Comme promis à plusieurs d’entre vous depuis la reprise du site, voilà enfin ce fameux article qui permettra au non connaisseur d’y voir plus clair dans la jungle des tablettes. Comme le travail est à l’échelle de la matière, c’est-à -dire énorme, ce premier article sera consacré à un exposé des OS, de leurs spécificités, avantages et inconvénients. Les machines phares seront évoquées pour chaque OS, mais cet article n’a pas vocation à référencer tout le marché de la tablette.
Un deuxième article, écrit par les rédacteurs de FrAndroid et qui sera relayé sur ce site, aura vocation à recenser et comparer le matériel disponible avec l’OS de Google. Vous pourrez considérer ce deuxième article comme un complément de celui-ci, les autres « grands » n’ayant pas autant de modèles à présenter que le géant de Mountain View.
Enfin, pour ménager votre cerveau et mes doigts, cet article sera divisé en deux parties. Aujourd’hui, vous aurez le droit aux trois géants. Idéalement demain, en tout cas avant la fin de la semaine, ce sera au tour des outsiders, non moins importants, de transiter de notre clavier vers votre écran.
Vous êtes prêts ? Allons-y.
Sommaire
Chaque OS a sa page permanente pour plus de clarté. Pour commenter l’article, restez ici !
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- 1 – Windows 7
- 2 – iOS et iPad
- 3 – Android
- 4 – WebOS
- 5 – Blackberry OS
- 6 – Divers
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Microsoft et Windows 7
Nous avons choisi de commencer par le système de Microsoft, parce qu’il est peut-être le plus paradoxal. On pourrait en dire beaucoup, comme très peu. La version courte serait : c’est Windows 7 et c’est tactile. Mais, lecteurs friands de développements, rassurez-vous il y a quand même deux trois points essentiels qu’il nous faut détailler.
Si vous êtes un tableau ou une ardoise en ardoise, ne regardez pas cette vidéo, elle vous mettrait mal à l’aise
La première chose serait de rappeler que Windows 7 n’est pas un OS pour tablette et la stratégie de Microsoft à propos de Windows 8 le confirme. La prochaine mouture de l’OS devrait faire le lien entre Windows 7 et Windows Phone 7. Ce dernier, projet très audacieux et peut-être trop ambitieux, est, qu’on l’apprécie ou non, un exemple d’ergonomie sur un support tactile. Tout est simplifié à l’extrême, les applications étant toutes répertoriées sur l’écran d’accueil. Celles-ci se déploient sur un autre bureau lors de l’ouverture, et ainsi, l’utilisateur n’a qu’à faire des allers et venues entre deux menus pour accéder aux fonctionnalités de son téléphone.
J’avais dit qu’on parlerait de TOUTES les tablettes sur LesArdoises ? Erf…
Ergonomique, oui, limité aussi, à tel point que certains confrères un peu cyniques parlent déjà de « mediaplayer phone » quand il s’agit d’un Windows Phone, à la place du terme très convenu de « smartphone » qu’on reconnaît à iOS, Android, Symbian et dans une moindre mesure, Bada. Bref, entre Windows 7 et Windows Phone 7, on a l’impression d’avoir les fonctionnalités d’un côté, l’interface de l’autre. D’où l’idée de Microsoft de sortir un système d’exploitation qui s’adapterait au support sur lequel il est utilisé.
Pour autant, est-ce que les tablettes sous Windows 7 sont, à l’heure d’aujourd’hui, dénuées d’intérêt ? Non, mille fois non.
Fujitsu Stylistic : on sait où sont partis les designer d’ex-URSS maintenant
Windows a deux avantages : ancienneté et compatibilité, aussi bien du software que du hardware. Ainsi, même si Intel a par exemple annoncé travailler sur une compatibilité de ses processeurs avec les systèmes Android, les tablettes sous Windows 7 embarquent déjà des processeurs réservées traditionnellement au monde des netbooks, les Atom ou le C-50 chez le concurrent AMD. Résultat, des tablettes comme la sublime Eee Slate EP121 auraient de quoi rendre jaloux les tablettes équipées en Tegra 2, puisque cette dernière embarque depuis sa sortie un dual-core de chez Intel cadencé à 1,3 Ghz, un SSD de 32 Go, ou encore, une puce graphique permettant de décoder sans problème les vidéos en 1080p.
Et ce n’est pas plus puissante, en termes de caractéristiques brutes.
