Quand on teste une tablette Asus, on commence généralement par une introduction type, qui dit peu ou prou : « dans l’univers impitoyable des tablettes Android, il y a deux types de constructeurs, ceux qui reprennent à leur sauce un modèle bien rôdé et ceux qui se creusent la tête pour chercher l’innovation. Chez Asus, ils creusent ». Après ces prémisses convenues, il est toujours de bon ton de rappeler le parcours du constructeur, lui qui, leader du marché de la carte-mère et inconnu du grand public a réussi à sortir de l’ombre en démocratisant le netbook. Arrivé à l’ère des tablettes tactiles, le géant a évité la redondance honeycombienne en proposant une tablette tactile enrichie de l’expérience netbook, la fameuse Asus Transformer, testée ici-même, et qui a reçu le premier et unique Honeycomb Award, récompensant l’innovation.
Tester de manière aussi approfondie l’Asus EeePad Slider que l’Asus Transformer serait inutile : on retrouve sur ce nouveau modèle le système d’exploitation Honeycomb personnalisé par Asus que nous avions décrit en long et en large lors du test de la grande sÅ“ur. Mais cette tablette n’est pas ce que la Liberty Tab est à l’Iconia Tab, c’est un modèle complètement différent, éloigné de tout ce que l’on a pu voir jusqu’à présent. Examinons.
Nous remercions d’emblée Idealo.fr pour le prêt de cette tablette et comme c’est un comparateur allemand de renom, premier chez lui, il n’y aura aucun commentaire mentionnant de la choucroute ou des saucisses cette fois-ci. C’est triste, mais c’est comme ça, on respecte nos partenaires sur LesArdoises !
Sommaire
I – Pensée 72 bis : de la proportion Â
1 – Des boîtes et des houssesÂ
2 – EeePad Transformer + McDonalds Overdose = EeePad Slider
Et pour les guerriers infatigables et les dangereuses amazones, le test en version complète juste en baissant les yeux.
I – Pensée 72 bis : de la proportion Â
1 – Des boîtes et des houssesÂ
La première rencontre avec la tablette ne se fait pas sans étonnement. Habitués au format de boîte « à la Apple », qui encadre, en dépassant le moins possible, les produits de la marque à la pomme, nous nous retrouvons ici face à un monstre de largeur et d’épaisseur.
Je ne vais pas vous faire l’affront d’un déballage incroyablement inintéressant, mais quand on a une boîte de cette taille, d’abord, on a peur pour la taille finale du produit, ensuite on se demande ce qu’il y a dedans.
Hey, good-looking !
Nous reviendrons sur la première question un peu plus loin, pour ce qui est de la seconde, surprise et bonne surprise même : il y a une housse dans la boîte. La tablette que je teste vient d’Amazon, je ne saurais vous dire si c’est une offre promotionnelle (il est écrit « special edition »), mais en tout cas, cette petite attention si rare fait plaisir, surtout qu’elle ôte une trentaine d’euros à la facture finale.
Pas mal le revêtement vrai cuir et daim, certifié China Industries
La housse n’est pas une « housse stand », car vu la forme de la tablette, ce n’est pas forcément un accessoire indispensable, mais c’est une housse de très bonne facture, sobre et classe, un écrin de luxe pour transporter votre tablette tactile. A côté de cela, que du classique : un guide d’utilisation très sommaire, un chargeur un poil trop court, comme celui de la Transformer, et c’est tout.
2 – EeePad Transformer + MacDonalds 7j/7 = EeePad Slider
On ne va se mentir : l’EeePad Slider est une grosse tablette. La photo sur les côtés de la boîte est trompeuse, la tablette étant au moins deux fois plus épaisse. Le design global permettra certes à Asus d’éviter un procès de la part d’Apple, mais cela ne plaira pas à tout le monde : les bords ne sont plus droits mais courbés. Ils auraient peut-être gagné quelques importants millimètres avec un design plus conventionnel.
Le prototype avait déjà de l’embonpoint
Revient alors la question qui divise les foules : l’iPad a-t-elle un design Apple ou un design idéal, étant aux tablettes tactiles ce que le nombre d’or est aux numérologues, ce que 2012 est aux spectateurs de TF1 ? Je suis plutôt partisan de la deuxième proposition, et la Slider ne fait que corroborer mes intuitions, des bords courbés ne sont pas désagréables, mais ne sont pas aussi ergonomiques que des bords droits, sur une tablette rectangulaire.
