Une bonne nuit de sommeil, un petit verre de vin rouge, un peu d’homéopathie, de la poudre d’objectivité, un petit massage aux poignets, un quart de Lexomil : voilà peu ou prou les prérequis pour tester dans de bonnes conditions la tablette d’Archos de nouvelle génération, la bien nommée 80 G9. Si j’écrivais au XVIIIe siècle et qu’il fallait rédiger un test comme on écrit un traité d’esthétique, j’opterais pour le titre suivant : « Archos G9, où comment une tablette tactile essaya de mettre fin à mes jours ». Mais au diable la rhétorique, il faut bien, à un moment, se lancer dans l’écriture descriptive du produit.

Comme indiqué déjà deux fois, ce produit, c’est la déclinaison 8 pouces des tablettes de la rentrée d’Archos. Pourquoi avoir choisi celle-ci et non sa grande soeur ? Très simple : le format était le plus original, et sur le papier, les deux tablettes se ressemblent de toute façon. Rappelez-vous : lors de la présentation des produits il y a quelques mois, nous étions plutôt sceptiques quand beaucoup de journaux grand public criaient au miracle, affirmant que cette tablette « haut de gamme » ferait un carton, puisqu’elle serait vendue à un prix défiant toute concurrence. Verdict dans la suite.

Sommaire :

I – Hardware, plastique et esthétique après-gardiste

1 – L’écran et le processeur : adieu le gorille et les Mhz

2 – A mi-chemin entre la chine et l’URSS : la France d’Archos

II – A bug’s life

1 – Viser la cible, c’est bien, viser la bonne cible, c’est mieux

2 – Des bugs de 7 à 77 ans

III – Pourquoi pourrait-on acheter cette tablette ?

1 – L’expérience multimédia

2 – Réponse à la question ci-dessus posée

Conclusion

I – Hardware, plastique et esthétique après-gardiste

Attention : si vous êtes un fanboy d’Archos, ce test pourrait vous blesser. Si vous voulez savoir ce qu’il y a de bien dans cette tablette, pour vous rassurer, passez directement à la partie III. Sinon, LesArdoises et moi-même ne saurions être tenus responsables d’une attaque cardiaque, d’une troll-war sanglante ou d’une crise de mauvaise foi. Oh, et comme quand on regarde un bon nanard avec de mauvais doublages français, il n’y avait pas de bouton « capture d’écran », du coup, il n’y aura que des photos cadrées tant bien que mal.

En voulant acheter une tablette Archos, nous sommes confrontés à un premier problème dès la page du magasin en ligne : lors de la présentation, on parlait de tablettes équipées d’un processeur Texas Instrument cadencé à 1,5 Ghz. Maintenant, ces tablettes ne sont plus que cadencées à 1 Ghz, des versions « Turbo » étant déjà mentionnées avec un processeur de 1,2 Ghz. Joli calculs messieurs mesdames, nous sommes encore à 300 mhz de moins qu’annoncé.

Vous me direz que ce n’est pas très important, tant que tout tourne, et vous auriez parfaitement raison. Mais Archos va très certainement vendre plus cher ces modèles « Turbo » et peut-être encore plus cher les modèles annoncés à 1,5 Ghz, s’ils viennent à sortir un jour. D’emblée, même si ça ne gêne pas a priori, on a l’impression d’avoir été un peu trompé sur la marchandise et on sent que derrière la conférence de présentation des différents modèles se cachaient plusieurs spécimens du fameux « effet d’annonce ».

1 – L’écran et le processeur : adieu le gorille et les Mhz

Car voilà, c’est un fait, ne le cachons pas, ces tablettes ne sont pas des tablettes haut de gamme. Ce sont, au mieux, des tablettes milieu de gamme sous Honeycomb, au pire, des tablettes d’entrée de gamme et pourtant elles restent très paradoxale, dans le mauvais sens. Comment en juger ? Regardons simplement leur prix : l’Archos 80 G9 coûte 249€, l’Archos 101 G9 coûte 299€. Oui mais, ce serait un tarif « plancher » pour des tablettes de 16 Go avec peut-être, luxe, de la 3G. Ces tarifs, c’est tout simplement de la poudre aux yeux, puisque ces tablettes n’ont que 8 Go de mémoire interne et que le kit 3G vous coûtera 50€ de plus.

