II – Pure Android 4.0

1 – Ice Cream Sandwich : je t’aime, moi non plus

Enfin notre premier test d’une tablette sous Ice Cream Sandwich ! Enfin le Graal tant attendu s’offre à nos petits doigts. Mais alors, est-ce que l’attente en valait la peine ? Est-ce que les souhaits que nous formulions dans nos précédents tests se sont exaucés ? Pas entièrement, malheureusement, et nous allons vous montrer pourquoi.

Ice Cream Sandwich : blanc à gauche, gris au milieu, bleu fluo à droite

Commençons par ce qui est incertain et que nous avons déjà évoqué : le gain de vélocité que l’on ressent nettement à l’usage de cette tablette peut venir soit du Tegra 3, soit de l’OS, soit des deux. Comme nous n’avons que des tablettes chinoises pour comparer, nous ne nous avancerons pas plus loin, toujours est-il que sur Transformer Prime, oui, Android est fluide et réactif.

Le léger sentiment de latence que l’on retrouvait même dans les menus sur Honeycomb a complètement disparu et on est enfin en face d’une tablette qui nous répond au doigt et à l’oeil. La navigation dans l’interface est donc très plaisante et les amoureux des widgets pourront s’en donner à coeur joie avant de voir le système ralentir.

Notre première prise en main est toujours d’actualité

Du côté du gestionnaire de tâches, on a aussi le droit au bon en avant promis depuis longtemps par Google. En pratique, vous aurez accès à une barre sur la gauche de l’écran où sont répertoriées toutes vos applications qui tournent en tâche de fond, comme sur Honeycomb, avec un détail qui change tout : si vous les faites glisser vers la droite, elles se ferment.

Du coup, Google a enfin rendu tous les Taskiller obsolètes puisque le système en lui-même est celui qui s’en sort le mieux pour gérer les tâches en cours, empruntant à QNX et webOS une des fonctions que les adeptes de ces deux systèmes adorent.

Ensuite, on pourra féliciter les développeurs d’avoir un petit peu plus travaillé avec les designers et autres ergonomes. Exit les 120 barres de menu différentes et les icônes trop nombreuses dans les applications : Google tente cette fois de rationaliser ses menus en ne laissant qu’un seul figuré, les trois petits points que vous voyez sur certaines caputres d’écran.

Vous voyez les petits points en haut à droite ? Ce n’est pas grand chose, mais comme l’acné, c’est un pas vers la maturité

Même si cela ne signifie pas que Google ait fait un bond en avant en matière de design, il est plaisant de constater que l’homogénéité graphique du système n’est pas reléguée tout en bas de la todo-list, comme ça avait l’air d’être le cas depuis longtemps. Du côté du design en lui-même, on retrouve ces lignes « Tron-esques » qui ont fait le succès – ou pas – d’Honeycomb. Google renforce cet aspect en passant d’un bleu profond sur Honeycomb à un bleu fluo sur Android 4.0.

Personnellement, cela ne passe du tout et, détestant cette couleur, je me demande pourquoi Google a choisi un parti-pris aussi radical alors qu’il était bien simple de laisser le choix à ses utilisateurs – après tout, les icônes un poil refaites par Asus sont blanches, ce qui donne un ensemble étrange à regarder, comme si les deux parties de l’OS ne s’accordaient pas. Android entièrement en blanc et noir, voilà qui aurait de la gueule ! Bref, ces remarques n’étaient que des incises subjectives sans réelle conséquence sur notre appréciation du système.

Exactement ce que j’ai pensé quand j’ai vu la barre des tâches rester active pendant la lecture d’une vidéo

Ce qui a une conséquence sur mon appréciation globale de cette tablette par contre, c’est que cette foutue barre des tâches n’a pas été domptée. Oh, Google s’amuse avec nos nerfs en nous faisant croire que oui : pendant un instant, quand vous lancez une vidéo, les bords seront entièrement noirs et puis les fameux petits points remplaçant les icônes surgiront de nouveau. Il n’y a donc toujours pas, sur Ice Cream Sandwich pour tablette, un plein écran réel.

Et Google n’a aucune excuse, au moins pour son application de lecture officielle : il faudra, quoi qu’il arrive, appuyer une première fois sur l’écran pour faire apparaître les icônes avant que celles-ci deviennent actives et utilisables. Pourquoi diable ne pas avoir mis le film en plein écran en enlevant cette barre, qui aurait surgi au premier toucher ? Pourquoi faire des tablettes dans ce format si des barres inégales en haut et en bas sont visibles ? C’est une absurdité que je ne parviens toujours pas à expliquer – et qui, rappelons-le, a été gommée d’Ice Cream Sandwich sur le Galaxy Nexus.

L’appareil photo relooké : on le verra, ça parle beaucoup, mais c’est trop rapide…

Les autres applications natives ne changent pas beaucoup si vous connaissez Honeycomb, Galerie, Music et l’appareil photo n’ont changé qu’en apparence, et ce, très légèrement. On notera cependant une nette amélioration des fonctions de partage des fichiers entre les applications, bien plus faciles à atteindre qu’avant. Nous reviendrons sur l’usage à proprement parler de ces différentes applications dans notre troisième et dernière partie consacrée au multimédia.