Mais trêve de chipotage, passons au plus évident : non seulement le design n’est pas conventionnel, mais il est aussi massif. Quand vous achetez une EeePad Slider, vous devez savoir que vous sacrifiez un peu de confort d’utilisation tactile pour gagner en confort de frappe.
Il faudrait faire copuler deux Iconia Tabs, pas réputée svelte, pour égaler une Slider
Avec à peu près deux centimètres d’épaisseur et un poids de 961 grammes, la tablette sera toujours proportionnée comme un netbook, contrairement à sa sÅ“ur qui prenait de l’embonpoint seulement quand elle était associée à son dock clavier.
Pouce vendu séparément
A bout de bras, ça commence à faire lourd ; sur un ventre, allongé, on la sent. J’ai pourtant été assez impressionné par notre (mon?) seuil de tolérance, habitués pendant des années à supporter le poids de portables faisant parfois plusieurs kilos, cela ne dérange pas plus que ça. Cela dit, contrairement aux autres tablettes qui peuvent s’utiliser sans soutien, cette Slider devra être posée la plupart du temps.
A la visite médicale, la tablette reste en dessous du kilos…
… ce qui n’est pas le cas de l’EeePC.
Bon, go go gadgeto-clavier, on passe en mode ouvert. Le Desire Z portait bien son nom, la Slider n’a pas été moins bien baptisée, mais comme avec le smartphone, il faut prendre un coup de main particulier pour faire glisser le clavier. En fait, comme une petite flèche au dessus de la webcam nous l’indique, c’est en levant l’écran par rapport à sa base que le clavier coulisse.
Dans cette position, la tablette est correctement inclinée et tient tout seule, sur une table par exemple, mais aussi sans trop de problème sur vous quand vous êtes allongés. La forme qu’Asus a donné à l’ensemble une fois ouvert est excellente : quelle que soit la position du corps et l’inclinaison de la tablette (et croyez-moi les positions improbables, ça me connaît), l’écran est face à nous, le clavier sous nos mains. Bien joué les gars, vous n’avez pas sacrifié le budget « live test ».
Comme les gourmettes pour ceux qui oublient fréquemment leur prénom, Asus n’a pas hésité à laisser sa trace
Vous vous posez sûrement la question : quid de la solidité ? Je vous répondrais bien que la quodité de cette tablette est déduite de votre capacité à contraindre vos mauvais réflexes. Par exemple, il va falloir éviter de tenir ou de déplacer la tablette en l’attrapant par l’écran : on sent déjà un léger jeu dans les mécaniques et cela pourrait bien être son point faible à long terme.
Un système complexe et peut-être fragile… pourtant, deux vis et un bout de bois et on n’en parlait plus…
Entendons nous bien : la charnière pliante ne fait pas cheap, et Asus est allé jusqu’à doubler l’articulation, mais cela reste tout de même moins solide qu’une charnière pivotante comme on trouve sur les ordinateurs portables. Je n’ai évidemment pas de vision à long terme et je ne me hasarderai pas dans des prédictions douteuses : faites attention et cela devrait aller.
Regardez ! Là , à côté du volume ! Un bouton préhistorique !
Sur les côtés de la tablette, on retrouve du conventionnel et du moins conventionnel – introduction au paragraphe parfaitement clair et détaillée, dont je suis très fier. Conventionnels sont les boutons de volume, le bouton power, le port carte SD, le port propriétaire ou encore le jack-in. Moins conventionnels sont l’USB host, le mini-HDMI ou… roulements de tambour… le bouton reset ! Et oui, comme sur nos bons vieux PC, il y a un bouton reset sur l’EeePad Slider. Je ne sais pas d’où leur est venue l’idée sachant qu’aucune autre tablette ne propose cette fonction, mais sachez qu’elle existe.
II – Que dans les premiers âges, il y eût une tablette. Qu’elle s’inclina et qu’un clavier parut.
Passons à la partie qui doit le plus vous intéresser et abordons l’épineuse question du clavier physique. Epineuse, parce que contrairement à l’Asus Transformer qui ne fait pas de compromis en proposant une tablette complète ou un netbook complet, la Slider est un objet hybride.
Le risque est évident avec ce genre de matos : tout ce qu’on peut donner comme argument en faveur de l’hybridité peut devenir un argument contre elle. Si on prend le Galaxy Note, entre smartphone et tablette, on peut dire que son écran est plus confortable qu’un smartphone et que sa taille le rend plus mobile qu’une tablette ; ou que son écran est trop petit pour une utilisation tablette et son format trop imposant pour un mobile. Si votre femme est une sirène, vous perdez la partie inférieure de son corps, mais c’est quand même la classe en soirée piscine. Bref, vous voyez.