Optimisme : j’aurais pu tester ça

On y reviendra, mais ajoutez à cela les 15€ du « Plug-in Cinema », les 10€ d’une carte micro-SD 8 Go, on arrive à un total de 374 euros avec un port SD occupé. On trouve souvent en ce moment, pour un peu moins cher, des Galaxy Tabs 8.9 3G ou des Iconia Tab A501 chez les opérateurs, avec des forfaits sans engagement que vous pouvez résilier immédiatement. Parler de tablette « low-cost », c’est donc un abus de langage et un effet de style : les tablettes Archos sont dans la moyenne de prix de la plupart des tablettes, qui tournent aujourd’hui entre 249€ et 489€ pour les modèles haut de gamme de type iPad 2 / Galaxy Tab 10.1.

Si Archos ne fait donc pas véritablement du low-cost en terme de prix, la technique, elle, est bel et bien low low loooow. L’écran d’abord. Je n’ai pas le laboratoire des Numériques et ne pourrai donc mesurer au pixel près le rendu, mais j’ai été doté de deux yeux à la naissance qui me permettent de voir que l’écran de cette tablette est au mieux médiocre.

Démonstration en extérieur, l’écran n’a pas changé

Peut-être que la tablette s’est trop imposée récemment comme un produit de luxe, mais on a du mal à accepter que l’écran soit incrusté dans la dalle, sans protection. Le Gorilla Glass n’est pas l’alpha et l’oméga de la surface transparente, mais c’est quand même beaucoup plus plaisant au toucher que ce que nous propose Archos. De plus, on pourrait se dire que du coup, l’écran serait plus mat et sans reflet, et permettrait donc une utilisation en extérieur : que nenni, cette tablette est elle aussi un beau miroir.

Alors on se rend tout penaud dans les paramètres et on augmente la luminosité au maximum, dans l’espoir que cela change quelque chose. Manque de chance, du plus bas au plus haut niveau, le curseur bouge bien, mais la luminosité est quasi similaire entre disons 40 et 100%. Dommage…

J’ai mis du rouge derrière, pour décorer

La tablette tactile sédentaire et multimédia a vite fait de devenir un élément familial. On montre nos photos, on regarde des vidéos à plusieurs, bref, même entre potes, généralement, on ne s’isole pas dans un coin pour surfer sur internet : quand il y a usage d’une tablette en groupe, quelqu’un utilise, les autres, autour, regardent. Nous sommes en 2011, tous les constructeurs l’ont compris : les écrans ont souvent des angles de vision très larges et 3 ou 4 personnes peuvent parfaitement voir ce qu’il se passe à l’écran.

Tous ? Non ! Les irréductibles gaulois d’Archos ont pensé qu’il était bon de sacrifier le budget « dalle », sur une tablette qui n’est après tout qu’un écran portatif un poil plus avancé. Du coup, vous vous décalez de quelques degrés en haut, en bas, à gauche, à droite, et l’écran s’assombrit. C’est très rapidement visible et fort désagréable, déjà que la luminosité n’est pas bien élevée.

Miroir, mon beau miroir… pourquoi es-tu devenu tout noir sur ta droite ?

Pour finir sur l’écran, notez quelque chose qui serait assez amusant si cela ne risquait pas d’endommager le matériel à moyen terme : quand vous avez votre tablette dans les mains, elle chauffe beaucoup. Mais pire encore : quand la main gauche vient toucher (et simplement toucher, il n’est même pas nécessaire d’appuyer comme un dingue pour s’en rendre compte) une zone autour de la clef 3G amovible, une zone de l’écran se brouille, vous savez, comme quand vous appuyez avec votre doigt sur un écran LCD.

