disais que j’aurais du mal à retourner en arrière en terme de taille mais j’aurais encore plus de mal à retourner en arrière en terme de résolution, la barre étant placée très, très haut sur ce Galaxy Note.

Scan d’un livre ? Nope, Galaxy Note.

Je ne dispose pas des machines requises pour vous donner un score précis et objectif en colorimétrie et en contraste. Disons, pour ceux qui connaissent, qu’à l’oeil nu c’est du Samsung. Oui, vos noirs seront très noirs, vos blancs seront légèrement bleutés quand vous inclinerez votre tabletto-smartphone et les couleurs sont chatoyantes pour ne pas dire acidulées. Je trouve quand même que de ce côté-là, Samsung s’est un peu calmé, peut-être en donnant des couleurs plus neutres à leur interface et en ayant bien conçu le détecteur de luminosité pour que l’objet évite de vous faire perdre 3 points à chaque oeil quand vous recevez un SMS dans une pièce sombre.

Un lecteur sur le forum voulait savoir si la technologie PenTile qui équipe certains smartphones Samsung, était vraiment gênante. Android Pour Les Nuls a très bien résumé ce qu’était cette chose au nom barbare en prenant le cas du Galaxy Nexus. Ma réponse ne diffère pas de la leur, ni de celle de PhoneArena qui a fait un travail très complet sur le sujet : à l’oeil nu, si vous voyez une différence avec un écran classique, soit vous avez des yeux de chez Sarif Industries, soit vous mentez. Ou alors, vous n’utilisez votre tablette que sous un microscope, avec des filtres.

« Ah bah puisque je vous le disais : en agrandissant 12000 fois, on voit la différence ! » – L’Utilisateur Avancé

En fait, avec une telle résolution et donc une telle densité de pixels, s’il existe une différence entre la technologie PenTile et ses rivales, elle n’est plus discernable.

II – Android 2.3 et l’expérience tablette sur un téléphone

1 – L’hybridité, défaut ou qualité ?

Tssk, tssk, tssk, vous savez très bien que si la question est posée, c’est que les deux possibilités se défendent. Qu’ils sont prévisibles ces rédacteurs. Alors oui, comme vous le savez peut-être, le Galaxy Note tourne pour l’instant sur une version modifiée d’Android 2.3 et sera mis à jour plus tard vers Android 4.0 – système lui aussi hybride qui lui siérait à merveille. Mais pour l’heure, c’est Gingerbread qui nous est proposé, avec une surcouche Touchwiz complètement remaniée pour ce smartphone. Non, pour le coup ce n’est pas la même que sur GS II.

Touchwiz : les haïsseurs haïront, comme on dit en Google Trad

Commençons avec les défauts. Globalement, on regrette les applications officielles en mode « tablette ». Je pense à Gmail qui n’a pas subi de lift sur smartphone depuis bien longtemps (et qui est bien laid), ou encore, le widget Google Search qui vous couvrira de blanc 80% de votre écran immense lors d’une recherche. L’application « Musique » n’est pas celle que l’on retrouve sur toutes les tablettes Android 3.0, très bien fichue, mais celle un peu pénible que l’on a sur smartphone. Il n’y a donc pas de synchronisation avec Google Music comme c’est le cas sur tablette.

Ensuite, évidemment, on perd le redimensionnement des widgets, fonction bien pratique sur Honeycomb. Sur un écran de 5 pouces, j’aurais aimé pouvoir mettre à l’échelle certains widgets, en réorganiser d’autres, sans passer 5 fois par le menu qui propose des tailles différentes. Effet pervers de l’augmentation de la taille d’un écran, plus on a de la place, plus on veut l’optimiser et l’organiser : c’est possible sur les tablettes classiques, trop peu sur ce Galaxy Note.

Après avoir vu le gestionnaire de tâches d’Android 4.0, cette pop-up peu pratique fait sourire…

Nous le verrons dans la partie dédiée aux applications en général, mais sachez que Samsung eux-mêmes ont, en quelque sorte, reconnu la faiblesse d’une solution hybride en ne proposant pas les mêmes applications sur leur Galaxy Tab et leur Galaxy Note. Le fameux Kids Hub par exemple, n’existe tout simplement pas sur ce dernier. C’est dommage, car les applications qui s’y trouvaient étaient plutôt bien fichues et, si elles n’avaient pas été « Android 3.0 et + », se seraient très bien comportées en l’état sur le Note.