Dans la série des « that’s what she said » : c’est plus petit, mais au moins, ça rentre
Là , c’est pareil : le clavier n’est pas complet et la tablette est beaucoup plus imposante que la moyenne à cause de lui, mais vous n’avez pas à vous trimbaler un dock et vous pouvez passer d’une utilisation loisir à une utilisation rédaction en un mouvement. C’est vous qui voyez.
Pour cette tablette, Asus a pris son clavier type, celui qui équipe les EeePC et la Transformer, et l’a compressé pour qu’il tienne dans un espace deux fois plus restreint. La sensation au toucher reste pourtant la même qu’avec un clavier complet : Asus a conservé du mieux qu’il pouvait le format standard des touches « chiclet ». Elles sont peut-être un peu moins larges, mais on ne s’en aperçoit pas forcément à la frappe : après une période d’adaptation vous n’aurez pas l’impression de taper sur un jouet mais sur un véritable clavier.
Un clavier sans touchpad, c’est comme une TouchPad sans réduction : la plupart du temps, on n’en veut pas
Non, les deux sacrifiés, ce sont le touchpad (keyword : win) et la ligne des touches de fonctions. Je ne comprenais pas l’intérêt des touches Fn sur la Transformer, ici, elles vous permettront d’utiliser les commandes rapides comme le réglage de la luminosité ou le volume des haut-parleurs, autant dire qu’elles sont essentielles.
Il fallait condenser un clavier à 6 lignes sur 5 lignes, Asus a fait le bon choix et a conservé ses touches dédiées à la navigation sur Android, la touche « Home » remplaçant par exemple avantageusement la touche « Windows », la touche « Menu » prenant la place de la touche clic droit (non, vous ne savez toujours pas qu’elle existe). La touche « Retour » remplace la touche « Alt », mais vous n’aurez pas besoin de faire ctrl-alt-del et la touche « Recherche » passe au dessus des touches fléchées.

Petit intermède félin, parce que bon, les claviers, ça va cinq minutes
Bref, du côté de l’ergonomie globale, ce clavier est loin d’être mauvais et n’a pas subi, comme on pouvait s’y attendre, les mauvais côté du croisement chimérique.
L’absence de touchpad est un poil plus gênante. Quand vous utilisez la Transformer avec son clavier, il est rare que vous naviguiez à la main : l’utilisation devient celle d’un portable traditionnel. Là , sans touchpad, vous ne pourrez pas, et il faudra cliquer dans les champs de texte ou sur les liens à l’aide de votre doigt…
Pour le coup, c’est assez déstabilisant et un brin contre-productif : vous faites une erreur dans un texte, il vous faudra taper au bon endroit, entre deux lettres parfois, tâche simplissime pour une souris, pénible pour un bon vieux doigt.
Et c’est reparti… au moins vous pouvez voir l’inclinaison
Pendant la navigation sur internet, pas de doute que votre esprit jeune et ouvert pourra s’y faire, pour la rédaction de texte, c’est une autre histoire. Mais ce serait encore plus pénible de taper un mail ou un article sans clavier physique. La Slider pourrait donc être qualifiée de tablette tactile disposant d’un clavier d’appoint : confort ou transport, accessibilité ou productivité, il vous faudra choisir, et Asus a le bon goût de vous laisser le choix avec ses différents modèles.
Je vous propose dans la vidéo qui suit le petit benchmark de frappe que j’avais déjà réalisé sur la Transformer et un netbook EeePC, vous verrez notamment au moment de la mise en page qu’elle est bien plus pénible sur la Slider.
EeePad Slider (désolé pour l’inclinaison, on ne peut pas faire autrement…)
EeePad Transformer
EeePC 1015 PE
Objection facile à tout ce que je viens de raconter : comme la tablette dispose d’un port USB host, vous pourrez sans mal brancher une souris USB et adieu les soucis de précision.
Pour finir sur le confort d’utilisation en mode clavier, comme la forme ne s’y prête pas, oubliez également le traditionnel repose-poignets, ou la bande de plastique qui peut faire office de repose-poignets sur un ordinateur portable. Avantage : comme je le mentionnais plus haut, cela vous permettra d’utiliser la tablette dans n’importe quelle position, votre mobilier ou votre corps étant les seules limites aux torsions de vos avant-bras.
