Oh qu’il est difficile de commencer un test d’un produit Apple, surtout quand le dit produit est le descendant d’une tablette qui a tenu la dragée haute pendant un an. L’iPad 2 a défini le marché de la tablette tactile au début de l’année dernière et a aujourd’hui, à l’heure où les tablettes Android commencent à rivaliser techniquement avec elle, un marché d’applications dédiées qui fait frémir la concurrence. Cet écosystème applicatif justifie à lui seul l’achat de la tablette par rapport à la concurrence et est bien souvent un argument décisif dans les joutes entre fans de l’une ou l’autre des marques : sur iPad, il y a des choses à faire.

Mais comment tester le nouvel iPad ? Doit-on se placer dans la peau de celui qui cherche sa première tablette ? Doit-on le comparer à l’iPad 2 ? Doit-on le mettre en face de la concurrence sur Android ? Doit-on évoquer son prix, sa qualité, son accessibilité ? Un peu de tout ça, c’est sûr, mais le cocktail parfait, celui qui n’est pas explosif, est difficile à concocter. Si l’on part du postulat que l’iPad 2 est la tablette tactile de 2011, le test de ce nouvel iPad tient en une ligne : « c’est comme l’iPad 2, mais en mieux réussi ». Bien sûr, tout est bien plus complexe et nous allons donc essayer de faire un tour complet de ce nouveau produit, en appliquant la même rigueur que pour nos tests de tablettes Android, qui sont bien plus fréquents.

Cela dit, même en faisant cela, on se heurte à un problème encore plus gros : quand un iPad sort, 300 articles sont publiés par des dizaines d’experts venus de différents milieux. Le photographe, le développeur, le bidouilleur, le game-designer, le réalisateur, l’écrivain… bref, tout le monde parle de l’iPad, décortique l’iPad, fait un test complet de l’iPad par rapport à un usage précis. Dès lors, comment être aussi exhaustif que tous ces longs articles éparpillés, surtout sur un site généraliste qui s’adresse à un large public ? Cela ne sera pas une mince affaire mais nous essaierons de donner un panorama complet de la bête… exercice de style dans la suite.

Sommaire

I – Technique, finitions, Retina Display : ce qui fait que l’iPad est mieux qu’un iPad

1 – Un produit haut de gamme, sans bavure

2 – Ecran HD : les autres en parlent, Apple le sort de son chapeau

II – Applications et écosystème :la prison dorée

1 – Des applications par défaut passées en Retina : plus lourdes, plus belles

2 – A l’usage : la multiplication des pixels dans la vie de tous les jours

3 – L’App Store : une longueur d’avance

III – Jeux et multimédia : faire décoller des avions, décoller des rétines

1 – L’iPad : plus que jamais la tablette du joueur

2 – Multimédia, photo, vidéo : un outil à tout faire ?

3 – Et si j’ai déjà un iPad 2 ?

Conclusion

 

I – Technique, finitions, Retina Display : ce qui fait que l’iPad est mieux qu’un iPad

1 – Un produit haut de gamme, sans bavure

Quand on parle du « combat » de brevet qui oppose Apple au reste du monde, et en particulier à Samsung, on évoque souvent la paternité d’un design, celui qu’on appelle volontiers le « rectangle à bords noirs ». Quand ces affaires de copyright ont commencé à être entendue, on a évoqué sur LesArdoises le sujet de la « tablette idéale ». Parce qu’il faut le reconnaître : une tablette tactile est par essence un écran. Pour nous, quand Samsung, ou plus récemment Asus, s’empare d’un design qui s’approche de celui de l’iPad, ce n’est pas du vol de propriété intellectuelle, mais du bon sens.

Salut, je suis un iPad 2. Euh, un iPad. Le nouvel iPad quoi, le dernier.

Le design de l’iPad n’est pas recherché, ce qui ne veut pas dire qu’il n’a pas été travaillé : parfois, les choses les plus simples et les plus épurées sont les plus difficiles à obtenir. On est donc toujours en 2012 en face de notre rectangle noir au format 4:3, qui n’a pas beaucoup changé par rapport à l’iPad 2.

Pas beaucoup, mais quand même. Pour faire fonctionner de manière optimale un écran HD, il a fallu qu’Apple fasse deux ajustements à sa tablette : augmenter la puissance des diodes pour le rétro-éclairage et agrandir la batterie. Les premiers démontages de la bête montrent que cette dernière est 70% plus importante que celle de l’iPad précédent, c’est dire le travail de miniaturisation qu’il a fallu effectuer pour faire entrer tous les autres composants dans l’armature. Résultat : la tablette est un peu plus épaisse et un peu plus lourde que sa grande soeur.

La « vieille » Smart Cover vous servira toujours : une première dans un monde où tout est à racheter à chaque évolution

Plus épaisse : entre nous, on s’en fiche. On a du mal à comprendre pourquoi les constructeurs continuent à essayer d’avoir la tablette « la plus fine du marché ». Sur un smartphone, cet élément est très important, puisqu’il joue beaucoup sur le ressenti en poche : le Galaxy Note est certes imposant, mais sa finesse compense. Résultat, on ne le sent pas plus que ça dans une poche de veste. Une tablette, a fortiori de 10 pouces n’a pas à être fine. Elle doit simplement bien tenir en main et la finesse n’est pas un argument de ce côté là : essayez un peu de vous servir d’une feuille de carton comme d’une tablette, vous verrez que ce n’est pas confortable, la planche trop fine ne pouvant plus reposer entre le pouce et l’index. Du coup, ces quelques dixièmes de millimètres en plus n’ont aucune importance.

Du côté du poids, on passe de 601 grammes à 652 grammes. Cela paraît être très peu, mais en fait, sur un objet comme cela qu’on tient volontiers à bout de bras, on sent un peu à la différence à la longue. Si vous ajoutez le poids de la Smart Cover, vous aurez bien un iPad subjectivement plus lourd dans les mains. Nos remarques sur ce point vont à l’opposé des précédentes : la finesse ne compte pas pour une tablette, le poids, lui, est primordial. On se doute bien qu’Apple n’a pas pu faire autrement, mais c’est quand même dommage de sentir l’iPad sur soi, quand on regarde un film par exemple.

Voilà en pratique la différence de taille des deux modèles. Vous pouvez circuler, y’a un pixel à voir…

La tablette d’Apple reste un objet massif, mais ses finitions sont exemplaires. Vous ne trouverez pas une bavure, pas un joint apparent, pas un seul interstice entre l’écran et la coque. Tout est moulé dans des matériaux nobles et donne à l’ensemble un caractère luxueux. On sait bien que le plastique semi-rigide est plus résistant aux chutes et qu’un iPad qui tombe est voué à une mort certaine, mais dans un salon, posé sur une table basse avec sa Smart Cover en cuir, il faut reconnaître que cet objet en jette.

