I – Du netbook à l’ultrabook : de la Transformer à la Prime

1 – Quand Asus redéfinissait le terme « haut de gamme »

En 2008, la mode était au netbook : MSI, HP, Samsung, Sony et bien sûr Asus  se sont lancés dans la bataille. D’ailleurs, la marque taïwanaise peut se vanter d’avoir lancé le format, avec ses premiers netbooks de 7 pouces, qui étaient malheureusement bien trop petits pour être confortables. Avec l’arrivée massive du format 10 pouces, Asus n’est pas resté sur ses acquis : au contraire, ce sont eux qui ont poussé les modèles vers l’avant, jusqu’à sortir des netbooks « idéaux », les fameux Seashell.

Elégante, même avec un oeil plus petit que l’autre

Quand la première Transformer est sortie en 2011, Asus a évidemment repris toute son expertise dans le domaine du portable d’entrée de gamme : entre un des derniers 1015PE de la gamme netbook et une Transformer, il n’y avait pas beaucoup de différence du côté du design. Si l’ensemble était de bonne facture, on restait dans l’esprit netbook, c’est-à-dire des ordinateurs très peu chers et conçus pour être promenés plus que pour faire tourner de grosses applications. Les finitions étaient bonnes, mais pas encore au niveau des Galaxy Tab ou du précieux iPad.

Avec sa Transformer Prime, Asus annonce la couleur : la référence ne sera plus le netbook, mais l’ultrabook, nouvelle mode de 2012 lancée par Apple avec ses Macbook Air il y a quelques années maintenant. Qu’est-ce qu’un ultrabook ? Un ordinateur portable très fin, très léger et sans compromis : les matériaux utilisés sont généralement luxueux et les caractéristiques ne sont pas revues à la baisse par rapport aux ordinateurs portables traditionnels. Cette gamme, chez Asus, c’est celle des ZenBook, dont la Transformer Prime est clairement inspirée.

Le papa de la Prime, c’est lui

Et quand on connaît cette paternité, le produit ne surprend pas, mais ne déçoit pas non plus : entre la première Transformer et cette Transformer Prime, il y a un monde en terme de design et de finitions. Exit par exemple le plastique, cette fois, nous avons comme sur iPad un revêtement arrière en aluminium qui, a lui seul, est un gage de qualité : avec la Galaxy Tab 7.7 qui reprenait les mêmes codes, on sent que les constructeurs Android veulent s’imposer dans le haut de gamme avec une image de marque. Si l’on pouvait trouver trop chères les tablettes de la précédente génération, cette fois, un saut qualitatif a été fait et les prix élevés semblent de plus en plus justifiés pour ce type de matériel.

Le design de la tablette a été bien plus travaillé que celui de son aînée, les bords anguleux laissant leur place à de belles courbes, qui permettent également d’affiner l’ensemble. Toutes ces références à Apple dès le premier chapitre de ce test vont faire grincer des dents les plus Androidiens d’entre vous, mais il faut reconnaître que le design emprunte cette fois énormément à l’iPad, bien plus que les Galaxy Tab en tout cas. Il suffit de les mettre côte à côte pour s’en rendre compte : jamais deux tablettes n’auront été aussi proches, l’une étant la version allongée de l’autre.

Regardez la galerie complète en fin d’article, la ressemblance entre deux modèles n’a jamais été aussi poussée

Chers lecteurs, rangez votre mauvaise foi : c’est loin d’être un défaut et quand un constructeur reprend ce qui se fait de mieux pour l’adapter à ses modèles, il n’y a pas de quoi polémiquer. Cette cure d’amaigrissement n’a presque aucun impact sur la connectique : on retrouve un port microSD sur la gauche de l’appareil, secondé d’un port micro-HDMI, qui remplace le mini-HDMI du premier modèle de Transformer : il faudra racheter un câble. Sur la droite de l’appareil, la sortie mini-jack ne manque évidemment pas à l’appel.

Duel au sommet

Même remarques du côté du dock clavier, qui est moitié moins épais que celui de la première Transformer. Les lignes ont été revues pour coller au nouveau design de l’ensemble, et, une fois la tablette sur son dock, on a du mal à ne pas voir un ZenBook de petite taille. Fait étrange : le système de charnière semble être d’une qualité inférieure au reste, mais vu qu’il prend à peu près 7 pouces en un seul bloc sur l’ensemble , vous ne devriez pas avoir de problème avec avant très longtemps.

