Alors que les fabricants de tablettes Android font profil bas devant l’annonce de Jelly Bean – il serait mal venu d’annoncer une ardoise ICS une semaine et demie après la I/O, encore trop fraîche dans les esprits -, alors que les rumeurs sur les appareils équipés de Windows 8 vont bon train, il n’y a guère que sur le terrain du pénal que l’amusement prévaut. Aujourd’hui vient de tomber la décision d’un juge de la Haute-Cour de Justice britannique , décision qui renvoie Apple dans les cordes, avec une formulation qui ne manque pas de saveur.

En effet, le juge Colin Biriss a prononcé comme invalide l’attaque de la Pomme jugeant que le design des Galaxy Tab était un copié-collé du dessin épuré de l’iPad. Non sans un esprit partisan et sans aucune dimension trollesque, le représentant de la justice a déclaré :

[ndlr : les Galaxy Tab] n’ont pas la même sobriété ni l’extrême simplicité que véhiculent le design d’Apple. [...] Elles [ndlr : les GTab] ne sont pas aussi cool.

Cependant, si les Galaxy Tab n’ont apparemment pas autant de classe que les iPad – comprenez ici que le plastique glossy c’est de la quincaillerie à côté de l’aluminium -, la Cour a relevé le fait que de profondes similitudes de façade pouvaient entraîner la confusion chez le consommateur. Au-delà de ces canons purement esthétiques – un écran noir, un cadre blanc ou noir -, la justice britannique met en avant la plus grande finesse de la Galaxy Tab, qui permet au client de différencier les deux modèles de tablettes.

Si on extrapole légèrement la logique de la Cour, les plastiques pas toujours reluisants peuvent sauver la peau du fabricant, que la différence de format entre 16:10 et 4:3 – relativement flagrante au premier coup d’oeil – n’est pas forcément un argument probant devant une différence d’épaisseur de quelques millimètres. Assez grandiose tout de même. Quoi qu’il en soit, Samsung est aussitôt monté sur la table pour décrire toute son horreur devant les viles bassesses de la multinationale de Cupertino et proclamer sa victoire éclatante – à peu de chose près. Une cour qui ne réussit pas vraiment à Apple, qui s’est déjà fait invalider trois brevets dans son action face au taïwanais HTC. Le temps d’élever le débat n’est pas encore arrivé.