Dernière petite comparaison avant de passer à autre chose : une Slider à poil et une Iconia Tab habillée
Enfin, contrairement à sa grande sÅ“ur, le clavier de l’EeePad Slider n’est pas une batterie, vous n’aurez donc pas le droit au boost d’une demi-seizaine d’heures. Cela dit, vu la taille de l’ensemble, la batterie proposée par Asus est tout à fait décente et la tablette tient sans mal les 8 heures annoncées : je l’ai laissée tourner 2-3 jours en utilisation « normale » d’une tablette de maison.
III – De la carte mère au widget Android, la pieuvre Asus n’en a pas fini de déployer ses techno-tentacules
Avant d’entrer dans cette brève et ultime partie, je vous renvoie au test de l’EeePad Transformer et plus précisément à la partie consacrée à l’utilisation des logiciels de bureautique. Même constructeur, même software : logique implacable, mes remarques restent les mêmes.
Oui monsieur, je n’utilise que des applications de qualité comme Robot Unicorn Attack
La vidéo un peu plus haut vous montre le traitement de texte, l’application de création de slideshow ou le tableur sont du même acabit : peu puissantes et pas forcément adaptées à un usage tactile. Comme toujours sur Android, on peut déplorer le manque d’applications véritablement dédiées à la productivité et ces applications de bureautique ne font pas exception : elles font un boulot basique, vous pourrez corriger ou compléter vos travaux commencés sur votre ordinateur, mais ne leur en demandez pas trop quand même…
Music a été refait sur Honeycomb. On dirait un peu l’interface Amazon. Ou iTunes. Ou l’inverse.
Autre application sur laquelle je ne m’étais pas arrêté dans les précédents tests mais qui mérite quand même quelques lignes : Android Movie Studio. On n’en n’entend pas forcément beaucoup parler, mais ce petit logiciel est peut-être celui qui exploite le mieux les deux processeurs d’un Tegra 2, vous permettant de monter sommairement des films, d’ajouter quelques effets et de la musique, puis d’exporter votre oeuvre d’art. Vous ne ferez pas un Tarkovski, mais vous pourrez facilement monter vos films de vacance et les exporter en 720p avant de les partager sur Youtube.
Film entièrement réalisé avec Android Movie Studio, musique déjà présente sur la tablette. Ca se voit, je sais.
Du côté des widgets, Asus a l’air d’en avoir ajouté un depuis la dernière fois, une sorte d’agrégateur de vos activités nommé « MyZine », qui regroupe en fait des icônes vous permettant d’ouvrir en un clic les applications principales : sobre, design et bien pensé, le constructeur montre encore une fois qu’il s’en sort tout à fait au niveau du software.
Alors non, je ne sais pas d’où vient cette image, sachant que je n’avais pas internet dans le train. Mais je veux bien la voiture. En noir.
Du côté des appareils photos/caméras, on retrouve des capteurs très classiques. J’ai pris les photos narcissiques (puis dans le train, on se fait chier, alors on joue avec des effets kikoolol) et deux trois clichés plein de poésie urbaine, je vous laisse juger. Cela dit, si un responsable produit me lit, j’aimerais attirer son attention sur le peu d’intérêt d’un capteur au dos d’une tablette tactile. Qu’il y soit, je veux bien, mais que diable, ne faites pas dans la surenchère et améliorez plutôt le capteur frontal : la tablette est peut-être le périphérique le plus adapté à la visio’ et c’est toujours en retrait de ce côté là .
Roh la tronche… c’est bien pour vous ces sacrifices…
Regardez-moi ce magnifique contraste entre le bleu et le rouge ! Royal !
Celui qui trouve où c’est (non, pas dans le train), gagne un sanviche
Je vous l’avais dit, que de la poésie urbaine sur LesArdoises
Sinon, comme sa grande soeur, la Slider peut faire tourner tous les jeux de l’Android Market, du casse-tête Open Sea au fameux Reckless Racing, en passant par la grande masse de jeux de qualité disponibles sur la Tegra Zone : un tour complet serait difficile à proposer, mais sachez que tout fonctionne de manière fluide et confortable grâce au processeur Tegra 2, et l’écran très lumineux ne gâche rien.
Comment dire, oui, voilà , brouillon, c’est le mot que je cherchais…
Comme d’habitude par contre, ce même Tegra 2 a bien du mal à afficher des vidéos HD high-profile : je ne fais que répéter ce qui a été dit plusieurs fois ici ou ailleurs, soit vous savez convertir vos fichiers dans des formats exotiques et moins lourds, soit vous vous contentez de vidéos en dessous des 720p. Entre nous, ce n’est pas dérangeant quand on regarde la vidéo directement sur la tablette, cela devient plus embêtant quand on se sert de notre jouet comme d’un media-center voué à diffuser le contenu sur un écran plus grand.
