Amazon est nettement la compagnie qui a su le mieux tirer partie d’Android l’an passé. Enfin, Android, dans les limites d’une définition technique du système, puisque celui qui est installé dans la machine d’Amazon n’a rien à voir avec « L’Android by Google ». Mais toujours est-il que les ventes de Kindle et de Kindle Fire ont été excellentes, surtout à Noël, confirmant Amazon dans sa position de leader du marché de l’ebook. Cette hégémonie a été construite sur un business model fondé sur le « tout virtuel », il y a bien des centaines d’employés chez Amazon, mais la vente est toujours digital. Jusqu’à dans quelques mois.

Le géant souhaite en effet ouvrir sa première boutique à Seattle. Pour y vendre quoi, puisqu’ils ne prétendent pas être une librairie ? Ses tablettes, ses services. Cette évolution est amusante à regarder de l’oeil d’un amoureux de littérature : la plus grande librairie au monde ouvre une boutique et ne vend pas de livre, mais des appareils pour lire des livres, le medium à la place du produit final. Fnac et Virgin vendent déjà leurs propres e-readers au milieu des livres, mais Amazon, comme d’habitude, radicalise le concept en ne proposant que la machine.

Et après tout, cela est parfaitement en phase avec leur politique commerciale : vendre des produits physiques pour faire acheter des biens virtuels. Un grand nombre de testeurs américains l’ont remarqué : le Kindle Fire n’est que la porte d’entrée à 200 dollars vers un magasin virtuel de livres, d’applications ou de films. D’où l’impossibilité pour la firme de proposer aujourd’hui sa tablette en dehors des USA : les offres légales de service en France par exemple sont quasi-inexistantes du côté de la culture (merci Hadopi) et Amazon aurait bien du mal à trouver des acheteurs pour une coquille vide.

via : Business Insider