Ce week-end, nous faisons dans la nécrologie sur LesArdoises, puisque la mise à jour de notre guide des systèmes d’exploitation tactiles concerne webOS. Erreur de notre part, on aurait bien aimé conserver dans un coin du net la précédente version de cette page, qui avait été écrite avant la sortie de la TouchPad. Nous étions alors pleins d’espoir et nous pensions vraiment que webOS arriverait à percer sur le marché des tablettes. On voyait déjà un écosystème comparable à celui d’Apple se dessiner, avec tablettes, smartphones, imprimantes et surcouches pour Windows, comme HP l’avait prévu. Ahlala, que de souvenirs…

Bref, malgré sa léthargie, webOS reste un système d’exploitation et il était de notre devoir d’actualiser cette page, rien que pour les deux derniers paragraphes qui notent la facilité avec laquelle quelqu’un de pas trop manchot du clavier peut installer Android 4.0 sur sa tablette et lui donner une nouvelle jeunesse. Comme nous le précisons, nous avons des experts sur notre forum pour vous accompagner dans cette tâche si vous ne sentez pas de vous y aventurer seuls. C’est dangereux d’y aller seul, cliquez donc sur « Lire la suite » !

Et tout cela restera dans la page permanente dédiée à webOS.

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HP et webOS

Voilà un constructeur qui a fait un pari risqué : si HP avait commencé à faire des tablettes sous Android avec la fameuse HP Slate, leur première ardoise a été peu ou prou étouffée dans l’oeuf. Pour quelle raison ? Se concentrer, après le rachat de Palm par la firme leader du marché de l’imprimante, sur un OS maison hérité tout droit de Palm OS, le bien nommé webOS. Officieusement en revanche, il se dirait que les premières tablettes produites par HP se seraient retrouvées sur les modèles d’imprimante haut de gamme de la firme, la Photosmart Estation par exemple étant contrôlée par une tablette détachable tournant sous Android, « pour l’instant ».

Aaaah webOS… que de bons souvenirs…

Bref, les jeux marketing de HP ne nous regardent pas trop après tout, concentrons-nous sur la véritable incursion – avortée – dans le monde des ardoises du constructeur. A l’image de RIM ou d’Apple, HP a proposé une solution à la fois software et hardware. Son nom, vous avez sûrement dû le lire si vous lisez l’actualité technologique des derniers mois : HP Touchpad. La tablette a été conçue pour faire tourner l’OS, on pouvait donc s’attendre à une intégration exemplaire, surtout que pour l’époque ses caractéristiques étaient plutôt alléchantes : un processeur dual-core à 1,2ghz, 1go de RAM, ou encore un écran de 9,7 pouces pour une résolution de 1024×768 pixels.

Propre et pratique : des fois, ça suffit pour convaincre

WebOS, a tout de suite été considéré par HP comme un outsider qui n’a pas d’accroche existante. Du coup, il est difficile de le vendre pour sa compatibilité avec d’autres services – iTunes/iPhone pour l’iPad, Gmail/Google Apps pour Android, Blackberry pour RIM et l’univers Windows pour les tablettes Windows 7 : il fallait donc que l’OS ait ses propres arguments, ce qui n’est pas une tâche simple.

HP en avait pourtant un qui devait faire la différence aux yeux des clients : l’ergonomie. Les développeurs chez Palm étaient considérés comme les rois de l’interface, il suffisait pour s’en convaincre de lire régulièrement les news qui parlaient d’un « ingénieur de Palm » qui aurait mis son grain de sel dans un projet pour que le journaliste ou le blogger soit rassuré sur l’interface utilisateur et son accessibilité. Manque de chance, a sa sortie, webOS était un système très poussif, le multi-tâche ne faisant pas bien son boulot d’optimisation. Pire, et le défaut est toujours présent, les applications sur webOS mettent un temps considérable à se lancer, parfois plus d’une dizaine de secondes.

Elle fait quand même un peu cadre photo parfois…

Quelques mises à jour en catastrophe plus tard, HP parvenait à fournir un système stable et réactif – le temps de chargement des applications, lui, n’a jamais pu être véritablement réduit. Le premier avantage « maison » de webOS, était donc le multi-tâches, mis en avant dans les publicités et sur le site du constructeur. HP a développé un système qui permet donc de faire plusieurs choses à la fois, mais également de retrouver ses activités facilement via un carrousel d’applications ouvertes, qui, elles aussi, peuvent être ouvertes plusieurs fois. On retrouve donc, chose rare sur tablette, un environnement classique issu du monde de l’informatique : vous avez souvent sur votre bureau plusieurs occurrences d’une  même application qu’il s’agisse d’un onglet ou d’une fenêtre à part.