Surpris, j’appuie un peu partout sur le dos de la tablette (encore une fois, très légèrement), et l’effet se répète, toujours au même endroit. Vous le verrez sur la vidéo juste en dessous cela reflète particulièrement bien à mon sens la qualité d’assemblage de cet objet. Tant mieux, c’est ce dont nous allons parler maintenant.

2 – A mi-chemin entre la Chine et l’URSS : la France d’Archos

En règle général, et sans virer dans le patriotisme, j’aime bien ce qu’on fait en France. Vous savez, HADOPI, LOPPSI 2, les grèves des transports, l’administration, la chanson pour ne pas risquer de blesser la musique, les émissions de télé-réalité, l’étatisation des médias… bon d’accord, en France, j’aime le pain, le vin, le fromage et la littérature. Et ce n’est malheureusement pas Archos qui va prouver que notre pays sait innover en terme de design.

C’est un patchwork bizarre. Des pieds, certes, mais pour quoi faire ?

Si on voulait être ironique, mais vous savez que ce n’est pas mon genre, on pourrait dire qu’Archos a conçu sa tablette pour éviter qu’Apple lui fasse un procès. Et pour le coup : pari gagné messieurs ! Je ne dirais pas que cette tablette est exactement ce qu’il ne faut pas faire pour manquer de sex-appeal technologique, mais c’est quand même bien bâclé : j’ai l’impression d’avoir entre les mains un produit des années 1990, vous savez, quand la mode était au beige (vos parents ont sûrement encore un mixeur ou une machine à laver de cette époque).

Ok, là je suis un peu mesquin

De manière générale, la prise en main est plus que moyenne, la faute a plein de bouts de plastique gênants, marque de fabrique d’Archos. Mais si on s’approche des contours, on ne peut pas manquer de remarquer les énormes creux entre chaque boutons protubérants, les interstices aux angles, les connecteurs alignés tant bien que mal, le bien trop gros bouton volume ou encore, la caméra qui a subi le syndrome Iconia Tab et se retrouve sur le côté, pas pratique du tout. De toute façon, la qualité oscille entre le « je ne vois même pas les couleurs parce qu’il fait sombre alors j’affiche du noir et blanc » et le médiocre (démonstration plus bas).

Au dos, on trouve bien sûr la béquille, autre marque fabrique du constructeur français. Une bonne idée ? Cela ne manque pas sur les autres tablettes, que l’on a tôt fait de mettre dans des pochettes pour les protéger, de type « iPad », qui permettent de les surélever. N’auriez-vous pas de toute façon, acheté une telle housse pour ne pas abîmer votre tablette ?

Un beau cadre photo pour mamie ! Ca tombe bien, Archos a pensé à une application pour ça

Sur la gauche de l’appareil on retrouve pêle-mêle le bouton on/off, un connecteur micro-USB, un port pour carte SD, un port jack et un port mini-HDMI, câble non inclus. Rien que du très classique, donc. Oh non, pardon, notez la diode complètement inutile puisqu’elle reste constamment allumée. Si au moins elle servait, comme sur les smartphones, de signal pour les notifications… c’eût été trop demandé.

« Et ça je le mets où ? » « Boh, à gauche » « Mais ça passe plus là » « pas grave, empile et laisse du jeu entre les deux parties de la tablette » – Discussion interne anonyme

Enfin, venons-en à ce qu’Archos avait appelé, lors de sa conférence, un accès à internet par 3G le plus simple et le plus économique du marché. Je me souviens encore des murmures avant qu’ils nous montrent de quoi il s’agissait : on s’imaginait déjà un partenariat global avec des opérateurs pour un forfait 3G intégré et lié à la tablette, qui défierait toute la concurrence. Non, c’est simplement qu’Archos vend une clef 3G tout ce qu’il y a de plus classique, qui s’insère dans sa tablette. Il y a des tarifs préférentiels (et encore…), mais c’est à vous de choisir votre forfait, traditionnel.

Pardon my french, but it’s illégal to write les instructions in a foreign langage. Surtout when you are a french compagnie !