Le navigateur enfin a subi le même lifting sans profond bouleversement. Quand on se connecte à l’interface d’administration de WordPress, on nous signale toujours que notre navigateur est obsolète : certaines choses ne changent pas si facilement… en espérant que l’intégration d’une véritable version de Chrome pour Android ne se fasse pas attendre trop longtemps ! La navigation est tout le temps fluide et le clavier virtuel est plutôt bien pensé, avec sa barre de chiffres apparente – chose rare.

Après 127 heures de chargement, vous pourrez regarder les magnifiques documentaires d’Arte 7+

Nous avons testé notre fameux Arte +7 et bien entendu, le site, très lourd, est loin de mettre à genou le Tegra 3, même sur le navigateur par défaut. On peinera toujours à naviguer avec un doigt dans le carrousel en Flash, mais le problème vient plus de Flash Player en lui-même que de la tablette. Une fois la vidéo souhaitée mise en plein écran, tout roule !

2 – Le clavier et l’expérience Transformer

Parmi ceux qui cherchent à acheter une tablette tactile, beaucoup se demandent avant de passer à la caisse à quoi l’objet pourrait bien leur servir. C’est vrai, on l’a souvent répété, on trouve l’intérêt d’une tablette après l’avoir utilisée au quotidien. Mais Asus a abordé le problème autrement en proposant un dock clavier qui permet de transformer la tablette en netbook.

Avec la première Transformer, vous aviez le choix, et vous pouviez acheter la tablette avec ou sans son dock, pour une remise d’à peu près 100€ sur la facture si vous ne le preniez pas. Cette fois, la tablette seule n’est pas mise en vente, pas tout de suite du moins. Stratégie assez étrange, puisque la tablette en elle-même vaudrait, cette fois, largement la peine d’être considérée et qu’Asus a pensé à boucher les trous pour le dock avec des caches en plastique très bien enfoncés dans la tablette.

Quand on taille dans le lard, on perd du port

Mais alors ce clavier, que vaut-il ? Je vous avoue que je ne sais pas si l’ensemble vaut la peine qu’on s’y attarde longuement, sachant que nous avions écrit un millier de mots à son sujet dans le test de la Transformer. J’ai la chance d’avoir les deux tablettes avec moi, et je reconnais que j’ai du mal à distinguer des changements en terme de ressenti.

La disposition du clavier est similaire, la réponse des touches également, même si, bizarrement, le nouveau clavier fait un peu plus cheap que l’ancien : certaines de mes touches, par exemple, ne sont pas bien centrées dans leur emplacement mais décalées sur la droite. Cela dit, à part cela, vraiment rien de nouveau sous le soleil et si vous êtes habitués à la frappe sur netbook, vous ne serez pas dépaysés, les claviers Asus étant ce qui se fait de mieux dans le domaine.

Y, H, U, I, O, ne sont pas au centre, par exemple. K, L ou M le sont.

Du côté du software, puisque Asus a dû adapter Android à un usage « netbook », on note quelques petits changements par rapport à la première version. Déjà, les « cercles » qui correspondaient aux doigts posés sur le clavier ont été remplacés par un pointeur traditionnel sur les bureaux. Le trackpad reste multitouch : pinch’n'zoom, deux doigts pour scroller etc. sont des actions que vous assimilerez bien vite. On se demande par contre pourquoi les gestes sont inversés sur les bureaux et dans les applications : il faudra soit « pousser » soit « tirer » l’écran avec le trackpad pour arriver au même résultat.

Ice Cream Sandwich est plutôt agréable à utiliser avec un trackpad même si ses grosses icônes et ses applications ont été pensées pour un usage tactile. Si la Transformer Prime pourra être le netbook d’appoint que vous cherchiez pour répondre à vos mails ou surfer sur internet, je ne sais pas si vous pourrez remplacer votre ordinateur pour de la saisie de texte plus conséquente.

Les paramètres Asus permettent de régler 2 ou 3 options bien pratiques. Saint Constructeur bénissez la capture d’écran native.

La raison ? Un problème qui apparaît quand vous tapez sur les navigateurs : l’écriture à l’écran, n’est pas instantanée et le décalage est plutôt perturbant quand on a l’habitude de taper très vite. Même chose pour effacer, la touche « backspace » ne réagit pas si vous laissez votre doigt appuyé pour effacer un mot : vous le faites machinalement, la tablette enregistre la commande, et vous vous apercevez que vous avez effacé la moitié de votre paragraphe. Notez que dans Polaris, ce problème n’existe pas : il vient donc très sûrement des applications systèmes pas pensées pour fonctionner avec un clavier physique.

Pour résumer, on peut dire que si, pour la première Transformer, le clavier était une grande partie de son succès, pour cette deuxième mouture, cela n’est pas aussi évident. Il y a un an, la technologie n’était pas aussi aboutie et le produit « tablette » était difficile à vendre sans une bonne dose d’innovation. La Prime est un produit fini et redoutablement efficace dans la catégorie « tablette Android » en lui-même : on se demande pourquoi Asus a forcé ses clients à acheter un dock clavier qui ne paraît aussi essentiel qu’avant pour convaincre. Et puis le netbook, c’est has-been.

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