Le secret derrière tout ça qui permet de garder une bonne ergonomie tactile ? Les applications similaires s’empilent et vous n’avez qu’à naviguer dans la pile pour sélectionner votre fenêtre. Aussi simple que cela.

Le deuxième argument vient palier directement le manque d’écosystème qui pourrait soutenir la tablette. Pas d’affilié, pas de partenaire, pas de géant d’internet pour soutenir la machine ?  Au contraire, tous à la fois. HP transforme son défaut en qualité en affichant fièrement sa compatibilité avec tous les services du web, Facebook, Google, Yahoo, Linkedin et j’en passe, services qui sont non seulement synchronisés sur votre tablette, mais également utilisés par l’interface.

Un dock chargeur à induction : excellente idée

Vous retrouverez ainsi vos contacts Google et Linkedin par exemple dans votre messagerie, les anniversaires de vos amis Facebook sur votre agenda, bref, comme l’avait promis HP, vous êtes libres de choisir ce que vous voulez faire avec votre tablette et quel service vous voulez qu’elle aille utiliser On notera également des fonctions que l’on retrouve chez les concurrentes, tournées à la sauce HP : des notifications disponibles pour vous tenir informé de tout ce qu’il se passe sur vos comptes et une barre de recherche intelligente à mi chemin entre la barre Google et un clavier de Blackberry pour ceux à qui ces exemples parlent.

Mais voilà,  il y a un an, quand le système d’exploitation n’était pas sorti, nous écrivions, plein d’espoir, la chose suivante : « si vous misez sur un bel avenir pour webOS, sachez qu’il sera possible de faire communiquer les smartphones à venir chez HP et la tablette. » Ca, c’était avant la sortie, la chute et l’abandon du système par HP. Aujourd’hui, webOS est un système « quasi-open source », qui est aux OS pour tablettes ce que le zombie est à l’homme – il n’attend que son double tap dans la nuque pour être achevé.

Non, aucun modèle de trois mètres n’est sorti

Le système d’exploitation de HP a été le premier cadavre dans la guerre des tablettes et la TouchPad, la première tablette à être bradée en dessous de la barre des 100€, entraînant des pertes monstres pour le géant. Conséquence directe, le marché d’application, l’App World, s’il avait reçu avant la sortie de l’engin quelques soutiens de grands développeurs comme Rovio, est resté plus vide qu’un mojito dans lequel il ne resterait que les glaçons. Résultat, aujourd’hui, webOS est intéressant pour toutes les tâches de base, surfer sur les interwebs, consulter ses mails ou encore jeter un coup d’oeil à son agenda, mais ne lui demandez pas de vous montrer quelles usages nouveaux on peut faire d’une tablette tactile.

Non, le plus intéressant avec une TouchPad reste encore d’y installer Android en dual-boot. Depuis quelques mois, des bidouilleurs de tous bords ont fait de la tablette de HP une ardoise sous Android des plus agréables à utiliser. Nous vous renvoyons à la section dédiée de notre forum : elle est bien entretenue et plusieurs experts pourront vous répondre, vous ne pourrez qu’y trouver votre bonheur et planifier sereinement vos aprems bidouille lors du prochain week-end.

Les plus :

  • Une excellente ergonomie générale
  • Un système de gestion des tâches très bien pensé
  • L’intégration de tous les services possibles et imaginables à l’intérieur des applications natives
  • La TouchPad : la première tablette Android milieu de gamme à prix entrée de gamme
  • Une tablette désormais ouverte qui permet de bien s’amuser pour peu qu’on aime mettre les mains dans le cambouis
  • Le dock avec chargement à induction : une bonne idée qui devrait être plus souvent reprise…

Les moins :

  • La tablette n’est plus en vente
  • Le système est mort-vivant
  • Les applications mettent trop de temps à s’ouvrir, même si c’est mieux depuis les dernières mises à jour
  • L’App World est quasiment vide de contenu de qualité et ne risque pas de se remplir