Nous voici revenus bien des années en arrière, où les querelles de clochers secouaient le monde du génie logiciel. Du temps où un seul navigateur était disponible sous l’environnement Windows : le bien-nommé Internet Explorer. Puis de nouveaux acteurs ont voulu se convier à la fête comme AOL, Mozilla, Opera Software et plus récemment Google. Et les parts d’IE n’ont pas tardées à fondre. Trop vite au goût de Microsoft. La sortie du prochain OS de Microsoft, Windows 8, est l’occasion d’investir un maximum de plateformes et notamment les appareils sous architecture ARM – téléphones, tablettes etc. La version dédiée se nommera Windows 8 RT, pour RunTime.

Trouverez-vous l’intrus ?

Alors que cette prochaine itération majeure a passé le stade de la Consumer Preview, des voies commencent à s’élever pour dénoncer les attitudes douteuses du géant américain. La première d’entre elles n’est autre que Mozilla. Par le biais de son avocat, Me Harvey Anderson, Mozilla dénonce la volonté de Microsoft de renier toute compétition et innovation avec Windows 8 RT, tout en ne laissant aucun choix de navigateur pour l’utilisateur. Vous pouvez retrouver les détails en anglais en suivant ce lien.

Pour donner un peu plus d’éléments, le porte-parole de Mozilla, Mr Asa Dotzler déclare que Microsoft empêche les autres développeurs de navigateurs alternatifs de travailler sur un concurrent pour la partie classique de Windows ARM – le même bureau tel que nous le connaissons. De plus, l’entreprise de Redmond aurait un navigateur opérationnel pour l’interface Metro, jouissant de puissantes APIs – Application Interface Program ou interface de programmation. Ces mêmes APIs fermées aux développeurs tiers. De ce fait, Microsoft semble décider à obstruer l’accès à ses concurrents pour la navigation sur Windows 8 RT. Plus d’informations en anglais par ici.

Aujourd’hui, Google se joint à Mozilla, en toute amitié krkrk, pour dénoncer à demi-mot cette politique du pire, où un acteur majeur puisse contraindre l’usager à ses choix, sans possibilité de repli vers un concurrent. Un retour aux heures sombres de l’informatique, où Microsoft avait, dans le milieu des années 90, notamment anéanti le business-model de Netscape Navigator – principal concurrent d’IE – en rendant Internet Explorer gratuit, puis intégré d’origine dans Windows 95. La firme de Redmond n’a pas encore communiqué à ce sujet et Mozilla se dit prêt à aller devant les tribunaux américains en dernier recours. Comprendre : si les choses n’évoluent pas sereinement, une action pour abus de position dominante pourrait causer de lourdes sanctions pour Microsoft. Une entreprise avertie en vaut deux.

via : CNET