Pas de surprise sur la disposition du clavier : c’est exactement le même que le premier et on regrette vraiment qu’Asus n’ait pas corrigé les petits défauts. La touche « Fn », par exemple, est présente deux fois sur le clavier et sert à activer en tout et pour tout 4 touches, dont on ne se sert en pratique quasiment jamais. Il aurait été judicieux, par exemple, d’utiliser cet espace pour intégrer au clavier une touche « suppr », qui, elle, est bien utile lors de la rédaction.

Sensation de déjà-vu ? En tout cas, le Fn est toujours deux fois trop présent. 

Asus a soigné l’adaptation de son modèle de clavier de référence à Android, puisque toutes les touches de fonction (F1 F2 F3 etc.) sont ici transformées en des touches d’actions directement en rapport avec les fonctions natives du système : retour, WiFi, luminosité, navigateur, appareil photo, paramètres ou encore « verrouillage ». Comme on vous le disait, aucune utilité pour la touche « Fn » puisque tout est accessible dès la première pression. En bas du clavier, les touches « Windows/Cmd », « Alt » et « Clic droit », ont été remplacées respectivement par « Home », « Recherche » et « Menu », trois autres fonctions bien utiles sur Android.

Petit regret, finesse oblige, on perd un des deux ports USB du premier dock. C’était bien pratique quand vous vouliez brancher une souris et une clef USB ou un disque dur externe, désormais, il faudra choisir. Par contre, Asus a laissé l’emplacement SD, ce qui fait que l’ensemble peut compter sur 32 Go minimum de stockage interne, et deux types de stockage externe différents : clairement, nous sommes en présence d’une tablette vouée à recevoir maints films, jeux et autres séries. Nous y reviendront.

2 – Les ennemis géniaux des batteries : Super-IPS, Tegra 3 et leurs copains

Nous sommes donc en face d’un produit très haut de gamme qui, en apparence au moins, laisse présager du meilleur. Et pour une fois, les apparences ne sont pas complètement trompeuses. A l’intérieur de la bête, on trouve notamment deux technologies bien mises en avant par le constructeur : le processeur nVidia Tegra 3 et l’écran Super IPS+.

Difficile de tuer un reflet sur un écran brillant, même avec un Super IPS +

Le Tegra est bien connu des amateurs de technique : c’est le premier processeur ARM pentacore. Penta, parce que les quatre coeurs qui fonctionnent ensembles sont accompagnés d’un cinquième coeur sous-cadencé, qui prend le relais pendant les opérations ne demandant pas beaucoup de puissance, permettant ainsi de sauver la batterie. En pratique, on ne sait malheureusement pas vraiment vous dire quand le mono-coeur ou les quatre processeurs sont utilisés.

Quand on voit que n’importe quelle tablette sous Honeycomb peine à atteindre la fluidité de cette tablette, par exemple dans le changement entre deux bureaux, on se pose des questions : comment un simple coeur pourrait-il faire tourner un système aussi parfaitement alors que les Tegra 2, Exynos et autres OMAP dual-core ont un mal fou à gérer des transitions pourtant simples ? Difficile de répondre, puisqu’en plus d’être sous une autre architecture, nous sommes sur un nouvel OS. Alors soit Ice Cream Sandwich est à des kilomètres d’Android 3.x niveau optimisation, soit nVidia a réussi à faire tourner Android sur tablette parfaitement avec un seul coeur. D’un côté, cela donne de l’espoir pour les tablettes de 2011, de l’autre, cela montrerait qu’il y a processeur mobile et bon processeur mobile : Intel avec son simple coeur prévu pour la fin de l’année aurait donc toutes ses chances…

Cette photo pour tous les détracteurs : regardez, l’écran est flou si on se penche !

Bref, nous ne pouvons pas statuer avant d’avoir vu Ice Cream Sandwich tourner de manière officielle sur un Tegra 2 par exemple. Reste que ce Tegra 3 est énergivore et que vous devrez utiliser votre tablette avec parcimonie si vous comptez jouer dessus sans avoir le chargeur à portée de main, même si le dock clavier fait office de batterie de secours. De même, on les sent tourner, les 4×1,4 Ghz de ce petit Tegra 3, et dès le quart d’heure d’utilisation en jeu, la tablette aura pris quelques degrés.