Grand absent également, un navigateur complet décent par défaut. Celui d’Android est pas mal sur un smartphone classique, mais sur un hybride pareil, on aurait aimé un navigateur gérant les onglets et surtout, les User-Agents, pour éviter de se retrouver systématiquement avec des versions mobiles de sites que l’on peut très bien lire en version bureau sur un écran de 5 pouces.

Pourquoi ne pas avoir mis des flèches pour faciliter le positionnement dans un texte ? Regardez-moi tous ces espaces inutiles…

En fait, pour résumer, en choisissant Android 2.x Samsung s’est privé des avancées logicielles développées par Google ou eux-mêmes pour le monde des tablettes. Mais, et sinon ce format n’aurait pas de sens, ce n’est pas pour cela qu’ils n’ont pas tenté autre chose.

Cette autre chose, c’est une interface de navigation qui revendique pleinement son hybridité. Dès l’écran de verrouillage, on se retrouve face à un système rappelant à la fois Honeycomb et les smartphones HTC : un cercle apparaît et il faut glisser le doigt hors du cercle pour déverrouiller l’appareil. Quand vous avez reçu un SMS par exemple, le rond central est remplacé par le logo SMS, et le même mouvement vous amènera directement vers l’application.

Coucou Honeycomb !

Samsung a également fait de l’application Calendrier un exemple d’ergonomie. Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai toujours trouvé les calendriers fort pratiques mais assez lourds dès qu’il s’agit de naviguer entre mois et semaines, jours et heures. L’application pensée par Samsung pour son Note inclut les mouvements tactiles que vous connaissez : pour passer d’un découpage à l’autre, il suffit de faire du « pinch and zoom » ou du « pinch and dézoom ». En plus des événements, on peut ajouter des tâches et les rayer une fois effectuées, demander des rappels, bref, c’est à l’heure actuelle le calendrier le plus complet et le plus ergonomique que j’ai pu utiliser, tous OS confondus. Evidemment, tout est synchronisé avec votre compte Google.

Deux mouvements ont été ajoutés, qui, eux aussi, correspondent bien à un écran de cette taille. Quand vous écoutez de la musique (même quand elle tourne en tâche de fond) ou que vous regardez un film, il vous suffit simplement de poser doucement votre main sur l’écran pour que le Note déclenche la pause. Faites ce que vous avez à faire, enlevez votre main, hop, la lecture reprend où vous l’aviez laissée. Comme le Note fait à peu près la taille de votre main, le mouvement est naturel.

Je n’ai pas réussi à prendre une capture d’écran d’un mouvement. Voici un lolcat pour patienter.

L’autre est bien plus drôle parce qu’il fonctionne une fois sur 10 (il n’a pas fonctionné pendant la conférence de présentation, par exemple) : si vous balayez l’écran de droite à gauche avec la tranche de votre main, un screenshot devrait être pris. Devrait, parce qu’en pratique, il faut trouver l’angle exact et la vitesse de balayage prévue par l’OS pour que cela fonctionne. En 10 jours, je n’ai pas trouvé de « coup de main » idéal, j’en suis donc resté au Home + Power pour mes captures d’écran. Bien tenté.

Heureusement qu’il y a Vlingo…

Le Note hérite également de la reconnaissance vocale par Vlingo que l’on retrouve sur les smartphones Samsung. C’est clairement au-dessus de ce que propose Google, mais c’est encore loin d’être pratique : on ne parle pas à notre téléphone, on lui dicte des commandes. C’est une version plus avancée que sur le Galaxy S II qui garde des fonctions similaires : appeler, sms, créer un événement, vérifier le calendrier, faire une recherche Google… parfois pratique, mais loin d’être révolutionnaire. En tout cas, il est à des kilomètres de ce que propose Google…

« Hep, y’a Siri qui a laissé un message, ça disait « krkrkr », je te laisse lui répondre ? » « Laisse paisse de Sale HAUT ! » « …? »

Du côté de la navigation, des menus ou des applications officielles, le Galaxy Note a donc les qualités de ses défauts, les défauts de ses qualités et vice et versa. Principe de l’hybridité, en somme. A vous de voir si vous retrouvez dans ces quelques lignes ce que vous aimez sur une tablette ou un smartphone.