On ne peut alors pas manquer de rappeler que cet iPad parfaitement fini est vendu 489€. C’est un des produits les plus sophistiqués d’Apple, et le premier modèle est vendu moins cher que le premier iPhone 4S, moins cher également qu’un bon nombre de tablettes Android à leur sortie. Nous avons déjà écrit un article sur le positionnement de la concurrence par rapport à ce nouvel arrivant, nous vous invitons à le lire. C’est assez rare sur le marché des NTIC pour être souligné : dans le monde des tablettes, c’est Apple qui tire les prix du marché vers le bas.

Les boutons n’ont pas changé de place… ou peut-être d’un millimètre, pour rendre les housses incompatibles ? On verra…

Quel défaut pourrait-on lui trouver ? Le nouvel iPad est, esthétiquement, le concept même de la tablette tactile, ni plus, ni moins. Il est ce qu’il faut qu’une tablette tactile soit. Les défauts seront alors subjectifs : oui, c’est vrai, il n’a qu’un port propriétaire, et ceux qui veulent plus de connectiques pourront préférer la concurrence, Acer par exemple. Certains préfèrent également le format 16:10e pour une tablette tactile, qui s’adapte peut-être mieux à la lecture de film – même si le plein écran n’est pas encore à l’ordre du jour sur Android… nous y reviendrons.

Cette année encore, Apple n’a rien révolutionné : l’iPad reste l’iPad. Pas de prise de risque, pas d’innovation. On n’aura pas d’écran haptique ou une tablette sans aucun bouton. Bref, Cupertino avance à petits pas, mais on aurait du mal à leur reprocher quoi que ce soit puisque la concurrence peine déjà à suivre.

2 – Ecran HD : les autres en parlent, Apple le sort de son chapeau

Et si cet iPad est clairement un gros pavé dans la mare tranquille du marché des tablettes, c’est bien parce qu’il est le premier à sortir avec un écran HD, à un prix qui défie toute concurrence. Dès le CES, Asus et Acer ont évoqué des tablettes avec un écran de haute définition avec trois caractéristiques : des dalles en 1920×1200 pixels, une date de sortie estimée à juin 2012 et un prix qui tourne autour de 600 ou 700€. Apple débarque avec une tablette à la définition de 2048×1536, disponible dès le 16 mars, pour 489€.

Safari, une icône HD. Splashtop HD, une icône pas HD. Suivez un peu !

C’est bien là où ça fait mal : des écrans comme ceux-là, on en rêve depuis longtemps, on en parle depuis longtemps, on nous les montre lors des salons en nous évoquant vaguement une date et une fourchette de prix et là, deux semaines après son annonce, le voilà devant nous, pour le même prix qu’il y a un an. Que dire de cet écran ? Comme nous l’évoquions en introduction, comme tous les sites spécialisés dans tout et n’importe quoi testent en profondeur une machine quand elle vient d’Apple, nous ne saurons pas atteindre la précision des mesures faites avec des outils de laboratoires.

Mais comme cet écran est peut-être la seule caractéristique qui différencie l’iPad nouveau de l’iPad 2, il faut bien que l’on vous en dise quelque chose. Clairement : il y a un avant et un après la HD sur tablette. Ceux qui sont encore sceptiques n’ont tout simplement pas vu à quel point cela change notre expérience. Revenons sur la tablette en elle-même : qu’est-elle, avant tout ? Un écran interactif. S’il y a bien une chose à soigner, c’est donc cette partie visuelle, et Apple le sait.

En 2020, nos appareils photos n’auront pas des capteurs assez puissants pour prendre en photo les écrans des tablettes

En proposant un écran à la définition hors norme, Apple ne révolutionne pas la tablette tactile mais définit un nouveau standard, comme ils l’ont fait avec le passage à l’écran Retina pour l’iPhone 4. Si vous voulez une comparaison plus proche de nous, on a sur 10 pouces le même effet que sur les 5 pouces du Galaxy Note. Je ne sais pas comment vous décrire la netteté de la bête sans me lancer dans une liste de superlatifs élogieux. Je ne crois pas qu’on puisse objectivement dire que cette amélioration ne sert à rien et qu’elle n’est là que pour vendre : en regardant le nouvel iPad, vous ne voyez pas de différence entre le bord de l’écran et l’écran, entre la peinture noire et la « peinture virtuelle ».

Ce nouvel iPad a déçu beaucoup de fans qui s’attendaient à voir débarquer des technologies extra-terrestres sur une machine de 2012, mais cet écran HD, c’est déjà le futur, et c’est même déjà très loin dans le futur. Avez-vous déjà imaginé utiliser un bout de papier interactif interactif, une ardoise magique au sens propre du terme ? Voilà le nouvel iPad, et tout ça, c’est à son écran Retina qu’il le doit. Quand on regarde les bureaux, on n’a même pas l’impression d’être face à un contenu virtuel, on croirait que les icônes sont là, dans notre réalité physique, palpables.

Apple a réalisé une prouesse technologique : assimiler, par la qualité de rendu, l’intérieur virtuel de la tablette à l’extérieur physique Pas de rupture esthétique entre le bord et l’OS. Malheureusement, les photos compressées pour un format web ne rendent pas justice à cet écran.

Pour vous dire à quel point la haute définition change tout, on passe d’un objet « informatique » avec tout ce qu’il a de virtuel à une expérience où le contenu se fond avec la réalité. Au début, je vous avoue que j’ai été déçu. Déçu parce que je ne voyais pas assez d’améliorations entre l’iPad 2 et cette nouvelle mouture. Et puis quand je l’ai rallumé, quelques heures plus tard, ça m’a sauté aux yeux : on a un objet qui fait le pont entre le virtuel et l’actuel, entre le stylo posé sur le bureau, le bord de l’écran, et le code derrière qui affiche tout ça. Pour la première fois depuis longtemps, je me suis dit « putain Julien, tu vis dans le futur ».

Pour beaucoup de détracteurs, ce n’est qu’une course à celui qui a la plus grosse, mais ce n’est absolument pas vrai. La puissance brute, l’épaisseur, le poids, ça ce sont des arguments marketing. Cet écran, c’est autre chose. J’ai presque honte d’en faire l’éloge, parce qu’on se contraint souvent quand on parle d’Apple, mais avoir utilisé un écran HD sur une si petite surface, c’est peut-être une des innovations dans les technologies grand public les plus excitantes de ce début de millénaire. Du papier qui bouge quoi !

En haut, l’iPad 2, en bas, le nouvel iPad : adieu les pixels sur les applications iPhone

Bref, arrêtons là les éloges peut-être trop subjectives et revenons un instant à l’appareil dans son ensemble. Pour faire tourner autant de pixels de manière fluide, il a bien entendu fallu qu’Apple améliore sa technologie d’affichage, que ce soit du côté du CPU ou du GPU. Les premiers benchmarks infirment le bullshit de Tim Cook, mais placent l’ensemble bien au-delà du Tegra 3. En jeu, certains ont noté des performances jusqu’à 3,5x supérieures. Cela dit, on pourrait répondre à tous les benchmarks de la terre qu’il est impossible de comparer deux composants sur deux appareils différents, tournant sous deux OS différents. Et on aurait raison.

