Alors que je testais la HTC Flyer, vous me reprochiez à raison d’être passé complètement à côté du port unique de la tablette, un port dit MHL pour Mobile High-definition Link. J’affirmais alors que la tablette avait un « port propriétaire » et était démunie de toute connectique « moderne ». J’avais tort, mais pas entièrement. J’ai fait mes devoirs, je me suis renseigné sur ce fameux MHL et je ne suis pas forcément plus optimiste qu’avant. Le pourquoi du comment dans la suite.
Comme le nouveau à l’école qui a une mine patibulaire mais presque, être pote avec le MHL ne l’empêchera pas de voler vos cartes DBZ
Adopter une norme quasi-universelle, c’est bien. Rappelez-vous du temps où chaque constructeur proposait un smartphone ou un appareil photo avec son propre connecteur USB : même si cet âge n’est pas encore révolu, globalement, nos jouets technologiques sont désormais connectés à nos ordinateurs via une interface mini ou micro-USB.
Comme vous vous en doutez peut-être, ce port ne permet que de transférer des fichiers ou de recharger des appareils portables – et encore, les tablettes ayant des batteries trop énergivores, l’alimentation USB n’est souvent pas suffisante et les constructeurs ajoutent un port alimentation traditionnel.
L’un des deux dispose d’un port multi-fonctions et d’un dock qui le recharge par contact et stream la musique en bluetooth vers une installation hi-fi. L’autre a un port MHL.
Mais en 2011, nos besoins ont évolué, notamment du côté de la fameuse « HD ». Un port HDMI sur un objet portable tend à devenir un minimum syndical, ne serait-ce que pour retransmettre sur grand écran ce que le smartphone ou la tablette affichent, une galerie photo par exemple. Dans le monde d’Android, l’Optimus 2X et l’Xperia Arc ont par exemple des ports mini-HDMI directement accessibles sur un de leurs côtés.
Sur les tablettes, c’est le fameux « USB Host » qui est devenu avec Honeycomb 3.1 le Saint Graal des amoureux de la bidouille ou du client grand public qui voudrait par exemple connecter un clavier ou un disque dur externe à son nouveau jouet. Un port en plus dans la liste.
Gruyère, certes, mais c’est toujours meilleur que des pâtes au beurre
Il faut l’avouer : au niveau de l’esthétique, des trous partout, c’est moche. Si on arrive plus ou moins bien à cacher un mini-HDMI sur un smartphone, une tablette comme l’Iconia Tab A500, malgré toutes ses qualités, est un véritable gruyère. A l’opposé, on aurait l’iPad 2 ou la Galaxy Tab 10.1, deux tablettes qui jouent sur la sobriété minimaliste, très chic. Vous imaginez un port d’un centimètre de hauteur sur le côté d’une tablette qui ne fait que 8mm d’épaisseur ? C’est le département design qui ferait la gueule…
C’est ainsi qu’est venue l’idée du MHL. Cette norme, comme le dit le site de référence de l’internaute en quête d’information facile, a été développée en premier lieu par le « MHL Consortium » qui regroupe Sony, Samsung Electronics, Nokia, Toshiba et Silicon Image. Mais que fait-elle, concrètement ?
- - Elle recharge vos appareils, même pendant l’utilisation de ses autres fonctions
- - Elle permet de faire passer d’un portable à un écran par exemple, un flux vidéo de 1080p et un flux audio de 8 pistes non compressées
- - Elle utilise la norme HDCP pour la protection des données – une sorte de DRM empêchant par exemple la copie du flux émis
- - Elle permet un contrôle de la tablette ou du smartphone via la télécommande du téléviseur
- - Elle s’implante facilement dans n’importe quel connecteur, le port HDMI ou le micro-USB étant aujourd’hui les plus utilisés : en d’autres termes, la norme MHL a le bon goût de s’adapter aux technologies existantes et de vous éviter de changer encore une fois vos câbles
Voilà , bienvenue dans un futur où les pieuvres de plastique n’existeront plus et où les câbles ne seront plus légion. Ouf, direz-vous. Oui mais, parce qu’il y a toujours un « oui mais » en fin d’article. Je suis convaincu par le MHL dans la mesure où il s’intègre dans le port micro-USB d’une tablette, par exemple. Je deviens plus sceptique par contre quand il s’agit de supprimer les autres ports.
Pour ceux qui ne sauraient pas ce qu’est une pieuvre de plastique
Première raison : et si on veut utiliser un clavier USB ou un joypad et connecter notre tablette à un écran plus grand ? Avec un port HDMI et un port micro-USB/MHL, c’est faisable. Avec un port MHL seul, ce n’est plus possible, il faudra choisir. Ou tenter des opérations vaudou à base de dédoubleur de port ou de connecteur USB présent sur l’écran. En espérant que cela marche…
Deuxième raison et qui devrait plus vous toucher : le fric ma bonne dame, comme d’habitude. Quand vous avez une Iconia Tab ou un Xperia Arc, vous n’avez, au pire, qu’un câble à acheter et hop, le tour est joué. Avec une tablette MHL comme la Flyer, vous devrez raquer pour un « adaptateur » à chaque fois que vous voulez faire quelque chose de nouveau. Samsung a le bon goût de fournir l’adaptateur USB Host dans la boîte de ses Galaxy Tab 10.1 et 8.9 en France, mais si vous voulez un autre connecteur, il vous faudra débourser entre 20 et 30€ en plus.
Normalisation blabla consortium blabla…
Normalement, la bonne nouvelle, c’est qu’en achetant une fois un adaptateur « MHL to X »,  vous pourrez l’utiliser avec n’importe lequel de vos jouets. La mauvaise, c’est que ce n’est que la théorie. En pratique, et vu que la norme le permet, un constructeur pourra faire un connecteur « MHL-sur-son-port-propriétaire vers USB Host ». Et si vous regardez le port unique de la Galaxy Tab 10.1, vous verrez de quoi je parle : non, même si vous avez acheté un adaptateur microUSB-MHL vers HDMI pour votre Galaxy S II, il ne se branchera pas sur votre tablette. Même en forçant très fort.
Voilà voilà , comme souvent, le futur est à double tranchant : mieux vaut en être informé.






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