Le plus drôle arrive : cette clef était dite « révolutionnaire » parce qu’elle s’insérait dans la tablette sans dépasser et pouvait être utilisée également sur n’importe quel PC. Mais en fait, il est précisé (en anglais, pourquoi localiser le matériel, c’est absurde !) qu’il faut « tirer doucement » le dongle pour une réception optimale. Vous avez bien lu : il faut faire dépasser la clef pour que ça fonctionne au poil, détruisant définitivement tout espoir de design, les lignes de la face étant cassées, le dos ressemblant à quelque chose de pas fini avec son gros port USB apparent.

Voilàààà avec le petit bout qui sort, le design est maintenant parfaitement raté ! On signe !

Conclusion partielle : il n’y a donc aucune avancée mais que des régressions par rapport au marché. Les seules bonnes idées sont sabotées ou peu justifiées. On sent clairement qu’Archos avait envie de vendre à un prix milieu-haut de gamme un produit qui n’en a que le nom : ca part donc très mal, et si vous avez suivi mes déboires sur Twitter, vous savez que nous en sommes qu’au début de nos peines.

 II – A bug’s life

J’ai été tenté d’écrire cette partie comme on écrit un roman. Ca aurait été l’histoire des premières heures avec la tablette d’Archos, un truc plein de sentiments, de fougue, de fraîcheur, d’angoisse et de haine. Je n’aurais peut-être pas eu le prix Nobel de littérature, mais ça aurait été un bon exercice. Cela dit, nous sommes sur internet, et je ne voudrais pas être encore plus long que je ne le suis. L’épopée mérite quand même d’être retracée.

1 – Viser la cible, c’est bien, viser la bonne cible, c’est mieux

D’abord, comme avant, contextualisons la chose, pour éviter les critiques trop rapides : traditionnellement, les tablettes Archos sont vendues à la Fnac. Je dirais même que les vendeurs de la Fnac ont des consignes de vente et orientent leurs clients vers ces tablettes quand ils cherchent une alternative à l’iPad ou qu’ils ne s’y connaissent pas du tout. Je n’ai pas vécu cette histoire, mais on me l’a racontée : une vieille dame s’est présentée dans une Fnac et voulait acheter son « premier ordinateur ». Elle n’en avait jamais touché un.

Le vendeur lui a vendu, c’est son rôle, les mérites des tablettes Archos. Cette vieille dame, que nous appellerons comme nos confrères, Madame Michou, est donc repartie avec sa tablette, qu’elle allait connecter à sa connexion Numéricable fraîchement débarquée dans son chez-elle. Elle l’a allumée. Le Wi-Fi ne s’est pas connecté. C’en était fini de l’expérience virtuelle de madame Michou.

Okay, and what if I’m 80 years old and I don’t understand ? You fool.

Car oui, vendeur de la Fnac, sache que bien souvent, le Wi-Fi, ça s’active depuis l’interface de contrôle des box, accessible uniquement par câble RJ 45. Il ne fallait donc pas vendre cette tablette à Madame Michou, ta cliente depuis l’ouverture de la Fnac en bas de chez elle, à la place de son épicier. Et il fallait encore moins lui vendre une tablette Archos : tu te souviens, elle t’avait dit qu’elle n’avait pas d’ordinateur.

Parfaitement cohérent : on peut activer un mode démo magasin lors de la configuration initiale, mais pas configurer de compte Google

Changeons de focale et laissons Madame Michou de côté. En allumant la tablette d’Archos, même sur mon Wi-Fi bien configuré, il n’y avait rien à faire : elle ne se connectait pas. Mais hé, les mises-à-jour ne sont pas automatiques. Qu’à cela ne tienne, j’ai pris option geek au bac, je vais voir sur le site d’Archos et là, miracle, il y a une mise-à-jour pour ma tablette. Je la télécharge, je mets le fichier à la racine de la tablette, elle le reconnaît et se met à jour.