2 – La réinvention du stylet

Ce paragraphe était attendu, puisque la communication autour de ce Note s’est focalisée sur ce nouvel usage du stylet. Il avait disparu avec les écrans capacitifs, le revoilà sur le devant de la scène avec HTC il y a quelques mois, Samsung aujourd’hui. Dans sa forme première ce fameux « S-Pen » est un bout de plastique avec deux boutons qui s’enfonce dans l’arrière-train de votre Note. Le premier bouton est la mine, le deuxième, un bouton de fonction sur le cylindre pour, par exemple, prendre des screenshots.

Le S-Pen est d’abord un stylet capacitif tout ce qu’il y a de plus classique. Vous ferez, avec cet engin, tout ce que vous pouvez faire avec les doigts : naviguer, cliquer, appuyer longuement pour sélectionner du texte. Bref, l’écran répond très bien et on se prend au jeu du stylet même pour naviguer dans des menus pensés pour les doigts. Et puis ça fait tellement business-man-qui-vérifie-le-cours-de-la-bourse. Effet garanti en soirée, après tout Samsung, n’a pas caché que son jouet était un outil de drague.

Mais comme le S-Pen est au coeur de l’expérience, Samsung a ajouté des mouvements tactiles avec le stylet : en maintenant le bouton sur la tranche, un double tap ouvre un post-it, un trait sur la gauche correspond à la touche « retour », un trait sur la droite correspond à la touche « menu » et un appui long fait une capture d’écran directement éditable, contrairement aux captures traditionnelles qui sont simplement enregistrées.

Cette fonction est beaucoup mise en avant par Samsung, puisqu’elle permet véritablement de « faire des choses » avec son stylet : une page web, un plan, une photo, un bout de dessin ou un texte vous intéresse ? Hop, appui long, le menu d’édition apparaît vous permettant de recouper et modifier votre capture et surtout de l’exporter vers d’autres applications.

La collection de notes… au moins, elles prendront pas la poussière !

Tout cela est disponible sur toutes les applications, ce qui permet au stylet d’être véritablement polyvalent et efficace. Cela dit, au coeur de ce système se trouve S-Memo, qui est à la fois le bloc note, bloc à dessin, bloc à schéma, papier à musique, bref,  la matière première de votre Galaxy Note. Vraiment poussée, cette application vous permet d’écrire à main levée, de faire des dessins ou des plans, d’insérer des symboles ou des bouts d’images découpés dans l’application Editeur de photo ou dans celle dont je vous parlais quelques lignes plus haut, qui s’ouvre lors d’une capture d’écran avec le stylet.

Contrairement à ce que j’avais cru, il n’y a pas d’algorithme de sélection intelligente vraiment efficace. Quand vous voyez, sur une vidéo, quelqu’un qui sélectionne une robe à la main sur un catalogue et vient la coller sur le corps de sa douce, c’est juste qu’il se sert du S-Pen like a boss. De même, des dessins aussi jolis que le loup, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Quoi qu’il en soit, aussi bien pour la sélection que pour le dessin, cela dépend de vous, et pas du stylet, qui lui, est très précis.

Le lasso magnétique… mouais, peut mieux faire

Le plus gros défaut de ce système est tellement évident que j’en viens à me demander si je n’ai pas loupé un truc : il n’y a pas toutes les fonctions dans tous les logiciels. Avec l’édition de capture d’écran, vous sélectionnez à la main, vous modifiez sur l’Editeur de photo, vous gribouillez sur le S-Memo. Il faudra jongler entre 3 applications pour tout faire, c’est vraiment dommage et ça peut devenir très vite lassant.

En fait, je manque peut-être d’objectivité : je suis un vrai manche avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un stylo

S-Memo en soi est très complet et le stylet réagit convenablement avec ses 120 points de pression, c’est donc regrettable que Samsung n’ait pas choisi de proposer un logiciel qui aurait permis de tout faire.