Windows 7 étant un système d’exploitation, certes bien optimisé, mais tout de même assez lourd, le confort d’utilisation est peut-être comparable entre la tablette d’Asus et un iPad. Mais en termes d’évolution matérielle, les tablettes sous Windows 7 n’ont pas à attendre les technologies mobiles pour prendre de la puissance : toute l’industrie de l’informatique traditionnelle est accessible aux fabricants et les évolutions de l’informatique sont répercutées sur le monde des tablettes.
Après vous avoir fait lâcher le stylo pour le clavier, les stylets deviennent des arguments de vente
Du point de vue logicielle, on pourrait dire la même chose. Si vous travaillez sous Windows, vous aimerez retrouver vos applications de bureau sur votre tablette. Vous ne serez pas déstabilisés par l’environnement, puisque ce sont des versions Premium ou Starter traditionnelles qui équipent les tablettes Windows, contrairement à Apple qui a développé un système mobile.
Et qui dit Windows 7 dit logiciels. Ni l’iPad, ni Android, ni les autres concurrents du marché ne vous permettront d’installer votre Creative Suite d’Adobe ou vos logiciels de bureautique favoris, tout simplement parce que les autres tablettes fonctionnent via une Market place qui ne propose que des applications supposée adaptées à l’usage mobile/tactile. Du coup, les tablettes Windows 7 feront la joie des pros, et je pense notamment au monde du dessin, de la BD au webdesign. L’Eee Slate EP121 est proposée avec un stylet pour écran capacitif qui a déjà conquis un bon nombre de dessinateurs. Et quand on voit le prix effarant d’une Fujitsu Stylistic, à peu près 2300€, on ne peut pas penser au grand public. D’ailleurs, cette dernière embarque carrément Windows 7 Pro.
MAIS POUSSE TOI WINDPAD, ON Y VOIT RIEN !
En terme d’ergonomie, certains constructeurs comme Acer ou MSI proposent des widgets pour rendre plus confortable l’utilisation de la tablette. Mais il faut avouer que c’est le point noir des tablettes tournant aujourd’hui sous Windows 7 : à moins de prendre de nouvelles habitudes avec un stylet ou d’utiliser un clavier et une souris sans fil, le système n’est pas pensé pour un usage tactile. Les réflexes peuvent se prendre, mais rien ne remplacera sous Window l’efficacité d’une utilisation classique souris/claviers. Du coup, les utilisateurs qui voulaient acheter en terrain connu peuvent être déçus.
Finalement, la tablette sous Windows 7 est plus ancienne qu’un bon nombre de ses concurrentes, mais reste une technologie qui doit mûrir pour toucher le grand public. Windows 8 sera peut-être la bonne réponse.
Apple et iOS
Comment, aujourd’hui, faire un article sur les tablettes sans évoquer le géant Apple ? Deuxième question, comment faire un article sur l’iPad sans répéter ce qui, des milliers de fois depuis son lancement, a déjà été dit ? Exercice très difficile.
Si vous avez 6 minutes à perdre…
Commençons par le commencement et par une vérité générale : même si Archos se targue souvent d’avoir été les premiers à proposer une « tablette », c’est bien Apple qui a fait entrer l’usage de ce jouet technologique dans les moeurs. Avec l’iPad, la tablette est passée de l’obscurantisme geek à l’objet désiré. C’est un peu le savoir faire Apple : créer un besoin qui n’existait pas et persuader le futur utilisateur qu’il en avait besoin. C’est avec Apple qu’est née la tablette et le marché de la tablette. On peut en penser ce que l’on veut, toujours est-il que ça a marché, vu comme les autres constructeurs sont entrés avec de sérieux arguments, dans ce précieux secteur.
Parions que sans iPad, il n’y aurait pas de LesArdoises.com aujourd’hui.
Si avec les derniers Android Phone, la référence dans le monde des smartphones n’est plus l’iPhone, d’ailleurs on n’annonce plus tellement un nouveau smartphone Android comme un « iPhone killer », la domination actuelle de l’iPad sur le marché des tablettes est incontestable. Comme l’iPhone en son temps, l’iPad a créé un standard que ses concurrents vont tenter de dépasser.
Mais, au jour d’aujourd’hui, nous n’en sommes pas encore arrivé à une situation ou l’amalgame tablette = iPad n’est plus présent. Le premier épisode de la saison quinze de South Park est là pour nous le rappeler, avec sa dose d’ironie.
