C’est la question soulevée par Viacom Inc. – acronyme de Video Audio Communication -, qui agrège de grands noms des milieux de la télévision et du cinéma comme DreamWorks, Paramount ou MTV. Pour y répondre, elle a lancée une étude, nommée Tapping into Tabletomics, à travers les États-Unis. Entre sondages et rencontres organisées à New-York et Los Angeles, l’enquête aura recueilli les retours d’un panel d’un peu plus de 2500 personnes, âgées de 8 à 54 ans. Les résultats sont arrivés il y a quelques jours, au détour d’un communiqué de presse.

La conclusion est sans appel : le trafic de visionnage des émissions et séries de télévision est en hausse constante sur les tablettes – jusqu’à atteindre les 15%. Jusqu’à dépasser le pourcentage des ordinateurs et des smartphones – les chiffres individuels n’ont pas été communiqués. On pourra temporiser sur le caractère représentatif du panel, toujours est-il qu’une mouvance de fond est clairement visible. Nous sommes en droit de nous interroger sur les raisons de ce chiffre, relativement important.

Deux facteurs sont mis en avant par l’étude : les applications de masse, les applications dédiées, créées par les chaînes, et les possibilités grandissantes de diffuser son affichage depuis sa tablette – le fameux mirroring. Tout d’abord les applications comme Hulu ou Netflix, plus que plébiscitées – les rumeurs d’arrivée de ce dernier en France grandissent. Elles captent une part non-négligeable du trafic audiovisuel. Viennent ensuite les applications « officielles » des chaînes de télévision qui proposent du direct et/ou du replay. Rien d’étonnant.

L’enquête met donc en lumière les utilisateurs de systèmes de mirroring sans-fil comme AirPlay ou Whispersync et qui ont tendance à générer encore plus de trafic que les « simples » utilisateurs d’applications de streaming. L’étude n’aborde pas les questions du DLNA ou du mirroring par câble HDMI, beaucoup plus généralisés mais sans doute plus difficile a quantifier. Je reste assez dubitatif par rapport à ce focus fait par Viacom sur la diffusion de programmes télévisuels à partir des tablettes à destination d’autres appareils, qui sont bien souvent
des téléviseurs. Regarder un flux TV depuis la tablette pour le streamer sur un écran plat, c’est se mordre la queue pour le plaisir d’utiliser les fonctionnalités de ces engins. Ou alors une chose m’échappe.

Enfin le communiqué traite d’un dernier point, qui n’est pas un phénomène inconnu : la Dual screen experience. Comprendre ici regarder la télévision tout en utilisant sa tablette pour une toute autre activité ou, à l’inverse, une utilisation complémentaire. Effectivement, une certaine catégorie d’applications voit le jour, dans la veine de VH1 Co-Star ou MTV Watchwith – deux chaînes de Viacom étonnamment – qui transforme votre tablette en une sorte d’add-on interactif, en fonction du programme que vous regardez.

Sans aller jusque là – par le biais d’applications dédiées a cet usage unique – le réseau social Twitter est devenu au fil du temps un lieu central où les utilisateurs commentent les émissions en direct. De par son caractère spontané, ces sessions de LiveTweets me donnent l’impression d’avoir fait rentrer la télévision dans mon PC, ma tablette et aussi mon smartphone. Malheureusement, les programmes qui font l’objet de cet exercice, exigeant à la base, ne sont pas toujours les plus intéressants.

Au final, la relation qu’entretiennent tablettes et télévisions semble faite pour durer, l’une et l’autre s’offrant mutuellement du contenu. La télévision garde une belle longueur d’avance en terme de qualité de son et d’images. Pour du grand spectacle ou de grands événements sportifs, le petit écran – plus par sa taille physique – reste l’appareil dominant. Mais la hausse des résolutions de nos ardoises avec des systèmes de restitution sonore encore plus performants pourrant hisser à terme la tablette au niveau de la qualité des écrans plats tels que nous les connaissons. Le facteur structurel limitant ? Notre connexion Internet. Le noeud de notre environnement multimédia. De là ou tout part et tout arrive.