Le second risque, c’est que l’utilisation du stylet devienne un gadget et que l’utilisateur finisse par se lasser. Je n’ai peut-être pas assez de recul, mais pour l’instant, ce n’est pas le cas : certains usages sont bien plus adaptés au stylet qu’au doigt et là où HTC avait échoué, Samsung réussit en pariant sur l’avenir et sur la communauté ; S-Choice vous propose un choix d’applications tierces disponibles pour des usages au stylet, d’Evernote à Zen Brush en passant par Nail Brush Salon pour mesdames.

Des photomontages réalistes à la portée de tous

Encore mieux, lors de la présentation, Samsung a annoncé que le SDK du S-Pen serait ouvert aux développeurs dès le mois de décembre, ce qui permettra de proposer de nouvelles fonctions aux utilisateurs. Une application de type ArtRage, par exemple, serait excellente sur ce format : utiliser le capteur photo du Note et le S-Pen pour faire des croquis de ce vers quoi pointe l’appareil pourrait séduire les étudiants en art, les architectes ou les ingénieurs du bâtiment. Ou alors, simplement des gamines qui voudraient dessiner leurs Petits Poneys. Il y a vraiment un potentiel, aussi bien sérieux que fun, et j’espère que des développeurs talentueux proposeront des applications dédiées dans un avenir proche.

C’est un peu le cercle vicieux de l’innovation : s’il n’y a pas d’utilisateurs, les développeurs ne prendront pas de risque, mais s’il n’y a pas d’application, les utilisateurs n’achèteront pas. En évitant Android 3.0, système boudé par beaucoup, Samsung a des chances de séduire aussi bien les clients que les développeurs… espérons que ce soit le cas.

Promis, il a écrit « ardoises » un instant plus tard 

Enfin, sachez que vous pourrez utiliser le S-Pen en lieu et place du clavier à chaque fois que ce dernier apparaît. Il vous suffit d’appuyer sur la petite icône stylet et de commencer à écrire. Un problème en mode portrait : vous voudrez forcément vous appuyer quelque part pour écrire, et 80% du temps, ce sera sur le bouton retour…

Mais que vaut la reconnaissance de vos petits caractères gribouillés ? Si vous écrivez en mode paysage et dans la langue configurée, c’est vraiment bon. Il reconnaît les majuscules, l’écriture attachée et détachée, les accents, les cédilles… bref, oui, il est possible d’écrire un SMS de manière manuscrite sans problème. Par contre, est-ce plus rapide qu’au clavier tactile ? Sincèrement, je ne crois pas, surtout qu’il faut un minimum s’appliquer. De plus, il ne semble pas faire sa transcription lettre à lettre, mais mot à mot, ce qui fait qu’il ne comprendra pas vos néologismes de djeuns, ou des mots ‘âchement tècheuniques. A vous de voir ce que vous cherchez, en tout cas, objectivement, ça fonctionne.

III – Multimédia, jeux, divertissements, productivité… tablette ou smartphone ?

1 – Des jeux et applications pour smartphone, une qualité tablette

L’idée qui sous-tend cette partie sera simple : vous êtes sur Android 2.3, vous avez donc des milliers d’applications de qualité et le mode smartphone, au pire ne dérange pas sur un écran aussi petit (pour une tablette), au mieux sublime les qualités d’une application (pour un smartphone). Le reproche le plus fréquent adressé à Honeycomb, c’est qu’il n’a que très peu d’application bien foutues et qu’elles sont généralement pensées pour smartphones et étirées sur un écran de 10 pouces.

Re-engendrer… but it’s of course !

Là, sur 5 pouces, ce défaut devient un avantage : oui, vous aurez un catalogue tout à fait convenable pour cette tablette hybride et non, on ne bondit pas à la vue d’applications aux boutons de 2mm sur 5 et où 80% de l’écran est constitué de blanc. Mieux encore : 5 pouces peut parfois devenir un format idéal pour certaines applications, comme nous allons le voir.

