Windows 8 ne laisse pas indifférent, c’est un fait. Il est attendu par les habitués des OS de Microsoft, il est détesté par les libristes et autres défenseurs du libre. Une chose est sûre, Windows 8 est un pari majeur pour la société de Redmond : allier le monde du PC et de la tablette. Sur tous les fronts, Eight va devoir imposer. Dans le domaine des architectures x86, Win 8 n’aura pas vraiment de problème pour s’imposer, hormis les réticences d’usage des particuliers et des entreprises. Le nombre de versions proposées – standard, Pro et RT – devrait venir compensé le déficit d’image sur le moyen terme. Mais la pénétration de 8 sur les processeurs ARM n’est absolument pas assurée, loin s’en faut. Face aux OS déjà présents et prêts à faire de la résistance, Windows 8 aura tout à prouver.

Conséquence plus ou moins inattendue, les appareils qui étrennent Eight montrent tous une prise en main possible au tactile. Sous quelque architecture que ce soit. Le Computex 2012 aura été l’occasion de voir Acer, Asus et consorts nous présenter des modèles hybrides, alliant utilisation classique au pad et à la souris et usage au doigt. Dans la future jungle dense des tablettes ARM sous Win 8, Bloomberg a remarqué l’étrange absence d’un autre constructeur local, HTC. Une observation qui, associée à des bruits de couloir, a donc amené le site à dire que le constructeur a été écarté par Microsfot des fabricants potentiels d’ardoises. Brandissant les résultats financiers en berne, l’incapacité du constructeur à assumer les délais tenus ainsi que sa volonté d’apporter des retouches identitaires dont se passerait bien Microsoft, voici le Taïwanais relégué au fond du tableat des partenaires industriels.

La réaction ne se fit pas attendre : dans les heures qui suivirent, TechCrunch se fendit d’un article plutôt sec, expliquant pourquoi HTC n’a pas été mis sur la touche par Microsoft. Quand le monde technologique n’arrive pas à dégager un consensus, alors un juge de paix débarque, de son aura modestement vêtu : nous appelons donc à la barre Les Ardoises. Première information à désamorcer : les relations entre HTC et Microsoft se sont bien refroidies. La faute à un partenariat de plus en plus poussé entre Nokia et le créateur de Windows. Les rumeurs, qui veulent faire passer le duo du bisou d’esquimau au roulage de patin en bonne et due forme, vont bon train. Dans le paysage des Windows Phone, il ne faut pas oublier que HTC détient l’essentiel des modèles en vente. Si la gamme des Lumia aura fait l’objet d’une bonne promotion sur divers canaux d’informations, les Radar et Titan du taïwanais n’auront pas été en reste au moment de leur introduction sur le marché.

Ensuite HTC n’est clairement pas un constructeur de tablettes. Les Flyer et Puccini-Jetstream n’ont pas connu les ventes escomptées – si il y avait vraiment des prévisions huhu -, la faute aux prix excessifs demandés. La Jetstream n’aura pas franchi les frontières américaines tout autant que la Flyer a trouvé des clients une fois que son prix fut sérieusement revu à la baisse. Alors c’est un fait, les résultats de la compagnie ne sont pas au beau fixe, la marque perd du terrain sur Android, Samsung faisant toujours office de numéro 1 worldwide et Motorola se débrouillant toujours bien sur le sol américain. Mais il reste un interlocuteur de qualité pour Microsoft, avec sa propension habituelle à fabriquer du bon matériel. HTC avait clairement énoncé le souhait de recentrer sa gamme vers des appareils-phares, à la forte identité visuelle.

Dans cette optique, il me paraît peu probable que nous voyons une tablette HTC sortir du chapeau de Peter Chou. Ce n’est pas le coeur de métier de la marque, les deux expériences ardoises précédemment citées n’ont pas été concluantes. De là à penser que Microsoft leur a gentiment montré le chemin de la sortie, nous ne nous y avancerons pas. Nous ne sommes simplement pas étonnés de noter l’absence de cet acteur dans notre monde bucolique.