Question à Archos : combien de vos utilisateurs auront ce réflexe d’aller chercher une mise-à-jour indiquée nulle part ailleurs que dans la section téléchargement de votre site, mise-à-jour qui demande un ordinateur ? Si on regarde la cible de vos vendeurs Fnac, les béotiens et les personnes âgées, aucun.

La mise-à-jour faite, toujours pas de connexion au Wi-Fi. Je commence à m’énerver, je redémarre, je retente l’expérience, une fois, deux fois, ça marche ! J’ai le Wi-Fi ! Magie noire, je n’ai rien touché, mais je suis connecté. Enfin, sauf quand la tablette passe en veille, bien sûr, c’est bien plus amusant d’attendre qu’elle se reconnecte à la reprise des activités.

Over The Air qu’y disaient, Over The Air…

Revenons un poil en arrière dans ces déboires de connectivité, pour retrouver ce qu’on a sous les yeux en allumant pour la première fois une tablette Android : les étapes de configuration. Archos a trouvé bon de les remanier : ici, il ne sera pas proposé de synchroniser un compte Google. Ou si c’était proposé plus tard, de toute façon, c’est resté bloqué à la phase « recherche de Wi-Fi » qui ne buggait pas à cause du problème susnommé, mais tout simplement parce que la tablette n’active pas le Wi-Fi pendant la configuration. Donc il ne trouve pas de réseau, logique. Oh, et le message d’erreur est en anglais, au cas où Madame Michou serait encore là.

2 – Des bugs de 7 à 77 ans

Mais ne vous inquiétez pas, des bugs et des incohérences, il y en a pour tout le monde, pas seulement pour le béotien et votre papy. Au chapitre des incohérences, prenez par exemple la mise-à-jour, qui, avec Android, peut normalement se faire Over The Air, sans câble. Du moins, Asus le fait parfaitement bien depuis la sortie de sa tablette. Là, il faut télécharger le fichier, brancher le câble, copier le fichier à la racine de la mémoire, débrancher le câble comme l’indique le message et… rebrancher le câble, comme l’indique le nouveau message. Okay, ça doit avoir un sens…

En parlant de sens, vous savez que dans certaines cultures, on écrit et on lit de droite à gauche ? Je suis vraiment quelqu’un de curieux de nature et j’aimerais vraiment parler ou apprendre au moins une langue orientale, mais je ne maîtrise pas les bases de l’arabe, encore moins son alphabet. Pourquoi, Archos, sans raison, me passes-tu le clavier en arabe ? Pourquoi, en redémarrant la machine, ce clavier est toujours en arabe ? J’ai pourtant bien spécifié « Région : France », c’est pas bien compliqué, il y a au moins une mer ou un pays pour atteindre les premières terres arabophones !

Même sur un clavier arabe, il y a les caractères latins. Pas sur la tablette Archos.

Alors oui, il faut aller dans les paramètres et rechanger tout ça, remettre le clavier français, redéfinir la région. Madame Michou est déjà morte depuis longtemps, ou a payé très cher la hotline. Après tout, c’est un bon business model.

A ce moment là, je désespérais, j’ai posé la tablette et je suis allé me couché. En me réveillant le matin, stupeur ! La tablette s’allumait sans s’allumer. En fait, le rétro-éclairage était allumé, mais pas la tablette. Ecran On. Ecran Off. Ecran On. Ecran Off. Le problème persistait. Il fallait donc redémarrer, pour une simple sortie de veille… en narrant l’aventure sur Twitter, l’un de vous m’a dit « la mienne aussi a du mal à sortir de veille ». D’accord, ce n’est donc pas un bug, mais une fonctionnalité de série.

S’il vous venait à l’idée de chercher dans le manuel présent sur la tablette : 1 – il est en anglais 2 – il n’y a pas de fonction « rechercher »

3 Lexomils plus tard, je me suis dit que j’allais commencer à tester ce produit complètement antithétique avec l’idée d’une tablette (luxe, confort, ergonomie, plaisir, détente, productivité parfois) en oubliant tous ces bugs. Alors j’ai ouvert au hasard une application proposée par Archos. Le drame continue (et je passe au présent).

