Voici une révélation bien croustillante et bien ironique cela dit. La TouchPad, c’est un tablette devenue, du jour au lendemain, mythique. Elle symbolise autant l’échec commercial que la folle course aux – très – bonnes affaires. Sortie en fin d’année 2011, la TouchPad a marqué un véritable tournant chez HP. Un symbole, vous dis-je. Et pourtant, sous son manteau d’échec, cette ardoise de 9,7 pouces nous cache encore quelques petites anecdotes. Dont celle-ci, que nous transmet AndroidCentral.

C’est un ancien développeur de la division webOS chez HP, Josh Marinacci, qui lève le voile sur cette réalité, suite à une vigoureuse passe d’arme avec un rédacteur du site The Verge – Chris Ziegler -, en ces termes :

Le choix et le design du matériel de la TouchPad provient de chez HP. Il a été décidé avant l’acquisition [ndlr : de Palm et fatalement de webOS] et elle tournait à l’origine sur Android. C’est pourquoi vous avez pu entendre des rumeurs faisant état de TouchPads vendues avec Android embarqué. C’est aussi pourquoi les spécifications étaient un peu anémiques quand elle a été mise sur le marché un an plus tard.

Ceci dit, rien de véritablement étonnant. Le choix du processeur embarqué, un Qualcomm Snapdragon S3, double-coeur asynchrone, qui équipe les HTC Sensation et Evo 3D, est effectivement motivé par sa compatibilité accomplie avec le système au robot vert. L’installation de l’OS dans les entrailles de la TouchPad semblait acquis avant la décision interne de bâtir leur propre système maison, afin de ne plus dépendre des vendeurs de logiciels.

Vendue, avant la chute, sous webOS 3.0, avec le framework Enyo tout beau, tout neuf, la TouchPad est devenue une icône de CyanogenMod pour sa custom ROM en version 9 – juste après CM7. Une tablette prévue pour Android, dans les rayos avec webOS et qui a connu la gloire pour sa capacité à faire tourner – logiquement – Android. La boucle est bouclée, le retour aux racines est effectué. Douce ironie n’est-ce pas ? Pour offrir un éclairage particulier à la fin tragique de Palm et HP sur le créneau de la mobilité, Mr Marinacci a souligné un fait aisément vérifiable :

Aux États-Unis, du moins, un téléphone prospère ou meurt par le gré des vendeurs des boutiques des opérateurs. Rien d’autre ne compte. Ni le prix, ni les fonctionnalités, ni les applications. Si ces équipes de vendeurs ne vous aiment pas… Vous mourrez.

Si HP a montré des failles dans la gestion de ses affaires, débouchant sur des cas frôlant l’hérésie, la mort de la TouchPad aura permis à de nombreuses personnes d’embrasser l’embellie tactile, de profiter d’une tablette plus qu’honorable. À un prix plus qu’honnête. Avant la folie des grandeurs de revendeurs aux yeux gonflés de profits. Un cas d’école.