Une interface tellement intuitive que même des mains peuvent s’en servir
Et de fait, l’iPad et maintenant l’iPad 2 sont des tablettes qui ont des arguments très solides.
Le premier, c’est qu’après tout, l’iPad ne révolutionne rien en terme d’interface. Les moqueurs de la première heure ont parlé d’un gros iPhone. Si ce n’est évidemment pas le cas, il faut reconnaître qu’entre les deux, les fonctionnalités ne diffèrent pas réellement. Les habitués de l’iPhone n’auront aucun problème à se servir d’un iPad. Et c’est un véritable argument :’il est difficile de mettre en défaut l’interface iOS pour ce qui est de l’ergonomie. Et des habitués de l’iPhone, il y en a un paquet.
Simple d’accès, immédiatement fonctionnelle, faisant partie de l’éco-système iTunes et donc facilement synchronisable avec votre contenu multimédia sur Mac et PC, l’iPad a définitivement convaincu le grand public. Et pour cause, tout répond, sans jeu de mot, au doigt et à l’oeil. Apple est assez fort sur ce point : on n’évoque rarement les caractéristiques techniques de leurs produits. C’est tout simplement que le software est conçu de telle sorte que le hardware embarqué permettra de le faire tourner de façon optimale. C’est exactement la même chose quand on parle d’un Mac : on peut trouver une configuration PC égale pour la moitié voire le tiers du prix, mais l’utilisateur Apple n’a pas grand chose à faire de ce qui est embarqué dans sa machine. Si on lui dit que telle ou telle application fonctionnera, elle fonctionnera.
Apple et le concept de dock : pourquoi faire un truc high-tech quand on a le même résultat avec un bout de plastique ?
D’ailleurs, voilà le deuxième argument : les applications de l’AppStore. Toutes ne sont pas compatibles avec les tablettes d’Apple, mais la migration a commencé et on tourne aujourd’hui autour des 80 000 applications disponibles. C’est déjà un gros paquet quand on y pense, plus que ce que vous avez dû installer dans toute votre vie, toute plate-forme confondue.
Le fait que iOS ne soit disponible que sur le matériel Apple est un véritable plus pour les développeurs qui n’ont, grosso-modo, pas de souci à se faire une fois que leur application fonctionne chez eux. Elle fonctionnera chez tout le monde. Dès lors, on trouve sur l’AppStore un grand nombre d’applications de très grande qualité que les utilisateurs d’Android envient encore. De plus, les grandes firmes ont une grande confiance dans les produits Apple, ce qui fait que vous trouverez très certainement l’application de votre banque, de votre mutuelle ou de votre épicier sur l’AppStore.
Exemple : je regardais il y a peu les offres d’une banque en ligne. La page applications mobiles avait un grand encart pour les produits Apple, iPad compris, sur lesquels des applications officielles étaient disponibles, et un « site mobile » pour tout le reste. Le tout Apple ne s’arrête pas là , puisqu’en regardant sur l’Android Market, je m’aperçois que la même application que celle de l’Appstore est disponible. La banque n’avait tout simplement pas jugé nécessaire de communiquer sur les applications Android.
Un grand défaut des autres markets : les applications musicales
On trouve également des applications très poussées pour tout type d’usage, du synthétiseur à la beatbox en passant par l’édition vidéo ou le dessin. Apple fait même la pub sur son site des applications phares dans ces différents domaines, comme la boîte à rythme iElectribe du grand nom de la musique Korg, ou encore de djay ou de Artrage, bref des applications à la fois belles et bien pensées.
Enfin, Apple ne sort jamais une fonctionnalité en béta. Quand une application officielle ou une fonctionnalité est implantée, elle fonctionne, pour tout le monde. Cela a pu leur valoir pas mal de moqueries (copier coller, multi-tâche), surtout que Steve Jobs prétend à chaque fois, avec tout son orgueil, réinventer la roue, mais il faut avouer que finalement, le produit est toujours achevé et l’expérience utilisateur presque parfaite. Facetime en est le dernier exemple, mais on peut citer aussi iMovie, iBooks ou Photo Booth : des applications finies, esthétique et fonctionnelles qui ont dû être testées plusieurs mois en interne avant d’être mises à disposition des utilisateurs.
Le succès d’Apple est donc une boucle : succès, donc développeurs et grands firmes intéressées pour développer, donc succès et ainsi de suite.