Du coup, n’entrons pas dans un débat stérile et répondons à la question principale : est-ce que l’iPad est une tablette véloce, sans latence permettant de faire tourner des applications lourdes, des films HD et des jeux de dernière génération ? Oui. Comme souvent chez Apple, il n’y a pas d’évolution software si le hardware ne suit pas et réciproquement, le hardware est pensé pour faire tourner sans aucune gêne l’OS. Affichage amélioré, couple processeur + GPU amélioré, batterie améliorée : tout est cohérent.

Sans transition, le livre en papier aurait tenté de suicider : les groupes d’éditions français seraient en train de le réanimer

Même avec un écran HD, rien n’a changé, l’autonomie en utilisation est toujours de 10h à peu près et le système n’a pas perdu une milliseconde de réactivité. Le Go de RAM y est peut-être aussi pour quelque chose. Disons quelques mots enfin de l’iPad Pas-Si-4G-Que-Ca. Comme vous le savez, la France n’est pas encore prête pour la 4G, mais le problème, c’est que même quand elle sera équipée, l’iPad ne pourra pas utiliser la fréquence française. Du coup, si c’est ce que vous attendez, il est fort probable que le prochain iPad soit compatible et il serait judicieux d’attendre un an.

L’iPad 4G en France n’est donc qu’un iPad 3G et sera voué à rester un iPad 3G. Un confrère aux Etats-Unis m’a fait part de son ressenti à l’utilisation de cette nouvelle puce de data mobile : c’est aussi rapide que l’ADSL me dit-il. A 50 dollars les 5 Go, la 4G est encore un luxe aux USA, mais la technologie en elle-même se fait de plus en plus attendre en France : si le contenu est voué à s’afficher en haute définition, une connexion 3G risque d’être rapidement trop limitée pour être confortable. Mais comme Apple persiste à appeler ce nouvel iPad « 4G » même en France, il est normal que nous dénoncions cet abus de langage.

La dernière fois que nous prenions des photos d’un écran avec plaisir, c’était lors du test du Galaxy Note

Bref, voilà pour la partie technique et l’esthétique, que l’on pourrait appeler pour l’occasion Mécanique et Mystique, tant l’expérience d’un écran Retina sur une tablette change notre rapport à l’objet. Pas de révolution, mais une évolution qui ouvre un nouvel âge pour les Ardoises et pour les technologies d’affichage en général. En espérant que la concurrence se dépêche de nous faire autant rêver, non plus par des annonces, mais par des produits bien réels.

II – Applications et écosystème : la prison dorée

1 – Des applications par défaut passées en Retina : plus lourdes, plus belles

On le dit et on le répète souvent : une tablette sans écosystème n’est bonne à rien, HP en a malheureusement fait les frais avec sa TouchPad, RIM avec sa Playbook. Mais quand on parle application, Apple est nettement au-dessus du lot, avec un marché dédié aux tablettes tactiles qui dépasse les 200 000 titres. Si l’on se sépare des chiffres et qu’on entre dans la pratique d’iOS, on est sur un système applicatif, c’est donc normal qu’une application doit être là pour répondre à un besoin précis. En gros, Apple cherche à déléguer des tâches  qu’un navigateur pourrait accomplir à des applications dédiées.

La plupart du temps, les applications sont donc très soignées, au top de l’ergonomie et à l’esthétique cohérente avec le système. Et payante aussi, c’est bien en cela que l’iPad – et tout produit iOS – est un gouffre financier pour les utilisateurs : il faut prévoir des dizaines d’euros en plus pour profiter vraiment de la tablette. Mais l’iPad a aussi des applications « stock », pré-installées et toutes ont été adaptées à la nouvelle résolution. Petite revue pour les nouveaux venus.

