Nous revoici pour plonger dans les méandres du prochain OS de Redmond, aujourd’hui nous parlerons peu mais nous parlerons bien de l’application Calendrier embarquée dans Windows 8. Je reconnais que le timing ne s’y prête guère, les vacances approchent à grand pas dans les esprits torturés des travailleurs acharnés que vous êtes – oh allez, rien qu’un peu. Parler de planification, de rendez-vous, d’évènements importants balaie d’un revers de manche toutes les idées pures de l’instant détente vers lequel nous tendons tous pour ce début de période estivale. Mais laissez-vous faire, vous verrez, on peut être tout à fait détendu en parlant planning sur Les Ardoises.

L’affichage est entièrement dévoué à la consultation du planning sur Windows 8. Presque sur Android 4

C’est monsieur Colin Anthony, un des responsables de l’équipe en charge des services Windows Live, qui s’occupent de nous pour faire une petite visite guidée de la nouvelle application calendrier de Eight. Le postulat de départ est simple : après toutes les données que nous recevons, ce que nous créeons et consultons tous les jours, quelles sont les fonctionnalités fondamentales à implanter pour offrir une expérience riche et efficace dans la gestion de son calendrier ? C’est ainsi que cinq axes majeurs de travail ont pu être extraits du brainstorming des développeurs de Microsoft : lisibilité, simplicité d’utilisation et de manipulation, facilité d’ajouts, informations en temps réel et adaptabilité au contexte de l’utilisateur. De grandes idées, mais pour quel résultat ? Explorations en terre presque inconnue, où Android 4 nous servira de fil d’Ariane.

Clarté : si tu ranges ton calendrier comme ta chambre…

Idée force du planning : qu’ai-je à faire aujourd’hui et pour les plus organisés d’entre vous, qu’est-il prévu demain. En un coup d’oeil, l’utilisateur doit être en mesure de connaître toutes les obligations qui lui incombent dans la journée. Et je vous vois venir, inutile de feindre regarder son agenda à 23 heures pour savoir si il fallait aller chercher le bambin à la garderie à 17 heures ou à 18. Les excuses ne sont plus valables depuis quelques années. Si je vous parle des années antérieures où la seule lumière nous était fournie par une faible lueur dansante, c’est parce que Microsoft a choisi de s’inspirer des agendas papier : une vue macroscopique rapide où toute indication est visible sans délai. Et si Redmond n’a jamais été aussi fier que de son interface Metro en ce moment-même, il faut reconnaître que son aspect géométrique rend un grand service à la lisibilité du calendrier. La vue par défaut est donc logiquement celle du mois, où chaque évènement revêt une parure colorée pour une visualisation immédiate. C’est clair et fonctionnel. Ice Cream Sandwich a parcouru énormément de chemin par rapport à Gingerbread, cependant le rendu n’est pas tout à fait au niveau de ce que propose Eight.

Les options sont reléguées loin derrière de l’interface. Plus de souplesse depuis l’application Windows que sur ICS

Déplacements : une affaire d’orthogonalité et de parallélisme

Cela vous traumatise n’est-ce pas, l’heure des démonstrations mathématiques à coup de théorèmes et de rhétorique grammaticale. Vous n’en dormez plus depuis votre classe de cinquième ? Nous ne saurions que trop vous comprendre. Au delà de ces mots barbares se cache juste une réalité : le caractère intuitif d’une application relève de concepts universels. Le temps s’écoule et se remonte pour les nostalgiques du « c’était mieux avant ». Nous vous voyons, vous les aigri(e)s près de la porte, prêt(e)s à la claquer avec force. Toujours est-il qu’il existe une idée commun derrière le concept philosophique du temps qui passe, une idée liée à la représentation horizontale des minutes qui s’égrainent. Ne dit-on pas parfois : « le temps n’avance pas il s’agit du paysage qui recule ». Et bien Microsoft, au contraire de Google, a conservé ce concept pour la navigation dans le calendrier. Le swipe latéral est donc de rigueur pour se déplacer dans l’interface. L’intelligence de la prise en compte du geste fait le reste : en fonction de la vitesse avec laquelle vous glissez votre doigt, le calendrier avancera ou reculera en conséquence. Le risque introduit par cette spécificité réside dans la possibilité d’aller trop loin en avant ou en arrière lors de votre déplacement, ce qui peut vite se révéler frustrant. Un écueil que Colin Athony annonce comme étant évité par le software, sans que je n’ai pu comprendre précisément comment était opérée la distinction.

Contre-pied absolu aux habitudes sur Android « pur » : le déplacement est vertical. Nonsense !

Navigation efficace : gloire au tactile, le doigt est roi

La démonstration n’est plus à faire, se déplacer dans une interface visuelle est plus naturelle avec son doigt qu’avec un périphérique menant à la même action. Avant tout, pour être précis dans la consultation de ces évènements, il faut opérer un focus grossissant et passer ainsi du mois, à la semaine puis au jour. Rien de plus simple sur Windows, comme à l’accoutumée, pour faire apparaître les options, un swipe vers le haut à partir du bord inférieur fait émerger trois boutons, offrant chacun la vue désirée. Là ou Android 4 offre cette possibilité de changement en permanence, il y ajoute un onglet très pertinent, nommé « mon planning ». Tous les évènements à venir y sont référencés, sous forme de liste. C’est simple et très pragmatique, l’information est ici instantanée : un bon point.