C’est maintenant acquis : tous les constructeurs proposent de série une application bureautique plus ou moins bien finie, en version complète, alors que la version sur le Market est payante. Archos n’a pas jugé bon de fournir une telle expérience à ses clients : s’il y a bien l’application Picsel Smart Office préinstallée, c’est une version d’évaluation limitée à un mois. Un shareware, comme sur les ordinateurs des années 1990. Passons.

Merci Archos pour ce moment nostalgie, ça me rappelle mes premiers PC avec 1 mois de Norton gratuit

Allons du côté de la lecture vidéo, qui n’est pas le point fort des tablettes Tegra 2, ces dernières étant bien incapables de décoder un flux HD en « High Profile ». Je mets donc quelques versions 720p et 1080p du fameux Big Buck Bunny, des fichiers à moi, quelques sous-titres, au hasard… je tente la première vidéo, plein d’espoir. Et je m’étrangle. « Pour décoder ce fichier, vous devez acheter le Plug-In Cinéma« . What ? Non, mais sérieusement, vous avez bridé votre lecteur et vous vantez le décodage high profile ?

C’est une honte, une aberration, une insulte à l’intelligence des consommateurs. Vous savez combien pèse ce fichier « plug-in » (à installer en le copiant depuis un PC à la racine de la carte SD, évidemment, sans ordinateur, Madame Michou ne regardera pas Gossip Girl) ? 800 octets. 800 p***** d’octets. Ce n’est donc clairement pas un « pack de plug-ins », mais une clef qui débloque une fonctionnalité déjà présente dans le lecteur acheté avec la tablette, vendu sur la boîte, pour 15€. Une habitude qu’Archos a prise depuis bien longtemps et que je pensais révolue maintenant… mais on n’apprend pas de ses erreurs, n’est-ce pas ?

Je suis tellement sans voix, qu’il n’y a qu’une image pour illustrer mon désarroi

A ce moment là, et les bugs continuant de plus belle, j’ai vraiment eu du mal à aller plus loin et ce test n’aurait été qu’un récit de tout le mal que je pensais de cette tablette. J’avais cru en Archos depuis les premiers PMP, et je me suis retrouvé face à une compagnie finalement pleine d’orgueil, qui nous vend des produits avec le sceau d’un haut de gamme français, mais qui ne fait pas mieux que le plus mauvais grossiste asiatique. Mais poussé par un élan d’objectivité et la volonté de proposer un test complet, j’ai continué. Après tout, quand on creuse, on finit toujours pas trouver de l’eau plus ou moins potable.

III – Pourquoi pourrait-on acheter cette tablette ?

1 – L’expérience multimédia

Alors j’ai bravé les vents et les marées, et quand il y a eu un répit dans l’ouragan des bugs, j’ai pu découvrir la tablette Archos. Somme toute, et il faut être honnête, l’expérience Honeycomb n’est pas moins bonne quand elle fonctionne. Elle n’est pas meilleure pour autant : Archos n’a rien changé à l’interface et toutes les critiques que l’on fait souvent au système n’ont pas été prises en compte. Il n’y a pas, par exemple, la volonté de combler le vide du Market par des applications « exclusives » de qualité, comme il en existe chez Samsung ou Asus.

Ca fonctionne ! Parfaitement ! Miracle !

De même, revers de la médaille dû à l’absence de Tegra 2 : il n’y a pas la Tegra Zone et ses excellents jeux, que ce soit Pinball HD ou le récent et extrêmement bien fichu Shadowgun. L’Archos est amputée de l’écosystème proposé par nVidia et Texas Instrument n’a rien proposé pour rivaliser. Mais ce n’est pas grave après tout, Angry Birds est préchargé sur la tablette.