  • Messages : l’équivalent de Google Talk, BBM et Facebook Messenger pour iOS. L’application vous permettra de chatter avec vos contacts par WiFi ou 3G, qu’ils soient sur un iPhone, un iPad ou un Mac. Pas de fioritures, l’application est propre et fait ce qu’on lui demande.
  • Calendrier : un calendrier très pratique, à l’ergonomie bien pensée et pouvant se synchroniser avec iCloud et votre calendrier Google, à configurer dans les paramètres. Comme Messages, il fait son boulot et tire bien parti de la nouvelle résolution : même l’affichage sur un mois dispose de polices parfaitement nettes.
  • Contacts : présenté comme un carnet de contact au format papier, l’application est réussie et fort agréable à utiliser. Mais voilà, un gros point noir : par défaut, il n’est pas possible de synchroniser vos contacts avec Gmail. Oh, vous pourrez le faire avec une application, mais il faudra débourser 2€39. Bienvenue chez Apple.
Comme si on était pote
  • Tâches : une liste de tâches avec un design papier. Joli, pas grand chose à en dire.
  • Note : un bloc-note simple, qui vous permettra de… prendre des notes. Vous pourrez partager ces notes par mail ou les imprimer directement depuis l’interface. Vous voulez un vrai traitement de texte ? Sur Android, les constructeurs s’arrangent pour offrir une licence d’un des traitements de texte phare. Ici, il y a une application pour ça, Pages, qui coûte 9€. Bienvenue chez Apple on vous dit !
  • Maps : l’équivalent de Google Maps sur iOS. Dans la version présente, elle utilise d’ailleurs encore Google Maps comme base de donnée, mais d’après les dernières nouvelles, cela va évoluer. Clairement, on est en dessous de Google pour l’affichage, puisqu’on retrouve sans grand plaisir les petits carrés qui se chargent les uns après les autres, alors que depuis Google Maps 5, tout est vectorialisé sur Android. On pourra en revanche apprécier l’écran Retina pour explorer les cartes, qui pourront être regardées d’assez haut sans perdre de qualité. On a hâte que les tablettes Android permettent d’en faire autant !
Il a même fait comme si j’avais parlé anglais avec un accent correct
  • Videos : un lecteur de vidéo fort limité. En gros, il vous permettra de lire les vidéos, séries et podcasts que vous synchroniserez avec iTunes. Mais contrairement au mythe urbain, plus personne ne fait ça aujourd’hui : grâce à une application payante comme AVPlayerHD, on n’est plus obligé de convertir les vidéos dans des formats exotiques. Nous y reviendrons.
  • Youtube : non, l’iPad ne lit pas le Flash. Mais il y a une application gratuite pour Youtube ! Et force est de constater qu’elle est bien plus claire et pratique que celle présente sur les tablettes Android… vous pourrez bien sûr vous connecter avec votre compte Google pour regarder vos vidéos, partager vos découvertes, bref, vous pourrez faire à peu près la même chose que sur la version web, upload compris via l’application Photos.
Youtube HD 1080p, idéal pour regarder des films enregistrés en Super 8
  • Mail : un client mail, compatible Gmail, bien mieux que l’appli Gmail sur iOS d’ailleurs. Vous pouvez avoir plusieurs comptes et retrouver vos dossiers comme sur l’interface web de Gmail. Rien d’extravaguant à dire dessus.
  • Game Center : un chef d’oeuvre. Une des excellentes idées d’Apple aura été de centraliser vos contacts et vos amis dans ce Game Center, vous permettant d’organiser des parties multijoueurs, de comparer vos scores, de lister vos succès. Enormément de jeux l’utilisent et vous n’aurez donc pas à vous éparpiller sur des services tiers pour profiter du contenu multijoueurs. Très bien pensé, très simple d’accès, cet outil n’est évidemment pas étranger au succès de l’iPad et d’iOS en général dans le jeu vidéo tactile. On regrette juste que l’ingénieur du son choisi pour les bruitages ait été sourd : vous aurez vite fait de décocher toute notification sonore à base de TATATI à la trompette.
Un client multijoueurs, un répertoire de jeux et de succès, un réseau pour retrouver vos amis : Game Center, ça devrait être obligatoire. Même sur Android.
  • FaceTime : le vidéo-chat selon Apple. Un bon outil mais très limité : impossible de contacter quelqu’un qui n’a pas de compte Apple. Puis la webcam de ce nouvel iPad est clairement en dessous du reste avec son pauvre affichage VGA. Dommage, la vidéo-conférence est bien adaptée aux tablettes tactiles.
  • Appareil Photo : l’application vous permettant de prendre des photos et des vidéos. Simplissime, peut-être trop : aucun réglage si ce n’est la mise au point en touchant l’écran. Un peu léger tout ça, mais c’est parce que les effets et tout le reste, c’est dans celle qui suit.
  • Photo Booth :  l’application pour faire des effets, montages, vidéo-montages, incrustations rigolol. Vous passerez au moins 20 minutes dessus pour tout essayer, 1h si ça vous éclate. Mais bon, ce n’est pas non plus le truc le plus fou jamais inventé.
*voix de Sylvain Jambon* Ouaaaais t’as vu ce que je peux faire avec mon iPââââd ?
  • Réglages : sur iOS, tous les réglages sont centralisés. Vous trouverez ici le panneau de configuration général, mais également, tout en bas, les paramètres des différentes applications installées. Très pratique, très bien pensé.
  • iBooks et Kiosque : les deux applications de lecture par défaut sur iOS. Elles ne s’ouvrent pas vraiment mais « coupent » l’écran pour afficher vos livres, revues et autres manuels que vous aurez achetées sur l’App Store. Evidemment, ces applications sont les premières à bénéficier des améliorations de l’écran. Cela dit, du côté des livres, la concurrence est rude, par exemple du côté d’Amazon qui propose sur iPad une application magnifique et très bien pensée, dont on vous a déjà parlé à plusieurs reprises dans notre rubrique Appologie. Avec la synchronisation entre les appareils, vous pourrez profiter du meilleur pour la lecture sans être sectaire : dans votre lit sur l’iPad, dans les transports sur un Galaxy Note, lui aussi équipé d’un écran haute définition et en vacances sur un Kindle.
Dans un vrai kiosque, Canard PC aurait été caché derrière 12 magazines. Et ça aurait été le numéro du mois dernier.
  • Photos : la galerie Apple. Se synchronise via iTunes à vos dossiers, pas de Picasa ici. Très bien animée, très pratique à l’usage, elle vous permettra de partager vos clichés très facilement avec différents services en ligne. Si vous aimez les objets old-school, elle pourra transformer votre iPad en cadre photo quand vous ne l’utilisez pas, pour le poser à côté de Socotel de hipster.
  • Safari : le navigateur par défaut sur iPad. Tous vos favoris sont synchronisés avec la version bureau, si vous l’utilisez (et comme la version bureau peut importer les favoris de Chrome, faites l’équation, vous pourrez retrouver votre contenu Chrome sur iPad). Navigation par onglets, recherche Google directement accessible, partage de pages, liste de lecture, possibilité de sauvegarder des articles pour les lire plus tard, tweeter une page, bref, le navigateur de l’iPad fait tout ce qu’on lui demande de faire. A part lire le Flash, évidemment.
  • iTunes : l’application vous permettra d’accéder à l’iTunes Store pour acheter de la musique, des films ou des séries en VOD. Souvent très cher pour ces deux dernières catégories, d’ailleurs…
En ouvrant iTunes sur l’iPad de Steve Jobs, Coluche aurait dit « ils le vendent, ça ? »
  • Musique : le lecteur de musique qui lit votre musique et peut la diffuser sur votre équipement DLNA/WiFi via AirPlay. Très bien fichu et simple d’accès.

Bref, voilà un petit tour d’horizon des applications embarquées par défaut sur l’iPad. Toutes ont subi un lifting et sont donc bien plus lourde qu’avant, comme prévu. Le ratio va du x2 au x5 selon les applications, mais c’est assez clair pour nous : si vous êtes un gros consommateur d’applications, il va sérieusement falloir penser à l’achat d’un modèle de 32 Go minimum, vous risquerez de vous retrouver à l’étroit sur du 16.

Comme vous avez pu le constater au cours de cette énumération, le monde d’Apple est un monde payant. On a souvent dit qu’Amazon avait fait une tablette qui n’était qu’un portail ouvert vers ses propres services payants, c’était déjà le cas avec l’iPad. Si Apple peut se permettre de le vendre à ce prix plancher quand tous les autres constructeurs évoquaient des tablettes HD à plus de 600€, c’est bien qu’ils trouvent d’importants revenus du côté des applications, en plus de la marge faite sur le produit fini. Globalement, tout ce que vous ne pourrez pas faire avec un iPad devrait se monétiser un jour ou l’autre. Nous y reviendront dans la troisième sous-partie de ce chapitre.

2 – A l’usage : la multiplication des pixels dans la vie de tous les jours

Mais alors concrètement, après s’être ébahi sur la qualité de l’écran du nouvel iPad, à quoi peut-il servir en dehors des jeux et du multimédia sur lesquels nous reviendrons dans la troisième partie ? Car oui, nous vous avons dit qu’objectivement, l’écran était en lui-même une expérience très plaisante qui permettait de repousser les barrières entre le monde réel et le monde virtuel, mais concrètement, qu’est-ce que ça change ?