Pour terminer ce test, un petit mot sur les mises-à -jour. Asus fait partie de ces constructeurs médaillés d’or du suivi de leur produit. Je ne sais pas si une telle politique rapide et efficace continuera quand ils sortiront la relève du matériel à venir, mais pour l’instant, c’est excellent. Dès l’allumage, vous aurez normalement une première mise-à -jour à faire vers la dernière version disponible d’Honeycomb, 3.2, les mises-à -jour mineures ne devraient pas tarder et Asus propose également de son côté, de temps à autres, quelques correctifs et ajouts au niveau du software maison. Du tout bon donc.
Conclusion
Encore une fois, Asus a fait de l’excellent boulot dans le segment du marché qu’il s’est proposé d’occuper : celui des tablettes « sliders », encore plus ou moins libre. On peut difficilement prendre la tablette en défaut, tout est là , tout fonctionne, les petits bonus physiques (la housse, le bouton reset) font plaisir, les quelques adaptations software également. Non, c’est bien plutôt le format qu’on pourra critiquer, ou plutôt questionner. Une tablette avec clavier coulissant, ce n’est ni un bon netbook, ni une tablette ergonomique. Mais c’est aussi une tablette avec un clavier toujours à disposition, moins encombrant qu’un dock. Mais ce clavier est aussi plus petit et plus serré qu’un clavier normal. Bref, on pourrait continuer une série de phrases débutant par « mais », ce qui montre que le format en lui-même cible un public très précis qui sait à quoi s’attendre.
On n’est pas ici en face d’un produit tape à l’oeil ou d’un objet provoquant l’achat compulsif. Et pourtant, vu ce qu’Android propose en terme de logiciels de productivité (lire : pas grand chose), la Slider est un produit qui reste cohérent : nous n’avons que des logiciels d’appoint, que ce soit au niveau de la bureautique ou du montage, la Slider n’a qu’un clavier d’appoint elle-aussi. La Transformer qui était une excellente tablette en même temps qu’une excellente idée pâtissait beaucoup plus du manque d’application d’Honeycomb : son format « netbook » donnait envie de l’utiliser en cours ou au boulot, mais les logiciels ne suffisaient pas forcément. Là , le compromis software est accompagné par le compromis physique, du coup, on se dit que la Slider est un produit très bien pensé.
Dernière petite mise en garde même si je l’ai déjà dit en introduction : essayez d’avoir la tablette en mains avant de craquer, elle est véritablement épaisse. Si votre utilisation principale est récréative et que le clavier n’est qu’un luxe occasionnel pour vous, je vous conseille quand même de vous orienter vers une tablette pensée pour le divertissement « à portée de main » : plus fine et moins lourde, comme la Transformer ou la Galaxy Tab 10.1.
On retiendra :Â
- - Encore une fois, Asus innove et innove bien : on les félicite
- - La housse est vraiment bienvenue, d’autres constructeurs devraient suivre ce bel exemple
- - Un hybride qui n’ait pas que les défauts de son hybridité, c’est bien joué
- - Avoir réussi à conserver un confort de frappe décent alors que le clavier était pas mal réduit en profondeur
- - L’ensemble cohérent, le software un brin remanié
- - Le bouton « reset », juste parce que.
On voudrait que cela n’eût jamais existé :
- - Une forme bizarre qui pourra en rebuter quelques-uns
- - Une tablette trop grosse, mais pouvaient-ils faire autrement ?
- - L’absence de touchpad, mais pouvaient-ils faire autrement ?
- - Les lacunes du Tegra 2 en décodage vidéo, mais pouvaient-ils faire autrement ?
- - La pauvreté du market Honeycomb pour une telle catégorie de tablette qui s’oriente vers la productivité, mais pouvaient-ils faire autrement ?
- - J’avais plein de vannes en tête avec ce leitmotiv, mais je n’ai pas le temps pour 26 procès
Nous remercions sincèrement le comparateur Idealo pour le prêt sans condition de rédaction de cette tablette, fraîchement débarqué en France depuis ses contrées allemandes où il est numéro un. Comme c’est un comparateur respectable, vous trouverez une catégorie « tablette tactile »Â très fournie qui pourra vous orienter si vous avez déjà choisi votre modèle et que votre souci présent, c’est le prix. Vous pouvez également les suivre sur Twitter pour des bons plans quotidiens.Â
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