Hier, j’étais dans le train à côté d’une demoiselle qui avait, pendant tout le voyage, un Blackberry dans les mains. J’aurais pu lui parler pour mieux comprendre son choix, cerner son profil, écrire une étude que j’aurais vendue à RIM, leur montrant que leur parc d’usagers n’est pas éteint, qu’il reste encore des gens qui aiment les claviers physiques et qui apprécient les systèmes sécurisés, à l’ergonomie en dehors des sentiers battus… mais j’étais en IDZen, et en IDZen, on se tait, c’est tout.

Dommage, parce qu’apparemment, malgré des tentatives pour rassurer son monde, avec la baisse de prix de la Playbook, l’arrivée des applications Android sur QNX et l’annonce de Blackberry 10, les appareils mobiles de la marque canadienne ne se vendent plus. Même la fameuse tablette, qui, a 199€, reste encore aujourd’hui un bon choix pour une petite tablette d’appoint malgré un désert applicatif sur l’App World, commencerait à rester plus longtemps dans les cartons que sur les étals virtuels ou physiques.

On savait depuis le début de la semaine que RIM allait procéder à des suppressions d’emploi, mais rien ne laissait imaginer – sauf le flair cynique dont nous aurions pu faire preuve, admettons-le – que la compagnie allait vraiment aussi mal : certains journalistes et autres analystes vont jusqu’à affirmer que RIM ne pourra pas survivre plus longtemps s’ils continuent de reposer leur santé sur la vente d’appareils. Mais alors quoi ? Que faut-il faire ? Distribuer QNX ou Blackberry OS 10 à d’autres constructeurs, transformer le système en une sorte d’OS à licence, sur le modèle de Windows ? Difficile pour RIM qui contrôle une grande partie de l’écosystème grâce à ses propres serveurs – notamment pour les mails et BBM.

Du coup, nous ne voyons pas très bien ce qui pourrait sauver la compagnie de la chute à part un mécène providentiel qui ne ferait qu’injecter une petite dose d’adrénaline ou une idée de génie qui pourrait la faire revenir sur le marché de la tablette ou du smartphone désormais bien occupé par iOS et Android. Tout cela est bien regrettable, nous l’avons bien vu depuis un an, c’est la concurrence qui pousse l’innovation sur ce secteur très fermé de la tablette tactile… et il n’est donc jamais bon de perdre un concurrent.

via : Bloomberg & BGR