C’est par l’exemple que nous pourrons vous montrer ce qu’apporte un plus gros taux de Pixels Par Pouce. Commençons par le plus évident : la lecture. Avec le Kindle et le Galaxy Note déjà évoqués, ce nouvel iPad est de très loin la référence pour lire des e-books, que ce soit par l’application Apple dédiée ou l’Amazon Kindle que nous préférons. Nous avons déjà fait ces remarques lors du test du Galaxy Note : quand on regarde une page de livre sur l’iPad, on a du mal à la différencier d’une page matérielle.

Une application sublime et multiplateformes, des tas d’ouvrages gratuits, y’a pas à dire Kindle > iBooks

La définition d’un écran est un élément primordial pour le confort lors de la lecture et maintenant qu’on atteint une qualité toute proche de celle du papier, sans grain ni altération des polices, l’e-book s’entend de plus en plus au sens propre : c’est un livre sur un support numérique. Bien entendu, il restera toujours le problème du rétroéclairage, mais avec un fond en blanc cassé, comme sur l’application Kindle, la fatigue oculaire se fait moins sentir. On se prend quand même à rêver d’un écran e-ink couleur aussi performant et réactif…

Du côté de la lecture de documents en couleurs, que ce soit des magazines ou des bandes-dessinées, les adeptes de ces formats vont exulter. Sur iPad, la qualité de rendu d’un dessin pourra être supérieure à la version originale sur papier. Ce constat est encore plus évident pour les magazines qui ne sont pas imprimés avec autant de soin que les bandes-dessinées, pour des questions de coût et de volume. Vous ne tomberez jamais sur un exemplaire qui aurait des pages où la police a bavé et toutes les images seront dans une définition incomparable à la version papier. Bref, si la lecture prend une grande place dans votre utilisation d’une tablette tactile, ce nouvel iPad a tous les arguments pour vous faire craquer. Malheureusement, les principales applications de lecture de BD et autres comics n’ont pas encore été mises-à-jour, difficile alors de vous montrer un exemple…

Haute définition n’est pas synonyme de haute qualité

Une autre fonctionnalité qui prend tout son sens avec un écran aussi bien défini, c’est l’extension ou la copie d’un écran d’ordinateur. Avant, Splashtop HD devait redimensionner votre écran d’ordinateur en 1024×768 pour qu’il s’affiche correctement sur un iPad. L’application n’a pas encore été mise-à-jour mais on suppose qu’il permettra désormais d’afficher des résolutions bien plus grandes. Pour l’heure, il est quand même déjà possible d’avoir un rendu très précis de votre bureau Windows par exemple, puisque même un écran de 27 pouces en 1920×1200 ou 1920×1080 peut être contenu dans les 10 pouces de l’iPad. Pratique pour utiliser des applications puissantes qui ne se trouvent pas sur iOS, ou regarder des films en streaming via le WiFi : même plus besoin de les copier sur la machine.

AirDisplay est lui aussi bien plus intéressant maintenant. L’application vous permet d’ajouter un écran à votre installation actuelle, que vous soyez sur PC ou sur Mac, via le réseau WiFi. Avant, c’était déjà pas mal, mais l’affichage sur l’iPad 2 était pixelisé et peu précis. Sur le nouvel iPad, vous pourrez sans problème laisser ouverte la fenêtre de votre application Twitter, votre panneau d’outils sur Photoshop ou encore iTunes sans perdre en qualité d’affichage. Comme l’écran tactile reste fonctionnel, il est bien plus aisé de cliquer sur des icônes qui ne sont pas zoomées quand elles sont nettes et précises.

L’iPad en charge, devenu un 3e écran pour contrôler iTunes sur le PC depuis le canap’

Enfin, les dernières applications qui tireront nettement partie d’une meilleure densité de pixels sont bien entendu les applications artistiques ou de retouche photo. Apple avait dédié un bon tiers de sa conférence à la présentation d’iPhoto pour iPad et quelques jours avant, Adobe présentait Photoshop Touch pour iOS. Ces deux applications ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais c’est évident que la densité de pixels compte beaucoup dans ce domaine. Prenez par exemple une image que vous voulez détourer : si vous zoomez au maximum de telle sorte à ce que l’image prenne quasiment tout l’écran sur un iPad 2, vous n’aurez que 1024×768 pixels pour détourer une courbe, par exemple.

Sur le nouvel iPad, cette sélection zoomée pourra être deux fois plus précise, les contours étant deux fois mieux définis sur les photos qui sont, bien entendu, d’une résolution égale ou supérieure. Vous aurez également des possibilités bien plus vastes du côté des pinceaux et autres brushes, puisque le trait sera deux fois plus précis sur la même surface. Bien évidemment, il manquera toujours la technologie tactile d’un Galaxy Note ou, a fortiori, d’une tablette graphique, mais nous sommes loin de penser que l’iPad peut remplacer un outil professionnel. Pour le grand public, dessiner sur une « feuille tactile » sera bien suffisant, surtout que certains s’en sortent déjà très bien sur un iPad 2.

3 – L’App Store : une longueur d’avance

Ce qui risque de faire mal à votre espace disque et votre porte-monnaie, c’est bien l’App Store d’Apple. C’est simple, leur slogan un peu pompeux d’il y a quelques années, « il y a une application pour ça », n’est pas loin de la vérité aujourd’hui. Il y a des applications pour tout et n’importe quoi, mais surtout, il y a des applications parfaitement développées pour chaque usage et qui sont pensées spécialement pour la tablette tactile.

Un mot clef, deux catégories bien distinctes, des résultats pertinents

A l’heure ou le Google Play Store n’a pas encore de section dédiée aux tablettes mais seulement une maigre sélection à la qualité plus qu’aléatoire, les applications de l’App Store sont rangées en trois catégories : les applications iPhone, les applications iPad et les applications qui disposent des deux formats et qui s’adaptent selon l’appareil. Vous ne trouverez donc pas, par exemple, d’application iPad qui a un rapport avec la téléphonie, de même que la plupart des magazines ne sont disponibles que sur l’iPad, parce que le format s’y prête.

De plus, quand il existe deux versions d’une application, bien souvent, la version iOS est plus soignée. Attention, je ne dis pas que c’est bien, mais c’est malheureusement un fait. Prenez simplement l’application Voyages-SNCF, par exemple, c’est un affreux tableau sur Android, et une magnifique application bien pensée sur iPad, avec le trajet s’affichant sur une carte au milieu, des onglets sur la gauche pour ajuster le voyage etc. A qui la faute ? Sûrement pas à l’iPad, mais aux développeurs, qui voient chez Apple un système bien plus rémunérateur, encore aujourd’hui.

L’application SNCF sur Android…

… et sur iPad. CQFD ?

Et même si, du côté des tablettes, l’App Store était déjà loin de la concurrence, le nouvel iPad ajoute un nouvel atout à ses cartes. Avant, les applications iPhone pouvaient être installées sur iPad 2, mais étaient vraiment moches et pixelisées, bref, il fallait que ce soit un chef d’oeuvre pour convaincre un utilisateur de tablette d’y jouer. Depuis l’iPad de troisième génération, les applications iPhone sont magnifiques, grâce à la nouvelle résolution de l’écran qui ajuste parfaitement les graphismes Retina des applications iPhone à l’écran de 10 pouces.