Après avoir oublié qu’il fallait payer 15€ pour l’utiliser de manière décente, le lecteur vidéo se révèle vraiment agréable à l’utilisation, quand il fonctionne (la dernière fois, il n’y avait plus que des écrans noirs qui chargeaient dans le vide). La promesse est bien tenue, c’est une réussite : le processeur, même à 1 Ghz, décode absolument tout et n’importe quoi, du MKV 1080p, au h264, au .avi, avec lecture de sous-titres en prime dans le lecteur par défaut, bref, c’est à ce jour la tablette la plus polyvalente de ce côté-là.

Un petit widget pour la musique

Pour vous faire une idée, elle passe absolument tous les Big Buck Bunny : une grande première. On imagine donc qu’il pourrait y avoir une tranche de lecteurs qui voudraient acheter cette tablette pour en faire un média-center. A la limite, j’imagine bien la tablette cachée derrière la télé, diffusant de manière imperturbable son flux vidéo. Cachée derrière la télé, oui, parce que deuxième innovation software intéressante, c’est que la tablette Archos peut être contrôlée à distance par une application du market.

Du coup, vous pouvez avoir une sorte de lecteur multimédia connecté à votre réseau que vous contrôlez depuis votre canapé avec votre smartphone Android, diffusant sur votre écran vos films en HD. Je crois que si Archos avait fait un truc du genre, sans écran, à 99€ et avec 500 Go de mémoire interne, ça aurait pu faire un carton, même si la concurrence est déjà sur le terrain. Quoi qu’il en soit, rien à redire là-dessus, c’est du tout bon.

News Republic et Angry Birds sont installables au premier lancement

Du côté de la musique, Archos a pensé que donner les mêmes lignes à l’application Music qu’à l’application Vidéo était une bonne chose. C’est fluide et propre, mais ça reste à mon sens une erreur : Google a récemment mis à jour son application et elle ressemble plus ou moins à celle que propose Archos, avec en plus la synchronisation du compte Google Music, idéal dans l’optique d’un centre multimédia Wi-Fi. Manque de pot, comme Archos a modifié l’application officielle, cette dernière n’est pas téléchargeable via le Market…

Il y a une règle que je ne cesserai de répéter : si vous ne faîtes pas plus joli/fonctionnel/ergonomique que Google, ne faites pas.

Non, il n’y a pas plus d’option

Du côté de l’application Galerie, Archos a respecté cet adage et n’a pas du tout touché à l’excellente application par défaut. Tant mieux, vous aurez donc la galerie Android, avec en prime une application « cadre photo » qui ne fera pas plus de chose que son nom tend à l’indiquer, mais comme, même en étant configurée pour éteindre l’écran au bout d’une minute d’inactivité, la tablette chauffe, écran allumé, depuis 2h, je pense qu’Archos avait tout à fait raison de proposer une application permettant d’exploiter ce bug.

Oh, un petit mot sur la webcam, ou plutôt, 3 images :

La promesse du site

La réalité

La photo prise. CQFD.

2 – Réponse à la question ci-dessus posée

J’accable Archos quand la firme vend cette tablette au « grand public » et je ris quand le patron s’énerve quand le gouvernement lui préfère Samsung ou Apple (hors considérations magouilleuses et politiques, il suffit d’ouvrir les yeux pour préférer une Galaxy Tab ou un iPad 2 à une tablette Archos) mais je ne vous ferai pas l’affront de vous croire incapable de vous servir de cette tablette.

Android Honeycomb, les défauts de ses qualités, pas vraiment d’adaptation de la part d’Archos de toute façon

En fait, si vous avez plutôt le profil « tech-addict » et que vous cherchez une tablette Honeycomb qui peut en même temps lire des vidéos HD high profile, vous saurez résoudre tous les bugs, mettre les mains dans le cambouis, rooter et flasher ce que vous voudrez à la place de la ROM Archos, bref, vous pourriez trouver une tablette qui correspond à votre usage et votre savoir-faire.