FaceTime, ou comment réinventer – avec succès – le principe de la webcam, so XXe siècle
Tout cela a deux prix. Le premier est le prix d’achat : encore une fois Apple fait fort en proposant son premier modèle d’iPad 2 à 489€ quand des constructeurs comme HTC ou Motorola s’entêtent à vendre des tablettes plus de 600€.
Le deuxième prix est moral. En achetant Apple vous cautionnez les débordements autoritaires et la philosophie très fermée de la firme. Je crois qu’à part le fanboy absolu, personne ne peut trouver de bonnes raisons au fonctionnement d’Apple. D’abord, Apple, c’est la stratégie du matériel jetable. Vous achetez un iPad qui n’a pas les fonctions banales d’une tablette (caméra frontale, prise USB, sortie HDMI…). Un an plus tard, vous rachetez un iPad 2 qui a une fonctionnalité en plus. Un an plus tard, un iPad 3. Bref, vous me suivez. Les produits Apple, il faut les acheter avec le coeur et pas trop avec la tête : l’iPad parfait, cela ne sert à rien de l’attendre, il ne sortira jamais, sinon Apple n’aurait plus rien à ajouter pour vendre la version suivante.
Du faux multi-tâche pour les puristes : qu’importe, l’utilisateur final est content
Et ce fonctionnement se ressent aussi du côté de l’utilisation. Comme on dit souvent, sur un produit Apple, soit ça marche, et la plupart du temps, c’est le cas, soit… et bien soit rien. Vous êtes encadrés, pris en charge, on vous garantit une expérience utilisateur unique, mais ne comptez pas trop faire ce que vous voulez avec votre tablette : vous faites ce qu’Apple a prévu qu’elle fasse. Que vous soyez un particulier ou un géant après tout, même combat : on se souvient encore des affaires de censure de la presse sur iPad, qu’elle soit « morale », Steve Jobs ayant refusé toutes les applications qui montraient des nus, ou financière, Apple ne souhaitant pas que les journaux puissent vendre des abonnements sur leur plate-forme sans commission. Sur ce dernier point, des accords commencent à germer.
Bref, entrer dans l’univers Apple, c’est comme aller à Eurodisney, vous serez émerveillé et tout se passera bien, mais gare à vous si vous allez voir les engrenages qui animent la maison fantôme ou que vous grattez le plastique du château de la Belle au bois dormant.
Google et Android
Les deux géants n’auront jamais été aussi proches, j’espère que le site ne va pas tomber. Point de favoritisme en ces murs, nous avons traité de la firme à la pomme, passons maintenant à son principal adversaire, le robot vert. Si j’étais flemmard, je vous direz de prendre l’analyse concernant Apple, de tout retourner, et vous aurez les arguments et les points négatifs d’Android. Mais, je vous l’accorde, la situation n’est pas si manichéenne et le succès du système de Google ne vient finalement pas de ce qu’il grappille petit à petit à iOS. Au contraire.
Au MWC, beaucoup d’entre nous découvraient les tablettes Android Honeycomb…  absence totale de maîtrise du sujet, mais c’était un événement especial comme on dit là -bas !
D’abord, un petit rappel s’impose. Comme Windows 7, Android n’est pas, à la base, un OS pour les tablettes. Bon, il se rapproche plus de l’univers portable que le système de Microsoft mais cela ne justifie rien. Au contraire, les tablettes sorties jusqu’alors sur des versions inférieures à Honeycomb 3.0 sont soit des échecs commerciaux (Galaxy Tab), soit de sombres tablettes low cost (vous en trouverez partout sur internet, dans les Carrefour, dans les stations services), soit des modèles Archos, soit des tablettes dont le passage à Honeycomb est « promis juré si je mens je vais en Enfer ».
Dans cette sous-catégorie « before 3.0″, on trouve 2 types de tablettes. D’un côté, celles qui font entrer la version smartphone d’Android avec un burin : les tablettes low-cost. Android se comportera donc n’importe comment, aura des bugs d’affichage, des bugs tout court, vous n’aurez pas l’Android Market, bref, ces tablettes sont à bannir. N’en achetez jamais, d’ailleurs, il y a tellement de modèles et tellement de problèmes que personne ne pourra vous aider sur les forums.  De l’autre, celles qui adaptent.
