Lors de la présentation de la tablette Surface sous Windows 8 et malgré le sex-appeal de la bête, Microsoft a oublié trois informations qui ont fait tiquer toute la presse internationale spécialisée : la disponibilité, le prix et bien sûr, l’autonomie des modèles. Faire un événement aussi important et aussi médiatisé pour arriver avec une nouvelle ardoise qui, comme d’habitude, ne sortira pas avant 6 mois, sur un marché qui aura changé et sans aucune idée de prix si ce n’est un « à peu près comme les autres », cela ne fait pas sérieux. Microsoft a un coup énorme à jouer avec ce modèle qu’il considère avec la souris et la Xbox comme l’un des produits hardware les plus pertinents qui ait été conçu à la maison et répète dans sa conférence les erreurs des constructeurs Android depuis 2 ans.

Si ces deux premiers aspects risquent d’être dangereux du côté de la communication et du marketing, le troisième pourrait être plus gênant pour l’utilisateur final. Microsoft a présenté hier deux modèles, la Surface sous Windows 8 RT et la Surface Pro sous Windows 8 classique, la première tournant donc avec un processeur ARM basse consommation, la seconde avec un processeur « classique » d’ordinateur portable, un Intel Core i5. Alors même si Microsoft n’a pas donné de chiffre, il est possible de faire quelques calculs approximatifs à partir de l’iPad ou de l’A700…  Cnet a fait un petit tableau comparatif qui indique les données brutes affichées pour les trois produits, Microsoft ayant préféré fournir une donnée complètement absconse plutôt qu’une valeur intéressante, soit l’énergie en Wh – et non la consommation en W/h, merci à Kantfredo pour la précision.

Cette donnée, comme un de nos lecteurs l’a si bien dit, c’est comme si vous achetiez une voiture et qu’on vous disait quelle taille faisait son réservoir, mais pas combien elle consomme. Vous pourriez donc vous retrouver à faire les 24h du Mans en one-shot ou à tomber en rade en allant acheter le pain. Prenons donc des mesures comparables : Surface est à 36 Wh, Surface Pro, 42 Wh et l’iPad de dernière génération, 42,5 Wh. Que la tablette disposant d’un écran de 1366×768 pixels soit moins pourvue que l’iPad Retina, okay, d’accord. Que Surface Pro, en revanche, ait la même chose en ayant elle aussi un écran Full-HD et un processeur x86, pas réputé pour sa modération, là, on a un problème. Soit Microsoft joue du pipeau, ou parle de consommation en veille, soit ils ont trouvé une manière d’optimiser la conso’ à tel point qu’un processeur x86, les composants associés et un écran HD pompent aussi peu de batterie qu’un processeur ARM basse consommation accompagné d’un écran HD similaire.

Si l’on fait le tour des ultrabooks disponibles aujourd’hui sur le marché, on s’aperçoit qu’en moyenne, les modèles qui ont une résolution de 1440×900 pixels et une batterie de 7000 mAh atteignent à peu près 7h théoriques sur batterie, c’est-à-dire plutôt 5h en pratique. Les deux tablettes HD les plus endurantes, l’iPad et l’A700, elles, tiennent à peu près entre 9 et 12h en pratique, l’ardoise d’Apple ayant à sa disposition un monstre de batterie de 12500 mAh. Dès lors, pour arriver à un score similaire et à supposer que les valeurs données par Microsoft soient justes, il faudra une batterie effectivement similaire dans la Surface Pro. Et là où l’on peut s’inquiéter, c’est que dans le cas d’un ultrabook x86, la batterie de « seulement » 7000 mAh est logée dans la partie clavier, où il y a de la place.

Comment insérer une batterie deux fois plus grosses dans une tablette qui a moins de surface ? Comment, dans l’hypothèse d’une batterie similaire, arriver à une longévité similaire sur la Surface Pro et sur l’iPad qui n’ont pas du tout le même hardware ? Si vous êtes un spécialiste de la miniaturisation ou de Tetris, votre avis nous intéresse et nous serions heureux de revoir notre raisonnement – si vous arrivez à la même conclusion que nous… eh bien on ne peut que espérer que Microsoft ait trouvé un moyen de résoudre ce paradoxe à temps.