On redécouvre alors des titres comme Hero Academy, pixelisées et grossiers sur iPad 2, devenus tout d’un coup parfaitement nets sur iPad, sans que les développeurs n’aient à faire quoi que ce soit. La magie d’un upscaling qui marche…

III – Jeux et multimédia : faire décoller des avions, décoller des rétines

1 – L’iPad : plus que jamais la tablette du joueur

Ce n’était sûrement pas anodin qu’Apple présente son nouvel iPad en même temps que la Game Developers Conference qui, comme par hasard, se déroulait elle aussi à San Fransisco. La compagnie a toujours appuyé le secteur très vendeur du jeu vidéo tactile, et, alors que la GDC avait cette année un ensemble de conférences dédié au jeu sur plateforme mobile, il nous semble évident que le petit message subliminal de Cupertino était « regardez, chers développeurs, on a un nouvel iPad ».

Mais avant de voir pourquoi l’iPad de nouvelle génération pousse un peu plus loin le jeu vidéo, rappelons brièvement pourquoi Apple était déjà bien en avance dans ce domaine. D’abord, on l’a déjà évoqué, le Game Center est un outil formidable pour les jeux multijoueurs. Tout est centralisé sur une seule plateforme qui ne demande pas une nouvelle inscription et qui se synchronise sur tous vos appareils iOS. C’est sûrement en partie grâce au Game Center qu’ont pu se développer les jeux au tour par tour asynchrone, si populaires sur iOS.

Deuxièmement, Apple a eu pendant longtemps les faveurs des développeurs. Plusieurs explications à cela, mais la plus pertinente est que sur iOS, le nombre de machine est très limité et il est donc bien plus aisé de faire tourner un jeu sans problème. Souvenez-vous par exemple des nombreuses plaintes de développeurs Android contre Samsung lors de la sortie du Galaxy S II, appareil qui leur donnait énormément de fil a retordre, mais qui est devenu très vite un incontournable, vu le nombre d’unités vendues. Passer des heures pour développer une version spéciale compatible GS II ou se priver d’un parc d’utilisateurs conséquent ? Dure question…

Faire un jeu excellent ET multiplateformes, ce n’est pas courant

Ajoutez à cela les petites guerres entre fabricants de processeur, nVidia proposant aux développeurs de développer des jeux qui ne marchent que sur sa plateforme et les markets alternatifs proposés par certains développeurs comme Sony, Square Enix ou Samsung avec son S-Pen Choice, bref, on comprend que cela effraie et qu’il soit bien plus rentable de développer sur iOS pour un éditeur de jeu. Mais au-delà de ces questions de rentabilité, que je suis sûr, beaucoup d’entre vous s’empresseront de contredire avec des exemples de success-story comme Angry Birds, il y a la question maintes fois débattue du plein écran.

Sur Android 2.x, cela ne posait pas de problème : les boutons physiques permettaient de retourner à l’écran principal. Depuis Android 3.0 sur tablette et 4.0 sur tous les appareils, Google impose une barre des tâches apparente. Oh, bien sûr, elle se masque parfois, sur certains modèles, pour n’afficher que des points blancs. Mais le fait est qu’elle est toujours là et qu’elle reste une zone tactile gênant le gameplay. Le dernier fil de discussion à ce sujet sur Google Code, dans lequel des tas de développeurs proposaient des solutions très intelligentes à base de mouvements tactiles, s’est soldé par une réponse sèche du géant : « la barre des tâches fonctionne comme elle doit fonctionner ». Sujet clos.

Draw Race 2 HD : un chef d’oeuvre de gameplay tactile. On attend la version Retina avec impatience.

Tant pis pour eux : l’iPad, lui, affiche les jeux en plein écran et un excellent jeu sort au moins tous les mois, si ce n’est toutes les deux semaines. Les jeux au « gameplay tactile », comme Draw Something ou DrawRace HD sont toujours aussi bon sur ce nouvel iPad, mais on ne va pas se leurrer : même s’ils sont plus fins désormais, ce nouvel affichage ne leur apporte pas grand chose. Et pourtant, ce sont les jeux que nous trouvons les plus intéressants sur une telle plateforme.

Je suis super mauvais ou les autres sont déjà trop bons

Car les jeux qui tireront parti du nouvel iPad sont les grosses productions qui en mettent plein la vue : Infinity Blade : Dungeons, Infinity Blade II, Air Supremacy, Asphalt 6 etc. Mais là, même si on en prendra sûrement plein la vue, on tombe souvent dans le paradoxe du jeu pas-tactile, qui voudrait être tactile. J’entends par là que c’est très bien de pouvoir jouer à des FPS ou des simulateurs de vols magnifiques sur iPad, mais ils ne seront jamais au niveau d’un FPS sur PC contrôlé avec une souris et un clavier ou d’un simulateur de vol contrôlé avec un joystick.

On pourrait facilement me contredire en me montrant les chiffres de vente de tous ces jeux, mais ce n’est pas personnellement ce qui me branche le plus sur un tel produit, car même si des développeurs réalisent parfois des prouesses de gameplay, comme sur Shadowgun, un TPS très bien pensé, une dalle tactile est bien plus intéressante quand elle permet de créer des jeux tactiles au gameplay novateur. Ils peuvent être complexes, cela va de soi, un RPG au tour par tour, un jeu de course comme DrawRace HD, un jeu d’échecs 2.0 comme Hero Academy ou un beat’em’all comme le futur Infinity Blade sont bien adaptés à un écran comme seul contrôleur, mais qu’on soit clair, pour le joueur, l’iPad ne remplacera jamais le PC ou la console.

Moins de 10 secondes pour rejoindre une partie multijoueurs, moins de 3 secondes pour mourir

Cela dit, la tablette d’Apple continuera tout de même a être la plateforme tactile de jeu par excellence et cette nouvelle mouture devrait permettre aux développeurs de proposer des jeux toujours plus beaux, en espérant qu’ils n’oublient pas de les faire toujours plus maniables et innovants… car, il est parfois bon de le rappeler, dans jeu vidéo, il y a « jeu » avant « vidéo ».

2 – Multimédia, photo, vidéo : un outil à tout faire ?

Révolu le temps où l’on pouvait se moquer d’iOS en affirmant qu’il fallait tout convertir dans un format compatible avant d’espérer pouvoir visionner la moindre vidéo. Vous savez, ces fameux films que vous convertissiez au format « iPhone » ou « iPod Touch », avec des logiciels maladroits et peu pratiques. Bref, c’est de l’histoire ancienne. Comme on vous l’a dit plus haut, il vous suffit maintenant de télécharger une bonne application comme AVPlayerHD, d’ouvrir iTunes dans l’onglet « App » et de glisser-déposer vos films en vrac dans l’onglet du lecteur.