Cela dit, Asus l’a bien fait comprendre : nous avons entre les mains une tablette de maison et il n’y a pratiquement aucune raison que vous n’ayez pas une source de courant à proximité – surtout qu’il ne faut pas dramatiser, quand je dis que la batterie descend vite, vous avez quand même plus de 5h d’utilisation devant vous sans compter le dock (mais dans ce cas, ce n’est plus vraiment une tablette…).

Asus vendra sa Transformer 3 avec une station nucléaire de poche

L’écran, quant-à lui, a beaucoup fait jaser. D’un côté, Asus nous sort une tablette de nouvelle génération et conserve pourtant un écran « de 2011″, alors que Acer a déjà prévu une tablette à la définition bien plus élevée et que l’écran de l’iPad 3 sera très probablement deux fois mieux que celui de l’iPad 2. Oh, Asus a la réponse à ça : eux aussi, vont sortir une Transformer Prime ++ en milieu d’année prochaine. Ce sera la même, avec un écran HD. On peut alors se demander si le constructeur ne se moque pas un peu de ses premiers clients…

Cela dit, même si la communication laisse à désirer – l’annonce de cette Prime HD ayant eu lieu juste après la commercialisation de la Prime, comme s’il fallait réagir dans l’urgence aux annonces des autres -, deux inconnues demeurent : le prix, et la disponibilité. C’est tout à fait possible qu’Asus propose une tablette encore plus cher. Ou moins cher, pour s’aligner sur Apple. Difficile à prévoir, surtout qu’on ne sait pas quand ces tablettes seront disponibles…

Difficile de vous montrer l’effet du Super IPS+ sur une capture d’écran…

Restons donc sur notre modèle disponible dans le commerce à partir de 600€ avec dock. Son écran affiche 1280×800 pixels, comme tous ceux de la gamme 2011. Cela dit, Asus a ajouté deux technologies : un « Super » devant IPS et un « + » derrière. Bullshit marketing ou véritable innovation ? Passons sur le « Super » qui concerne la norme IPS en elle-même, censée offrir des angles de visions très larges sans assombrissement. On parle de 176 ou 178 degrés d’angle pour une vision optimale, mais hé, n’allez pas me dire que c’est votre passion de regarder votre tablette à l’horizontal. En pratique, c’est vrai, on ne voit pas du tout de changement d’intensité des couleurs ou de luminosité : contrat rempli.

Le « + », quant-à lui, concerne la luminosité. On peut la booster en appuyant sur un bouton accessible dans le menu des paramètres rapides. Alors oui, ça booste. Lire au soleil grâce à ça ? Je ne crois pas, même si le temps parisien ne m’a pas permis de le tester. Par temps gris, en extérieur, on voit toujours ce qui se passe à l’écran, mais le verre brillant a tendance déjà à refléter et à gêner la lecture. J’ai du mal à croire qu’en plein été, l’IPS+ permettra d’utiliser la tablette confortablement en extérieur. Surtout que si vous activez cette fonction et qu’en plus vous demandez au Tegra 3 sa pleine puissance, je ne donne pas cher de votre batterie.

… en dédommagement, veuillez accepter ce chaton.

Fonction utile donc, mais pas révolutionnaire et vraiment énergivore. L’écran est clairement ce qui se fait de mieux sur tablette tactile de 10 pouces en ce début d’année 2012, ne nous faites pas dire le contraire, mais on sent qu’on a atteint un stade ou l’innovation sur ce format et cette définition est plus du côté de la coquetterie que de l’utilité réelle – les véritables avancées se feront du côté des écrans « Full HD ».

On a donc un produit qui s’insère parfaitement dans la gamme qu’il revendique, Asus n’ayant pas lésiné sur les finitions et le choix des composants ou des matériaux, sans pour autant révolutionner le genre. Le processeur est excellent mais consomme beaucoup, l’écran est le meilleur actuellement mais sans grande surprise.

Comme on le dit à chaque fois, une tablette n’est pas qu’un cadre photo, voyons donc tout de suite ce qu’il en est du côté du software, avec le tant attendu Android 4.0.

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