Sur iOS, on navigue dans une application le plus souvent en changeant de page ou en faisant apparaître un menu déroulant qui a sa place propre et qui ne masque pas l’application. Sur Android, les applications sont globalement en plein écran et réagissent à deux menus contextuels : le clic long, et la touche « menu ». Dès lors, il y a souvent des pop-ups qui apparaissent, ou des options dans un menu qui glisse depuis un côté du smartphone. Avec 5 pouces, quand un menu « monte » par exemple du bas de l’écran, il ne couvre jamais l’application. C’est un détail tout con, je l’admets, mais ça permet une utilisation bien plus ergonomique et pratique que sur des écrans plus petits de certaines options ou de certains champs pour entrer du texte.

Regarder cette vidéo vous permettra de ne pas lire la fin de ce test et d’écouter un bout de la 9e de Ludwig Van

Cet avantage inhérent au format 5 pouces devrait disparaître avec Ice Cream Sandwich, mais pour l’instant, Samsung a trouvé le ratio idéal pour utiliser des applications pour smartphone sur une tablette. C’est pour cela que j’ai pu dire après la présentation du Note que l’expérience tablette avec Android 2.3 ne serait peut-être pas la meilleure (puisque toutes les applications proprement conçues pour tablettes manquent), mais serait différente et dans le bon sens du terme. Si je voulais risquer une métaphore, je dirais que vous ne faîtes pas la même chose avec un post-it et une feuille A4, et pourtant, cela reste de l’inscription ou du dessin sur du papier.

Le Galaxy Note est précisément à la tablette tactile ce que le bloc note est à la feuille de papier A4, ce que la Nintendo DS est à une console de salon, ce qu’un lecteur DVD de voyage est à un home-cinema ce qu’un Livre de Poche est à un beau livre de collection, ce que… okay, j’arrête. Les plus attentifs auront quand même remarqué que cette envolée n’était pas que futile : dessiner, jouer, lire, regarder des films… voilà ce que vous pouvez faire sur une tablette aujourd’hui. Voilà aussi ce que vous ferez différemment sur un Galaxy Note.

Les jeux : ne vous inquiétez pas, même si le processeur doit afficher plus de pixels que sur la plupart des smartphones, il s’en sort très bien. C’est après tout un Exynos double-coeur cadencé à 1,4 Ghz, processeur qui a déjà fait ses preuves, dans une version à 1,2 Ghz, sur le Galaxy S II. Tous les jeux tournent sans le moindre ralentissement, et 5 pouces, c’est vraiment excellent pour jouer : peu ou prou, c’est le format d’une console portable.

Au début j’avais juste écrit « lol », mais ça faisait pas sérieux

J’ai essayé Minecraft, Reckless Racing, NFS Shift, Radiant, Dungeon Defenders et Cordy et le constat est à chaque fois le même : les jeux sont sublimes, le gameplay, s’il est bon, n’en devient que plus agréable. Seuls grands absents, très grands absents : les jeux Tegra 2. Je regrette énormément de ne pas pouvoir accéder à un Sprinkle, un Riptide ou au récent Shadowgun. Car encore une fois, le rapport qualité visuelle/gameplay/confort/taille est le bon : 5 pouces, cela permet d’avoir les doigts sur l’écran, mais pas sur le jeu.

Vous voyez les jeux en haut ? Voilà, eux, ceux qui sont géniaux et qui ne marchent pas.

Le Note est livré avec Crayon Physics : bon choix, on ne pouvait penser à un meilleur divertissement pour une utilisation au stylet.

Les e-books et journaux : cette fois, ce n’est pas le processeur qui sublime l’usage, ni le côté smartphone, mais l’ascendant tablette et la résolution. Sur mon Galaxy S II, je ne lisais jamais d’e-books dans les transports en commun, trop petit, et je n’osais pas sortir de tablette de 10 pouces, trop simple à se faire arracher en métropole. Le Galaxy Note est un sweet spot, la lecture est extrêmement agréable, ne fait pas si mal aux yeux si l’on a les bons outils, et 5 pouces, ça se garde près de soi dans le métro.

Vivement les hybrides Super Amoled Plus HD e-ink. Comment ça je rêve ?

J’ai ainsi pu redécouvrir l’application Kindle, que j’adore déjà quelle que soit la plate-forme et particulièrement sur tablette. Ce que je lis en déplacement sur le Galaxy Note est synchronisé automatiquement sur mon compte Amazon et la tablette m’ouvre le livre en cours à la bonne page. Evidemment, elle a le luxe de se mettre en plein écran, ce qui fait que la différence de taille avec un petit livre n’est pas flagrante.