Take that Microsoft ! Il y a ici un message caché, saurez-vous le retrouver ?

En relation directe avec l’affichage mensuel, hebdomadaire ou quotidien, se pose la question de l’espace occupé pour les évènements. En effet, deux écoles s’opposent frontalement : d’une part, une aire plus grande permet une meilleure interaction pour le doigt, l’évènement est plus facile à appuyer, de l’autre, un espace réduit offre une plus grande capacité d’affichage. Microsoft a donc choisi de gérer ça de façon binaire : la vue mensuelle permet d’afficher deux évènements par jour, une moyenne établie sur une majorité d’utilisateurs dixit monsieur Anthony, quand la vue hebdomadaire et mensuelle donne accès à toutes les informations, sans restriction. Ainsi bonne préhension de l’interface et exhaustivité du contenu sont conservées.

Ajout de rendez-vous : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout

Autre piste de réflexion dans les headquarters californiens : ajouter un évènement doit-il s’effectuer à la volée ou doit-il faire l’objet d’une certaine sécurité dans l’interaction. Si le dilemme n’a pas duré longtemps, l’exemple de l’agenda manuscrit a été reconduit : dans la vue mensuelle, cliquer sur un jour permet d’enregistrer un nouveau rendez-vous comme le stylo parcourt la fine page de papier une fois la date trouvée sur le calepin relié de cuir. Google a choisi d’offrir une vue récapitulative du jour lors du clic sur un jour donnée. Une opposition philosophique qui n’appelle pas de vainqueur, chacune des deux idées entraînant avantages et défauts.

Cliquer c’est pesé, circulez, y a rien à voir par la fenêtre – blague drôle. Stratégie du « moar click » chez le robot vert

Notifications, widgets et snapping : chacun sa route, chacun son chemin

Pour passer en vitesse sur la fonction Snap, dont je vous parlais des avantages précédemment n’a pas d’équivalent officiel sur quelle que plateforme que ce soit. Cette véritable fonction de multitâche est un plus redoutable pour le futur OS de Microsoft. Si l’Android user se prend à rêver de l’intégration du framework Cornerstone, devenu open source, et l’iOS fan se blottira contre Cydia, Windows 8 envoie un signal fort à ses concurrents : du multitâche avec plusieurs affichages sur le même écran, le PC le peut, alors, moi, tablette, je le pourrai. Que les concurrents accusent réception du message, nous le découvrirons dans les mois à venir. Concernant les notifications et les widgets, le mécanique est identique sur les deux plateformes, rien de neuf à l’Ouest et cela semble convenir à tout le monde.

Penguins < LesArdoises. Remember that.

Semaine, jour, évènement : la passion du détail

Les vues macros, c’est bien, les vues micros, c’est mieux. Je ne fais de la pub ni pour les télescopes, ni pour les lentilles de contact mais il est une chose qui ravit l’oeil et épargne le lobe frontal du cerveau, vous savez, celui des migraines ophtalmiques : la présentation claire des choses. Carton plein pour Microsoft qui a vraiment soigné l’UI de son calendrier et encore plus celle de la vue hebdomadaire. Une franche réussite orchestrée par des couleurs nettes et une délimitation efficace. Ajout idéologique supplémentaire : la vue sur deux jours. Sûrement une vision des plus pertinentes pour un calendrier et qui vient épouser les formes de la problématique du début : à quoi ne puis-je me soustraire aujourd’hui et demain. En toute logique, l’écran se trouve scindé en deux et permet d’analyser indépendamment, en fonction de l’heure, les activités du jour et du lendemain.

1…

…and…

…2-hits combo ! Microsoft wins

La dernière partie traitera de la possibilité d’édition de chaque évènement, d’y affecter autant d’indications que nécessaire. C’est là que Windows 8 aborde la question avec plus de pragmatisme : notre calendrier devient un outil de notes. Un event est souvent consécutif à une tâche à traiter et nous fournit des critères qu’il ne faudrait pas oublier en cours de route : qui, où, pourquoi. Autant de réponses que votre calendrier peut s’efforcer de retenir pour vous. Et même partager avec d’autres personnes si celles-ci sont directement concernées. Un sans-faute de Microsoft, tous les outils sont réussis autour d’une fonction simple mais au combien essentiel. Si l’Histoire a vu les agendas électroniques s’appeler assistant personnel, ce n’est pas un hasard. Windows 8 offre une solution complète et à portée de tous. Vous n’aurez plus jamais d’excuses avec une application de cette qualité.

« Objet : changer bébé. Où ? Dans la salle-de-bains. Avec qui ? Le gosse pardi ! Quand ? Maintenant. Périodicité ? Tous les jours ». Ne pas regretter les calendriers, jamais.