Voilà un papier qui a dû faire plaisir aux pontes de Sony : Walt Mossberg, peut-être le plus grand fanboy d’Apple de la planète, semble apprécier la Tablet S qu’il estime à la fois différente de l’iPad tout en étant aussi bien pensée. Alors, on aurait un chef d’oeuvre sous Honeycomb à venir ? J’irai voir les tablettes le 20 et j’espère pouvoir vous proposer un test assez rapidement, mais regardons un petit peu ce que le grand gourou en dit.

D’abord, comme ses collègues, il salue le design et l’ergonomie de la bête. La forme non conventionnelle de la tablette semble faire l’unanimité, surtout en mode portrait, le tout est bien balancé. Deuxième point fort : l’écran. Comme Samsung, Sony n’en est pas à son coup d’essai dans le domaine et apparemment, le constructeur a bien fait les choses. Enfin, Sony semble avoir voulu faire de sa tablette une vitrine de ses services multimédia et la compagnie propose donc des tas d’applications très bien pensées pour combler le vide de l’Android Market.

La Tablet S est donc aux confluents des stratégies de ses concurrentes, iPad ou Galaxy Tab, proposant des services propriétaires, un design original ou encore véhiculant une image de « luxe ». Le « Sony Store » ouvert à Paris n’est pas anodin, par exemple. Plus dérangeante est la stratégie de Sony pour se démarquer de la concurrence, proposant de nouveaux services de développement propriétaires comme le SDK Android dédié aux jeux annoncé lors du Tokyo Game Show. Est-ce que l’OS avait encore besoin d’être plus fragmenté qu’il ne l’était ? Quel développeur prendra le risque de développer un jeu pour les tablettes Android Sony, qui, ne rêvons pas, ne s’écouleront pas par millions ?

En fait, ce n’est pas une tablette tactile : c’est un cadre photo qui affiche tout le temps la même image

L’exemple de la Tegra Zone a montré d’un autre côté que les jeux développés pour ces plate-formes tierces étaient souvent des produits de qualité, mais limités sans raison aux produits Tegra, alors qu’ils peuvent potentiellement tourner sur n’importe quel processeur haut de gamme. Si chaque fondeur, chaque industriel, chaque marque commence à proposer son propre standard, Android ne pourra jamais surmonter sa plus grosse lacune : le manque d’applications de qualité. Imaginez que sur iOS, sur un seul matériel, vous avez l’ensemble de la Tegra Zone, des jeux Sony, des services Samsung, du launcher d’Acer, des plate-formes de VOD partenaires de X ou Y… bref.

D’un côté, il faut acheter 5 produits pour avoir 35 applications de qualité, de l’autre, toutes ces applications sont disponibles sur la même machine. Qu’on ne s’étonne pas que même les geeks éclairés puissent encore préférer l’iPad si les constructeurs plantent des barricades autour de leur Android à chaque nouveau produit. Mais que fait Google ?