Soyez radins : prenez les journaux avec le plus de pages pour votre offre d’essai gratuite

A côté de cela, Samsung propose un Readers Hub avec Kobo pour les livres, Zinio pour les magazines, PressReader pour les journaux (avec 7 journaux gratuits, pour essayer, même pas besoin de compte, en 2 clics vous avez votre revue). Ce sont trois applications qui font ce qu’on leur demande, sans fioriture.

Les films : eh non, il ne faut pas attendre le Tegra 3 ou acheter une tablette Archos pour profiter du Full-HD 1080p high-profile sur tablette. Le processeur Exynos associé aux codecs Samsung est un des champions du décodage vidéo et il tient encore une fois ses promesses. Le Note passe le Big Buck Bunny Test sans aucun problème avec le lecteur vidéo par défaut : .mkv, h264, .mov, MP4, .avi, DivX… quel que soit le codec ou lencapsuleur, le Galaxy Note lit la vidéo.

Via le logiciel de montage, on peut même ajouter du texte à la volée sur des vidéos. Ou dessiner des pénis sur la tête de ses collègues. Je vous connais.

Vous imaginez bien qu’avec cette résolution et cette excellente batterie, vous aurez dans les mains un parfait petit lecteur multimédia que vous pourrez choisir de cloner sur un grand écran à l’occasion. Comme on l’a dit un peu plus haut, du côté de la musique, ce n’est pas le même niveau : l’application officielle reprise par Samsung est un peu brouillon et ne vaut pas le nouveau Music disponible sur – presque – toutes les tablettes Honeycomb.

Photos et vidéos : je n’ai pas pour habitude de tester en profondeur ces choses-là sur une tablette, mais sur un hybride, il faut bien en dire deux mots. Le Galaxy Note reprend la technologie et le software du Galaxy S II, c’est-à-dire que vous aurez cet excellent appareil de Samsung, vous permettant par exemple de faire des panoramas ou de prendre des clichés jusqu’à une résolution de 3264×2448 pixels.

Il explose littéralement tout ce qui se fait sur tablette pour arriver au niveau des meilleurs smartphones actuels – même si cela reste un appareil photo d’appoint qui ne saurait vous satisfaire pleinement si vous avez la fibre artistique. Je ne suis pas expert et je préfère vous laisser face aux clichés (volontairement laissés dans leur taille originale, cliquez). Je trouve personnellement l’application un peu lente à s’ouvrir et l’auto-focus un peu trop sûr de lui : il est plus rapide que sur le GS II mais se plante assez souvent dans sa mise au point.

Un peu palot

Rien ne vaut une bonne crèpe complète pour juger des couleurs

Les photos de fleurs, c’est mieux en été

Voilà, l’auto-focus qui se la pète avec ses « ouais t’as vu je te fais une photo en 1/100e de seconde, bro »

Paris en novembre : bisou aux lecteurs du sud !

La caméra frontale est au bon endroit et vient elle aussi du monde des smartphones haut de gamme : rien à dire si ce n’est que vous pourrez sans mal faire coucou à vos enfants/parents à distance ou montrer la Tour Eiffel sur fond de soleil couchant si vous êtes un touriste japonais. Oui, ils apprennent le français juste pour lire LesArdoises.

La pauvre gamine… je me demande ce qu’elle essayait de communiquer…

On est donc parfaitement à mi-chemin entre les deux mondes, et ce n’est que les bons côtés qui ont été gardés : confort et taille des tablettes, puissance et matos des smartphones. Le Galaxy Note fait tout ce que vous voulez qu’un smartphone sous Android fasse mais s’utilise également comme une tablette, notamment pour le côté lecture, dessin ou jeu, le tout, aussi bien à la maison qu’en mobilité.

2 – Productivité et tâches lourdes : une tablette de business-man ?