Mais alors, est-ce que ce nouvel iPad passe notre test du gros lapin ? Sans souci ma bonne dame, encore heureux. Une fois les films transférés, aucun problème pour lire le 1080p high profile de deux formats différents. En même temps, l’iPad n’avait plus d’excuse, depuis que Texas Instruments, Qualcomm, Samsung ou nVidia permettaient de le faire. On regrettera évidemment que tout cela ne soit pas proposé de manière native, mais que voulez-vous, on est sur iOS, tout se paie.

Me is not impressed

Du côté des films un peu plus exotiques – non, pas ceux là, les autres -, on a essayé un extrait brut, directement importé depuis un Canon EOS600D : cela fonctionne parfaitement également. Vous pourrez donc, avec les outils adéquats, prévisualiser les vidéos les plus lourdes et les mieux définies sans aucun souci sur ce nouvel iPad.

Du côté de la photo, c’est un peu plus étrange. Nous n’avons pas bien compris le problème qu’iTunes avait avec nos fichiers. Nous lui avons demandé de synchroniser un dossier dans lequel se trouvent des photos en .jpg, directement sorties de l’appareil et d’autres, en .jpg aussi, qui ont été un peu retouchées. Entre les photos retouchées et les autres, rien ne change apparemment : certaines retouchées sont plus lourdes que d’autres non retouchées et la définition des deux fichiers reste la même. Pourtant, même s’il affiche le bon nombre de photos, iTunes ne synchronise que les fichiers retouchés.

164 photos… 66 photos… mais bien sûr, pourquoi n’en transfères-tu que 20 alors ?

Sur 2 dossiers, le programme a répété la même opération : les photos brutes, pas question de les afficher, les photos passées à la moulinette Photoshop, ok, ça va. On peut ironiser en affirmant qu’Apple, dans un souci de qualité, ne sélectionne que vos photos qu’il juge être les meilleures… toujours est-il qu’on est bien ennuyé avec ce problème que nous n’avons pas réussi à résoudre. Il est fort probable que, même si apparemment les photos sont les mêmes, celles sorties tout droit de l’appareil dépassent la limite de Mpx que peut lire l’iPad. C’est d’autant plus étrange qu’avec une telle résolution d’écran, la tablette d’Apple aurait pu être un outil de prévisualisation puissant pour les photographes, amateurs ou professionnels.

Si l’un d’entre vous peut nous expliquer le pourquoi du comment et peut-être, apporter une solution, nous lui serons gré de se manifester dans les commentaires ou via le formulaire de contact. Mais passons sans plus attendre de l’autre côté du multimédia, celui de la capture.

On le sait, l’iPhone 4S dispose d’un appareil photo d’excellente qualité – pour un smartphone s’entend – rivalisant sans mal avec les compacts qui ont de plus en plus de mal à trouver une clientèle. Pour ce nouvel iPad, Apple a repris toutes les technologies présentes dans l’iPhone 4S en réduisant les mégapixels de 8 à 5 du côté du capteur. On a donc, il est vrai, un appareil photo/caméra de très bonne facture pour une tablette : Asus, avant Apple, avait déjà commencé à améliorer ce point qui est souvent négligé par les constructeurs. Objectivement, c’est un excellent appareil photo, très réactif, avec un objectif surprenant quand on prend des objets détaillés de près.

Simplicité, qualité, efficacité : voilà les trois adjectifs qui caractérisent le mieux cet appareil

Mais quelle pertinence ? Là pour le coup, on n’épargnera pas à Apple les remarques que nous faisions lors du test de la Transformer Prime : les tablettes tactiles ne sont pas des appareils photos. D’abord, on sait qu’il ne tue pas, mais prendre une photo avec un appareil de 10 pouces dans la main, c’est ridicule. Mais en plus d’être ridicule, ce n’est absolument pas pratique, d’autant plus que le cadrage se fait sur un écran brillant qui n’est pas forcément adapté à un usage en extérieur. Sur la machine d’Apple, vous faites la mise au point en appuyant sur l’écran : bingo, vous ne pourrez pas la faire au centre en tenant à deux mains l’iPad en paysage.

On ne comprend toujours pas, sur LesArdoises, que les constructeurs de tablettes si grandes portent autant d’attention à l’appareil photo. Mais bon, si cela n’a aucune incidence sur le prix final, pourquoi pas. Certains de nos lecteurs nous ont pourtant dit que leur tablette était devenue leur scanner d’appoint : plus simple pour numériser un document et le conserver à portée de main. Nous les avons écoutés, alors voici quelques clichés de papiers de différents formats, en résolution native, sur lesquels vous serez les seuls juges :

Les photos sont en taille réelle. La mise au point est très rapide et souvent excellente dès le premier cliché.

… sauf bien sûr quand l’effet démo s’en mêle. Mais c’est le jeu.

Surface brillante : no problem, good sir

Pas le meilleur, je le reconnais

Mise au point au centre : cela reste parfaitement lisible

Du côté de la webcam, gros blâme pour Apple qui n’a pas daigné augmenter la qualité globale de la capture. Entre l’iPad et l’iPad 2, aucune différence, vous avez toujours une caméra moisie en VGA. Et pourtant, là, l’effort serait pertinent : la vidéo-conférence est très pratique sur tablette et Apple a même développé un logiciel qui lui est dédié. Pourquoi ne pas améliorer cette caméra plutôt que l’autre ? Oh, j’oubliais, il y a un nouvel iPad à vendre l’année prochaine…

3 – Et si j’ai déjà un iPad 2 ?

La question à 10 000 euro-dollars. On en discutait l’autre fois avec des collègues, Apple a encore très bien joué son coup. Le nouvel iPad n’a quasiment rien de mieux que l’iPad 2, mais ce « quasiment » change tout. S’ils avaient tout changé à l’intérieur sauf l’écran, il y aurait eu à débattre : vous n’aurez vu aucune différence dans votre usage quotidien de l’engin. Mais là, les fourbes ont changé la caractéristique principale d’une tablette tactile. Du coup, entre un iPad 2 et un iPad de 3e génération, vous verrez la différence.

Comme nous vous le disions au premier chapitre, ce nouvel écran est une tuerie technologique, c’est, quoi qu’on puisse en dire, quelque chose qu’on était loin d’imaginer il y a quelques années. La finesse d’affichage fait passer le virtuel pour un élément du réel, et c’est ça qui, pour nous, est la véritable prouesse technologique, le vrai bon en avant de cet iPad. Rien que ça suffirait pour que les technophiles se jettent dessus. De même, si l’usage que vous faites d’une tablette bénéficie directement d’une amélioration de la qualité de l’écran, il n’y a pas hésiter, foncez, vous aurez fait un pas de géant vers l’ardoise idéale.