Voilà , si vous tombez nez-à -nez avec ça, fuyez
Encore une fois, 2 sous catégories (j’espère que vous me suivez). D’abord, l’adaptation d’un Android nu : Samsung qui a fait une intégration très propre du système de Google dans sa Galaxy Tab et Archos, qui propose des versions d’Android bridées mais adaptées à l’usage multimédia qu’elles promettent. De l’autre, il y a la surcouche tellement cool qu’elle ferait presque oublier qu’on est pas sur une version mobile du système : HTC avec sa Flyer.
Android 2.2 « ardoisisé » par HTC. L’opération a un prix, bien trop élevé pour l’instant…
Ce rapide exposé ne tient pas compte des tablettes 3.0, et comme on dit, c’est déjà le bordel. Et globalement, c’est le plus gros reproche que l’on puisse faire à Android sur tablette : il y a tellement de chose que le consommateur se perd dans la jungle. Et moi dans mon article : je vous disais que la section Android ne serait pas consacrée aux tablettes mais strictement à l’OS et voilà déjà que j’en ai cité au moins deux par paragraphe.
Recentrons-nous sur ce qui nous intéresse vraiment : Honeycomb et les tablettes récentes. Tout ce qui est sorti avant, et la Flyer fait figure d’exception, est plutôt considérée comme une période de gestation. On en parle aujourd’hui comme je pense on parlera des tablettes Windows 7 quand sortira Windows 8. Si nous avons un premier conseil à vous donner si vous vous orientez vers une tablette Android : veillez à ce qu’elle embarque Honeycomb.
Honeycomb, c’est donc le délicieux nom de code qui correspond à la version ardoise du système d’exploitation de Google. Comme son grand frère sur smartphone, c’est déjà en soi un argument de poids. Si vous utilisez les applications web Google, Android ne pourra que vous séduire. Tout se passe autour de votre compte Gmail qui vous permet de synchroniser tout votre contenu et d’utiliser tous les services Google depuis votre tablette : Agenda, Google Talk, Google Reader, Google Goggles, Google Translate, Picasa, contacts, applications… Ici, point de branchement, point de câble Google a frappé fort dès le début : tout se fait « Over The Air ». Vous ajoutez un événement sur votre Agenda en ligne, dans les secondes qui suivent, il se retrouvera sur votre tablette.
La tablette Android idéale est un peu un cadre photo 2.0
On a donc un environnement Google omniprésent et que vous devrez utiliser, sans quoi vous passerez à côté d’une très grande partie des possibilités de l’OS. A côté de cela, Android Honeycomb propose un market d’applications indépendant du market smartphone, et pour cause : une application sur un écran de 4 pouces ne réagira pas de la même manière sur un écran de 7 à 10 pouces. Malheureusement, si l’Android Market classique commençait à entrer en concurrence avec l’AppStore, ce n’est pas encore le cas du market dédié aux tablettes. Les premiers utilisateurs se plaignent du manque de contenu.
La raison ? Relisez le début de la partie consacrée à Android. Comme le système n’est pas exclusif à du matériel Google, des dizaines de constructeurs proposent leurs machines aux tailles et caractéristiques différentes. Pour un développeur, cela devient vite un calvaire et si la plupart reconnaissent qu’il est très agréable de développer sur Android, le fractionnement des versions ET des produits ne permet pas de développer des applications à la fois universellement utilisables et fonctionnelles. Du coup, les grands absents tardent à s’y mettre, les présents attendent que le marché se solidifie pour porter leurs applications sur Honeycomb.
Mais revenons aux sources : Honeycomb est avant tout un système pensé exclusivement pour un usage tablette. C’est le premier, si l’on considère que l’iOS iPad n’est pas radicalement différent d’iOS iPhone. Un néophyte ne pourrait pas dire que Gingerbread et Honeycomb sont tous deux des versions d’Android. Cette adaptation commence au niveau des applications officielles. Elles ont toutes été refaites pour optimiser leur utilisation sur grand écran. Et leur ergonomie est exemplaire : Gmail, par exemple, s’affiche en deux parties autonomes sur l’écran, le menu restant à gauche, le mail s’ouvrant à droite.
… not everything stays in Vegas.
Hérités du monde des smartphones : les bureaux multiples et les widgets. Sur Honeycomb, vous retrouverez ce principe des bureaux multiples qui facilite énormément la navigation sur des écrans pas non plus immenses. Avec les widgets, qui sont des sortes d’applications ouvertes en permanence sur votre bureau, vous pouvez en un clin d’oeil vérifier vos mails, regarder des vidéos sur Youtube, afficher votre galerie, mettre à jour votre Twitter, bref, c’est vous qui organisez ce qui se passe sous vos doigts. Cela permet en outre de faire des bureaux classés par thème pour vous retrouver dans vos applications.