Non, malgré ce qu’on veut nous faire croire à grand renfort de publicité, il ne suffit pas qu’une tablette entre dans une poche de costume pour en faire une « tablette professionnelle ». Il faut avant tout qu’elle puisse avoir un intérêt pratique en entreprise ou pour un étudiant. Cela ne viendra peut-être pas à l’esprit de mes confrères qui n’ont pas pour spécialité la tablette tactile, alors je me suis dit que cela serait intéressant d’évoquer ce sujet ici.

Quand on teste un smartphone, on ne se demande pas si on va pouvoir saisir beaucoup texte, éditer des fichiers, lire des .pdf, ou prendre des notes. Par contre, les tablettes se sont dirigées vers un environnement plus professionnel, qu’elles soient de véritables outils pensés pour l’entreprise ou de simples luxes qui peuvent apporter un confort appréciable selon les situations.

Si avec un clavier aussi gros vous n’arrivez toujours pas à utiliser le tactile, je ne peux plus rien pour vous…

Si vous avez besoin de répondre à beaucoup de mails en déplacement, sachez que le clavier tactile est utilisable en mode portrait, ce que je ne faisais jamais avant le Note, même sur un Galaxy S II. Là, avec à peu près 8cm de large, on tape sur les touches sans en toucher d’autres. Quand je testais des smartphones, on m’a souvent dit « ouais mais un clavier tactile, tu dois tourner ton smartphone pour taper, c’est long, moi avec mon BB je fais ça à une main ». Voilà un argument partiellement invalidé quand on arrive à une telle diagonale d’écran : plus besoin de taper à deux pouces ou de prendre l’appareil horizontalement, même si les adeptes du clavier physique ne risquent pas de changer leurs habitudes de si tôt.

Pour les étudiants, j’ai essayé de prendre un séminaire en note en utilisant uniquement les possibilités du S-Pen et de l’application S-Memo : c’est possible et confortable, mais ce n’est pas pour autant exploitable. Les notes manuscrites sont exportées au format .jpg et les feuilles sont de toutes façons trop petites pour que vous puissiez noter un cours hiérarchisé et bien présenté. Cela dit, j’ai été agréablement surpris par le stylet dans son mode le plus fin, qui permet, avec un peu d’exercice, d’écrire très convenablement.

C’est possible d’écrire vite. Ce n’est pas conseillé si votre but est de vous relire.

Il est donc tout à fait possible d’utiliser le Galaxy Note pour, unbelievable, prendre des notes lors d’une visite d’un musée, d’un appartement, ou, pour un journaliste, d’une conférence de presse (et puis de toute façon, c’est juste pour faire sérieux, vous savez bien que toutes les infos sont envoyées par mail juste après). Le S-Note acceptant également les mémos vocaux, vous pouvez enregistrer une conversation ou une interview tout en laissant des commentaires sarcastiques sur la prestation de votre interlocuteur au stylet, sur votre tablette. Bonne idée qui reste à creuser : l’enregistrement ne s’envoie pas avec la note… plutôt absurde.

« Like » si toi aussi, en 5e, tu oubliais toujours le papier millimétré quand ton prof de SVT voulait que tu en apportes

Pour toutes les tâches bureautiques, vous vous en doutez, l’écran est trop petit pour que ce soit réellement confortable. Les suites traditionnelles d’Android sont disponibles et la tablette est livrée avec Polaris en version complète, mais n’espérez pas écrire votre thèse avec un clavier tactile, ni même un éventuel clavier bluetooth : là, la petitesse de l’écran devient un handicap.

Par contre, si vous avez un boulot où vous devez montrer des documents à plusieurs clients, leur faire lire des .pdf ou avoir sur vous des plans, des manuels ou des consignes, le Galaxy Note est un très bon outil. On ne répétera pas ce que l’on a dit à propos de la lecture « loisir », c’est ici la même chose : avec un écran large, une résolution de folie et un stylet pour annoter à la volée les projets que vous avez dans votre poche à mesure que les Clients From Hell râlent sur vos choix d’esthètes ou votre prose proustienne, le Galaxy Note est un cocktail de technologies idéal pour le travailleur du XXIe que vous êtes.