Si j’étais Apple, je ferai un procès à Apple pour cette copie honteuse de leur produit

On est donc bien en peine pour vous donner une réponse claire et précise. Non, ce n’est pas une révolution, mais oui, l’évolution vaut le coup. Vous avez également de votre côté le fait qu’un produit Apple se revend très bien d’occasion s’il n’a pas de défaut, ce qui peut réduire considérablement la somme que vous aurez à débourser pour ce nouvel engin. Mais si pour vous, l’iPad 2 valait déjà ses 489€, ce nouvel iPad les vaut encore plus.

D’un autre côté, on sait qu’Apple innove véritablement tous les 2 ans. Il est donc peut-être judicieux, pour vraiment sentir les évolutions d’un produit, de sauter un modèle sur deux. Si vous avez commencé avec l’iPad 1, ce nouvel iPad sera à des kilomètres de votre tablette actuelle, sur tous les plans. Si vous avez commencé avec le 2, peut-être que vous aurez plus d’intérêt à attendre la prochaine version, surtout qu’il y a de fortes chances qu’elle soit compatible avec le réseau 4G français à venir.

Où l’on retrouve le pixel d’épaisseur de plus du premier chapitre

Bref, pour résumer ces quelques réflexions, si l’iPad remplace un iPad 1 ou est votre première tablette, n’hésitez pas, foncez. Si vous avez déjà un iPad 2, demandez-vous si votre usage d’une tablette bénéficiera des améliorations apportées par cette nouvelle mouture. Si ce n’est pas le cas et malgré tout le bien que l’on peut vous dire de ce nouvel écran, vous pouvez sans regret attendre le prochain.

Voilà la différence. Et encore, on est sur une application iPhone.

Un dernier point que nous voulons aborder avant de passer à la conclusion est celui de l’iPad 2, qui a perdu 80€ en neuf. On a d’abord vu un coup de génie pour forcer la concurrence à baisser ses prix tout en écoulant les stocks, mais après réflexion, nous ne sommes pas si sûr que ce soit un bon choix. Si vous êtes prêts à dépenser 409€ dans un iPad 2, 489€ pour un nouvel iPad, ce n’est pas beaucoup plus. Cette offre est assez machiavélique en fait, puisqu’elle fonctionne en deux temps : d’abord, celui qui trouvait l’iPad 2 trop cher va s’intéresser au produit, voire se décider à l’acheter et ensuite, va s’apercevoir qu’il ne faut que 80€ de plus pour le nouveau modèle.

Sur le nouvel iPad, vous serez des beaux gosses, sur l’ancien, de vils elfes noirs. Eh ouais. 

L’iPad 2 est donc un beau produit pour attirer les regards, mais il reste encore trop cher par rapport au nouvel iPad – et pourtant si peu cher par rapport à la concurrence, car même à 409€, l’iPad 2 garde un excellent rapport qualité/prix. On ne saura alors que vous conseiller de vous tourner vers le marché de l’occasion si vous n’avez pas les moyens d’acheter le nouvel iPad, puisque vous pourrez trouver des iPad 2 en très bon état et encore sous garantie autour de 350€. Là, vous aurez une machine à un bon prix qui vous permettra d’entrer en douceur – mais très confortablement – sur les terres d’iOS.

Conclusion

Toujours Reine, l’iPad, toujours Reine. Avec cette nouvelle mouture, Apple corrige ce qui n’allait pas sur l’iPad 2 : l’écran à la définition de 1024×768. En ne changeant pas le prix de son produit, la firme propose en ce début d’année 2012 un nouveau challenge à tous les constructeurs qui veulent se lancer ou se relancer dans l’aventure haut de gamme : un produit HD ne pourra plus coûter plus de 500€. Que pourrait-on trouver à redire sur cet iPad ? Il lit les fichiers vidéo high-profile, il ne coûte pas si cher par rapport à la concurrence, sa ludothèque en fait une machine de jeu innovante, ses applications peuvent la transformer en un véritable outil, l’App Store est exceptionnel, bref, on a toujours du mal à trouver une faille sur un iPad. Si vous ne voyez pas à quoi peut servir une tablette tactile, vous avez trouvé celle qui pourra vous faire changer d’avis. Si vous cherchez la tablette tactile de référence, vous l’avez devant les yeux.

Mais même si le nouvel iPad est la tablette par excellence, celle qui fait tout ce que vous pourriez vouloir faire sur une ardoise tactile, on peut toujours lui trouver des défauts rédhibitoires. Par exemple, vous l’aurez noté tout au long du test, sur iPad, il ne faut pas se leurrer, tout est payant. On dépense d’autant plus facilement quand on sait que les applications sont vraiment ergonomiques, performantes et très belles. Il est rare qu’une application achetée après avoir lu quelques tests sur la toile nous déçoive et une fois la confiance acquise, on est pris très facilement dans la spirale du « petit achat » qui finit par faire une grosse note en fin de mois.

De même, l’iPad est, malgré la synchronisation par WiFi et l’activation autonome, une machine qui a besoin d’iTunes pour quelques opérations de maintenance ou de transferts de fichiers. Et iTunes, comme on le sait, ce n’est déjà pas la joie sur Mac, alors sur PC, n’en parlons pas. Le problème du transfert arbitraire des photos évoqué dans ce test est un des symptômes de ce système « applicatif » : s’il juge que le fichier ne pourra pas être lu, il ne le transférera pas, même si vous vouliez le lire avec une autre application. iOS reste encore et toujours une prison dorée, où l’on se sent bien, puisque tout fonctionne au poil, tout est millimétré et bien huilé, mais pour certains, cela restera avant tout une prison.

On retiendra : 

  • Une tablette tactile sans faille en elle-même : elle fait ce tout ce qu’on peut imaginer faire avec une tablette tactile
  • L’écran Retina Display, ou HD pour les puristes, un bond en avant technologique comme on en n’avait pas vu depuis longtemps
  • Les finitions, toujours au poil
  • La lecture des fichiers vidéos de toutes sortes
  • L’affichage sublime des jeux iPhone Retina : une excellente surprise qui augmente encore le nombre de titres adaptés à la tablette
  • L’App Store : un marché d’applications à des kilomètres de tout ce qui se fait actuellement, en quantité, mais surtout en qualité
  • La compatibilité avec les anciennes Smart Cover : « faut pas tout racheter ! »

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • iTunes et son comportement absurde, notamment du côté de la synchronisation…
  • La caméra VGA à l’avant : c’est super cheap
  • Le paradoxe entre l’absence d’évolution globale de l’iPad et l’excellence incontestée du nouvel écran : difficile de vous conseiller si vous êtes déjà équipés…
  • La 4G pipeau partout dans le monde, sauf aux USA
  • Dans le monde d’Apple, tout se paie, des fonctionnalités aux connectiques : il faut le savoir avant de se lancer