De même,  si vous avez un bon de 100€ à la Fnac depuis l’affaire TouchPad et que vous cherchez un gadget pour passer le temps, cette tablette pourrait vous convenir avant de voir arriver la nouvelle génération Tegra 3 / Ice Cream Sandwich dans votre salon. Notez bien que j’essaie d’être le plus « grand public » possible dans mes tests, qu’ils puissent être lus et compris par quelqu’un de non-passionné qui voudrait avoir un avis avant l’achat. C’est un peu m’éloigner du lectorat permanent de ce blog, mais comprenez que le but d’un test, c’est d’éclairer le plus grand nombre sur les qualités et les défauts d’un produit.

Bon point encore, mais pour les connaisseurs : un moniteur système complet

L’expérience Google satisfaisante pour l’utilisateur avancé, j’en parlais plus haut, pourrait justifier à elle seule l’achat de cette tablette, par exemple, ou encore, vous pourriez trouver que 8 pouces, format peu commun, c’est exactement ce qu’il vous faut pour votre table basse.

Alors oui, c’est assez contradictoire : vous, lecteurs, qui pourriez, comme je l’ai fait, débugger cette tablette (ou mourir en essayant), vous pourriez aussi vous laisser tenter. Par contre, l’utilisateur qui ne connaît rien de rien et qui va tomber sur cet article du Monde ou sur un vendeur de la Fnac ayant ses consignes va se faire piéger avec une bombe à retardement qu’il ne saura pas utiliser ou qu’il ne pourra tout simplement pas faire fonctionner. Internet, c’est mal fait des fois hein ?

Conclusion

Les dernières remarques étaient plus ou moins conclusives, mais il est bon de le répéter. Vous l’avez deviné : cette Archos G9 80 est un mauvais produit pour son prix, cher pour ce qu’elle est et orientée vers un public qui n’est pas le sien. Archos se vante de faire de la qualité française au prix des tablettes « chinoises », mais c’est de la poudre aux yeux, les prix sont normaux, la qualité, elle, est très largement en dessous de tout ce qui se fait actuellement. J’espère sincèrement que cette stratégie ne paiera pas et que les média traditionnels et grand public auront l’audace de critiquer la politique de la firme, au lieu de relayer les propos révoltés de son CEO.

Archos, pourtant, on aimerait y croire. On aimerait les aider, leur montrer la voie vers la tablette tactile parfaite, vers le haut de gamme, vers le design, vers l’optimisation, vers le débugage d’un produit. On aimerait les encourager dans leur lancée et leur dire qu’ils trouveront toujours un soutien, au moins formel, dans la presse spécialisée de leur pays. Et puis on se rappelle qu’ils vendent ces tablettes comme des tablettes grand public par le biais des vendeurs de la Fnac ou de Virgin et qu’ils font payer leur lecteur multimédia 15€. Et là, on se souvient qu’en fait, ils nous prennent pour des imbéciles.

C’est toujours difficile de conclure le test d’un produit que l’on avait espéré meilleur, et qui malheureusement, n’a pas changé depuis la première fois qu’on l’a vu. Et si j’étais trop dur ? Et si j’étais trop élitiste ? Et si j’avais eu un modèle défectueux ? Je prends le risque d’informer malgré les retombées que cela pourrait avoir. Nous sommes un site spécialisé dans les ardoises tactiles, notre avis sera l’avis pointu et sans compromis d’un spécialiste. Car vous verrez dans le prochain test, par exemple, qu’une marque low-cost avec un peu de bonne volonté peut faire un produit décent, sans prétention. Archos a prétendu faire du haut du gamme, les tablettes Archos n’en n’ont que le prix.

On retiendra : 

  • - La lecture en HD high-profile des vidéos
  • - La fonction télécommande à distance depuis un smartphone Android
  • - Lisez la troisième partie du test et vous saurez pourquoi vous pourriez vouloir cette tablette

On voudrait que cela n’eût jamais existé :

  • - Si je faisais une liste, elle serait plus longue que Longcat, et il paraît que Longcat est long
  • - Lisez les deux premières parties du test et vous saurez pourquoi ne vous voulez pas cette tablette

Caractéristiques complètes

 

Galerie en vrac :