Il y a des trucs déjà faits, pour ne pas décourager le croquant

Enfin, pour les professions et études scientifiques, il est tout à fait envisageable d’utiliser le Galaxy Note comme un bloc-note en binôme avec un ordinateur, peu pratique pour noter des formules complexes qui demandent d’accéder à des fonctions de formatage avancées ou des caractères grecs. Il vous suffira d’intégrer les .jpg dans le document texte de votre cours ou de vos recherches.

Je ne sais pas trop ce que j’ai écrit, mais si vous trouvez à quoi ces formules correspondent, vous gagnez un Twix dédicacé

Voilà, c’est à peu près tout, ce test touche maintenant à sa fin, mais avant de passer à la conclusion, je tiens à vous signaler qu’il devrait y avoir sous peu une annexe « benchmarks » pour ceux d’entre vous qui font plus confianceaux chiffres qu’aux mots. Je ne vous oublie pas !

Conclusion

Quand on regarde la guerre des tablettes sous Android, du moins la bataille qui s’est déroulée en 2011, on s’aperçoit que les acheteurs ont récompensé la prise de risque et l’innovation maîtrisée. Pour convaincre les intrigués que l’iPad n’était pas l’Alpha et l’Omega de la tablette tactile, il a fallu que les constructeurs se démarquent avec des accessoires innovants (Asus), une connectivité record (Acer) ou une suite logicielle palliant les défauts d’un Market trop pauvre (Samsung). Les tablettes trop banales, trop nues, faussement innovantes, trop chères ou sorties trop tard ont sombré dans l’oubli.

Cela dit, même en considérant cela, la tablette Honeycomb ne s’est pas imposée comme une alternative grand public, malgré toutes ses qualités, difficiles à percevoir pour le béotien. Avec ce Galaxy Note, Samsung attaque sur un nouveau terrain : celui de l’hybridité entre la tablette et le smartphone et s’en sort à merveille. Le Galaxy Note est un smartphone haut de gamme et une approche différente des usages que l’on peut faire d’une tablette tactile, notamment grâce au S-Pen. L’hybridité a du bon et du mauvais, Samsung a réussi, globalement, à ne puiser que le bon. On espère que, contrairement au docteur du roman, ils n’abandonneront pas leur créature.

Le Galaxy Note n’est pas exempts de défauts : la suite logicielle (et surtout S-Memo) aurait mérité d’être encore plus développée et pourrait être bien plus ergonomique, les boutons tactiles en bas du smartphone se déclenchent trop souvent quand on utilise le stylet, la reconnaissance vocale est perfectible… bref, il y a encore quelques réglages à faire – peut-être viendront-ils avec Ice Cream. Pourtant, c’est à la fois un produit novateur et parfaitement maîtrisé que nous propose Samsung : sa taille imposante ne plaira pas à tout le monde et un spécialiste de téléphonie mobile ne tiendra peut-être pas le même discours, mais pour nous, c’est clair et net, il gagne largement sa place dans notre top, devenant la tablette de référence pour la mobilité.

On retiendra : 

  • Le format innovant, les finitions léchées : un produit qui ne vole pas son haut de gamme
  • L’écran magnifique, sa résolution démentielle
  • Les performances en… bah tout en fait.
  • Un smartphone avec des morceaux de tablettes : c’est pile ce qu’il faut comme dosage pour sortir une ardoise
  • Une tablette avec des morceaux de smartphones : c’est pile ce qu’il faut à Android pour avoir des applications de qualité
  • Le S-Pen : Samsung redéfinit le stylet avec classe
  • Le calendrier
  • Le SDK ouvert du S-Pen : s’il y a succès, il y aura forcément de nouvelles applications

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • L’application S-Memo pas assez poussée, dépendante des autres applications
  • Certaines absurdités au niveau logiciel, énumérées au fil du test
  • Le manque d’applications « tablette », notamment les Google Apps pour Honeycomb
  • Le placement du bouton « retour » : fidèle à son design, Samsung n’a pas pensé que c’était là où tombait naturellement la main quand on écrivait…

Nous remercions Expansys pour le prêt de cette tablette hybride sans condition de rédaction. Le Galaxy Note est disponible dans leur boutique depuis une semaine déjà, au prix de 619€. Bonus : sur leur page, les instructions pour profiter d’une ODR de 100€ par Samsung !

Caractéristiques complètes.

Galerie en vrac.