Définitivement, par rapport à iOS, Android n’est pas mieux, Android est autre. L’autre n’est pas simplement esthétique. La philosophie derrière Android est à peu près inverse à celle d’Apple – à peu près, parce que la théorie diffère beaucoup de la pratique, et la pratique est régie par les constructeurs. Sur Android, vous avez accès à à peu près tout. De la configuration poussée de vos options (et ce n’est pas la dizaine de boutons On/Off présents sur iOS que j’appelle un « panneau de configuration ») à l’accès au coeur de votre système via le root, vous êtes maîtres de votre matériel.
Oui, c’est bon, on a compris le principe
Cette maîtrise ravira l’utilisateur avancé et le bidouilleur, mais la force d’Honeycomb, c’est que, pour une fois, Google n’a pas fait les choses à moitié pour le grand public, et l’utilisation « banale » d’une tablette sous 3.0 est un vrai plaisir. Tout est bien animé et répond au doigt et à l’oeil, bref, on se croirait « dans le futur ». Seul problème qui revient toujours, pour accéder à l’extase Honeycombienne, il vous faut une bonne tablette. Qu’est-ce qu’une bonne tablette Honeycomb ? Une tablette où Honeycomb est parfaitement fluide. Ce n’est pas vraiment le cas de toutes les tablettes et les plus chères ne sont pas forcément les meilleures… vivement un guide, n’est-ce pas ?
Ensuite, comme je le disais, Android ne tente pas tant que ça de mouliner à sa sauce le système d’Apple. Par contre, les constructeurs vont s’engouffrer là où Apple reste frileux. La Galaxy Tab avait déjà une webcam frontale permettant le chat vidéo, les tablettes récentes ont souvent des connecteurs USB Host pour brancher vos clefs USB et des ports HDMI, toujours des ports micro-SD, parfois des ports SD, bref, la connectique est un véritable point fort sur ces tablettes.
Après celle-là , plus personne ne peut dire avec mépris « ouais, ils font du Acer quoi… »
De même, Android n’imposant pas vraiment de normes, cela laisse libre court à l’imagination des constructeurs : Asus peut ainsi proposer un excellent Transformer, hybride entre la tablette et le netbook, composé d’une tablette 10 pouces et d’un dock clavier/batterie. Apple a ouvert la voie et a creusé une distance considérable. Un mal ? Pas tant que ça, puisqu’on voit de plus en plus de constructeurs prendre un autre chemin au lieu de suivre bêtement la voie toute droite de la concurrence directe. On citait Asus, mais LG proposera un enregistrement 3D stéréoscopique sur sa tablette, par exemple. Samsung changera son design à la dernière minute et vendra ses vieux stocks au prix fort en Europe. Oops, c’est sorti tout seul.
Clairement, Android pour tablette a un potentiel énorme et le marché foisonnant des tablettes sous Honeycomb nous le prouve.  Mais ce même marché est son principal défaut à l’heure actuelle. Quand le client aura un système parfaitement optimisée et le choix entre une quinzaine de modèles, il voudra des applications de qualité, aussi bien en terme de fonctionnalité qu’en terme d’esthétique : bureautique, graphisme, multimédia, jeux…
Conclusion partielle
Il n’y a pas besoin d’une boule de cristal pour voir que la fameuse guerre des tablettes va se jouer entre ces trois géants. Comme nous avons essayé de vous le montrer, les trois systèmes ont des avantages et des inconvénients. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, Android n’est plus réservé aux « geeks » et il serait faux de considérer les tablettes qui sortent en ce moment comme des « iPad-like ». Honeycomb a construit son identité et sa voie. Du côté d’Apple, c’est toujours l’histoire du doux rêve : ne vous réveillez pas, vous serez comblés par un système fini, fonctionnel, fluide et qui en plus est aujourd’hui très agressif au niveau des prix. Enfin, Windows 7, même s’il n’est pas du tout adapté à l’univers tablette en terme d’interface ne manquera pas de séduire par ses applications professionnelles et son environnement bien connu du public – et, ne l’oublions pas, issu du monde de l’informatique et donc configurable à un degré incomparable avec la concurrence, Android compris.
















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